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Séisme en Chine: les corps en décomposition font craindre les épidémies

Après la découverte de 31 nouvelles victimes, le bilan du séisme qui s’est produit mercredi dans le nord-ouest de la Chine, sur le plateau tibétain, atteint maintenant 791 morts. Deux jours après la catastrophe, les premiers véhicules chargés d’aide sont arrivés dans la ville dévastée de Jiegu, à proximité de l’épicentre du séisme, dans une zone difficile d’accès de la province du Qinghai.

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Des milliers de survivants se sont réveillés d’une deuxième nuit passée à l’extérieur, par des températures descendant jusqu’à moins 5 degrés, le ventre vide et dans l’odeur des corps en décomposition. Le Premier ministre Wen Jiabao, arrivé jeudi soir au soir à Jiegu, dont 85% des bâtiments se sont effondrés, poursuivait sa visite vendredi, dirigeant les recherches et tentant d’apporter son soutien aux quelque 100.000 sans-abri.

La télévision CCTV a montré le chef du gouvernement chinois, agenouillé sous une tente, tentant de consoler une femme et son enfant d’ethnie tibétaine. «La priorité est de sauver les gens. Nous n’abandonnerons pas même s’il ne reste qu’un espoir infime», a-t-il assuré au quartier général des secours, à Yushu.

Du matériel lourd en quantités insuffisantes

Alors qu’ils creusaient encore à mains nues la veille, les secouristes étaient enfin pourvus de matériel lourd, mais en quantité insuffisante pour des destructions de cette ampleur. Les milliers de secouristes, aidés par des moines tibétains, doivent comptter aussi avec le manque d’oxygène à 4.000 m d’altitude et les températures glaciales.

«Il y a des gens ici ! Il faut les trouver. Nous ne pouvons pas arrêter avant», indiquait l’un des moines s’activant dans les gravats. «J’ai tout perdu», constatait Sonaman, une Chinoise tibétaine de 52 ans, dont la famille a été décimée, déambulant en protégeant de son manteau son neveu de quatre ans. «Nous n’avons rien. Même pas à manger», assurait-elle.

Environ 11.000 blessés et toujours 200 disparus

Le bilan des morts pourrait hélas encore s’alourdir : environ 200 personnes sont toujours portées disparues. Le séisme, qui a également fait quelque 11.000 blessés, a atteint une magnitude de 7,1 sur l’échelle de Richter, 6,9 selon l’Institut de géophysique américain qui utilise la «magnitude de moment». Il a frappé une région rurale pauvre et peuplée à 90% de membres de l’ethnie tibétaine, détruisant les maisons de pisé et de bois mais aussi des bâtiments en «dur», comme les écoles. Une centaine d’élèves et d’étudiants, pris au piège dans leurs établissements scolaires figurent parmi les morts, selon le Quotidien du Peuple.

Les conditions difficiles sur place sont dangereuses pour les blessés, qui n’ont reçu que des soins sommaires. Selon des experts, cités par le China Daily, le froid et le manque d’oxygène peuvent comprimer les vaisseaux sanguins et entraîner des complications graves.

Il s’agit du pire tremblement que la Chine ait connu depuis celui de 2008 au Sichuan (87.000 morts).

JIEGU: » Si sa maison a été entièrement détruite dans le puissant séisme qui a ravagé le nord-ouest de la Chine, Jiang Rize a survécu. Mais, près de sa tente, il montre du doigt le nouveau danger: les carcasses d’animaux en putréfaction, source éventuelle de maladies.

« Ces chevaux sont en train de pourrir, ils vont propager des maladies, nous devons nettoyer tout cela », dit l’homme, âgé de 65 ans, au milieu du paysage de désolation qu’a laissé le tremblement de terre de magnitude 6,9.

La puanteur des cadavres, à la fois ceux des hommes et des animaux, monte à la gorge dans certaines parties de Jiegu, ville située sur le plateau tibétain et entourée de montagnes.

Les survivants vivent, en plein air ou sous des tentes, au milieu des morts, alors que les sauveteurs recherchent encore des vivants sous les décombres.

Les chevaux — un élément essentiel de la vie quotidienne dans cette région tibétaine, où vivent des pasteurs nomades — ont péri dans l’effondrement de leur écurie.

Au bout d’une rue jonchée d’ordures, des familles sans-abri campent dans des tentes dressées dans le stade de la ville. A moins de 15 mètres gisent des corps enveloppés dans des couvertures: c’est une morgue temporaire.

« Notre priorité est de sauver les gens. Nous devons les dégager des ruines. Il y en a tellement qui sont encore ensevelis. Nous ne savons pas encore s’ils sont vivants ou morts », dit Jiang.

« Après, nous commencerons à nettoyer, il faudra faire attention à l’hygiène », ajoute-t-il.

Dans un hôpital de tentes, des médecins épuisés, comme Myima Jiaba, 34 ans, craignent le pire en raison des risques d’épidémies, si les secours d’urgence tardent trop.

« Je ne sais pas combien de gens sont soignés et les blessés n’arrêtent pas de venir », dit-il, les yeux injectés de sang, en raison de la fatigue accumulée depuis deux jours.

« Actuellement, nous avons besoin de beaucoup de médicaments. D’antiseptiques et d’antibiotiques. Et en général de plus de tentes, de nourriture et d’installations sanitaires », poursuit-il.

Partout dans la ville dévastée, les secouristes et les habitants continuent à s’affairer dans les décombres, souvent à mains nues ou avec des barres de fer ou des bouts de bois, faute d’équipement plus lourd.

« Il y a des gens là-dessous, nous devons les trouver », lance un moine bouddhiste tibétain, tout en dégageant des débris.

Ceux qui ont tout perdu sont plongés dans le désespoir.

« Ma maison a été détruite. Ma mère, mon père, ma petite soeur sont morts. Nous avons perdu dix personnes dans la famille et nous n’avons plus rien, et rien à manger non plus », lance Sonaman, une Tibétaine de 52 ans, dont le visage est baigné de larmes et qui porte un enfant de quatre ans dans son vêtement traditionnel, une longue robe brune.

Puis elle tombe à genoux et se met à prier.

Deux jours après la catastrophe, la faim se fait sentir.

Des moines tibétains ont parcouru des centaines de kilomètres pour mettre en place une cantine improvisée. Ils cuisinent des soupes épaisses de riz dans de grandes marmites. »

©AFP //

 

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