RSS

Archives de Tag: laboratoires Servier

Mediator: une patiente crie sa colère d' »une vie foutue en l’air »

NANTERRE – « Ma vie a été foutue en l’air à cause des laboratoires Servier qui n’ont jamais fait leur travail d’information », constate amèrement Catherine K., une patiente qui a pris du Médiator, un médicament responsable d’un accroissement des risques cardiaques.

« En 1985, j’avais dû mal à perdre quelques kilos alors mon médecin m’a prescrit de l’Isoméride, un autre médicament des laboratoires Servier, prescrit comme coupe-faim, contenant la même substance toxique – les fenfluramines – que le Mediator que j’ai pris quelques années plus tard en 1996 pour traiter un type de diabète », explique à l’AFP Catherine, qui souhaite garder l’anonymat.

La patiente est alors une grande sportive qui tient le rôle de soprano dans une chorale, et jouit d’une belle situation professionnelle. Aujourd’hui, elle va « très mal » : elle dit ne plus pouvoir marcher plus de 100 mètres et devoir déménager dans une maison de plain-pied car elle ne peut plus gravir un escalier.

En 1995, Catherine fait un premier malaise. Deux ans plus tard, alors que l’Isoméride est retiré de la vente, les médecins décèlent une double valvulopathie mitrale et aortique. Malgré le traitement, ses valves cardiaques continuent de se détériorer.

« En fait, le Médiator continuait le travail de sape de l’Isoméride alors que les premières études démontrant la nocivité des fenfluramines commençait à être dénoncée. Les laboratoires Servier niait et l’Agence des produits de Santé (Afssaps, chargée de la sécurité sanitaire des médicaments, NDLR) ne faisait rien », explique-t-elle.

Catherine entame alors des poursuites judiciaires en 2004, peu de temps avant sa première opération à coeur ouvert.

Un difficile parcours du combattant s’engage pour établir la responsabilité de son traitement sur ses graves problèmes cardiaques, entrecoupé d’une autre opération à coeur ouvert en 1998, qui débouche mi-septembre 2010, sur la condamnation des laboratoires Servier par le tribunal de grande instance de Nanterre pour sa prise d’Isoméride. Servier a fait appel de ce jugement.

« La justice reconnaît la faute mais fixe à 210.000 euros le montant des dommages et intérêts, une somme ridicule en comparaison à ma douleur », dit Catherine qui envisage d’engager une autre procédure contre ce laboratoire pour sa prise de Mediator.

« Moi qui étais drôle et optimiste, je suis devenue terne. A tout moment, je risque un accident vasculaire cérébral ou une thrombose », confie-t-elle des sanglots dans la voix.

Affaiblie mais pas abattue, Catherine veut poursuivre ce « combat » judiciaire qui la « tue »: « C’est monstrueux que Servier et l’Afssaps n’aient pas pris les devants. Leurs responsabilités doivent être reconnues ».

(©AFP / 14 octobre 2010 19h31)

 
1 commentaire

Publié par le 14 octobre 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

Étiquettes : , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :