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Le Webbot prévoit le lancement des premiers missiles qui déclencheront la Troisième Guerre Mondiale

 

Lors d’une interview sur coast2coast radio, les fondateurs du Webbot, Cliff High et George Ure ont révélé les derniers résultats du rapport de ce que d’aucuns appellent  » le Prophète d’Internet  » : ils annoncent, entre autres, la Troisième guerre mondiale pour la fin 2011 !!

Petite introduction

En 1997, ces deux Américains ont conçu un projet informatique qui fait de l’extraction de contenu en visitant les sites web.

La technologie et les algorithmes utilisés sont gardés secrets et leurs prédictions sont vendues sur le site dédié : halfpasthuman.com site. Le Web Bot Project se concentre sur certains mots-clés, les compile, établit des courbes et les interprète. Un balayage systématique du web est effectué, les données sont analysées et des conclusions sont régulièrement publiées . On obtient alors une synthèse de l’inconscient collectif, et par la même occasion, une vision de l’avenir.

Parmi les évènements prédits par le webbot : les attaques terroristes du 11 Septembre , le crash de la navette spatiale Columbia, la coupure générale de courant sur la côte Est des États-Unis en 2003, le tsunami qui a frappé en décembre 2004 et les ravages de l’ouragan Katrina en 2005.

Quelques faits saillants pointés par le Web Bot pour les mois à venir Les prévisions suivantes ont été révélées durant une entrevue radiophonique avec Cliff High et George Ure en personne. Guillaume Thuillet, le traducteur officiel du Webbot en France, précise qu’il s’agit de  » possibilités de futur . Le Webbot reflète en grande partie la peur des gens, les craintes qui marquent l’imaginaire collectif. Mais la peur qu’un évènement se produise ne signifie pas nécessairement son actualisation dans le monde réel « .

- Pas de guerre entre Israël et l’Iran avant Novembre 2010.

- Effondrement du dollar en Novembre 2010.

- Troubles civils liés à une flambée des prix alimentaires durant l’hiver 2011.

- Grande dépression économique et financière, déclenchée par des licenciements massifs, des faillites et un krach boursier.

- En Avril 2011, de nombreuses  » perturbations côtières  » ( tsunamis, marées plus hautes qu’à l’accoutumée ) ; la situation pourrait être préoccupante pour une partie de l’Humanité.

- En Mai 2011, des cultures seront détruites à cause d’un dérèglement de la magnétosphère (surtout dans l’hémisphère Nord) entraînant des émeutes de la faim en hiver et au printemps.

Tipping Point émergent : la Troisième Guerre Mondiale

Un « Tipping point », dans la structure linguistique que le Web Bot utilise, définit un moment à venir vers lequel converge un faisceau de données.Parmi ces tipping point , il en est un qui revient avec plus d’insistance : la Troisième Guerre Mondiale.

Cliff High et George Ure ont révélé que le Web Bot faisait état d’un  » point de basculement en Novembre 2010 dans une guerre nucléaire mondiale, déclenchée par une erreur militaire israélienne contre l’Iran. » :

11 novembre 2010 – Le Webbot met en garde contre un gros point de basculement – La préparation d’une troisième guerre mondiale est clairement évoquée !

14 Décembre 2010 – Le Webbot prévoit le lancement des premiers missiles qui déclencheront la Troisième Guerre Mondiale

Selon Guillaume Thuillet expert et traducteur français des rapports webbot : « La date du Tipping point est exacte. Toutefois, il s’agit d’une « possibilité Webbot », pas d’une prédiction ou d’une prophétie . Est-ce que le Webbot a dit cela ? Oui. Mais c’est une extrapolation de certaines prévisions. Les informations sont exactes mais ce sont des possibilités Webbot fondées sur ce que les gens racontent sur Internet » .

D’après Cliff High et George Ure, le Webbot rapporte qu’un  » Nouvel Ordre Mondial sera mis en place à l’horizon de 2012, après cette guerre dévastatrice ».

Webbot sur besoindesavoir.com (partenaire exclusif des dernières informations du Webbot)

(Source : Besoindesavoir)

http://newsoftomorrow.org/spip.php?article9040

 
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Publié par le 13 octobre 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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Analyse et point de vue sur « les crises » par Denissto

Excellente analyse à diffuser en masse .

Suivre la playlist:

http://www.dailymotion.com/playlist/x1cukj_JaneBurgermeister_denissto#videoId=xdvldr

Son site:

http://www.denissto.eu/

Et pour la énième fois  » rien n’est dû au hasard! « 

 
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Publié par le 5 juillet 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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Michel Collon analyse Libé et Le Monde (vidéo)

 
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Publié par le 12 juin 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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On ne pourra pas sauver le » soldat Euro « !

Il y a quinze jours, le banquier suisse Alexandre Wohlwend annonçait avec fracas la fin de l’euro dans les médias suisses, et accusait les États-Unis d’avoir “contaminé l’Europe avec leur concept de mondialisation et de profit maximum à court terme”. Pour la revue Flash, notre camarade Clovis Casadue a rencontré ce financier qui ne pratique pas la langue de bois.


arabesque

Dans un récent entretien accordé au quotidien suisse la “Tribune de Genève”, vous avez annoncé la fin de l’euro, rompant ainsi avec le discours feutré auquel vos banquiers nous ont habitués.


Je dois préciser que je n’appartiens à aucun parti politique, que je n’ai pas de tendance politique et que je suis viscéralement Suisse, donc neutre en ce domaine. Je ne suis pas non plus un donneur de leçons. Mon analyse est donc fondée sur une profonde réflexion. Je pense que l’euro est réellement malade, il n’y a rien de subversif dans tout cela, mais cette monnaie, par son essence plurinationale, et en raison des déséquilibres des pays la partageant, est vouée à disparaitre.

Et la fin de la devise européenne, ce serait pour quand ?


Je ne veux pas me hasarder dans un pronostic chiffré, mais cela pourrait être assez rapide. J’estime qu’avant cinq ans, les pays européens auront largement commencé à se retirer de la zone euro pour revenir à leur monnaie nationale. La fin de l’euro s’effectuera par paliers.

Cette monnaie restera un certain temps entre 1,20 et 1,26 dollar, puis viendra une période où elle s’échangera entre 1,12 et 1,14. Enfin, si la “ligne de flottaison” historique à 1,08 dollar est rompue… Ce sera alors le plongeon final…

Les pays de la zone euro pourraient-ils récupérer leur monnaie nationale ?


Je crois que cela est inexorable. C’est d’ailleurs le seul plan de sauvetage possible. L’euro tel qu’il a été conçu n’est qu’un leurre. Nous sommes entrés dans la seconde phase d’une crise mondiale. Une crise qui est structurelle et systémique.

On a voulu fabriquer une Europe sur le modèle des États-Unis et cela n’est absolument pas viable. Ce qui se passe aujourd’hui avec la Grèce est le premier symptôme du dysfonctionnement.

Quand un État connaît une évolution sociale, financière et salariale qui le met en porte-à-faux par rapport à ses pays partenaires en matière de commerce ou vis-à-vis d’une monnaie commune, on parle alors de “choc asymétrique”. Quand un pays est souverain, il peut régler ce problème par un réajustement, par une dépréciation ou une dévaluation de sa monnaie. Dans le cas présent c’est impossible.

Mais le pouvoir européen voudrait placer les pays de la zone euro – et les Allemands l’ensemble de l’Union européenne – sous tutelle, justement pour en ajuster les économies…


Cette harmonisation fiscale et salariale est impossible. C’est-à-dire placer tout le monde au même niveau pour liquider ce choix asymétrique. La Grande-Bretagne refuse catégoriquement. Les pays de l’Est ne sont pas entrés dans l’Union pour cela, et pour tous les autres, on risque de se retrouver avec une situation de révolte semblable à celle de Mai 68.

En ce moment, l’Europe est euphorique parce qu’elle est droguée à l’endettement. Or cette “solution” ne fait qu’augmenter la dose de drogue en créant encore plus de dettes !

On peut éventuellement créer une embellie temporaire sur les marchés boursiers mais on ne pourra pas sauver “le soldat euro” de cette façon. Tout cet argent sera finalement ponctionné auprès des contribuables. On va aller vers une paupérisation grandissante des peuples européens, ce qui risque d’entraîner une crise sociale importante. On le voit déjà aujourd’hui : les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui, comme le nôtre (la Suisse, Ndlr), ont conservé leur monnaie.

Quel est votre intérêt à vous exprimer dans les médias ?


Depuis l’article de La Tribune de Genève, je n’ai pris que des coups. J’essaie simplement de faire passer, dans le débat démocratique, un autre avis que celui qui est formulé par le consensus financier.

Mon combat est celui de la vérité et de l’honneur. Beaucoup de gens partagent mon opinion.

Parfois, le progrès, c’est de savoir revenir en arrière.

Propos recueillis par Clovis Casadue pour la revue Flash

Publié en exclusivité sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction

Télécharger l’article de la revue au format pdf

Reproduction libre avec indication des sources
 

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La france est à sec !!!

SCOOP: CRISE SYSTEMIQUE EN FRANCE, VOICI LES PREUVES
du 12 au 14 avril 2010 : Notre lecteur Mr Percepied, que je connais, m’a livré un témoignage intéressant sur le profond mysticisme qui s’est emparé des banques pendant la période de Pâques:

 « Il y a peu, j’ai emménagé dans un charmant petit appartement à Alfortville et jeudi 1er avril devait être mon premier jour de paiement du loyer. Étant à la Banque Postale et connaissant leur remarquable « rapidité » je vérifiai que le virement automatique fût bien effectué. A mon grand soulagement, le virement de 650€ fût effectif au 1er avril, sans parler du 0,98 euro de frais pour virement automatique, prélevé à CHAQUE virement… Je m’en allai donc travailler l’esprit libre!
Ce fût sans compter sur la propriétaire qui, une semaine plus tard, me téléphona paniquée pour me demander pourquoi le virement n’a pas été fait. Interloqué je lui affirmai que mon compte a bien été débité. Dépités, nous vérifiâmes ensemble que je ne me trompais point de numéro de compte… Non… Elle décida d’appeler son banquier et me donna ensuite la version de son bankster… Il semblerait que, en période de Pâques, les transactions soient tout simplement stoppées pendant plusieurs jours car trop nombreuses
 » (note: le banquier prend notre lecteur pour un crétin, rappellez-vous, vers chaque 20 décembre, Carte Bleue fait un communiqué pour expliquer qu’elle a battu son Ne record de transactions lors des courses de Noël) « Mais bien sûr, suis-je bête! Pendant les périodes de Pâques, les banques sont aussi en fête ! Logique ! Maintenant j’aimerais savoir où mon loyer est passé pendant ces quelques jours ?!? Débité de mon compte, mais pas crédité sur le compte du propriétaire.« . Etant donné que le Christ est mort vendredi dernier et revenu à la vie 3 jours plus tard, par respect pour son travail, les banquiers ont parqué toutes leurs liquidités à la Banque du Saint Esprit pour la rémission de leurs péchés et sans doute de ceux du Vatican. C’est leur semaine sans. Vous avez aussi remarqué que pendant la même période, il y a eu:

    1) 400.000 chômeurs n’ont pas été virés par la BNP. Là aussi, l’argent des chômeurs a eu une extase mystique qui a duré… une semaine! Certaines infos me disent d’ailleurs qu’il s’agit de bien plus que de 400.000 personnes, et qui elles non plus n’ont pas été payés le 1er avril, ni le 6, mais bien le 7 ou le 8 avril, c’est à dire J+8 !
    2) La BNP a caché le fait que les retraités non plus n’ont pas été virés au 1 avril!. L’info a été donnée par France Info, merci à Mr Martin, puisque 1.200.000 retraités ont aussi été victimes de ce pseudo « bug ». Et il y a d’autres catégories.
    3) Admirez comment la BNP réussit à ne pas prévenir les retraités, et cela même après le coup des chômeurs!!!
    4) Ce bug n’en est pas un. IL EST IMPOSSIBLE QU’IL Y AIT AUTANT DE PANNES surtout dans l’informatique bancaire où tout fonctionne en systèmes redondants.
    5) Mais voyez ce mail d’une lectrice de Tours, et à priori elle n’a aucune raison de nous raconter des histoires: « Je suis allée à la Poste principale ce matin, et un petit panneau est posé â l’entrée indiquant qu’on ne peut retirer plus de 1.500 euros à partir de 12H00« .

La conclusion, eh bien, est très simple: les comptes de la France sont à sec (voir plus bas), mais il s’agit de cacher la vérité aux Français, et ici la BNP a accepté manifestement de servir de prétexte. D’ailleurs d’autres lecteurs, comme Mr Martin, sont arrivés à la même conclusion que moi avec l’histoire des retraités:

 « Début mars BNP n’a pas versé les allocations de 400.000 chômeurs certes, mais aussi les retraites de 1.200.000 retraités. 1.600.000 personnes x 1.000 € (moyenne minimum) = 1.600.000.000 euro minimim de liquidités disparues pendant plus d’une semaine… Ca sent la crise systêmique« .

 En effet, sachant que le montant moyen serait plus dans les 10 milliards d’euros. Pourquoi les banques de Wall Street se font elles des prêts pendant une semaine à chaque fin de mois, à votre avis ?
Tirez les conséquences. Les banques françaises jouent le même jeu que les 18 banques US, qui, en fin de mois, se font des virements massifs dans une intense charge de cavalerie.

Cavalerie = armée de banquiers sans le sou, montés à cheval qui se font des virements entre eux.

 

Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2010

Un conseil,arrétez de regarder TF1 et les autres qui vous rabâchent que tout va bien et que  la reprise est là,comprenez que l’on vous cache la vérité pour ne pas créer de panique !!!

Et encore merci à Pierre pour son travail d’information.

 

 
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Publié par le 12 avril 2010 dans La france est à sec !!!

 

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La Commission sur le 9/11 confirme: La version officielle est un mensonge

https://i1.wp.com/www.numerama.com/media/attach/attentats11septembre.png

 

Les fins détails ne sont plus d’aucune importance. Les responsables de la Commission gouvernementale sur le 9/11 ont confirmés ce que nous savions tout ce temps-là; c’est-à-dire que le gouvernement américain a menti à propos des évènements entourant les attaques du 11 septembre 2001. Le gouvernement américain avait confié la responsabilité de la Commission d’enquête sur le 9/11 à l’ancien attorney général du New Jersey John Farmer. La Commission avait reçu comme mandat d’enquêter sur la réponse du gouvernement face aux attaques. Y siégeait aussi l’ancien gouverneur du New Jersey Thomas Kean et l’ancien Congressiste de l’Indiana Lee H. Hamilton.

Dans le livre de John Farmer «The Ground Truth: The Story Behind America’s Defense on 9/11? », l’auteur bâtit un dossier autant convainquant qu’incontournable du fait que la version officielle… est quasiment entièrement fausse.

La Commission sur le 9/11 nous dit maintenant que cette version officielle du 9/11 était basé sur de faux témoignages et documents; donc qu’elle est presque entièrement fausse. Les détails de ce massif escamotage de la vérité par le gouvernement sont soigneusement étalés dans le livre de John Farmer, qui était la tête de la Commission sur le 9/11.

Le gouvernement américain a menti à propos du 9/11.

L’édition du 11 septembre 2009 du Time magazine présentait précisément cette histoire en appelant un nouveau regard sur la Commission sur le 9/11. M. Farmer soulignait au Time magazine lorsque que des entrevues avaient été menées au centre de la FAA de New York la nuit du 9/11 et que ces enregistrements furent détruits. Les enregistrements d’interrogations de la CIA furent aussi détruits: «L’histoire du 9/11 elle-même, le moins qu’on peut dire, était déformée et complètement différente de la façon dont les choses se sont réellement passées».

Farmer, directeur de la School of Law des Universités Rutger, ne fait pas chemin seul, il a la coopération et l’accord d’autres membres de la Commission sur le 9/11. Il n’accuse pas Cheney ou Bush d’avoir ordonné le 9/11 dans son livre, mais il écrit clairement que le FBI, la CIA, la Maison Blanche et NORAD ont menti délibérément à la Commission. Est-ce appuyé par des preuves documentées? Oui.

Farmer déclare: «À un certain niveau du gouvernement, à un certain moment donné… il y a eu une entente pour ne pas révéler la vérité à propos de ce qui s’était passé… J’ai été choqué de voir la différence entre la vérité et la manière dont elle a été décrite… Les enregistrements du NORAD (North American Aerospace Command) racontait une histoire radicalement différente de ce qu’on nous a dit ainsi qu’au public depuis deux ans».

Thomas Kean, ancien gouverneur Républicain du New Jersey avait ceci a dire: «Jusqu’à ce jour, nous ne savons toujours pas pourquoi le NORAD nous a raconté ce qu’ils nous ont raconté, c’était tellement loin de la vérité…».

Vous trouverez différentes citations allant dans ce sens provenant d’autres membres de la Commission d’enquête sur le 9/11, tels que Hamilton, Bob Kerrey, Timothy Roemer, Max Cleland, Ernest May.

En 2006, le Washington Post rapportait: «Les doutes que quelque chose ne tournait pas rond étaient si profonds que les dix membres de la Commission sur le 9/11 ont discutés, lors d’une réunion secrète à la fin de leur mandat en 2004, de renvoyer le cas au Département de la justice pour enquête criminelle, information corroborée par plusieurs sources provenant de la Commission. Les membres de l’équipe et certains commissaires pensaient que les courriels et autres évidences apportaient une cause suffisante et probable de croire que les officiels militaires et de l’aviation avaient violé la loi en faisant de faux témoignages au Congrès et à la Commission».

Avec l’unique rapport «officiel» sur le 9/11 maintenant reconnu comme étant complètement faux, que faire maintenant? Qui sont touchés par ces mensonges? Les familles des victimes du 9/11 se sont battues pendant des années pour arriver à connaître la vérité. Et pendant des années, le gouvernement et les médias ont dissimulé la vérité derrière des mensonges et le secret pour les en dénier.

Allons-nous continuer à donner notre argent à des gouvernements qui nous mentent?

Allons-nous continuer à laisser des gouvernements qui nous mentent de tuer et démolir la vie de nos enfants dans des guerres étrangères?

Allons-nous continuer à obéir à des gouvernements qui nous mentent?

Lorsque les gouvernements nous mentent, ils excèdent leur rôle légal et moral et cessent dorénavant d’être un gouvernement légitime du pays.

Un principe fondateur de nos nations est que le gouvernement gouverne avec le consentement des gouvernés.

JE NE CONSENS PAS À ME FAIRE MENTIR.

Je ne connais personne qui consent à se faire mentir par un gouvernement.

Aucune Cour ne peut faire appliquer un contrat dans lequel une partie est d’accord pour se faire mentir par l’autre puisqu’elle ne peut pas savoir ce à quoi elle s’engage, l’essence même d’un contrat selon la loi.

La Commission sur le 9/11 dit que le gouvernement américain nous a tous menti au sujet du 9/11. À quel autre sujet nous ont-ils menti? Probablement à propos de tout! Il serait sûrement plus aisé de compter les fois que le gouvernement nous raconte la vérité que d’essayer de compter tous les mensonges.

La Commission avait décidé de ne pas entendre le groupe de travailleurs qui a connu le plus de perte de vie lors du 11 septembre 2001: les pompiers. Nombreux sont les témoignages de pompiers et de témoins rapportant des explosions multiples partout dans ces trois bâtiments du complexe World Trade Center qui furent complètement réduit en poussière et vaporisés.

Il maintenant indéniable que des résidus d’explosifs à haute température, de la thermite, a été trouvé partout dans les décombres des WTC.

Ted Olsen, qui a servi sous l’administration Bush, nous a menti lorsqu’il a tenu une conférence de presse le 11 septembre 2001 en disant à l’Amérique et le monde que sa femme décédée l’avait appelé juste avant de mourir dans l’avion qui avait été détourné. Cela prouvait que l’avion avait bel et bien été détourné par des terroristes à la peau brune.

Le problème, c’est que c’était un autre mensonge, un de plus dans longue liste. Le FBI a rapporté qu’aucun appel n’avait été fait entre Barbara Olsen et Ted Olsen en cette journée fatidique. La technologie ne le permettait même pas à l’époque, à l’altitude à laquelle se trouvait alors l’avion.

Bref, le tissu de mensonges se déchire et nous sommes sur le point de devoir décider ce que nous ferons de toutes ces révélations. Une chose est certaine, c’est que la version officielle est fausse et que la vérité n’a pas encore vue le jour. Nous le devons à toutes les victimes, les familles des victimes et tous ces gens au Moyen-Orient qui ont vu leur vie détruite par la guerre contre le terrorisme qui s’en est suivi.

Nous le devons au nom de la vérité.

François Marginean

http://www.centpapiers.com/la-commission-sur-le-911-confirme-la-version-officielle-est-un-mensonge/9957/

Trouvé chez Bridge

 
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Publié par le 1 mars 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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La route pour Armageddon

 

La route pour Armageddon

 

 

 VDARE, Paul Craig Roberts, 25 février 2010
      Le Washington Times est un journal qui regarde favorablement les guerres d’agression au Moyen-Orient des Bush-Cheney, Obama et Néo-conservateurs, et est partisan de faire payer les terroristes pour le 11/9. J’ai donc été surpris d’apprendre le 24 février que l’article le plus populaire sur le site Internet du journal a été ces trois derniers jours « Nouvelle explosive » (de Jennifer Harper, le 22 février 2010) sous la rubrique « Inside the Beltway » [*], sur les conférences de presse dans 31 villes aux États-Unis et à l’étranger le 19 février, tenues par Architects and Engineers for 9/11 Truth, une organisation de professionnels qui compte maintenant 1000 membres.
      J’ai été encore plus surpris que ce reportage d’actualité traite sérieusement les conférences de presse.
      Comment ont fait les trois gratte-ciel du World Trade Center pour se désintégrer tout à coup en fine poussière ? Comment ont fait les poutres d’acier massif des trois gratte-ciel pour céder brusquement par suite de feux éphémères, isolés, et de faible température ? « Mille architectes et ingénieurs veulent savoir, et demandent au Congrès d’ordonner une nouvelle enquête sur la destruction des tours jumelles et du bâtiment 7, » rapporte le Washington Times.
      Le journal signale qu’architectes et ingénieurs ont conclu que la Federal Emergency Management Agency et le National Institute of Standards and Technology (NIST) ont fourni « des comptes-rendus insuffisants, contradictoires et faux sur les circonstances de la destruction des tours » et « exigent qu’un grand jury enquête sur les fonctionnaires du NIST. »
      Selon le journal, Richard Gage, le porte-parole des architectes et ingénieurs, a déclaré : « Les fonctionnaires du gouvernement seront prévenus que la ‘’forfaiture de haute trahison’’, US Code 18 (art. 2382), est un délit fédéral grave qui oblige le détenteur d’une preuve de trahison d’agir. Les implications sont énormes et pourraient avoir un impact profond sur le prochain procès de Khalid Sheik Mohammed. »
      Il existe maintenant une organisation Firefighters for 9/11 Truth (Pompiers pour la vérité sur le 11/9). Lors de la principale conférence de presse à San Francisco, Erik Lawyer, le chef de cette organisation, a annoncé le soutien des pompiers à la demande des architectes et ingénieurs. Il a indiqué qu’une expertise a été faite sur les incendies qui sont présumés avoir détruit les trois bâtiments, et que son insuccès [à expliquer la version officielle] caractérise un crime.
      Les procédures obligatoires n’ont pas été suivies, et au lieu d’être conservée et étudiée, la scène du crime a été détruite. Il a rajouté qu’il existe plus de cent intervenants de première ligne qui ont entendu et ressenti des explosions et qu’il existe des preuves radio, audio et vidéo des explosions.
      Toujours à la conférence de presse, le physicien Steven Jones a présenté la preuve de nano-thermite dans les restes des bâtiments du WTC, trouvée par un panel international de scientifiques dirigé par le professeur Niels Harriet, nano-chimiste à l’Université de Copenhague. La nano-thermite est un explosif pyrotechnique de pointe, capable de couper instantanément les poutres d’acier.
      Avant de crier à la « théorie de complot, » nous devons savoir que les architectes, ingénieurs, pompiers et scientifiques n’avancent aucune théorie. Ils avancent une preuve qui récuse la théorie officielle. Cette preuve ne doit pas disparaître.
      Si douter ou exprimer des réserves sur la version officielle dans le rapport de la Commission sur le 11/9 fait de quelqu’un un excentrique de la théorie du complot, nous devons alors inclure les deux coprésidents et le conseiller juridique de la Commission sur le 11/9. Ils ont tous écrit des livres dans lesquels ils disent clairement que les responsables gouvernementaux leur ont menti quand ils ont enquêté, ou plutôt, quand ils ont présidé l’enquête menée par le directeur exécutif Philip Zelikow, membre de l’équipe de transition et du Conseil consultatif sur le Renseignement extérieur du Président George W. Bush, en collaboration avec Condi « Champignon Atomique » Rice, la Secrétaire d’État de Bush.
      Il y aura toujours des Zuniens qui croiront tout ce que leur raconte le gouvernement en sachant très bien combien de fois il leur a menti. En dépit des guerres coûteuses qui menacent la sécurité sociale et l’assurance maladie, des guerres échafaudées sur l’absence d’armes de destruction de masse irakiennes, le manque de lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida, le défaut de participation afghane dans les attentats du 11/9, et l’inexistence des armes nucléaires iranienne qui font l’objet du battage publicitaire en faveur de la prochaine guerre d’agression au Moyen-Orient, plus de la moitié de la population zunienne croit toujours le conte de fée que leur raconte le gouvernement à propos du 11/9, c’est-à-dire au sujet d’une conspiration musulmane qui s’est montré plus futée que le monde occidental tout entier.
      En outre, le nombre de fois que le gouvernement a changé son histoire importe peu à ces Zuniens. Par exemple, les Zuniens ont d’abord entendu parler d’Osama Ben Laden, puisque le régime Bush lui a mis sur le dos les attentats du 11/9. Pendant des années, vidéo après vidéo, des déclarations de Ben Laden ont été servies à la crédulité de l’opinion publique zunienne. Des experts ont rejeté les vidéos en tant que faux, mais les Zuniens ont gardé leur propre crédulité. Puis, l’année dernière, un nouveau « cerveau » du 11/9 est soudainement apparu pour prendre la place de Ben Laden. Le captif Khalid Sheikh Mohammed a subi 183 fois le supplice de la baignoire, jusqu’à ce qu’il avoue avoir tramé les attentats du 11/9.
      Au Moyen Age, les aveux extorqués sous la torture constituaient une preuve, mais s’accuser soi-même est interdit dans le système juridique des États-Unis depuis leur fondation. Pourtant avec le régime Bush et les juges fédéraux républicains, dont on nous a assuré qu’ils défendraient la Constitution, l’auto-incrimination de Cheikh Mohammed se trouve être aujourd’hui la seule preuve du gouvernement zunien de la réussite du 11/9 par des terroristes musulmans.
      Si quelqu’un réfléchit aux exploits attribués à Khalid Cheikh Mohammed, ils sont tout simplement incroyables. Cheik Mohammed est un super-héros plus brillant et capable que V dans le film fantastique, V pour Vendetta. Sheik Mohammed a déjoué la totalité des 16 agences du Renseignement zunien ainsi que celles de tous les alliés ou pantins des États-Unis, notamment le Mossad israélien. Aucun service de renseignement sur Terre, ni tous réunis, n’a été assez fort pour Sheik Mohammed.
      Sheik Mohammed s’est montré plus malin que le Conseil sur la sécurité nationale, Dick Cheney, le Pentagone, le Département d’État, le NORAD, l’Air Force, et le contrôle du trafic aérien.
      Il a mis en échec la sécurité aéroportuaire quatre fois en une matinée. Il a fait merder à bloc le nec plus ultra de la défense aérienne du Pentagone, qui a permis à un avion détourné – toute la matinée en dehors de sa route pendant que l’Air Force, pour la première fois dans l’histoire, a été incapable de faire décoller des avions intercepteurs – s’écrase sur le Pentagone.
      Cheikh Mohammed a été capable d’accomplir ces prouesses avec des pilotes non qualifiés.
      Sheik Mohammed, même en tant que détenu ayant subi le supplice de la baignoire, est parvenue à empêcher le FBI de diffuser les nombreuses vidéos confisquées qui montrerait, selon la fable officielle, l’avion de ligne détourné percutant le Pentagone.
      Quel genre de benêt faut-il être pour croire qu’un être humain, ou un personnage d’extravagance hollywoodienne, soit à ce point puissant et capable ?
      Si cheikh Mohammed a ces capacités surhumaines, comment ont fait des Zuniens incompétents pour l’attraper ? Ce loustic est un simplet qu’on a fait avouer sous la torture afin de maintenir les pigeons zuniens dans la croyance de la théorie de conspiration du gouvernement.
      Ce qui est en train de se passer maintenant, c’est que le gouvernement zunien doit mettre fin au mystère du 11/9. Il doit traduire en justice et condamner le coupable afin de pouvoir classer l’affaire avant qu’elle n’éclate. Quelqu’un ayant subi 183 fois le supplice de la baignoire pourrait avouer quelque chose !
      Le gouvernement zunien a réagi aux preuves déployées contre son étrange théorie du complot du 11/9 en redéfinissant la guerre au terrorisme externe à des ennemis internes. Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré le 21 février que les extrémistes zuniens sont dorénavant un emmerdement aussi grave que les terroristes internationaux. Ces extrémistes sont naturellement les gens qui contrecarrent les desseins du gouvernement, comme les 1.000 architectes et ingénieurs du mouvement pour la vérité sur le 11/9. Le groupe était de 100 autrefois, il est maintenant de 1000. Et s’il devenait 10.000 ?
      Cass Sunstein, un fonctionnaire du régime Obama, a une solution pour les sceptiques du 11/9 : les infiltrer et les inciter à faire des déclarations et des actions qui pourront être utilisées pour les discréditer ou les arrêter. S’en débarrasser à tout prix !
      Pourquoi employer des mesures extrêmes contre de présumés hurluberlus s’ils ne dispensent que divertissement et rires ? Le gouvernement s’inquiète qu’ils soient sur quelque chose ?
      Pourquoi, à la place, le gouvernement des États-Unis n’affronte-t-il pas tout simplement les preuves présentées pour y répondre ?
      Si les architectes, ingénieurs, pompiers, et scientifiques n’étaient que des farfelus, ce serait une affaire simple de s’informer de leurs preuves et de les réfuter. Pourquoi est-il nécessaire de les infiltrer avec des flics et de les provoquer ?
      Beaucoup de Zuniens répondraient que « leur » gouvernement ne pourrait jamais même imaginer les zigouiller en détournant des avions de ligne et en détruisant des buildings afin d’accélérer son ordre du jour. Mais le 3 février, Dennis Blair, le directeur du Renseignement national, a dit à la Commission du renseignement de la Chambre que le gouvernement zunien peut assassiner ses propres citoyens quand ils sont à l’étranger. Aucune arrestation, procès ou condamnation pour crime capital n’est nécessaire. Juste assassiner hardiment !
      Manifestement, si le gouvernement zunien est capable d’assassiner ses citoyens à l’étranger il peut les trucider chez lui, et il l’a fait. Par exemple, 100 Davidiens ont été assassinés à Waco, au Texas, par le régime Clinton sans raison légitime. Ce qu’a fait le gouvernement, c’est de décider simplement d’user de son pouvoir en sachant qu’il pourrait s’en tirer.
      Les Zuniens qui pensent que « leur » gouvernement est une sorte d’entreprise moralement pure, feraient bien de se familiariser avec l’Opération Northwoods. L’Opération Northwoods était un complot élaboré pour la CIA par l’état-major étasunien. Il consistait à commettre des actes de terrorisme dans les villes zuniennes et fabriquer des preuves accusant Castro, afin que les États-Unis puissent obtenir un soutien national et international pour changer le régime de Cuba. Ce plan secret a été rejeté par le président John F. Kennedy et a été levé du sceau du secret par le John F. Kennedy Assassination Records Review Board. Il est disponible en ligne dans les Archives de la sécurité nationale. De nombreux comptes-rendus sont disponibles en ligne, comme sur Wikipédia. Le livre de James Bamford, Body of Secrets (Le corps du secret), résume également ce complot :

      « L’Opération Northwoods, qui avait l’approbation écrite du président de l’état-major (le général Lemnitzer) et de chacun de ses membres, exigeait que des gens inoffensifs soient abattus dans les rues zuniennes ; que des bateaux transportant des réfugiés fuyant Cuba soient coulés en haute mer ; qu’une violente vague de terrorisme soit lancée à Washington, Miami, et ailleurs. Des gens seraient accusés pour des attentats qu’ils n’auraient pas commis ; des avions seraient détournés. Tout cela serait attribué à Castro grâce à des preuves bidons, donnant de cette manière à Lemnitzer et sa clique l’excuse, aussi bien que le soutien public et international, dont ils avaient besoin pour lancer leur guerre. »
      Avant le 11/9, les Néo-conservateurs précisaient que les guerres d’agression qu’ils avaient l’intention de lancer au Moyen-Orient exigeaient « un nouveau Pearl Harbor. » [Ndt : Ils l’ont écrit noir sur blanc dans Project for the New American Century.]
      Pour leur propre bien et celui du reste du monde, les Zuniens devraient prêter attention au corps d’experts de plus en plus grand qui leur dit que le compte-rendu gouvernemental sur le 11/9 est réfuté par leur enquête. Le 11/9 a inauguré le plan néo-conservateur pour l’hégémonie mondiale zunienne. Au moment où j’écris le gouvernement achète l’accord des administrations étrangères qui bordent la Russie pour qu’elles acceptent des bases zuniennes de missiles intercepteurs. Les États-Unis ont l’intention d’encercler la Russie avec des bases de missiles à travers l’Europe centrale depuis la Pologne et le Kosovo jusqu’à la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Asie centrale. [Voir Impending Explosion: U.S. Intensifies Threats To Russia And Iran (Explosion imminente : Les USA renforcent la menace contre la Russie et l’Iran), de Rick Rozoff, Global Research, 19 février 2010] Le 20 février, l’émissaire zunien Richard Holbrooke a déclaré qu’Al-Qaïda emménage dans les anciennes républiques d’Asie centrale de l’Union soviétique, comme le Tadjikistan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kazakhstan. Holbrooke demande des bases zuniennes dans les anciennes républiques soviétiques sous couvert de l’expansion constante de la « guerre contre le terrorisme. »
      Les États-Unis ont déjà encerclé de bases militaires l’Iran. Le gouvernement zunien a l’intention de neutraliser la Chine en prenant le contrôle du Moyen-Orient et en coupant la Chine du pétrole.
      Ce plan présume que la Russie et la Chine, des États dotés d’armes nucléaires, se laisseront intimider par les défenses antimissiles des États-Unis et acquiesceront à l’hégémonie zunienne et que la Chine manquera de pétrole pour son industrie et son armée.
      Le gouvernement zunien est mythomaniaque. Les militaires et les dirigeants politiques russes ont répondu au danger manifeste en déclarant que l’OTAN est une menace directe à la sécurité de la Russie et en annonçant une évolution dans leur doctrine de guerre : le lancement préventif d’armes nucléaires. Les Chinois sont trop confiants pour être intimidés par une foutue « superpuissance » zunienne.
      Les faibles d’esprit de Washington sont en train de repousser les limites de la guerre nucléaire. La course insensée en faveur de l’hégémonie zunienne menace la vie sur Terre. En acceptant les mensonges et les tromperies de « son » gouvernement, le peuple zunien lui facilite ce dénouement.

      * Ndt : Inside the Beltway (à l’intérieur du périphérique) est une expression servant à caractériser les éléments politiques réels ou imaginaires du système zunien à l’intérieur du cercle de Washington (Capital Beltway ou Interstate 495 est le périphérique qui encercle Washington DC) et évoque les questions importantes dans les bureaux du gouvernement fédéral, ses sous-traitants, les lobbyistes et les médias qui les couvrent.

Original : vdare.com/roberts/100225_armageddon.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

http://www.alterinfo.net/La-route-pour-Armageddon_a43168.html

 
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Publié par le 26 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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VIOLENTE ATTAQUE DE NIGEL FARAGE CONTRE HERMAN VAN ROMPUY

ENORME INTERVENTION DE NIGEL FARAGE AU PARLEMENT EUROPEEN en présence de Herman Van Rampouy, une intervention inouïe de justesse car en effet, PERSONNE n’avait jamais entendu parler de Herman Van Rompuy avant qu’il ne soit poussé à ce poste par le groupe Bildenberg (voir l’article du Telegraph de Londres). J’ai regardé le président européen de 500 millions de personnes, et il ressemble à un méchant savant fou échappé d’une bande dessinée de Blake et Mortimer avec ses yeux étranges et ses cheveux coiffés avec une fourchette. Quelque chose ne colle pas, et Farage le montre bien. Je compte sur vous pour envoyer cet article au plus grand nombre de personnes possible, d’autant que je me suis efforcé de tout traduire, contrairement au journal Le Monde qui s’est contenté de garder que trois phrases. Regardez bien la vidéo, elle est fascinante, regardez Van Rompuy, il a l’air de tout, mais certainement pas d’un homme qui préside aux déstinées de 500 millions d’Européens, dont vous et votre famille, ne l’oubliez pas. ET REGARDEZ ENSUITE SON DISCOURS EN FRANCAIS: IL N’EST MEME PAS APPLAUDI… Et, génial, Van Rampouy NOUS REMET UNE COUCHE DE SA « GOUVERNANCE MONDIALE ». Si cette vidéo n’existait pas, je ne l’aurais pas cru. En tout cas, on a besoin d’un Nigel Farage en France. ET VITE SINON ON EST MORTS DES QUE LA CRISE VA DERAPER.

    « Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’aspect d’un petit guichetier de banque! »
    « La question que je veux poser… Qui êtes-vous ? Je n’avais jamais entendu parler de vous! »
    « On n’a jamais entendu parler de vous! »
    « Personne en Europe n’avait jamais entendu parler de vous »
    « Je veux vous poser une question Président, qui a voté pour vous ? »
    « Et quel mécanisme (vous a fait élire ?) »
    « la démocratie n’est pas populaire avec vous.. »
    « Les peuples d’Europe doivent vous démettre de votre poste »
    « Est-ce que c’est ça la démocratie européenne ? »
    « Je sens que vous êtes compétent, capable et dangereux »
    « Je n’ai aucun doute sur le fait que votre intention est d’être l’assassin de la démocratie européenne et de toutes les nations européennes »
    « Vous ne savez pas ce qu’est un pays uni car vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays »
    « Mais depuis que vous êtes là, on a vu la Grèce réduite à devenir rien de plus qu’un protectorat
    « Monsieur, vous n’êtes pas légitime à ce poste »
    « Je peux dire avec confiance que je parle au nom de la majorité du peuple anglais: On ne vous connaît pas, On ne vous veut pas, Plus tôt vous partirez mieux cela sera »

Ci-dessous Van Rompuy fait son discours suite à Nigel Farage.

               

              Ci-dessous le discours de Nigel Farage du 9 février sous titré en français, ECOUTEZ BIEN, car il montre que l’UE est dirigée maintenant par des anciens communistes et maoistes!!! C’est fou! L’Europe nous a été volée.

               

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              Histoire du « Nouvel ordre mondial »

              Pierre Hillard retrace l’histoire d’un courant idéologique qui imprime sa marque aux actuelles tentatives de regroupement d’Etats au sein de blocs régionaux et tente de les orienter vers une forme de gouvernance mondiale. Son objectif n’est pas de prévenir les conflits, mais d’étendre la puissance financière et commerciale du monde anglo-saxon. Il théorise et revendique le projet d’un « Nouvel ordre mondial » érigé sur les ruines des Etats-nations.
              Bien sûr, il ne s’agit pas d’assimiler tous les efforts visant à mettre fin aux divisions nationales à une volonté de domination. Mais il est indispensable d’étudier ce projet de globalisation politique afin de ne pas le laisser transformer l’idéal de l’unité humaine en un cauchemar totalitaire.

              vec la ratification du Traité de Lisbonne par les 27 Etats européens, l’élection d’Herman van Rompuy à la présidence du Conseil européen et de Catherine Ashton comme Haut-représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, le 19 novembre 2009, marque un tournant décisif dans les ambitions mondialistes. L’Union européenne (l’UE) se voit dotée progressivement d’un visage politique et d’un « numéro de téléphone » pour reprendre l’expression d’Henry Kissinger. Certes, de nouveaux réglages — une forme de rodage — s’avèrent nécessaires afin de véritablement asseoir cette union régionale. En effet, des rivalités continuent à perdurer entre le président du Conseil européen, le président de la Commission européenne et la présidence tournante de six mois. Cette situation agace profondément l’administration Obama [1]. Cependant, dotée de la personnalité juridique et d’une complète primauté du droit européen sur le droit national, l’Union européenne peut prétendre (réussir ?) devenir un acteur de la scène internationale. Il serait faux d’affirmer que cette nouvelle vocation se fera dans une complète indépendance par rapport au reste du monde. En fait, les élites européistes soutenues par l’oligarchie financière avancent en liaison et en communion d’esprit avec toutes les autres formes d’unions régionales en cours d’élaboration sur la planète.
              En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste programme conduisant à l’émergence de blocs continentaux dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant appelé à constituer une gouvernance mondiale. Nous pouvons relever les unions régionales suivantes en formation :

               

               La Communauté Economique Eurasiatique (CEEA ou Eurasec pour Eurasian Economic Community)  [2] : créée en octobre 2000 et réunissant plusieurs pays de l’ancien bloc soviétique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, …), elle poursuit l’objectif de créer une union douanière [3] à partir de 2010 avec l’idée d’une monnaie régissant l’ensemble appelé « evraz » [4] ou « euras » ou encore « eurasia » (le nom de cette monnaie peut encore changer) [5].
              - L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) [6] : créée en mai 2008, elle entend passer d’une logique sub-régionale à une identité régionale en fusionnant en une seule organisation le Mercosur et la Communauté andine, c’est-à-dire en réunissant tous les Etats du continent sud-américain (à l’exception de la Guyane française, et des îles britanniques Sandwich et Malouines). L’idéal poursuivi est de réussir la mise sur pied d’un parlement, d’une monnaie unique [7] et d’une citoyenneté commune. L’UNASUR entretient des liens privilégiés avec son modèle européen dans le cadre d’une assemblée parlementaire euro-latino américaine appelée EUROLAT [8].

               

              – Le Système d’intégration centre-américain (SICA) [9] : créé en décembre 1991, ce groupe de pays centre-américains poursuit les mêmes objectifs cités ci-dessus, en particulier la création d’une monnaie unique suite au 33è congrès tenu à San Pedro Sula (Honduras) en décembre 2008.

               

              – Le lancement de « l’Organisation de l’Unité Africaine » (OUA) [10] en 1963 a permis de passer à la vitesse supérieure, à partir des années 1999-2000, avec la création de l’Union Africaine (l’UA, à Durban en juillet 2002) et du « Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique » (NEPAD) [11]. Les objectifs (commission, parlement panafricain, cour africaine des droits de l’homme, etc) se calquent sur le modèle européen [12].

               

              – Le Conseil de coopération du Golfe (Golf cooperation council, GCC)  [13] : créé en 1981, il tend à une union de plus en plus étroite entre les Etats du Golfe (Bahrein, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirat arabes unis). Une monnaie commune est prévue vers 2010/2011. Le nom avancé par certains est « Khaleeji ». Cependant, même si le principe d’unité monétaire est retenu, l’appellation de cette monnaie n’est pas assurée [14].

               

              – Une union asiatique prend forme sous l’égide de trois acteurs principaux : le Japon (CEAT, Council on East Asian Community), la Chine (NEAT, the Network of East Asian Think Tank) et la Corée du Sud (EAF, the East Asia Forum). Depuis le 1er janvier 2010, la Chine et l’Asean (sigle anglais pour « Association des nations du Sud-Est asiatique) ont lancé la plus grande zone de libre-échange au monde, à laquelle se sont joints la Corée, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elle doit permettre « d’accélérer ce processus de régionalisation » comme se plaît à le dire Xu Ningning, le secrétaire général du Conseil économique Chine-Asean [15].

               

              – Une union Nord-américaine a été lancée en mars 2005 au Texas (Waco) entre les chefs d’Etat états-unien, canadien et mexicain dans le cadre du PSP (Partenariat pour la Sécurité et la prospérité) [16]. L’objectif déclaré est d’aboutir, théoriquement au cours de l’année 2010, à l’instauration d’un périmètre politique, économique et militaire unifié entre les trois Etats [17]. Une unité monétaire appelée « amero » ou « dollar nord-américain » (la désignation de cette nouvelle monnaie n’est pas assurée) doit remplacer le dollar US et canadien ainsi que le peso mexicain [18]. Cette mutation passe par un effondrement du dollar et, par ricochet, du système financier et monétaire mondial. Cette crise systémique globale (politique, financière, monétaire et géopolitique) se renforce en ce début de l’année 2010 afin de favoriser l’arrivée de ce nouvel ordre mondial tant désiré par les thuriféraires du système.
              - Enfin, il est prévu théoriquement pour 2015 l’instauration d’un bloc euro-atlantique unifié politique, économique et militaire [19]. Nous pouvons signaler que le Parlement européen a adopté une résolution, le 26 mars 2009, traitant de « l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux Etats-Unis ». Cette résolution a le mérite de rappeler tous les accords politiques, économiques et militaires conclus de part et d’autre des rives de l’Atlantique afin d’aboutir à une union transatlantique [20].

               

              Cette liste ne serait pas complète sans évoquer un événement majeur passé sous silence par la presse française. En effet, lors du sommet de l’Aquila en Italie (8-10 juillet 2009), les chefs d’Etat ont traité divers dossiers (crise économique, climat, …). Cependant, lors d’une rencontre avec les journalistes, le président russe Medvedev s’est plu à présenter un prototype de monnaie mondiale sous la forme d’une pièce fabriquée en Belgique sur laquelle était gravée en anglais « unité dans la diversité » [21]. Cette présentation constitue un tournant majeur. Pour la première fois, un chef d’Etat a présenté un exemplaire d’une monnaie en mesure d’être la référence unique de l’humanité toute entière [22]. Ce geste complète les propos d’Herman van Rompuy qui, lors de son discours de remerciements après sa nomination au poste de président du Conseil de l’Union européenne, n’a pas hésité à prononcer ces paroles lourdes de sens : « 2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en plein crise financière » [23].
              Cette affirmation — juste de la part d’un partisan de la gouvernance mondiale — doit nous amener à réfléchir et à nous poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ? En effet, la description de ces diverses unions régionales plus ou moins avancées dans le cadre d’une autorité unique — avec éclatement interne des Etats qui les composent [24] — n’est pas le fruit du hasard. En fait, cette mutation résulte d’un très long travail de fond de la part des oligarchies financières [25] et de groupes élitistes politiques dans le cadre de think tanks ou de fondations.

               

              L’oligarchie anglo-saxonne et ses princes

              Le public francophone est malheureusement ignorant des vrais acteurs de la politique mondiale, ces derniers exerçant leurs talents plus dans les coulisses que sur la scène politicienne. Pour mieux comprendre la situation désastreuse dans laquelle les défenseurs de la cause nationale se trouvent en ce début de XXIè siècle, il est nécessaire de rappeler dans ses grands traits le rôle éminemment important de la puissance financière et aristocratique anglo-saxonne. Celle-ci a toujours constitué un Etat dans l’Etat. On peut situer sa prise du pouvoir suite à l’instauration de la « Grande Charte » du 15 juin 1215. Après la défaite du roi Jean Sans Terre d’Angleterre, le 27 juillet 1214 à Bouvines face au roi Philippe Auguste, les barons anglais ont arraché des privilèges politiques et financiers. Désormais, la couronne britannique est obligée de composer et de collaborer avec une caste qui allie force, puissance financière et ambitions commerciales. Dès cette époque, une élite avide, revendicatrice et orgueilleuse est née. Elle est à l’origine de l’existence de ces groupes de pressions (ou lobbies) qui, par des voies aussi diverses que la finance, le renseignement ou les médias, exercent des pressions sur le pouvoir politique. Ce dernier dépendant largement d’appuis et de monnaie sonnante et trébuchante pour son maintien au pouvoir est dans l’obligation absolue de tenir compte des avis et des conseils émanant de cette caste. Les think tanks (« instituts de recherche » ; la traduction est cependant impropre), fondations et groupes élitistes sont la suite logique d’un état d’esprit élitiste et mercantile. Ces cénacles sont devenus les centres incontournables d’une minorité active conditionnant l’avenir du monde anglo-saxon puis, de proche en proche, de l’univers entier. Contrairement à la conception politique française qui soumet toute activité à celle de l’Etat, ces organisations politico-commerciales ne dépendent plus d’une autorité nationale. Très tôt, elles ont exercé leurs talents. Dès le Moyen-Âge, des compagnies comme les London Staplers, les London Mercers Company ou encore la British East India Company (la BEIC au 17è siècle) ont été les fers de lance de l’impérialisme britannique. Ainsi, l’aristocratie commerciale s’est transmises le flambeau de la conquête et de la maîtrise des richesses de génération en génération. « Toujours plus » pour reprendre une expression de François de Closets.
              La défaite française en Amérique du Nord conduisant au Traité du 10 février 1763 peut être considéré comme l’acte de naissance de la montée en puissance de l’oligarchie britannique. En effet, la perte de la Nouvelle France donne à la Couronne britannique tout un continent aux richesses inouïes et presque vide d’habitants. L’incapacité de la monarchie française à peupler ces vastes territoires et à les intégrer à la sphère de la civilisation gréco-romaine fait basculer tout cet espace sous la coupe anglo-saxonne. Mâtinées d’un tour d’esprit messianique, les élites conquérantes américaines en liaison avec leurs homologues britanniques sont prêtes à imposer leur modèle au monde entier. Après les guerres de la Révolution et la défaite de Napoléon I en 1815, la puissance anglo-saxonne n’a plus de rival sur les mers. Puissance démographique, peuplement de vastes territoires en Amérique du Nord, en Afrique australe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, contrôle de points stratégiques partout dans le monde (Gibraltar, Hong Kong, …), mainmise de territoires sur presque tous les continents, technologie de pointe et secteur bancaire performant permettent à ces aristocraties commerciales de Londres et de New-York de rêver à un contrôle du monde sous les auspices de la City et de Wall Street. Un homme a été la figure de proue de cet idéal : Cecil Rhodes.

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              Cecil Rhodes (1853-1902) [26]

              Ce grand défenseur de l’Empire britannique émigre en Afrique australe où sa personnalité et ses qualités intellectuelles hors normes lui permettent de faire fortune dans le diamant. Il est à l’origine de la création de l’industrie diamantaire De Beers en liaison et avec l’appui de Nathaniel Mayer Rothschild (1840-1915). Sa fortune colossale lui ouvrant les portes de la colonie britannique, Cecil Rhodes pose les jalons permettant à l’Etat Sud-africain (dominion de l’Empire britannique) de prendre forme quelques années après sa mort en 1910. Son influence financière et politique lui permet de contrôler des territoires à qui il donne son nom : la Rhodésie. Divisés plus tard en Rhodésie du Nord et Rhodésie du Sud, ces Etats sont devenus la Zambie et le Zimbabwe. Cependant, sa grande idée coloniale est de réaliser une immense voie de chemin de fer partant du Cap jusqu’au Caire. Dans sa défense de l’Empire britannique, les voies de communications constituent un enjeu capital pour la mise en valeur des richesses de toute sorte. Le développement des voies de communications (sous toutes ces formes [27]) est le passage obligatoire pour le bon fonctionnement de tout Empire. Ce précepte est d’une très grande actualité en ce début de XXIè siècle [28]. Les voies de communications constituent les artères irriguant l’empire commercial et politique.

              La société fabienne (Fabian society) [34]

              La société fabienne [35] est un institut qui a vu le jour à Londres en 1884 sous l’impulsion de politique anglais comme Sydney Webb (1859-1947) et de son épouse, Béatrice Webb, ou encore de l’écrivain irlandais George Bernard Shaw (1856-1950). L’avant-garde de cette société se fit sous l’influence de promoteur du socialisme comme Robert Owen (1771-1858) [36] qui transmit ses idées à John Ruskin (1819-1900, professeur à l’université d’Oxford [37] et qui influença Cecil Rhodes) [38]. D’autres personnes imprégnées d’un idéal socialiste chrétien comme Frederik Derrison Maurice (1805-1872) ont posé les jalons au cours du XIXè siècle ouvrant la voie à la fondation de la société fabienne. Le choix de « fabien » (fabian) s’explique puisqu’il se réfère au général romain de l’époque des guerres puniques (vers – 200 av – JC), Fabius Cunctator (c’est-à-dire le « temporisateur »). Face au général carthaginois Hannibal, le militaire romain pratiquait la politique de guérilla qui consistait à ne pas brusquer les choses afin d’atteindre son but. C’est cette méthode de changement en douceur mais implacable qui est la marque de fabrique de la société fabienne. Celle-ci défend le principe d’une société sans classe devant conduire à la synthèse du socialisme (l’Etat providence) et du capitalisme (les lois du marché), le tout devant aboutir à la mise en forme d’une économie monopolistique dans un cadre étatique mondial. Afin de répondre aux ambitions de cette société, ses dirigeants estiment qu’il faut y aller pas à pas ou, selon leur expression, par « graduation ». L’influence de cette société est immense car de nombreux politiques anglais ont été membres de la société fabienne [39]. Cependant, cette influence a été d’autant plus importante que cette société a été à l’origine de la création de la London School of Economics (LES) en 1895 sous l’impulsion de Sydney Webb. Cette prestigieuse école de formation économique qui s’est diversifiée par la suite a formé, dans un esprit fabien, des générations de dirigeants anglais, mais aussi de nombreux étudiants de part et d’autre de la planète. Ceux-ci sont souvent devenus par la suite des acteurs majeurs de la vie politique et économique de leurs pays. Ainsi, l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi ; le président John Kennedy ; la reine du Danemark Margarethe II ; Pierre Trudeau (Premier ministre canadien) ; le lobbyiste et membre de plusieurs think tanks Richard Perle (« le prince des ténèbres ») ; le financier George Soros (fondateur des instituts Open Society) ; l’ancien conseiller de François Mitterrand, Erik Orsenna et même le chanteur des Rolling stones, Mike Jagger (il n’a fait qu’un an ! [40]), ont fréquenté les bancs de cette école. Cette dernière grâce à l’action de la société fabienne a contribué au formatage de nombreux esprits de part le monde. Cependant, l’influence de cette société a été variée, entre autres grâce à l’action d’un de ses membres, l’écrivain Herbert George Wells (1866-1946).

              La Round Table et ses « enfants » [46]

              La création de la Round Table [47], qui n’est finalement que l’héritière d’un passé multiséculaire de traditions mystiques, financières et élitistes, fut une étape décisive dans les préparatifs devant mener à un Etat mondial. En effet, sous l’impulsion de Lord Milner et de ses proches, cet institut haut de gamme fut créé en liaison avec les élites financières américaines afin d’assurer la prééminence du monde anglo-saxon devant aboutir à la création d’un Etat mondial. D’autres Round Tables furent créées dans tous les dominions de l’Empire britannique mais aussi aux Etats-Unis. Prenant la suite des ambitions de Cecil Rhodes, des financiers de renom encadraient l’équipe de Lord Milner comme Alfred Beit (1853-1906), Sir Abe Bailey (1864-1940) et la famille Astor. D’autres groupes se sont ajoutés au berceau du mondialisme animée par la Round Table : J.P Morgan [48], la banque Lazard ou encore les familles Rockefeller et Whitney [49].
              Avant de continuer dans l’étude des « bonnes œuvres » de la Round Table, il s’avère nécessaire de faire le point suivant. Ces grandes familles du mondialisme, même animées par une finalité commune, n’en sont pas moins déchirées par des dissensions internes. On peut en relever essentiellement deux. La première est aussi vieille que le monde ; elle s’appelle rivalités internes. Les rivalités d’ambitions et d’ambitieux cherchant plus de pouvoir, plus d’influence et plus de richesses afin d’occuper les meilleurs places ont émaillées l’histoire de cette aristocratie commerciale. Ce phénomène est aussi vieux que l’histoire humaine. En revanche, le deuxième point est propre à la Round Table. En effet, sous l’apparente unité de vue se cachent deux courants de pensée. Dans les deux cas, ces courants poursuivent le même but : l’Etat mondial. Cependant, dans un cas, un courant défend le principe de la constitution d’un bloc anglo-saxon unifié (Empire britannique associé aux Etats-Unis) ; ce socle anglo-américain représentant la colonne vertébrale permettant au reste du monde de s’y agréger. Dans le deuxième cas, l’autre courant estime qu’il n’est pas nécessaire de privilégier la naissance d’un Empire anglo-saxon comme point d’ancrage à un monde unifié. Il prône plutôt l’émergence d’un monde où aucun pays ne serait en mesure d’imposer sa loi ou sa philosophie politique. Il s’agit pour les tenants de la deuxième voie de créer une sorte de « purée » générale unifiant l’humanité entière en un seul bloc et sans distinction aucune. Nous avons là l’opposition entre les tenants du mondialisme anglo-saxon à celui des partisans du mondialisme planétarien.
              La Première Guerre mondiale fut une bascule d’un monde à un autre. Même s’il n’est pas possible d’évoquer dans le détail le rôle essentiel des élites anglo-américaines durant ce conflit [50], nous pouvons relever la mission déterminante du suédois Olof Aschberg (1877-1960) à la tête de la banque Nya Banken de Stockholm. Il fut le grand financier servant d’intermédiaire entre les élites de Wall Street et de la City d’un côté et les dirigeants bolcheviques de l’autre. Son surnom était le « banquier de la Révolution mondiale ». Comme le rappelle Antony Sutton, la banque d’Olof Aschberg avait une filiale à Londres, la Bank of North Commerce, dont le président Earl Grey appartenait tout simplement à l’équipe de Cecil Rhodes et de Lord Milner [51]. Ce dernier joua aussi un rôle capital au sein de l’oligarchie anglo-saxonne. En effet, outre son activité susmentionnée, c’est Lord Milner qui sut convaincre le Premier ministre Lloyd George de soutenir fermement la révolution bolchevique. Cette évolution capitale pour l’avenir du monde s’est faite suite à la visite à Londres, à la fin de l’année 1917, de William Boyce Thompson (1869-1930) accompagné d’un représentant de JP Morgan, Thomas W. Lamont (1870-1948) [52]. Membre du comité directeur de la Banque fédérale US (la Fed), W.B Thompson fut un agent au service de l’oligarchie au sein de la Croix-Rouge états-unienne présente à Petrograd en 1917. Cette couverture lui permit de fournir entre autres la somme énorme pour l’époque d’un million de dollars aux bolcheviques [53]. Sur le chemin du retour vers New York, il fit une halte à Londres pour soumettre un mémorandum à Lloyd George appelant au soutien de la révolution bolchevique. Lord Milner, grand admirateur de Karl Marx, ne fit qu’appuyer William Boyce Thompson dans sa démarche afin de faire plier Lloyd George. La révolution bolchevique n’aurait pas pu voir le jour sans l’action déterminante de l’oligarchie commerciale anglo-américaine [54].
              La fin de la Première Guerre mondiale s’ouvrit sous les auspices des puissances commerciales anglo-saxonnes victorieuses et d’une France humainement et financièrement exsangue. Le Traité de Versailles n’assura pas la sécurité de la France face à une Allemagne amoindrie et dépendante largement des prêts anglo-saxons accordés à son économie. La paralysie de la France face aux grands argentiers anglo-saxons s’aggrava lorsque ces derniers accordèrent des prêts via les plans Dawes (1924) et Young (1928) qui, tout en plaçant l’économie allemande sous la dépendance des banques londoniennes et new-yorkaises [55], furent déterminants dans le renforcement de la puissance industrielle germanique. En effet, de gigantesques combinats de l’acier et de la chimie, indispensables pour faire la guerre, virent le jour (IG Farben et Vereinigte Stahlwerke) au cours de la décennie 1920. La défaite française en 1940 trouve son origine en partie à l’action des financiers anglo-saxons en faveur du redressement économique et technique de l’Allemagne (en particulier l’acier, l’essence synthétique et le caoutchouc) [56].

              La Paneurope, tremplin du mondialisme

              La création de la Paneurope est due à l’action d’un aristocrate autrichien née d’une mère japonaise, Richard de Coudenhove-Kalergi (1894-1972). L’objectif déclaré de Coudenhove était d’empêcher les horreurs de la Première Guerre mondiale de se reproduire. Cette intention louable n’était que l’arbre qui cachait la forêt. En effet, très tôt, Coudenhove indiqua clairement la direction prise par son mouvement en élaborant un rapport à la SDN présenté en 1925. Son but était d’unifier l’Europe afin de l’intégrer dans le cadre d’une organisation politique mondiale unifiée. Pour cela, il évoquait dans son rapport la nécessité de créer des « continents politiques », l’ensemble devant constituer une fédération de fédérations dans la pensée de l’auteur [65]. Ses affirmations fédéralistes rejoignent largement celles de la société fabienne. Continuant sur sa lancée, Coudenhove organise en 1926 le premier congrès paneuropéen à Vienne sous l’égide de son président d’honneur, le président du conseil Aristide Briand (1862-1932) [66]. C’est lors de ce congrès réunissant plusieurs nationalités [67] qu’il fut décidé de choisir un hymne européen, l’Ode à la joie de Beethoven [68], qui est devenu par la suite l’hymne de l’Union européenne. Les objectifs de la Paneurope sont clairement affichés dans le cadre des « Principes fondamentaux » qui stipulent entre autres : « (…) L’union paneuropéenne se déclare attachée au patriotisme européen, couronnement des identités nationales de tous les Européens. A l’époque des interdépendances et des défis mondiaux, seule une Europe forte et politiquement unie peut garantir l’avenir de ses peuples et entités ethniques. L’union paneuropéenne reconnaît l’autodétermination des peuples et le droit des groupes ethniques au développement culturel, économique et politique (…) » [69].

              L’après 1945, des lendemains qui chantent

              Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, nous pouvons relever trois dates essentielles dans l’immédiate après-guerre : 1946 ; 1947 et 1948. C’est le Premier ministre britannique, Winston Churchill qui a relancé l’idée d’unification de l’Europe dans un discours prononcé à Zürich, le 19 septembre 1946. En effet, il n’hésita pas à affirmer : « Il nous faut édifier une sorte d’Etats-Unis d’Europe » [82]. Ces propos ravirent Richard de Coudenhove-Kalergi qui était soutenu par Churchill. Le fondateur de la Paneurope s’activant de son côté à la relance de l’idéal européen exposa l’histoire de son oeuvre et des projets à accomplir dans un ouvrage intitulé J’ai choisi l’Europe. Dans ce livre, Coudenhove bénéficia de la préface de … Winston Churchill.

              Réunion du Groupe de Bilderberg (Bruxelles, juin 2000)

              Bilderberg, New age et Trilatérale

              La première réunion du Bilderberg eut lieu au Pays-Bas à Oosterbeck en mai 1954. Il est convenu que l’appellation de ce groupe élitiste résulte du nom de l’hôtel où résidaient les intervenants. Cependant, certains doutes persistent. Il n’empêche que sa création est due largement à l’action de Joseph Retinger même s’il faut y ajouter des « huiles » du mondialisme comme l’incontournable David Rockefeller (président du CFR, de la Chase Manhattan Bank, …). Les bilderbergers représentent la « crème de la crème » du sérail politique, économique et financier du monde atlantiste. Les médias occidentaux n’évoquent que très rarement leurs réunions et diffusent encore moins des reportages [97]. Les règles d’organisation et d’intervention des participants se calquent directement sur celles régissant le Royal Institute of International Affairs (RIIA, principe appelé « règle de Chatham House »). Là aussi, la famille Rhodes et Milner a laissé des traces. En fait, ces élites au sein du Bilderberg conditionnent largement la marche des affaires politiques, économiques et financières. Le cas du Belge Etienne Davignon est particulièrement frappant. Vice-président de la Commission européenne de 1981 à 1985, il est le grand pacha de ce groupe élitiste. Or c’est lui qui a invité l’homme politique belge Herman van Rompuy a passé un oral pour le poste de président du Conseil européen à pourvoir devant les représentants du Bilderberg, le 12 novembre 2009, en particulier devant l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, à Val Duchesse dans la banlieue de Bruxelles [98]. En gros, il fallait savoir si Herman van Rompuy était capable d’être utile au système. L’oral a dû se passer correctement puisqu’il fut retenu … bon pour le service.

              Une Eglise catholique au service du nouvel ordre mondial

              Que l’on soit croyant ou pas, l’étude des principes animant une Eglise doit se faire avec objectivité. Il faut étudier les préceptes qu’elle défend et observer si les propos et les actions qu’elle mène sont en conformité ou pas avec son corps de doctrine. Dans le cas de l’Eglise catholique, le concept défendu depuis 2000 ans s’appuie sur la primauté de Dieu sur l’homme. Les Ecritures et la Tradition constituent le socle intouchable, le dépôt de la foi selon les termes consacrés, définies par le successeur de saint Pierre, le pape. L’homme marqué du péché originel doit se conformer à une autorité supérieure et obéir à l’ensemble des préceptes défendus par l’Eglise catholique. Ces principes sont immuables. Quand on n’est pas d’accord avec ces principes, on quitte l’Eglise catholique. C’est le cas des multiples Eglises protestantes. Cependant, un changement fondamental s’est produit avec le concile Vatican II (1962-1965). Ce concile est le résultat d’un long courant de réflexions animant de nombreux hommes d’Eglise mais aussi hors de l’Eglise dès le XIXè siècle. Après un long combat entre les défenseurs de la Tradition et les progressistes ; ces derniers ont pu imposer leur vision lors de la grande réforme de Vatican II. Pour ces partisans, il s’agit d’adapter l’Eglise aux multiples innovations politiques, techniques et sociales marquant l’évolution du monde. Pour les défenseurs de la Tradition, c’est tout l’inverse. C’est au monde de s’adapter aux principes de l’Eglise. Cette humanisation de l’Eglise passant par la promotion des droits de l’homme et sa collaboration avec les instances internationales ont été clairement affichées en 1963 dans l’encyclique du pape Jean XXIII, Pacem in terris [110]. Rappelant les progrès de la science et des techniques conduisant à « intensifier leur collaboration et à renforcer leur union » au sein du genre humain ; il s’agit de renforcer le « bien commun universel » que les Etats ne peuvent plus assurer selon l’encyclique. C’est pourquoi, le document ajoute en toute logique que « De nos jours, le bien commun universel pose des problèmes de dimensions mondiales. Ils ne peuvent être résolus que par une autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d’action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l’étendue de la terre. C’est donc l’ordre moral lui-même qui exige la constitution d’une autorité publique de compétence universelle ».
              Souhaitant que ce « pouvoir supranational ou mondial » ne soit pas instauré de force, l’encyclique approuve la Déclaration des droits de l’homme de 1948 en dehors de quelques objections. Elle ajoute que « Nous considérons cette Déclaration comme un pas vers l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale » [111].
              Ce changement de direction de l’Eglise catholique est la marque de fabrique de tous les papes depuis Vatican II. Lors de son message de Noël en 2005, Benoît XVI a encouragé les hommes à s’engager « dans l’édification d’un nouvel ordre mondial » [112] .
              Il est donc tout à fait logique que Benoît XVI ait appelé à l’instauration d’une « autorité politique mondiale » dans son encyclique Veritas in caritate [113] en juillet 2009. Rappelant l’interdépendance mondiale, le pape appelle à « l’urgence de la réforme de l’Organisation des Nations Unies comme celle de l’architecture économique et financière internationale en vue de donner une réalité concrète au concept de famille des nations (…) » [114].

              Cecil Rhodes (1853-1902) [26]

              Ce grand défenseur de l’Empire britannique émigre en Afrique australe où sa personnalité et ses qualités intellectuelles hors normes lui permettent de faire fortune dans le diamant. Il est à l’origine de la création de l’industrie diamantaire De Beers en liaison et avec l’appui de Nathaniel Mayer Rothschild (1840-1915). Sa fortune colossale lui ouvrant les portes de la colonie britannique, Cecil Rhodes pose les jalons permettant à l’Etat Sud-africain (dominion de l’Empire britannique) de prendre forme quelques années après sa mort en 1910. Son influence financière et politique lui permet de contrôler des territoires à qui il donne son nom : la Rhodésie. Divisés plus tard en Rhodésie du Nord et Rhodésie du Sud, ces Etats sont devenus la Zambie et le Zimbabwe. Cependant, sa grande idée coloniale est de réaliser une immense voie de chemin de fer partant du Cap jusqu’au Caire. Dans sa défense de l’Empire britannique, les voies de communications constituent un enjeu capital pour la mise en valeur des richesses de toute sorte. Le développement des voies de communications (sous toutes ces formes [27]) est le passage obligatoire pour le bon fonctionnement de tout Empire. Ce précepte est d’une très grande actualité en ce début de XXIè siècle [28]. Les voies de communications constituent les artères irriguant l’empire commercial et politique.

              Au-delà du bon fonctionnement de l’Empire britannique, un idéal supérieur taraude Cecil Rhodes. En effet, convaincu de la supériorité de la « race » anglo-saxonne, il conçoit une politique afin d’assurer cette prééminence : l’union de tous les pays anglo-saxons ou, plus exactement, l’instauration d’un bloc réunissant l’Empire britannique et les Etats-Unis d’Amérique. L’ensemble doit constituer pour lui le socle permettant la naissance d’un Etat mondial animé des principes et de la philosophie de l’aristocratie commerciale anglo-saxonne. Afin d’y parvenir, il estime nécessaire de recruter des personnalités supérieures au sein des universités qui, animées du même idéal, seront soutenues pour occuper les postes clefs et aussi divers que l’économie, la finance, l’armée, l’éducation, le renseignement ou encore le journalisme. Ainsi, pareil à un corps d’armée, ces différentes personnes véritables jésuites du mondialisme convergeront vers le même but afin de former les esprits dans leurs pays respectifs tout en développant les structures politico-économiques conduisant à l’émergence de cet Etat commercial mondial. Dans son esprit, cette ambition titanesque et de très longue haleine passe par la création des « bourses d’études Cecil Rhodes » (Rhodes Scholarships). Cecil Rhodes n’a pas eu le temps de voir la concrétisation de cet idéal de son vivant. Ce n’est qu’en 1904 que ses proches collaborateurs lancent les premières bourses d’études portant son nom à l’université d’Oxford. Le sociologue français, Auguste Comte, disait que « les morts gouvernent les vivants ». Cette formule peut largement s’appliquer à Cecil Rhodes. Ses concepts ont forgé le monde du XXè siècle et du début XXIè siècle. Sans tous les citer, nous pouvons relever parmi les bénéficiaires des bourses d’études Cecil Rhodes : le Premier ministre australien Bob Hawke (1981/1993) ; James Wolsey, directeur de la CIA (1993/1995) ; Wesley Clarke, patron de l’OTAN au cours de la décennie 1990 et acteur majeur de la destruction de la Yougoslavie en mars 1999 ; le président Bill Clinton (promotion 1968) ou encore James William Fullbright (sénateur de l’Arkansas et grande figure de la politique états-unienne) [29].
              La politique de Cecil Rhodes n’aurait pas pu prendre l’ampleur que l’on sait sans l’action de ses proches collaborateurs. Là aussi, nous ne pouvons pas citer la liste fort conséquente à la lecture d’Anglo-American Etablishment de Carroll Quigley. Les hommes entourant Cecil Rhodes se caractérisent par un fait majeur ; ils occupent les secteurs clefs de la société britannique dans la deuxième moitié du XIXè siècle [30]. Ils ont déterminé l’avenir du monde d’une manière implacable. Dans cette longue liste, nous retiendrons trois personnages.

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              Une des figures de proue, successeur et fils spirituel de Cecil Rhodes s’appelait Alfred Milner (1854-1925, appelé aussi Lord Milner). Parmi ses nombreuses activités comme par exemple directeur de la London Joint Stock Bank, il fut le chef du cabinet de guerre du Premier ministre Lloyd George durant le conflit de 1914-1918. Durant cette guerre mondiale, un événement déterminant pour les générations futures se joua en novembre 1917. En effet, la « Déclaration Balfour » (Arthur James Balfour, homme politique britannique) affirmait sous l’égide du gouvernement britannique la reconnaissance d’un foyer juif en Palestine. Cette reconnaissance fut officialisée directement par une lettre adressée à Walther Rotschild qui était un intermédiaire avec le mouvement sioniste en Grande-Bretagne. En réalité, le véritable rédacteur de cette déclaration était Alfred Milner. Comme l’explique Carroll Quigley, la « Déclaration Balfour » devrait en fait s’appeler la « Déclaration Milner » [31].
              Philipp Kerr (1882-1940, devenu lord Lothian) fut le secrétaire privé de Lloyd George. Autant dire qu’il était au cœur des échanges politiques autour du Premier ministre anglais et était une courroie de transmission pour l’ensemble du « groupe Milner » [32]. Par la suite, il fut ambassadeur du Royaume-Uni à Washington.
              Enfin, nous pouvons évoquer Lionel Curtis (1872-1955). Outre sa participation aux travaux du Traité de Versailles, il est l’auteur de l’expression « Commonwealth of nations » dont l’application date de 1948. Comme le révèle Carroll Quigley, cette expression est le résultat de travaux dont le but était de préparer l’Empire britannique aux mutations politiques conduisant à une organisation mondiale. Ces travaux appelant à un Commonwealth remontent à 1916 [33]. Enfin, précisons que Lionel Curtis a joué un rôle déterminant, en 1919, dans la création du think tank anglais, le Royal Institute of International Affairs (RIIA appelé aussi Chatham House).
              La compréhension de la mécanique mondialiste se doit d’être étudiée comme un immense puzzle. Il faut passer en revue chaque pièce de ce puzzle puis ensuite les réunir afin d’avoir une vue d’ensemble. C’est pourquoi, nous passons à un autre pan du système en rappelant au lecteur qu’il doit conserver à l’esprit ces différents éléments afin de reconstituer ensuite le tout. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut comprendre la « Bête ».

               

              La société fabienne (Fabian society) [34]

              La société fabienne [35] est un institut qui a vu le jour à Londres en 1884 sous l’impulsion de politique anglais comme Sydney Webb (1859-1947) et de son épouse, Béatrice Webb, ou encore de l’écrivain irlandais George Bernard Shaw (1856-1950). L’avant-garde de cette société se fit sous l’influence de promoteur du socialisme comme Robert Owen (1771-1858) [36] qui transmit ses idées à John Ruskin (1819-1900, professeur à l’université d’Oxford [37] et qui influença Cecil Rhodes) [38]. D’autres personnes imprégnées d’un idéal socialiste chrétien comme Frederik Derrison Maurice (1805-1872) ont posé les jalons au cours du XIXè siècle ouvrant la voie à la fondation de la société fabienne. Le choix de « fabien » (fabian) s’explique puisqu’il se réfère au général romain de l’époque des guerres puniques (vers – 200 av – JC), Fabius Cunctator (c’est-à-dire le « temporisateur »). Face au général carthaginois Hannibal, le militaire romain pratiquait la politique de guérilla qui consistait à ne pas brusquer les choses afin d’atteindre son but. C’est cette méthode de changement en douceur mais implacable qui est la marque de fabrique de la société fabienne. Celle-ci défend le principe d’une société sans classe devant conduire à la synthèse du socialisme (l’Etat providence) et du capitalisme (les lois du marché), le tout devant aboutir à la mise en forme d’une économie monopolistique dans un cadre étatique mondial. Afin de répondre aux ambitions de cette société, ses dirigeants estiment qu’il faut y aller pas à pas ou, selon leur expression, par « graduation ». L’influence de cette société est immense car de nombreux politiques anglais ont été membres de la société fabienne [39]. Cependant, cette influence a été d’autant plus importante que cette société a été à l’origine de la création de la London School of Economics (LES) en 1895 sous l’impulsion de Sydney Webb. Cette prestigieuse école de formation économique qui s’est diversifiée par la suite a formé, dans un esprit fabien, des générations de dirigeants anglais, mais aussi de nombreux étudiants de part et d’autre de la planète. Ceux-ci sont souvent devenus par la suite des acteurs majeurs de la vie politique et économique de leurs pays. Ainsi, l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi ; le président John Kennedy ; la reine du Danemark Margarethe II ; Pierre Trudeau (Premier ministre canadien) ; le lobbyiste et membre de plusieurs think tanks Richard Perle (« le prince des ténèbres ») ; le financier George Soros (fondateur des instituts Open Society) ; l’ancien conseiller de François Mitterrand, Erik Orsenna et même le chanteur des Rolling stones, Mike Jagger (il n’a fait qu’un an ! [40]), ont fréquenté les bancs de cette école. Cette dernière grâce à l’action de la société fabienne a contribué au formatage de nombreux esprits de part le monde. Cependant, l’influence de cette société a été variée, entre autres grâce à l’action d’un de ses membres, l’écrivain Herbert George Wells (1866-1946).

               

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              Imprégné de l’idéal fabien, H.G Wells a su développer ses vues dans de nombreux livres. Auteur à succès comme L’Homme invisible, La Machine à remonter le temps ou encore La Guerre des mondes, cet écrivain anglais a su répandre ses convictions dans un ouvrage paru en 1928, Open conspiracy (« conspiration ouverte ») [41] , prônant un Etat mondial sans classe, contrôlant tout (« une nouvelle communauté humaine » selon son expression), encourageant la réduction drastique de la population mondiale et la pratique de l’eugénisme. En fait, dès le début, H.G Wells a présenté ses théories dans un ouvrage méconnu et dont le titre correspond exactement à la formule maçonnique Ordo ab chao : La Destruction libératrice. Paru en 1914, cet ouvrage raconte l’histoire d’une guerre généralisée aboutissant à la création d’un Etat mondial constitué en 10 blocs (« 10 circonscriptions » selon la formule de l’auteur [42]). C’est dans ce livre – rappelons-le paru en 1914 – que l’on retrouve l’expression « Nouvel ordre mondial » [43]. Par la suite, H.G Wells a récidivé en publiant un livre en 1940 au titre sans équivoque : Le Nouvel ordre mondial [44].
              Tous ses représentants fabiens fréquentaient et collaboraient de près ou de loin avec l’équipe de Cecil Rhodes puis de Lord Milner. Un véritable esprit de corps en faveur d’un but commun, un Etat mondial, animait ces différentes personnes. Ces élites anglo-saxonnes, qui ne sont que la suite logique de ces aristocraties commerciales du Moyen-Âge, ont continué à rassembler leurs forces au sein d’autres clubs comme la Pilgrim Society en 1902 à Londres et à New York [45]. La vitesse supérieure fut atteinte, en 1910, avec la création de la Round Table.

               

              La Round Table et ses « enfants » [46]

              La création de la Round Table [47], qui n’est finalement que l’héritière d’un passé multiséculaire de traditions mystiques, financières et élitistes, fut une étape décisive dans les préparatifs devant mener à un Etat mondial. En effet, sous l’impulsion de Lord Milner et de ses proches, cet institut haut de gamme fut créé en liaison avec les élites financières américaines afin d’assurer la prééminence du monde anglo-saxon devant aboutir à la création d’un Etat mondial. D’autres Round Tables furent créées dans tous les dominions de l’Empire britannique mais aussi aux Etats-Unis. Prenant la suite des ambitions de Cecil Rhodes, des financiers de renom encadraient l’équipe de Lord Milner comme Alfred Beit (1853-1906), Sir Abe Bailey (1864-1940) et la famille Astor. D’autres groupes se sont ajoutés au berceau du mondialisme animée par la Round Table : J.P Morgan [48], la banque Lazard ou encore les familles Rockefeller et Whitney [49].
              Avant de continuer dans l’étude des « bonnes œuvres » de la Round Table, il s’avère nécessaire de faire le point suivant. Ces grandes familles du mondialisme, même animées par une finalité commune, n’en sont pas moins déchirées par des dissensions internes. On peut en relever essentiellement deux. La première est aussi vieille que le monde ; elle s’appelle rivalités internes. Les rivalités d’ambitions et d’ambitieux cherchant plus de pouvoir, plus d’influence et plus de richesses afin d’occuper les meilleurs places ont émaillées l’histoire de cette aristocratie commerciale. Ce phénomène est aussi vieux que l’histoire humaine. En revanche, le deuxième point est propre à la Round Table. En effet, sous l’apparente unité de vue se cachent deux courants de pensée. Dans les deux cas, ces courants poursuivent le même but : l’Etat mondial. Cependant, dans un cas, un courant défend le principe de la constitution d’un bloc anglo-saxon unifié (Empire britannique associé aux Etats-Unis) ; ce socle anglo-américain représentant la colonne vertébrale permettant au reste du monde de s’y agréger. Dans le deuxième cas, l’autre courant estime qu’il n’est pas nécessaire de privilégier la naissance d’un Empire anglo-saxon comme point d’ancrage à un monde unifié. Il prône plutôt l’émergence d’un monde où aucun pays ne serait en mesure d’imposer sa loi ou sa philosophie politique. Il s’agit pour les tenants de la deuxième voie de créer une sorte de « purée » générale unifiant l’humanité entière en un seul bloc et sans distinction aucune. Nous avons là l’opposition entre les tenants du mondialisme anglo-saxon à celui des partisans du mondialisme planétarien.
              La Première Guerre mondiale fut une bascule d’un monde à un autre. Même s’il n’est pas possible d’évoquer dans le détail le rôle essentiel des élites anglo-américaines durant ce conflit [50], nous pouvons relever la mission déterminante du suédois Olof Aschberg (1877-1960) à la tête de la banque Nya Banken de Stockholm. Il fut le grand financier servant d’intermédiaire entre les élites de Wall Street et de la City d’un côté et les dirigeants bolcheviques de l’autre. Son surnom était le « banquier de la Révolution mondiale ». Comme le rappelle Antony Sutton, la banque d’Olof Aschberg avait une filiale à Londres, la Bank of North Commerce, dont le président Earl Grey appartenait tout simplement à l’équipe de Cecil Rhodes et de Lord Milner [51]. Ce dernier joua aussi un rôle capital au sein de l’oligarchie anglo-saxonne. En effet, outre son activité susmentionnée, c’est Lord Milner qui sut convaincre le Premier ministre Lloyd George de soutenir fermement la révolution bolchevique. Cette évolution capitale pour l’avenir du monde s’est faite suite à la visite à Londres, à la fin de l’année 1917, de William Boyce Thompson (1869-1930) accompagné d’un représentant de JP Morgan, Thomas W. Lamont (1870-1948) [52]. Membre du comité directeur de la Banque fédérale US (la Fed), W.B Thompson fut un agent au service de l’oligarchie au sein de la Croix-Rouge états-unienne présente à Petrograd en 1917. Cette couverture lui permit de fournir entre autres la somme énorme pour l’époque d’un million de dollars aux bolcheviques [53]. Sur le chemin du retour vers New York, il fit une halte à Londres pour soumettre un mémorandum à Lloyd George appelant au soutien de la révolution bolchevique. Lord Milner, grand admirateur de Karl Marx, ne fit qu’appuyer William Boyce Thompson dans sa démarche afin de faire plier Lloyd George. La révolution bolchevique n’aurait pas pu voir le jour sans l’action déterminante de l’oligarchie commerciale anglo-américaine [54].
              La fin de la Première Guerre mondiale s’ouvrit sous les auspices des puissances commerciales anglo-saxonnes victorieuses et d’une France humainement et financièrement exsangue. Le Traité de Versailles n’assura pas la sécurité de la France face à une Allemagne amoindrie et dépendante largement des prêts anglo-saxons accordés à son économie. La paralysie de la France face aux grands argentiers anglo-saxons s’aggrava lorsque ces derniers accordèrent des prêts via les plans Dawes (1924) et Young (1928) qui, tout en plaçant l’économie allemande sous la dépendance des banques londoniennes et new-yorkaises [55], furent déterminants dans le renforcement de la puissance industrielle germanique. En effet, de gigantesques combinats de l’acier et de la chimie, indispensables pour faire la guerre, virent le jour (IG Farben et Vereinigte Stahlwerke) au cours de la décennie 1920. La défaite française en 1940 trouve son origine en partie à l’action des financiers anglo-saxons en faveur du redressement économique et technique de l’Allemagne (en particulier l’acier, l’essence synthétique et le caoutchouc) [56].

               

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              Parallèlement à cette politique, les élites anglo-américaines décidèrent de préparer dès les années 1918-1919 une mutation de la Round Table. En effet, pour des raisons de plus grande efficacité, il fut décidé de créer deux think tanks de part et d’autre des rives de l’Atlantique chargés d’être les moteurs de la politique étrangère des deux pays. Côté anglais, ce fut la création en 1919 sous l’égide de Lionel Curtis et collaborateur de Lord Milner du Royal Institute of International Affairs (RIIA, appelé aussi Chatham House) [57]. C’est ce même Lionel Curtis qui prônait un Commonwealth fédératif capable peu à peu d’intégrer différents pays du globe [58]. Ces objectifs étaient défendus aux Etats-Unis par Clarence Streit (1896-1986) [59], correspondant du New York Times auprès de la Société des Nations (bourse d’études Cecil Rhodes, promotion 1920) et le représentant états-unien du « groupe Milner », Frank Aydelotte [60]. Côté américain, il fut créé le Council on Foreign Relations (CFR) [61]en 1921 sous l’égide d’un personnage central, le colonel Edward Mandell House (1854-1938). Conseiller intime du président Wilson [62], ce personnage fut la plaque tournante entre le groupe Milner et les « grands » de Wall Street (JP Morgan, Vanderlip, Rockefeller, Warburg, …). Dans cette liste incomplète, nous pouvons relever le nom important de Paul Warburg qui fut à la tête de la réserve fédérale US (la Fed) dès sa création en 1913. Cette banque privée, indépendante du pouvoir central et responsable de l’émission monétaire [63], est un Etat dans l’Etat. Or, c’est le même Paul Warburg qui dirigea le CFR dès sa création. Nous avons affaire à un enchevêtrement de responsabilités de premier ordre au sein de l’oligarchie anglo-saxonne d’autant plus que nous serons obligé d’évoquer encore Paul Warburg dans le paragraphe suivant consacré à la Paneurope.
              L’action du colonel House est à compléter en citant une œuvre maîtresse dans la mystique mondialiste, son livre intitulé Philip Dru, administrator  [64]. Ecrit en 1912, cet ouvrage évoque un coup d’Etat par un officier de West Point (Philip Dru) qui impose une dictature aux Etats-Unis tout en supprimant la constitution du pays. A l’instar de Lord Milner, le colonel House n’hésite pas à évoquer ses convictions profondes en affirmant que son héros met en place « un socialisme tel que l’aurait rêvé Karl Marx ». Il évoque même dans le chapitre 52 l’idéal d’unification de tout le bloc Nord-américain. C’est chose acquise depuis le lancement officiel du projet à Waco au Texas en mars 2005 comme nous le présentions au début de ce texte. Force est de constater que ces élites ont annoncé la couleur des événements il y a plus de cent ans. La toile mondialiste a su renforcer son influence grâce à la naissance d’un institut appelé à jouer un rôle de premier plan dans la construction européenne : la Paneurope.

               

               

              La Paneurope, tremplin du mondialisme

              La création de la Paneurope est due à l’action d’un aristocrate autrichien née d’une mère japonaise, Richard de Coudenhove-Kalergi (1894-1972). L’objectif déclaré de Coudenhove était d’empêcher les horreurs de la Première Guerre mondiale de se reproduire. Cette intention louable n’était que l’arbre qui cachait la forêt. En effet, très tôt, Coudenhove indiqua clairement la direction prise par son mouvement en élaborant un rapport à la SDN présenté en 1925. Son but était d’unifier l’Europe afin de l’intégrer dans le cadre d’une organisation politique mondiale unifiée. Pour cela, il évoquait dans son rapport la nécessité de créer des « continents politiques », l’ensemble devant constituer une fédération de fédérations dans la pensée de l’auteur [65]. Ses affirmations fédéralistes rejoignent largement celles de la société fabienne. Continuant sur sa lancée, Coudenhove organise en 1926 le premier congrès paneuropéen à Vienne sous l’égide de son président d’honneur, le président du conseil Aristide Briand (1862-1932) [66]. C’est lors de ce congrès réunissant plusieurs nationalités [67] qu’il fut décidé de choisir un hymne européen, l’Ode à la joie de Beethoven [68], qui est devenu par la suite l’hymne de l’Union européenne. Les objectifs de la Paneurope sont clairement affichés dans le cadre des « Principes fondamentaux » qui stipulent entre autres : « (…) L’union paneuropéenne se déclare attachée au patriotisme européen, couronnement des identités nationales de tous les Européens. A l’époque des interdépendances et des défis mondiaux, seule une Europe forte et politiquement unie peut garantir l’avenir de ses peuples et entités ethniques. L’union paneuropéenne reconnaît l’autodétermination des peuples et le droit des groupes ethniques au développement culturel, économique et politique (…) » [69].

               

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              Au cours de la Seconde Guerre mondiale, R. de Coudenhove-Kalergi réfugié aux Etats-Unis put enseigner dans le cadre d’un séminaire — Research for a postwar european federation (« recherche pour une fédération européenne d’après-guerre ») — favorable au fédéralisme européen à la New York University. De retour en Europe en 1946, il contribua largement à la création de l’Union parlementaire européenne permettant par la suite la création, en 1949, du Conseil de l’Europe [70]. Renforçant son influence sur tous les Etats, cette organisation européenne chapeaute des représentations nationales chargées de diffuser l’idéal de son fondateur [71] qui, après avoir reçu en 1950 la plus haute distinction européiste le Prix Charlemagne [72], a passé le relais à Otto de Habsbourg en 1972 puis à Alain Terrenoire.
              On peut mieux comprendre l’impact de la Paneurope en s’intéressant au nerf de la guerre : l’argent. Les sources de financement de cet institut expliquent les profondes connivences de son dirigeant avec les autres acteurs du mondialisme. En effet, outre des mécènes industriels et financiers, R. de Coudenhove-Kalergi bénéficia du soutien du banquier Max Warburg, représentant de la banque allemande à Hambourg. Comme nous l’avons vu ci-dessus, son frère Paul (la branche états-unienne) était à la tête de la Fed et du CFR. On comprend tout de suite que R. de Coudenhove-Kalergi eut carte blanche pour coopérer avec les milieux financiers de Wall Street et leurs homologues londoniens. Cette connivence entre le fondateur de la Paneurope et les autres milieux mondialistes était d’autant plus grande que Max Warburg était membre du comité directeur d’IG Farben Allemagne tandis que son frère, Paul Warburg, était membre de la branche US d’IG Farben [73].
              L’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, comme l’explique Antony Sutton, s’explique par les nombreux soutiens des industriels et financiers anglo-saxons via leurs homologues allemands. Dans cette affaire, le directeur de la Reichsbank, Hjalmar Schacht (1877-1970), fut un intermédiaire de première main. Son action fut d’autant plus profonde qu’il fut le ministre de l’Economie du IIIè Reich de 1934 à 1939. Le relèvement économique de l’Allemagne dû à son action permit à Hitler de poursuivre une politique qu’il n’aurait jamais pu exercer sans la remise à niveau du pays. De tels méfaits auraient dû le conduire à la peine de mort lors du procès de Nuremberg. Il n’en fut rien puisqu’il fut acquitté. En fait, Hjalmar Schacht était lié fortement à l’aristocratie commerciale anglo-saxonne. Son père, l’Etats-unien William Schacht, avait travaillé 30 ans au sein de la filiale d’Equitable Life Assurance de Berlin [74]. Son fils était donc dès sa naissance dans le sérail du système mondialiste. Ceci est encore plus renforcé lorsqu’on sait que Hjalmar Schacht était depuis 1918 au comité directeur de la Nationalbank für Deutschland (« Banque nationale d’Allemagne »), au côté du banquier Emil Wittenberg qui était en même temps membre du comité directeur de la première banque soviétique créée en 1922, la Ruskombank [75]. Celle-ci était dirigée par le banquier suédois … Olof Aschberg [76] précédemment vu. Pour continuer dans le tournis, nous pouvons préciser que le directeur de la section étrangère Ruskombank, l’Etats-unien Max May [77], était le vice-président de Guaranty Trust Company, une filiale d’un des piliers de Wall Street, JP Morgan [78]. Dans cette affaire, un haut représentant américain de Wall Street travaillait donc au sein de l’élite bancaire soviétique. Pour compléter le tout, la collaboration d’Hjalmar Schacht avec ce milieu était renforcée par ses liens d’amitié avec le patron de la banque d’Angleterre Norman Montagu. On comprend mieux qu’Hjalmar Schacht [79] n’ait pas été vraiment inquiété au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
              Le soutien apporté par cette aristocratie commerciale et apatride anglo-saxonne au communisme, au nazisme ainsi qu’à la prise du pouvoir par Franklin Delano Roosevelt [80], relaté dans la trilogie Wall Street d’Antony Sutton, était aussi des formes d’expériences de laboratoires agissant dans un cadre local (Union soviétique, Allemagne nazie et Etats-Unis [81]). Sous une appellation différente, Antony Sutton en conclut que ces idéologies, appelées diversement « socialisme soviétique », « socialisme collectif » (pour le national-socialisme) et « socialisme de la nouvelle donne » (New Deal), n’étaient que des mises en forme d’un socialisme monopolistique ; idéal d’organisation qui doit désormais voir le jour à l’échelle planétaire dans le cadre du « nouvel ordre mondial ». La guerre de 1939-1945 résultant de tout ce travail d’arrière-fond permit le basculement vers un autre monde ; l’instauration de deux blocs apparemment antagonistes obéissant parfaitement au principe hégélien de la thèse et de l’antithèse. Cependant, ces deux mondes étant irrigués par les mêmes sources financières, il était possible de poser les jalons devant permettre la réalisation de l’Etat mondial.

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              L’après 1945, des lendemains qui chantent

              Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, nous pouvons relever trois dates essentielles dans l’immédiate après-guerre : 1946 ; 1947 et 1948. C’est le Premier ministre britannique, Winston Churchill qui a relancé l’idée d’unification de l’Europe dans un discours prononcé à Zürich, le 19 septembre 1946. En effet, il n’hésita pas à affirmer : « Il nous faut édifier une sorte d’Etats-Unis d’Europe » [82]. Ces propos ravirent Richard de Coudenhove-Kalergi qui était soutenu par Churchill. Le fondateur de la Paneurope s’activant de son côté à la relance de l’idéal européen exposa l’histoire de son oeuvre et des projets à accomplir dans un ouvrage intitulé J’ai choisi l’Europe. Dans ce livre, Coudenhove bénéficia de la préface de … Winston Churchill.

              La deuxième étape avec la réunion à Montreux en Suisse, en août 1947, constitue un passage décisif vers le renforcement des fondations de l’Etat mondial en préparation. En effet, divers représentants européens [83] et états-uniens [84] acquis aux principes d’un fédéralisme mondial se sont accordés pour créer deux instituts, sous l’égide du juriste suisse Max Habicht [85], dont l’efficacité se fait largement sentir : le « Mouvement fédéraliste mondial » (World federalist movement, WFM) et l’ « Union des fédéralistes européens » (Union of European Federalists, UEF).
              Le WFM a présenté sa magna carta, lors de la réunion de Montreux, favorable à l’établissement de principes clefs afin d’instaurer un Etat mondial à base fédérative. Force est de constater que 63 ans après leurs formulations, leurs vœux sont largement exaucés. Il est, en effet, affirmé que « Nous, fédéralistes mondiaux, sommes convaincus que la création de la confédération mondiale est le problème capital de notre temps. Tant qu’il n’aura pas été résolu, toutes les autres questions — nationales ou internationales — resteront sans réponses valables. Ce n’est pas entre la libre entreprise et l’économie dirigée, le capitalisme et le communisme qu’il s’agit de choisir, c’est entre le fédéralisme et l’impérialisme ». Dans la foulée, cette Déclaration propose entre autres les principes suivants : « limitation des souverainetés nationales » avec « transfert à la Confédération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire », « création d’une force armée supra-nationale » ; en précisant en particulier ce fait d’une très grande actualité en ce début de XXIè siècle qu’ « une juste perspective fédéraliste doit intégrer les efforts faits sur les plans régional et fonctionnel. La formation d’unions régionales (ndlr : souligné par nous) — dans la mesure où elles ne constituent pas une fin en soi et ne risquent pas de se cristalliser en blocs — peut et doit contribuer au bon fonctionnement de la Confédération mondiale ». A la fin de cette Déclaration, il est précisé de favoriser la création d’une « Assemblée constituante mondiale » [86].
              Parallèlement à la création du WFM, l’Union des fédéralistes européens (UEF) vit le jour à Montreux. Cependant, des travaux d’avant-garde avaient déjà préparé le terrain. En effet, sous l’influence de la Paneurope de R. de Coudenhove-Kalergi, il fut fondé en 1934 Europa Union défendant l’idéal d’une Europe unifiée selon le principe fédéral et inspiré du modèle suisse [87]. Quatre ans plus tard, en novembre 1938, fut créée sous l’influence des fabiens Lord Lothian et Lionel Curtis, Federal Union [88]. Cette dernière est une branche de l’UEF au même titre que le sont les différentes « filiales » française (l’UEF France), allemande (Europa Union Deutschland), italienne (UEF Italie) etc. Précisons que, pareil au principe des poupées russes, l’UEF est une branche du World Federalist Movement (WFM) [89]. Par conséquent, nous avons là un institut européen oeuvrant en faveur du fédéralisme et qui épouse en même temps les travaux du WFM mais à l’échelle planétaire. Pourquoi est-il si important d’évoquer la mission de l’UEF ? Cet institut fédéraliste est dirigé par l’Anglais Andrew Duff, député au Parlement européen sous l’étiquette des « démocrates libéraux » [90]. Il est membre aussi du European Council on Foreign Relations (l’ECFR, « Conseil européen des relations étrangères ») [91] créé en 2007 [92], jumeau européen du CFR états-unien fondé en 1921. Andrew Duff est aussi celui qui, en collaboration étroite avec la Fondation Bertelsmann et le député autrichien Johannes Voggenhuber, a permis la relance du projet de constitution européenne après l’échec des référendums français et hollandais en 2005 [93]. Le Traité de Lisbonne n’aurait pas pu voir le jour — du moins plus difficilement — sans l’appui et les convictions d’Andrew Duff. Par ailleurs, force est de constater que l’influence outre-tombe d’un Cecil Rhodes et d’un Lord Milner s’est faite sentir lors de l’élaboration de la constitution européenne (dite « Constitution Giscard » prélude au Traité de Lisbonne) en 2003-2004. En effet, le « groupe Milner » et les fabiens ont toujours été favorables à l’unification de l’Europe à condition que cela se fasse sous direction anglo-saxonne. Au cours des deux guerres mondiales, les tentatives d’unité européenne sous direction allemande, puissance terrestre, ne pouvaient pas être acceptées par Londres et par Washington car la thalassocratie anglo-saxonne se retrouvait exclue des affaires du vieux continent. Richard de Coudenhove-Kalergi l’avait parfaitement compris à la lecture de son discours en 1950. Par conséquent, il est utile de s’intéresser au secrétaire général chargé de téléguider les travaux de la « Constitution Giscard », l’Anglais John Kerr. Son Curriculum vitae révèle qu’il est à la tête d’une compagnie pétrolière, la Royal Dutch Shell, et qu’il a été aussi ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis. Ses liens avec l’aristocratie commerciale anglo-saxonne révèlent aussi qu’il est membre du comité directeur chargé du recrutement des élites dans le cadre des « bourses d’études Cecil Rhodes » [94]. Comme on peut le constater, la réussite de l’entreprise mondialiste est une affaire de temps ; mais ils y arrivent.
              Enfin, le Congrès de la Haye (7-10 mai 1948) sous la présidence d’honneur de Winston Churchill et réunissant près de 800 militants pro-européens [95] a posé les premiers fondements d’une Europe unifiée. La figure de proue de ce Congrès fut le secrétaire général Joseph Retinger (1888-1960). Les vrais acteurs de l’histoire sont souvent dans les coulisses. C’est le cas de Retinger travaillant au service du CFR et du RIIA dont l’action fut déterminante dans le développement des structures mondialistes [96]

              Réunion du Groupe de Bilderberg (Bruxelles, juin 2000)

              Bilderberg, New age et Trilatérale

              La première réunion du Bilderberg eut lieu au Pays-Bas à Oosterbeck en mai 1954. Il est convenu que l’appellation de ce groupe élitiste résulte du nom de l’hôtel où résidaient les intervenants. Cependant, certains doutes persistent. Il n’empêche que sa création est due largement à l’action de Joseph Retinger même s’il faut y ajouter des « huiles » du mondialisme comme l’incontournable David Rockefeller (président du CFR, de la Chase Manhattan Bank, …). Les bilderbergers représentent la « crème de la crème » du sérail politique, économique et financier du monde atlantiste. Les médias occidentaux n’évoquent que très rarement leurs réunions et diffusent encore moins des reportages [97]. Les règles d’organisation et d’intervention des participants se calquent directement sur celles régissant le Royal Institute of International Affairs (RIIA, principe appelé « règle de Chatham House »). Là aussi, la famille Rhodes et Milner a laissé des traces. En fait, ces élites au sein du Bilderberg conditionnent largement la marche des affaires politiques, économiques et financières. Le cas du Belge Etienne Davignon est particulièrement frappant. Vice-président de la Commission européenne de 1981 à 1985, il est le grand pacha de ce groupe élitiste. Or c’est lui qui a invité l’homme politique belge Herman van Rompuy a passé un oral pour le poste de président du Conseil européen à pourvoir devant les représentants du Bilderberg, le 12 novembre 2009, en particulier devant l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, à Val Duchesse dans la banlieue de Bruxelles [98]. En gros, il fallait savoir si Herman van Rompuy était capable d’être utile au système. L’oral a dû se passer correctement puisqu’il fut retenu … bon pour le service.

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              Le choix du premier président du Bilderberg, le prince Bernhard (1911-2004), par Joseph Retinger et ses affiliés ne relève pas du hasard. En effet, ce prince allemand était au début des années 1930 membre de la SS, plus précisément, membre de la Reiterkorp SS (cavalerie) ainsi que membre du Farben Bilder, une filiale d’I.G Farben. Marié en 1937 à l’héritière du trône des Pays-Bas, la princesse Juliana, sa fille la reine Béatrix est une active participante des réunions du Bilderberg. Le passé plus que trouble du prince Bernhard et sa nomination à la direction du Bilderberg étaient aussi une manière de le tenir. En effet, il est plus facile de téléguider une personne vers des buts bien définis à partir du moment où il traîne des « casseroles ». Le choix de ce prince allemand naturalisé hollandais était sûrement d’une grande importance car il fut utilisé dans un autre secteur. Nous devons aborder un sujet tenant à cœur les théoriciens du mondialisme : l’écologie.
              La protection légitime de la faune et de la flore prend un tour déréglé sous l’action des partisans du nouvel ordre mondial. En effet, la dérive des esprits conduit à une divinisation de la nature propre au mouvement new age. C’est le principe de « gaïa » identifié à la « terre-mère » [99]. De nombreux instituts propagent ce tour d’esprit philosophique en particulier le WWF (World Wild Fund for nature), institut promouvant la protection de la nature. Sa création en 1961 est due au travail de personnages membres du sérail mondialiste.
              En effet, nous devons évoquer les frères Aldous et Julian Huxley. Aldous Huxley est l’auteur d’un livre prophétique, Le Meilleur des mondes, paru en 1931 et qui est un véritable programme politique mondialiste sous une apparence de roman fiction. Evoquant un Etat mondial composé d’une humanité soumise et hiérarchisée suite à des manipulations génétiques, son auteur passa sa vie à faire usage des drogues les plus diverses afin d’atteindre une « forme de mysticisme ». Ces délires caractérisant ce milieu touchèrent aussi son frère, Julian Huxley, partisan de l’eugénisme et qui devint le premier président de l’UNESCO (éducation, science et culture) en 1946. Cette tournure d’esprit propre aux frères Huxley est due à l’influence du grand-père paternel, Thomas Huxley (1825-1895). Ce biologiste farouche défenseur des principes darwiniens [100] transmit ces concepts à ses petits-fils qui surent en faire profiter le monde entier. Ajoutons que le réseau et les liens unissant la famille mondialiste sont vraiment étroits puisqu’un des étudiants de Thomas Huxley s’appelait … H.G Wells [101].
              Ce passage de relais de génération en génération permet de mieux comprendre cette permanence du mondialisme ainsi que sa montée en puissance. Nous pouvons désormais relier l’action passée de ces hommes à la fondation du WWF en 1961. En effet, sa création est due à Julian Huxley [102]. Le WWF contribue à répandre cet idéal panthéiste et constitue une des branches d’action du mondialisme. Est-ce un hasard d’apprendre que le premier président du WWF fut le dirigeant du Bilderberg, le prince Bernhard [103] (président de 1962 à 1976). D’autres présidents se sont succédés à la tête du WWF comme John Loudon qui fut comme John Kerr président de la compagnie pétrolière, la Royal Dutch Shell. Ce conglomérat pétrolier anglo-hollandais est une des pépinières du nouvel ordre mondial. Précisons aussi que le Prince Philippe, époux de la reine d’Angleterre Elisabeth II, dirigea le WWF de 1981 à 1996.

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              Nous pouvons ajouter à cette liste d’acteurs issue d’une longue tradition politico-commerciale, le rôle de la Trilatériale. Créée en 1973 par David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski (membres du CFR), ce dernier est le mentor du président Obama. Cet institut regroupe trois zones géographiques économiquement développées : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. Rappelant l’appui de Français comme Simone Veil, Robert Marjolin, Raymond Barre ou encore Hubert Védrine, Brzezinski ajoute que les Etats sont « face à des problèmes de plus en plus partagés — financiers, économiques et stratégiques — et qu’ils sont de moins en moins en mesure de régler, sans au moins se concerter plus étroitement, dans leur propre intérêt et dans celui du reste du monde ». Afin d’affronter ces défis, l’auteur précise même que la Trilatérale a été à l’origine de la création du G7 [104]. Les accointances de la Trilatérale avec le monde industriel et le monde des think tanks sont avérés en particulier avec le réseau politique transatlantique (le TPN) [105]. En effet, le président de la branche européenne de la Trilatérale, Peter Sutherland, est aussi le président de la branche européenne du TPN. Cet Irlandais fut aussi le patron de Goldman Sachs qui régit en sous-main la politique économique du président Obama et, entre autres, commissaire à la concurrence de 1985 à 1989 sous la présidence de Jacques Delors [106]. Petite cerise sur le gâteau, Peter Sutherland est aussi le directeur de l’école fabienne la London School of Economics [107]. Le tour du propriétaire sera complet en ajoutant que John Kerr — que nous avons vu ci-dessus — est aussi membre de la Trilatérale Europe [108].
              Comme nous pouvons le constater, les élites politiques et économiques convergent depuis longtemps vers l’édification d’un ordre mondial unifié [109]. Cependant, le tour ne serait pas complet si on n’évoquait pas les déclarations des autorités de l’Eglise catholique.

              Une Eglise catholique au service du nouvel ordre mondial

              Que l’on soit croyant ou pas, l’étude des principes animant une Eglise doit se faire avec objectivité. Il faut étudier les préceptes qu’elle défend et observer si les propos et les actions qu’elle mène sont en conformité ou pas avec son corps de doctrine. Dans le cas de l’Eglise catholique, le concept défendu depuis 2000 ans s’appuie sur la primauté de Dieu sur l’homme. Les Ecritures et la Tradition constituent le socle intouchable, le dépôt de la foi selon les termes consacrés, définies par le successeur de saint Pierre, le pape. L’homme marqué du péché originel doit se conformer à une autorité supérieure et obéir à l’ensemble des préceptes défendus par l’Eglise catholique. Ces principes sont immuables. Quand on n’est pas d’accord avec ces principes, on quitte l’Eglise catholique. C’est le cas des multiples Eglises protestantes. Cependant, un changement fondamental s’est produit avec le concile Vatican II (1962-1965). Ce concile est le résultat d’un long courant de réflexions animant de nombreux hommes d’Eglise mais aussi hors de l’Eglise dès le XIXè siècle. Après un long combat entre les défenseurs de la Tradition et les progressistes ; ces derniers ont pu imposer leur vision lors de la grande réforme de Vatican II. Pour ces partisans, il s’agit d’adapter l’Eglise aux multiples innovations politiques, techniques et sociales marquant l’évolution du monde. Pour les défenseurs de la Tradition, c’est tout l’inverse. C’est au monde de s’adapter aux principes de l’Eglise. Cette humanisation de l’Eglise passant par la promotion des droits de l’homme et sa collaboration avec les instances internationales ont été clairement affichées en 1963 dans l’encyclique du pape Jean XXIII, Pacem in terris [110]. Rappelant les progrès de la science et des techniques conduisant à « intensifier leur collaboration et à renforcer leur union » au sein du genre humain ; il s’agit de renforcer le « bien commun universel » que les Etats ne peuvent plus assurer selon l’encyclique. C’est pourquoi, le document ajoute en toute logique que « De nos jours, le bien commun universel pose des problèmes de dimensions mondiales. Ils ne peuvent être résolus que par une autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d’action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l’étendue de la terre. C’est donc l’ordre moral lui-même qui exige la constitution d’une autorité publique de compétence universelle ».
              Souhaitant que ce « pouvoir supranational ou mondial » ne soit pas instauré de force, l’encyclique approuve la Déclaration des droits de l’homme de 1948 en dehors de quelques objections. Elle ajoute que « Nous considérons cette Déclaration comme un pas vers l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale » [111].
              Ce changement de direction de l’Eglise catholique est la marque de fabrique de tous les papes depuis Vatican II. Lors de son message de Noël en 2005, Benoît XVI a encouragé les hommes à s’engager « dans l’édification d’un nouvel ordre mondial » [112] .
              Il est donc tout à fait logique que Benoît XVI ait appelé à l’instauration d’une « autorité politique mondiale » dans son encyclique Veritas in caritate [113] en juillet 2009. Rappelant l’interdépendance mondiale, le pape appelle à « l’urgence de la réforme de l’Organisation des Nations Unies comme celle de l’architecture économique et financière internationale en vue de donner une réalité concrète au concept de famille des nations (…) » [114].

              Vers une assemblée parlementaire mondiale

              La création de grandes unions politiques régionales régies par des lois communes constituant les différentes composantes de l’Etat mondial se doit d’être représentée au sein d’une assemblée unique. C’est tout l’enjeu de « l’Assemblée parlementaire des Nations Unies » (l’APNU) [115]. Cette ambition est la suite logique des rêves d’unification du monde défendue par les théoriciens du mondialisme (fabiens et consort). Rien ne surgit au hasard. Les événements, les personnages et les instituts du passé produisent leurs fruits conduisant à parachever l’édifice babélien. Par conséquent, l’action du WFM (World Federalist Movement), dont nous avons vu la création en 1947 à Montreux, poursuit tout logiquement le travail qui est le sien. Ainsi, le WFM est à l’origine, en 1992, de l’élaboration du premier grand document appelant à l’établissement d’une Assemblée parlementaire mondiale au sein des Nations Unies : The case for a United Nations Parliamentary Assembly (« L’objet d’une Assemblée parlementaire des Nations Unies ») du Canadien Dieter Heinrich [116]. De nombreux travaux et conciliabules se sont déroulés par la suite au sein du sénat canadien, du parlement européen, lors du Forum du Millénaire en 2000 à New York, du 12è congrès de l’Internationale socialiste etc, pour enfin aboutir à la création en septembre 2003 au « Comité pour une ONU démocratique ». Nous sommes obligé de donner la version en allemand car, comme nous allons le voir, les autorités politiques allemandes jouent un rôle de premier plan : Komitee für eine Demokratische UNO (KDUN) [117].
              Le KDUN est la figure de proue au sein d’un comité exécutif [118] oeuvrant en faveur d’un Parlement mondial. En effet, ses travaux sont secondés par un autre institut déjà mentionné, le WFM. A cela, il faut ajouter « la Société des peuples menacés » (Gesellschaft für bedrohte Völcker), institut allemand oeuvrant en faveur de l’émancipation des groupes ethniques et qui travaille main dans la main avec l’UFCE (l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes) [119] et une ONG anglaise, le 2020 Vision Ltd [120].
              Le KDUN dont le siège est à Berlin annonce la couleur en précisant dans ses statuts sa volonté de construire une société cosmopolitique et favorisant les intégrations continentales [121]. Au sein du comité directeur, on trouve des représentants issus des mondes politiques et scientifiques. Il est intéressant de souligner que tous les courants politiques allemands sont présents à l’exception des ex-communistes (die Linke) [122]. Au sein de ce comité, nous trouvons un personnage clef, Armin Laschet. Cet homme politique est à l’origine du rapport élaboré en 2003 appelant à donner un siège permanent à l’Union européenne [123] après l’adoption du « Traité Giscard » (désormais appelé « Traité de Lisbonne »). Son influence est décisive car on le trouve aussi à la tête du comité directeur du Prix Charlemagne [124]. Par ailleurs, la présence du député allemand au Parlement européen Jo Leinen à la direction du KDUN est particulièrement significative car il joua un rôle déterminant dans l’adoption du Traité de Lisbonne [125].
              C’est en avril 2007 que le KDUN lança sa campagne en faveur d’un Parlement mondial sous la direction de son président, Andréas Bummel. Auteur d’un livre intitulé Internationale Demokratie Entwickeln (« Développer la démocratie internationale ») [126], c’est un ancien adhérent du parti libéral, le FDP, dont le président Guido Westerwelle est devenu ministre des Affaires étrangères du gouvernement Merkel depuis septembre 2009. C’est aussi un collaborateur de la « Société des peuples menacés » dirigés par Tilman Zülch (membre du comité directeur du KDUN) et de la World Federalist Movement (WFM) de New-York [127].
              Tous ces intervenants agissent afin de favoriser la naissance de ce nouvel organe mondial. Comme il est précisé dans les textes officiels : « (…) L’APNU pourrait dans un premier temps être constituée de délégués de parlements nationaux et régionaux reflétant leur composition politique. Une APNU inclurait donc des membres de partis minoritaires qui ne font pas partie du gouvernement. A un stade ultérieur, l’APNU pourrait être directement élue. Une APNU serait ainsi un organe unique et légitime représentant la voix des citoyens sur des questions d’ordre international. Les participants à la campagne considèrent qu’une APNU, une fois créée, évoluerait d’un simple organe consultatif à un parlement mondial avec de véritables droits à l’information, la participation et de contrôle »(…) [128].
              Ces ambitions affichées sans complexes par l’APNU s’épanouissent encore plus lorsque l’on se rappelle le soutien apporté par Benoît XVI à l’instauration d’une « autorité politique mondiale ». Il va de soi que les dirigeants de l’APNU ont salué avec enthousiasme l’encyclique de ce pape [129]..

              Conclusion

              Cette rapide description de l’histoire des tenants du mondialisme remontant du Moyen-Âge jusqu’au début du XXIè siècle souligne que cette tendance est très ancienne. Elle repose sur une cupidité sans limites et la poursuite d’un idéal de contrôle complet des richesses planétaires. Cette évolution n’a fait que prendre de la vitesse au fur et à mesure que le « clergé » mondialiste, successeur de Nimrod, réussissait à imposer son mode de pensée en faveur du nouvel ordre mondial. Depuis la chute du mur de Berlin, les événements s’accélèrent ; la crise aussi. La décennie 2010 sera décisive pour le genre humain car le mondialisme, selon la doctrine de ces élites, est un messianisme pressé.

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              Documents joints

               

              « The Anglo-American Etablishment », par Carroll Quigley

              (PDF – 1.4 Mo)
               

               

              « The History of the Fabian Society », par Edward R. Pease

              (PDF – 1.4 Mo)
               

               

              « The Open Conspiracy », par H.G. Wells

              (PDF – 285.6 ko)
               

               

              « The New World Order », par H.G. Wells

              (PDF – 530.1 ko)
               

               

              « Wall Street and the bolshevik revolution », par Antony Sutton

              (PDF – 586.2 ko)
               

               

              « Wall Street and FDR », par Antony Sutton

              (PDF – 456.6 ko)
               

               

              « Wall Street and the rise of Hitler », par Antony Sutton

              (PDF – 620.3 ko)
               

               

              « Union Now : A Proposal for a Federal Union of the Democracies of the North Atlantic », par Clarence Streit

              (PDF – 937.7 ko)
               

               

              « Philip Dru : Administrator, A Story of Tomorrow, 1920-1935 », par Edward Mandell House

              (PDF – 691 ko)
               

               

              « Internationale Demokratie entwickeln » / « Developing International Democracy », par Andreas Bummel

              (PDF – 455 ko)
               

              Pierre Hillard
              Docteur en science politique et professeur de relations internationales. Ses recherches portent principalement sur l’instrumentation de l’Union européenne en vue de la constitution d’un bloc euro-atlantique. Dernier ouvrage publié : Bertelsmann : Un empire des médias et une fondation au service du mondialisme (François-Xavier de Guibert éd., 2009)

              [1] « U.S move sows confusion in EU », par Charles Forelle, The Wall Street Journal, 2 février 2010.
              [2] Site officiel de l’Eurasec.
              [3] « L’Union douanière, créée par la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie », dossier de Ria Novosti.
              [4] « Eurasie : le président kazakh prône la création d’une monnaie unique, l’evraz », Ria Novosti, 11 mars 2009.
              [5] « CEEA : la création d’une monnaie unique au menu d’entretiens russo-kazakhs », Ria Novosti, 14 mars 2009.
              [6] Site officiel de l’UNASUR.
              [7] Le 26 novembre 2008, lors d’une réunion à Caracas, quelques pays d’Amérique du Sud ont décidé de préparer le terrain en créant le « Fonds de stabilisation et de réserve » ; c’est-à-dire une unité de compte appelé « SUCRE » (Système Unitaire de Compensation Régionale). Cette unité de compte fait référence aussi à Antonio José de Sucre (1795-1830) qui fut lieutenant au service de Simon Bolivar.
              [8] Page officielle de l’Assemblée Parlementaire Euro-Latino Américaine.
              [9] Site officiel du SICA.
              [10] Site officiel de l’Union africaine.
              [11] Site officiel du NEPAD.
              [12] Description de l’Union africaine sur le site du ministère français des Affaires étrangères.
              [13] Site officiel du GCC.
              [14] « Proposed GCC currency name ‘too general’ », Trade Arabia, 16 décembre 2009.
              [15] « La Chine espère populariser le yuan au sein de l’Asean », Les Echos, 31 décembre 2009.
              [16] Site officiel du PSP.
              [17] La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, par Pierre Hillard (Editions François-Xavier de Guibert, 2007), p. 21.
              [18] Ibid., pp. 86-87
              [19] La décomposition des nations Européennes : De l’union euro-Atlantique à l’Etat mondial, par Pierre Hillard (Editions François-Xavier de Guibert, 2005), p. 137 et La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, op. cit, p. 79.
              [20] « Résolution du Parlement européen sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis » (2008/2199(INI)), Réseau Voltaire, 23 mars 2009.
              [21] « La Russie et la Chine proposent une monnaie commune globale », Réseau Voltaire, 11 juillet 2009.
              [22] La revue The Economist de janvier 1988 annonçait le lancement d’une monnaie mondiale appelée « phénix » pour 2018. Nous sommes dans les temps.
              [23] « Discours d’acceptation », par Herman von Rompuy, Réseau Voltaire, 19 novembre 2009.
              [24] Les revendications ethniques et religieuses ainsi que l’opposition entre régions riches et régions pauvres accélèreront la décomposition des Etats dans le monde. Ce phénomène s’explique en particulier en raison du transfert de l’autorité suprême à des unions politiques régionales au dépens des Etats qui n’ont plus leur raison d’être. La dislocation des Etats sera planétaire. Déjà, certains dirigeants des Etats fédérés US du Texas et du Vermont souhaitent faire sécession. En ce qui concerne l’Europe, la Belgique avec la Flandre ou l’Espagne avec la Catalogne constituent des risques majeurs. Ces revendications régionalistes conduisant au morcellement des Etats sont nécessaires pour aboutir à la réalisation du nouvel ordre mondial.
              [25] Jusqu’au début janvier 1973, la France partageait le droit de créer de la monnaie avec les banques privées. Pour financer la construction de logements sociaux par exemple, l’Etat empruntait auprès de la banque centrale qui créait pour l’occasion cette monnaie. Par la suite, l’Etat remboursait l’emprunt tandis que la banque détruisait cet argent ; mais, point capital, sans faire payer d’intérêts. Or, l’Etat s’est interdit d’emprunter auprès de la banque centrale avec l’article 25 de la loi Pompidou-Giscard d’Estaing du 3 janvier 1973. Il se prive donc de la création monétaire sauf s’il s’adresse auprès d’acteurs privés qui, eux, font payer des intérêts au prix fort. Par conséquent, cette politique empêche toute politique sociale véritable rendant les investissements publics hors de prix et entraînant par la même occasion l’augmentation de la dette publique. Ce principe inscrit dans le Traité de Maastricht (1992) à l’article 104 a été transposé à l’article 123 dans le Traité de Lisbonne. Les Etats de l’UE sont donc totalement tributaires de l’oligarchie financière.
              [26] Une large partie de ce chapitre s’appuie sur les travaux de l’historien américain Carroll Quigley (1910-1977) professeur entre autres à l’université Georgetown : The anglo-american Etablishment, GSG § Associates, 1981. Il fut en particulier le professeur de … Bill Clinton.
              [27] Le lancement en juillet 2009 d’un projet de panneaux solaires en Afrique du Nord et au Proche-Orient devant irriguer en énergie l’Europe se fait dans le cadre de « Desertec ». La branche allemande du Club de Rome, le centre aéronautique et aérospatial allemand et le prince Hassan bin Talal de Jordanie ont fortement contribué au projet. Indirectement, cette politique énergétique va contribuer à intégrer encore plus largement ces Etats Sud-méditerranéens à l’Union européenne et, dans la foulée, à l’axe euro-atlantique dans le cadre de l’interdépendance.
              [28] C’est le cas du « Corridor de Nasco » avec l’émergence d’un bloc Nord-américain.
              [29] Les bénéficiaires des bourses d’études Cecil Rhodes aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Afrique du Sud etc sont présentés sur les sites internet de ces différentes écoles.
              [30] A partir de la deuxième moitié du XIXè siècle, l’équipe de Cecil Rhodes contrôlait le Times de Londres, journal réservé aux élites politiques et économiques britanniques qui, elles aussi, étaient pour la plupart membres de cette vaste aristocratie commerciale. Cela s’appelle travailler en circuit fermé.
              [31] Anglo-american Etablishment, op. cit, p. 169.
              [32] L’expression « groupe Milner » est utilisée pour évoquer les personnages politiques, économiques, militaires et journalistiques acquis aux idéaux d’Alfred Milner et de son mentor, Cecil Rhodes.
              [33] Ibid., p. 133.
              [34] Nous nous appuyons sur les travaux de Edward R. Pease, The History of the Fabian Society (EP Dutton and Company, 1916), ouvrage souvent réédité.
              [35] Site officiel de la Fabian Society.
              [36] Robert Owen s’appuyait sur les principes du philosophe Platon, en particulier son ouvrage La République, défendant l’idéal d’une société aristocratique dirigée par l’élite, éliminant le mariage tout en favorisant la reproduction des meilleurs. Cette théorie a fait des petits. On retrouve ces concepts dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, 1984 d’Orwell ou encore dans certains ouvrages d’Herbert George Wells, membre dirigeant de la société fabienne.
              [37] L’université d’Oxford est devenue un des foyers de recrutement des élites grâce aux « bourses d’études Cecil Rhodes » pour la Grande-Bretagne.
              [38] Gardons à l’esprit que tout est lié.
              [39] Au début du XXIè siècle, 200 députés britanniques appartiennent à la société fabienne comme l’ancien Premier ministre Tony Blair (promoteur de la politique économique appelée la « 3è voie », principe fabien par excellence) ou Gordon Brown.
              [40] Il semble ne pas y avoir trouvé satisfaction.
              [41] Ouvrage paru en 1928, réédité en 1931 sous le titre What are we to do with our Lives ?.
              [42] The War That Will End War, par H. G. Wells. Version française : La destruction libératrice, réédité aux Editions Le passé du futur, Grama, Bruxelles, 1995, p. 214.
              [43] Ibid., p. 134 : « Ce fut dans une ambiance légèrement incrédule que démarra la réunion qui devait instaurer le nouvel ordre mondial ».
              [44] The New World Order, par H.G Wells, réédité par Filiquarian Publishing, LLC, en 2007.
              [45] La plupart des responsables économiques de l’administration Obama sont issu de la Pilgrim Society.
              [46] Voir The Anglo-American Etablishment, op. cit, p. 82 et pages 117 et suivantes.
              [47] Site officiel de la Round Table.
              [48] L’entreprise JP Morgan, pilier de la finance anglo-saxonne, fut fondée par John Pierpont Morgan (1837-1913).
              [49] Voir les ouvrages de l’extraordinaire Antony Sutton (1925-2002), chercheur à l’institution Hoover et à l’université Stanford, décrivant le soutien de Wall Street aux trois éléments suivants : Wall Street and the bolshevik revolution, Arlington House, 1974 ; Wall Street and FDR (ndlr : Franklin Delano Roosevelt) et Wall Street and the rise of Hitler. Il faut ajouter aussi cette série en trois volumes : Western technology and soviet economic development 1917-1930 ; Western technology and soviet economic development 1930-1945 et Western technology and soviet economic development 1945 to 1965 prouvant à partir d’une documentation de première main le soutien économique et financier de l’occident à l’Union soviétique et à ses affidés.
              [50] Nous invitons le lecteur à s’intéresser à Basil Zaharoff (1850-1936) qui fit fortune en vendant des armes aux acteurs du conflit de 1914-1918.
              [51] Wall Street and the bolshevik revolution, op. cit, p. 57.
              [52] Ibid., pp. 83.
              [53] Ibid., p. 82. Il est intéressant de noter que Harry Hopkins (1890-1946) qui devint plus tard l’éminence grise du président Roosevelt, fut l’intermédiaire entre la Croix-Rouge états-unienne dirigée par William Boyce Thompson à Petrograd en 1917 et sa représentation à Washington in Ibid., p. 72.
              [54] Ibid., pp. 89-100. Le mémorandum de William Boyce Thompson présenté à Lloyd George peut être lu en entier à la page 197 et suivantes au paragraphe intitulé « Document 4 ».
              [55] Pétrole, une guerre d’un siècle, par William Engdahl (Editions Jean-Cyrille Godefroy, 2007), p. 94 et suivantes.
              [56] Wall Street and the rise of Hitler, op. cit, voir les chapitres de 1 à 5 en particulier page 47.
              [57] The anglo-american Etablishment, op. cit, p. 182.
              [58] Outre la Grande-Bretagne et ses dominions, Lionel Curtis n’hésitait pas à y ajouter : la France, les pays scandinaves, l’Irlande, l’Egypte, l’Inde, la Belgique, les Pays-Bas, le Canada et les Etats-Unis. Ces projets ont été présentés dans son livre paru en une seule édition en 1938 : The Commonwealth of God in The Anglo-American Etablishment, op. cit, pp. 282-283.
              [59] Union Now : A Proposal for a Federal Union of the Democracies of the North Atlantic, par Clarence Streit (Harper & Brothers Publishers, 1939).
              [60] The Anglo-American Etablishment, op. cit, p. 283.
              [61] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie US », Réseau Voltaire, 25 juin 2004.
              [62] Le président Wilson l’appelait son « alter ego ».
              [63] Wall Street and FDR, op.cit, p. 92 et suivantes.
              [64] Voir notre livre La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, op.cit, p. 14 et pp. 80-81. Philip Dru, administrator, par Edward Mandell House, réédition Robert Welch University Press, 1998.
              [65] La Paneurope, par Anne-Marie Saint Gille (Presses de l’université de Paris Sorbonne, 2003), pp. 130-131.
              [66] L’engagement d’Aristide Briand au côté de la Paneurope acquise aux principes fédéralistes et régionalistes dans un cadre politique mondial unifié permet de mieux comprendre le discours du représentant français à l’Assemblée générale de la Société des Nations, le 5 septembre 1929, appelant à un « lien fédéral » entre les Etats européens.
              [67] Le représentant anglais lors de ce congrès paneuropéen de 1926, A. Watts, était membre du Royal Institute of International Affairs issu du « groupe Milner » in La Paneurope, op. cit, p. 148.
              [68] « Richard de Coudenhove-Kalergi (1894 -1972) », site internet de l’association PanEurope-France.
              [69] La Paneurope a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de tous les textes en faveur de la protection des groupes ethniques. Voir notre ouvrage Minorités et régionalismes dans l’Europe Fédérale des Régions (Editions François-Xavier de Guibert, 4è édition, 2004) et dans ce livre, le chapitre intitulé « L’union Charlemagne » p. 75 et suivantes.
              [70] « Richard Coudenhove-Kalergi » sur le site internet de l’European Society Coudenhove-Kalergi.
              [71] Site officiel de l’association Paneuropa.
              [72] Lire son discours prophétique à l’annexe 11 de La Décomposition des nations européennes ; en particulier le passage où Coudenhove appelle à l’instauration d’une « union atlantique », une « Fédération à trois » selon son expression, « l’Angleterre étant le pont entre l’Europe et l’Amérique ». C’est exactement ce qui est poursuivi par les instances de Bruxelles et de Washington d’une manière accélérée depuis 1990. Voir la liste complète des bénéficiaires du Prix Charlemagne sur le site du Comité.
              [73] Wall Street and the rise of Hiter, op. cit, chapitre 2 « The Empire of IG Farben », p. 33.
              [74] Wall Street and the bolshevik revolution, op. cit, pp. 125-126.
              [75] Ibid., p. 126.
              [76] Ibid., p. 60.
              [77] Ibid., pp. 61-62
              [78] Ibid., p. 50.
              [79] Il faut ajouter aussi que Hjalmar Schacht est à l’origine de l’existence de la Banque des règlements internationaux (Bank of International Settlements). Antony Sutton relate aussi la réunion déterminante du 20 février 1933 dans la demeure d’Hermann Goering qui permit, en présence d’Adolf Hitler, de lever des fonds pour le financement du parti nazi. Les plus grands patrons de l’industrie allemande étaient présents et ont aligné les sommes nécessaires (Krupp von Bohlen, Albert Voegler, von Loewenfeld, …) ; le tout se faisait sous la direction d’Hjalmar Schacht in Wall Street and the rise of Hitler, op. cit, p.108.
              [80] Antony Sutton évoque entre autres l’influence déterminante de Gerard Swope (1872-1957), président de General Electric Company, qui permit la politique socialisante du président Roosevelt in Wall Street and FDR, op.cit, p. 86.
              [81] Carroll Quigley explique entre autres les infiltrations au sein de l’appareil politique états-unien de la part de JP Morgan in Tragedy and Hope. A History of the World in Our Time (GSG and Associates, 1966), p. 938.
              [82] Le Premier ministre anglais a tenu des propos dans son discours de Zürich qui sont dans la droite ligne du mondialisme à en juger ces extraits : « (…) L’Union européenne a fait beaucoup pour arriver à ce but et ce mouvement doit beaucoup au comte Coudenhove-Kalergi et à ce grand patriote et homme d’Etat français que fut Aristide Briand (…). Nous autres Britanniques, nous avons le Commonwealth. L’organisation du monde ne s’en trouve pas affaiblie, mais au contraire renforcée et elle y trouve en réalité ses maîtres piliers. Et pourquoi n’y aurait-il pas un groupement européen qui donnerait à des peuples éloignés l’un de l’autre le sentiment d’un patriotisme plus large et d’une sorte de nationalité commune ? Et pourquoi un groupement européen ne devrait-il pas occuper la place qui lui revient au milieu des autres groupements et contribuer à diriger la barque de l’humanité ? (…). Appelant à une réconciliation franco-allemande, Churchill ajoute dans un esprit fabien : « Il faut que notre but permanent soit d’accroître et de renforcer la puissance de l’ONU. Il nous faut créer la famille européenne en la dotant d’une structure régionale placée sous cette organisation mondiale, et cette famille pourra alors s’appeler les Etats-Unis d’Europe » (…) in George C. Marshall, Points de repère, Lausanne, 1973
              [83] L’influence fédéraliste se fit sentir par l’intermédiaire d’Européens convaincus comme Denis de Rougemont, Henri Brugmans et Alexandre Marc.
              [84] Côté états-unien, dès 1924, Rosika Schwimmer et Lola M. Lloyd défendant la cause des femmes (droit de vote, etc) organisèrent la première assemblée constituante mondiale devant être élus par les peuples afin de rédiger une constitution mondiale. Cette initiative fut relancée en 1937 à Chicago avec une campagne en faveur d’un gouvernement mondial. Il serait très intéressant de savoir qui finançait de tels projets. Par la suite, d’autres Etats-uniens préparèrent les esprits en faveur d’un monde uni : Emery Reves, auteur de Anatomy of Peace défendant l’idée d’un gouvernement mondial (il fut aussi l’agent littéraire de Winston Churchill) ; le politicien Wendell Wilkie avec son livre One World ; l’avocat Clark Grenville auteur de World Peace through World Law ; le journaliste Norman Cousins ; le journaliste et sénateur démocrate Alan Cranston et le philosophe Robert Hutchins.
              [85] Présentation du World Federalist Movement sur son site internet.
              [86] Déclaration de Montreux du 23 août 1947.
              [87] Voir notre livre La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale (Editions François-Xavier de Guibert, 2009), pp. 95-96 et « Geschichte der Europa-Union Deutschland sur le site internet de Europa Union Deutschland.
              [88] « The history of Federal Union » sur le site internet de l’association.
              [89] « Regional Federalism » sur le site internet du World Federalist Movement.
              [90] Site officiel d’Andrew Duff.
              [91] « ECFR’s Board and Council » sur le site internet de l’European Council on Foreign Relations.
              [92] « Création accélérée d’un Conseil européen des relations étrangères », Réseau Voltaire, 3 octobre 2007.
              [93] La Fondation Bertelsamann et la gouvernance mondiale, op. cit, p. 92 et suivantes.
              [94] « Trustees » sur le site internet du Rhodes Trust.
              [95] Parmi les nombreux participants, nous pouvons relever Richard de Coudenhove-Kalergi, Konrad Adenauer, Denis de Rougemont, Alcide de Gasperi, François Mitterrand, etc.
              [96] « Histoire secrète de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004.
              [97] Une exception toutefois ; RTL Belgique a diffusé lors de son journal télévisé l’extérieur de la réunion du Bilderberg en juin 2000 lors de sa réunion à Genval dans le Brabant wallon. On peut y apercevoir Dominique Strauss-Kahn ou encore la reine Béatrix des Pays-Bas.
              [98] « Top candidate debates EU tax at elite dinner », par Andrew Rettman, EU Observer, 16 novembre 2001.
              [99] Le film Avatar de James Cameron sorti en décembre 2009 est le prototype même de l’esprit « gaïa ». Une tribu parée de nombreuses qualités par rapport aux humains venus exploiter leur planète tire leur force de la nature, plus précisément d’un arbre, véritable dieu qui donne l’énergie comme il l’a reprend.
              [100] Thomas Huxley était appelé le « bouledogue de Darwin ».
              [101] « H.G. Wells : Darwin’s disciple and eugenicist extraordinaire », par Jerry Bergman, in Journal of Creation, décembre 2004.
              [102] « WWF in the 60’s » sur le site internet du World Wild Fund.
              [103] « Presidents – past and present » sur le site internet du World Wild Fund.
              [104] Le Figaro, 25 janvier 1999.
              [105] Voir p. 137 (chapitre 28).
              [106] « Peter Sutherland, Directeur général du GATT et de l’OMC de 1993 à 1995 », sur le site internet de l’Organisation mondiale du Commerce.
              [107] « Peter Sutherland », sur le site internet de la Commission trilatérale.
              [108] « Membership », sur le site internet de la Commission trilatérale.
              [109] Parmi les nombreux domaines participant à l’édification du nouvel ordre mondial, nous pouvons évoquer le cas du Codex alimentarius dont l’objectif est de procéder à des modifications ou à des suppressions de produits entrant dans la composition alimentaire (vitamines, minéraux, …).
              [110] Texte intégral sur le site internet du Saint-Siège.
              [111] Ibid., voir les paragraphes de 130 à 145.
              [112] « Message Urbi et Orbi du Saint-Père Benoît XVI », 25 décembre 2005, Vatican.
              [113] Texte intégral sur le site internet du Saint-Siège.
              [114] Ibid., paragraphe 67.
              [115] Site officiel de la Campagne pour la création d’une Assemblée parlementaire des Nations Unies.
              [116] The case for a United Nations Parliamentary Assembly, par Dieter Heinrich, World Federalist Movement, octobre 1992
              [117] Site officiel du Komitee für eine Demokratische UNO.
              [118] « Comité exécutif » de la Campagne pour la création d’une Assemblée parlementaire des Nations Unies.
              [119] Cet institut allemand est à l’origine des textes clefs en faveur des groupes ethniques en Europe ; la Charte des langues régionales ou minoritaires et la Convention-cadre pour la protection des minorités. Voir notre livre Minorités et régionalismes, op. cit. p. 142 et suivantes.
              [120] Site officiel de 2020 Vision.
              [121] « Satzung für das Komitee für eine demokratische UNO ». Document téléchargeable.
              [122] « Associates des KDUN », sur le site internet du Komitee für eine Demokratische UNO.
              [123] Rapport sur les relations entre l’Union européenne et l’organisation des Nations Unies [2003/2049 (INI)], rapporteur Armin Laschet, 16 décembre 2003.
              [124] Signalons aussi la présence de Hans-Gert Pöttering au sein du comité directeur du Prix Charlemagne, président de la Fondation Konrad Adenauer, ancien président du Parlement européen mais aussi ancien président de Europa Union Deutschland, filiale de l’Union des fédéralistes européens (l’UEF créée à Montreux en 1947) dirigée en 2010 par le député anglais au Parlement européen Andrew Duff.
              [125] Voir La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, op. cit, p. 93 et suivantes.
              [126] Internationale Demokratie entwickeln, par Andreas Bummel, Horizonte Verlag, 2005.
              [127] « Andreas Bummel Der Vorsitzende des Komitees für eine demokratische UNO », par Gerrit Wustmann, 11 février 2008.
              [128] « A propos du projet APNU », sur le site internet de la Campagne pour la création d’une Assemblée parlementaire des Nations Unies.
              [129] « Etude : la création d’un Parlement mondial serait « pleinement en harmonie avec la doctrine papale » », 28 juillet 2009, Campagne pour la création d’une Assemblée parlementaire des Nations Unies.

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              2 Commentaires

              Publié par le 26 février 2010 dans histoire du "nouvel ordre mondial"

               

              Étiquettes : , , , , , , , , ,

              TROU DE LA SECU, Mythe ou réalité

              L’ASSURANCE MALADIE
              50 secondes de lecture à couper le souffle.
              Pour combler le déficit de la sécu, nos chers gouvernants ont trouvé que le mieux, c’était encore de nous faire payer…
              a –
               Dorénavant, sur une consultation médicale, nous versons 1 euro,
              b –
               Nous sommes restreints lors de nos arrêts maladie …
              c –
               Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste …
              d – 
              Pour tout traitement de plus de 91 euro, nous en sommes de 18 euros de notre poche, 
              e – 
              Taxe de 0,50c sur les boites 
              f – 
              etc…….
              Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards.

              Or, savez-vous que :
              1°)
               Une partie des taxes sur le tabac, destinée à  la Sécu , n’est pas reversée. 7.8 milliards
              2°)
               Une partie des taxes sur l’alcool, destinée à  la Sécu , n’est pas reversée.3.5 milliards 
              3°) 
              Une partie des primes d’assurances automobiles destinée à  la Sécu , n’est pas reversée 1. 6 milliards
              4°)
               La taxe sur les industries polluantes destinée à  la Sécu , n’est pas reversée 1,2 milliards
              5°)
               La part de TVA destinée à  la Sécu n’est pas reversée. 2.0 milliards
              6°)
               Retard de paiement à  la Sécu pour les contrats aidés 2.1 milliards
              7°)
               Retard de paiement par les entreprises 1.9 milliards

              En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d’euros.
               
              Conclusion : si les responsables de  la Sécu et nos gouvernants font leur boulot efficacement et honnêtement, si chacune des institutions reverse ce qu’ils doivent chaque année , les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd’hui 9 milliards d’excédent!!! !. 
              Ces chiffres ne sont pas inventés vous pouvez les consulter sur le site de la sécu ; ils sont issus du rapport des comptes de  la Sécu. 
              Si les pouvoirs publics, qui nous harcèlent au quotidien de messages publicitaires afin de consommer des fruits et légumes, étaient vraiment convaincus qu’il nous faut consommer 5 fruits et légumes par jour pour sauver notre santé et donc l’assurance maladie, ils supprimeraient  la TVA sur ces produits !
                  Quel sera le coût de cette opération, que la sécu va supporter une nouvelle fois, lorsque le gouvernement sera décidé à dédramatiser la situation !!! 
                      Cordialement.
              Evelyne DUBIN
               Secrétaire Générale Adjointe au Directeur Général
              Institut National du Développement Local

              Avenue Michel Serres BP 32
              47901 AGEN Cedex 9
              tél : 05.53.48.06. 74
              fax : 05.53.48.06. 71
               mob: 06.72.19.53. 50
              mail: e.dubin@indl. fr
                                              VOUS AUSSI, SOYEZ RESPONSABLES : 
              TRANSFEREZ CE MESSAGE A TOUS VOS CONTACTS, ILS ONT LE DROIT DE                                                SAVOIR !!!  

               A force de tourner, il s’affichera peut-être un jour sur l’écran d’ordinateur d’une tête pensante, d’un député, ministre,censé passer son temps à gérer l’argent des contribuables et à le dépenser de manière responsable, sans créer de déficit. Alors, avec courage, il pourra (pourquoi pas ne pas rêver…), dénoncer au parlement ces débordements connus, aujourd’hui, de toutes et tous !!!

              ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………

              Mais où sont donc passées les taxes annuelles sur le tabac (entre 9 et 10 milliards d’euros)?

               

              La question pourrait n’être qu’un sujet de concours pour fonctionnaires de l’Etat. Il se trouve justement que ce dernier est suspecté de ne pas rendre à César, c’est à dire à la Sécurité Sociale, ce qu’il lui doit et qui permettrait de boucher un petit coin du «trou de la Sécu».
              Passons sur le degré de précision du montant de ces taxes qui supportent, en négatif, les restrictions de consommation et, en positif, l’augmentation des prix. Et aussi, sur le fait que l’achat de cigarettes en fraude ou les tolérances aux frontières en diminuent le montant.


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              Publié par le 18 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

               

              Étiquettes : , , , ,

              Michel Collon.

              MICHEL COLLON

              Michel Collon a commencé sa carrière à l’hebdomadaire belge Solidaire. Il a poursuivi son travail de manière indépendante à travers livres, films et une newsletter internet diffusée à 40 000 abonnés. Proche du Parti du travail de Belgique, il a organisé des déploiements d’observateurs civils en Yougoslavie et en Irak. Il est membre de la conférence « anti-impérialiste » Axis for Peace.

              ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

              Lundi, 12 Janvier 2009 09:48

              « On ne peut pas dire la vérité à la télé. Il y a trop de gens qui regardent ! »
              Sommes-nous bien informés sur Gaza, le Hamas, l’Histoire ? Pourquoi ce divorce entre l’opinion des « Vieux Européens » et les citoyens d’origine immigrée ? Que peut-on faire pour surmonter ce fossé? Michel Collon, spécialiste des conflits, répond aux questions « provocantes » de l’hebdomadaire belge Solidaire.
              Interview : Julien Versteegh La crise économique et les soucis quotidiens occupent les esprits et Gaza passe peut-être en second plan dans le quotidien des travailleurs. Pourquoi ?
              Michel Collon. Coluche disait « On ne peut pas dire la vérité à la télé, il y a trop de gens qui regardent ». La question à poser à la population belge est : pensez-vous être bien informés ? Croyez-vous que dans une région comme le Moyen-Orient avec toute la richesse du pétrole, on va vous dire la vérité ?
              Les médias et l’école cachent soigneusement comment Israël s’est imposé. Imaginez ceci… Vous Belges, vivant et travaillant ici depuis des générations, tout d’un coup, des gens débarquent : « Nos ancêtres vivaient ici il y a deux mille ans, notre Dieu a dit que cette Terre nous appartient, allez ouste, dehors ! » Vous devez quitter votre maison, vos champs, vos richesses et aller vivre dans des tentes. D’abord, les envahisseurs prennent Bruxelles, Anvers, le Hainaut. Un peu plus tard, Liège et la Flandre occidentale. Ils bloquent toutes les routes avec un grand mur. Et finalement, vous vous retrouvez tous parqués autour d’Ostende et au fond des Ardennes. Dans des conditions de vie misérables. En plus, on vous traite de menteurs, de violents, de terroristes. Eh bien, remplacez Ostende par Gaza, et les Ardennes, par la Cisjordanie, vous avez exactement ce qu’a fait Israël !
              A propos de désinformation, les Belges ont quand même eu un fameux avertissement, non ? La RTBF a réussi à leur faire croire que la Belgique avait disparu en une soirée. Alors, prudence ! Dans les années 80, au Nicaragua, un gouvernement de gauche voulait éliminer la pauvreté et résister aux États-Unis. Le Nicaragua a été attaqué par des terroristes financés par la CIA, et diabolisé par les médias. Les sandinistes ont été chassés et le pays est retourné à la misère. Un prêtre nicaraguayen, alors ministre de la culture, disait : « Quand je vois ce que les médias racontent sur mon pays que je connais bien, je me dis que je ne dois rien croire de ce qu’ils racontent sur les pays que je ne connais pas ».
              Le grand problème, des Belges, des Français, des Européens sur le conflit israélo-palestinien c’est qu’ils sont désinformés. Avec quelques rares exceptions, la télé se met du côté d’Israël. Ces derniers jours, elle a fini par montrer les crimes d’Israël. Mais tant qu’on le présente comme “ripostant à des roquettes”, on justifie le colonialisme.

              Quand même le Hamas a commencé et il prend la population palestinienne en otage, non ?
              Michel Collon. Non. A propos des roquettes tirées sur des villes israéliennes, on ne nous dit pas que des Palestiniens (Hamas, Fatah et individus) les tirent sur des villes dont on a chassé leurs parents. Ils y habitaient avant ! Pourquoi le cache-t-on ? Mais surtout : le Hamas a respecté la trêve pendant des mois. Or, cette trêve avait plusieurs conditions. Israël devait lever le blocus qui étranglait Gaza, il ne l’a pas fait. Il ne devait plus commettre d’agressions militaires, il en a commis. L’Égypte devait ouvrir ses frontières, cela n’a pas été fait. En réalité, c’est Israël qui n’a pas respecté la trêve.

              Le Hamas, c’est quand même des fondamentalistes. Des progressistes peuvent-ils les soutenir ?
              Michel Collon. D’abord, pendant des décennies, quand le Hamas n’existait pas encore, Israël a tout fait pour détruire le Fatah d’Arafat et les mouvements palestiniens de gauche. Ensuite, comme le Hebzollah au Liban, le Hamas semble d’accord de respecter le mode de vie de l’ensemble des populations à Gaza.
              Les gens ont voté Hamas, s’estimant trahis par les précédents dirigeants palestiniens. Si vous interrogez des Palestiniens de gauche et laïcs, ils ont voté pour le Hamas parce c’est le parti qui résiste. Il est faux de dire que le Hamas prend les Palestiniens en otage, ce sont tous les Palestiniens refusent et refuseront toujours la colonisation, même si demain le Hamas était totalement détruit.
              Enfin, on nous dit ensuite de façon un peu raciste que ces gens sont des musulmans et qu’ils sont des fanatiques… Qu’on m’explique alors pourquoi les USA organisent des coups d’Etat pour renverser Chavez, un fervent chrétien ! Ou Evo Morales, un Indien. Au Venezuela, avant Chavez, 80 années de richesse pétrolière ont produit 80 % de pauvres. L’argent partait dans les poches d’Exxon. Chavez, Evo, les Irakiens ou les Palestiniens : rien à voir avec la religion, tout à voir avec le pillage des ressources de ces pays.

              Mais en Palestine, il y a peu de ressources naturelles…
              Michel Collon. Le Moyen-Orient forme un ensemble. Les Arabes se voient comme une seule nation. Ce sont les colonisateurs qui ont divisé la région pour mieux la contrôler. Les Britanniques, puis les États-Unis ont veillé à mettre le pétrole aux mains des rois, des riches saoudiens et autres marionnettes pendant que le reste du monde arabe se débat dans la pauvreté et le sous-développement. Israël est surarmé par Washington pour être le gendarme du Moyen-Orient. De plus, il veut construire un pipe-line qui en fera le distributeur du pétrole irakien sur la Méditerranée.

              Israël prétend qu’il n’y a personne en face pour négocier et que la paix est impossible.
              Michel Collon. La paix est possible au Moyen-Orient. Il faut créer un seul État garantissant tous les droits à tous : juifs, musulmans, chrétiens ou athées. Un État ne peut pas être fondé sur une religion privilégiée, excluant ou rabaissant les autres. Un seul État, un homme une voix, et le droit au retour pour ceux qui ont été chassés.
              Beaucoup de Palestiniens et d’Israéliens pensent qu’il faudra une solution transitoire avec deux États. A eux de trancher. Sans doute qu’avec toute la haine qui a été semée, il faudra une ou deux générations pour arriver à une coexistence harmonieuse. En tout cas, je maintiens qu’Israël est l’État le plus raciste au monde, pratiquant le nettoyage ethnique contre les Arabes. Pour arriver à une solution il faut mettre fin à ce racisme. Un État comportant plusieurs cultures n’est pas un appauvrissement, mais un enrichissement.
              Je pense qu’avec ces provocations et ces destructions terribles, Israël ne veut pas la paix. Il refuse de négocier en sachant que cela risque de provoquer des attentats. Il aura ainsi un prétexte pour justifier ses nouvelles déportations et annexions.

              Le ministre belge des affaires étrangères Karel De Gucht et ses collègues européens semblent prendre une position neutre dans l’histoire…
              Michel Collon. De Gucht n’est absolument pas neutre, et l’U.E. non plus. Elle vient de voter pour Israël un statut de quasi-membre de l’Union européenne alors qu’Israël viole toutes les résolutions de l’ONU et le droit international depuis des dizaines d’années ! Elle a qualifié de ‘terroriste’ le gouvernement Hamas élu démocratiquement, ce qui a donné le feu vert à l’agression. Quand la ministre des affaires étrangères israélienne dit qu’Israël défend les valeurs de la communauté internationale devant Sarkozy, celui-ci applaudit. Quand on voit comment Sarkozy, Merkel, De Gucht et compagnie ont soutenu Israël tout le temps, je dis que ce sont eux qui bombardent en notre nom. Va-t-on continuer à le tolérer ?

              C’est surtout la population belge d’origine immigrée qui se mobilise actuellement. Pourquoi y a-t-il encore tellement d’indifférence et de passivité des travailleurs « belgo-belges » ?
              Michel Collon. Ils sont maintenus dans l’ignorance. Mais la guerre en Palestine fait partie d’une guerre globale Nord – Sud qu’on mène en notre nom. On ne peut comprendre le monde d’aujourd’hui si on ne comprend pas pourquoi la richesse est au Nord et la pauvreté au Sud.
              Les grosses sociétés européennes ont volé l’or et l’argent de l’Amérique latine, les minerais, le caoutchouc et les esclaves de l’Afrique (avec notre Léopold II coupant les mains quand on refusait de travailler pour lui), et le pétrole du Moyen-Orient. Aujourd’hui, le tiers monde reste pauvre car les multinationales s’y installent en payant les travailleurs une misère, en interdisant les syndicats, en corrompant les dirigeants politiques et la police. Donc, toute la richesse du Sud continue de partir vers le Nord. Ceci place les travailleurs belges devant un choix moral : se ranger du côté des volés ou des voleurs ? Réclamer justice ou faire l’autruche en espérant profiter un peu du vol ?
              Nous devrions témoigner de plus de curiosité et d’ouverture. En Belgique, nous avons la chance d’avoir des immigrés, y compris des travailleurs sans-papiers. Il faut parler avec eux, les écouter. On peut en apprendre beaucoup ! Les Arabes vous expliqueront ce qu’a fait l’Europe au Moyen-Orient depuis des siècles. Les Noirs vous expliqueront ce qu’elle a fait au Congo. Les Latinos pourquoi il y a encore 44 % de pauvres alors que l’Amérique latine est très riche.
              Je compare la situation actuelle au Titanic. Avec les très riches en première classe, les classes moyennes et les travailleurs qui sont dans la troisième classe sans beaucoup de confort mais ils sont dans le bateau. Seulement le Titanic fonce vers le désastre car le capitaine et surtout les armateurs gagnent gros. Sur le dos de ceux qui rament, les esclaves du Sud, et sur le dos des travailleurs du Nord. En les appauvrissant et en nous appauvrissant continuellement, ils provoquent la crise, car ils n’ont plus personne à qui vendre.
              Les travailleurs belges veulent-ils rester dans le Titanic, fondé sur l’appauvrissement du tiers-monde, un système qui, après la crise financière, s’en prépare d’autres, peut-être plus graves encore ? Le nombre de pauvres n’a cessé d’augmenter dans le monde depuis 20 ans. Veut-on couler avec le Titanic ou choisir une autre façon de naviguer basée sur des rapports Nord-Sud justes ?

              Que faire alors ?
              Michel Collon. Depuis quelques années, je travaille avec l’équipe Investig’Action, et mon site http://www.michelcollon.info pour décoder l’info, donner la parole aux exclus de l’info officielle, montrer les images cachées, apprendre à repérer les médiamensonges. Beaucoup de gens m’écrivent, dégoûtés par la presse et découragés, car on ne les écoute pas.
              Il faut une stratégie collective pour que les gens puissent tester l’info et devenir actifs. L’info est un droit qui se conquiert et ne tombe pas du ciel. Comme tous les autres droits. Ca nécessite une démarche active. Par exemple, si un responsable syndical a encore un doute sur qui est l’agresseur et le colonisateur entre Israël et les Palestiniens, qu’il organise donc pour tous ses affiliés un débat avec les deux parties, qu’il s’informe sur Internet, auprès des syndicalistes palestiniens et auprès de ceux que la télé exclut de ses débats !
              Pour conquérir le droit à une information de qualité, complète et non manipulée par des intérêts, nous avons besoin d’un mouvement citoyen pour l’information, à la base. « Nous sommes tous des journalistes ! »

              http://www.ptb.be/fr/hebdomadaire/article/article/interview-le-journaliste-michel-collon-sur-les-evenements-de-gaza.html

               
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              Publié par le 18 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

               

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              Le Nouvel Ordre Mondial par Pierre Hillard

              Version Entiere – Full Version Pierre Hillard Présente Son Livre La Marche Irresistible Du Nouvel Ordre Mondial Pierre Hillard parle de la mondialisation comme étant une suite logique de notre monde, sans pour autant en vanter les mérites.

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              CONFERENCE DE PIERRE HILLARD, CRISE POLITICO-ECONOMIQUE

               
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              Publié par le 15 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

               

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              Jacques Cheminade.

              Jacques Cheminade (né le 20 août 1941 à Buenos Aires en Argentine) est un homme politique français. Il est actuellement président du parti politique Solidarité et Progrès  et s’exprime dans les colonnes de son journal Nouvelle Solidarité.

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              Interview de Jacques Cheminade sur Surf TV (vidéo)
              9 février 2010

              Dans cette interview diffusée début février 2010 par Surf TV, télé lyonnaise, Jacques Cheminade est questionné sur la fin ou la reprise de la crise économique, et ses conséquences.

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              Message vidéo de Jacques Cheminade, président de Solidarité & Progrès

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              Message vidéo de Jacques Cheminade sur l'effondrement de la zone euro

               
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              Publié par le 15 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

               

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              Pierre Hillard

              Docteur en science politique et professeur de relations internationales à l’École supérieure du commerce extérieur (Paris). Ses recherches portent principalement sur l’instrumentation de l’Union européenne en vue de la constitution d’un bloc euro-atlantique. Dernier ouvrage publié : Bertelsmann : Un empire des médias et une fondation au service du mondialisme (François-Xavier de Guibert éd., 2009).

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              – Quelques Billets:

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              « Espaces métropolitains » : une stratégie vers une « gouvernance mondiale »

              Les partisans d’une « gouvernance mondiale » manipulent la classique rivalité entre pouvoirs locaux et nationaux pour affaiblir les États-nations. Pierre Hillard dénonce l’agenda caché de « Cités et gouvernements locaux unis », une association mondiale inter-communale présidée par le maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë assisté du président (PS) de la région Île-de-France Jean-Paul Huchon.

              Les villes et les collectivités locales sont un enjeu incontournable pour la stratégie des mondialistes. L’objectif étant d’aboutir à une gouvernance mondiale, ils planifient de décomposer à tous les niveaux les États-nations en prétendant renforcer les communes [institutions locales]. Ainsi, un véritable maillage sur le terrain permet l’instauration de nouvelles structures au plus bas niveau (le local) qui s’emboîteront dans des organismes politiques régionaux, puis continentaux, pour enfin aboutir à un « sas » unique, un gouvernement mondial (le global). Cette architecture a pour objectif de contourner l’autorité politique des États. C’est tout l’enjeu de l’institut « Cités et gouvernements locaux unis » —CGLU— (en anglais : United Cities and Local Governments — UCLG) [1].

              En fait, le CGLU résulte de la fusion de trois instituts mondialistes traitant des problèmes locaux : l’Union internationale des autorités locales (sigle anglais IULA), la Fédération mondiale des cités unies (FMCU) et Métropolis. L’IULA est la plus ancienne organisation mondiale d’autorités locales puisque sa fondation remonte à 1913. La mission de l’IULA consiste à favoriser le renforcement des institutions locales et la représentation des gouvernements locaux dans les domaines de l’urbanisation. La FMCU, créée en 1957, réunit plus de 1400 villes dans plus de 80 pays afin de développer des réseaux thématiques et des programmes de coopération sur des sujets comme l’environnement, la gestion urbaine ou encore le soutien apporté à des actions internationales. Enfin, Métropolis, créé en 1985, regroupe plus de cent villes de plus d’un million d’habitants. Cet institut est chargé de répondre aux problèmes spécifiques des grandes zones métropolitaines.

              L’« autonomie » locale contrôlée par Bruxelles

              Tout en perdurant, ces trois organismes ont donné naissance à CGLU en 2004 à Paris et dont le siège est à Barcelone. Cet institut planétaire dirigé par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, couronne une multitude de subdivisions. Dans le cas européen, une véritable organisation pyramidale s’appuyant sur la Charte européenne de l’autonomie locale élaborée en 1981 par le rapporteur allemand Galette régit l’ensemble du vieux continent. Cette charte s’inspire du modèle politique allemand. Ainsi, chaque pays européen est doté d’un institut chargé des affaires locales traitant de plus en plus avec les instances supranationales bruxelloises aux dépens de l’autorité nationale. Nous pouvons citer le cas français (AFCCRE : Association française du conseil des communes et régions d’Europe) ou le cas suisse (ASCCRE : Association suisse pour le conseil des communes et régions d’Europe). Ces différents instituts sont réunis au sein d’une instance européenne le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE créé en 1951) et dirigé en 2009 par le maire de Vienne, Michael Häupl. Durant les années 1990, son président s’appelait Valéry Giscard d’Estaing, le père du Traité établissant une Constitution pour l’Europe qui à été refusé en 2005 par les citoyens français et néerlandais et qui a, suite à cela, été remplacé par le Traité de Lisbonne.

              Dictat d’un « institut planétaire »

              Le CCRE ne constitue qu’une section de CGLU. Nous trouvons l’équivalent européen sur tous les continents. En fait, cet institut planétaire est constitué de sept sections régionales : CCRE (siège à Bruxelles), Afrique (pas de siège officiel), Asie-Pacifique (siège à Jakarta), Euro-Asie (siège à Kazan), Amérique latine (siège à Quito), Moyen-Orient et Asie de l’Ouest (siège à Istanbul) et Amérique du Nord (siège à Washington). Afin que l’ensemble de cette mécanique fonctionne au même rythme, une Charte mondiale de l’autonomie locale1 a été élaborée. S’inspirant de la Charte européenne, ce document chargé de régenter toutes les collectivités locales mondiales a pris forme grâce à l’action d’Heinrich Hoffschulte président d’un groupe de travail dans le cadre de l’ONU. En fait, la collusion entre les instances onusiennes et européennes a été totale puisque qu’Heinrich Hoffschulte a été aussi le vice-président du CCRE dans les années 1990 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

              Nous nous sommes efforcés de présenter le « squelette » de la gouvernance locale du plus bas au plus haut niveau. Une véritable ligne de conduite commune doit régir l’ensemble de cette immense structure aux dépens des États dont l’existence n’est plus nécessaire. Toute cette organisation accompagne les bouleversements politico-financiers en cours en vue d’instaurer une gouvernance mondiale dotée d’un système monétaire, bancaire, juridique etc. en voie d’unification. L’ouvrage d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, est sur le point de se concrétiser.

               Pierre Hillard

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              La Fondation Bertelsmann au service d’un marché transatlantique et d’une gouvernance mondiale

              La création d’un grand marché transatlantique pour 2015 est la grande ambition des dirigeants européens et états-uniens. Après la visite du Président Obama en Europe, lors du sommet UE/États-Unis, le Parlement européen en a profité pour adopter une résolution le 26 mars 2009 appelant à réussir ce marché transatlantique. Il est même appelé à un « renforcement de la coordination entre les institutions monétaires européennes et américaines » [1]. En fait, ces affirmations ne sont que la suite logique des travaux en amont de la Fondation Bertelsmann. L’ambition est d’aboutir à un seul marché unique transatlantique dont les conséquences concerneront les Français et tous les peuples d’Europe.

              Vers un vaste marché euro-américain

              Les travaux pilotés par la Fondation Bertelsmann vont très loin. En effet, ses dirigeants poussent à la création d’un véritable bloc économique, un « G-2 » [2] euro-américain encore plus structuré que le G-7 (ou G-8 en incluant la Russie) regroupant les plus grandes puissances industrielles. Comme le souligne Werner Weidenfeld : « Les données économiques parlent d’elles-mêmes. Plus de 50 % des revenus des compagnies américaines dérivent du marché européen. L’Europe reste le partenaire le plus important du monde américain des affaires. Les entreprises européennes assurent plus de un million d’emplois rien que pour la seule Californie. Les investissements européens au Texas dépassent l’ensemble des investissements américains au Japon. Des deux côtés de l’Atlantique, plus de 12,5 millions de personnes vivent des liens économiques transatlantiques » [3].

              Cette volonté de favoriser ce bloc économique euro-américain est le moyen d’assurer la stabilité économique mondiale selon ces experts. Indirectement, c’est aussi une manière d’assurer une prééminence sur des pays émergents, en premier lieu, la Chine. Par conséquent, le groupe « Economie, commerce et finances » préconise l’institutionnalisation d’un véritable outil, le « Trade G-2 » (« commerce G-2 ») [4], afin d’éviter des à coups au sein de cette communauté économique euro-américaine [5]. Pour réussir ce mariage, ces experts encouragent les États-Unis à partager leur leadership avec leur partenaire européen dans des domaines où il existe une certaine parité de puissance commerciale. L’objectif non déclaré est aussi d’éviter une déperdition de puissance par des confrontations inutiles qui nuiraient au bloc atlantique et l’affaiblirait face à la concurrence asiatique ou indienne. En revanche, il est souligné que cette situation ne peut véritablement se faire jour que si les Européens arrivent à s’organiser afin de pouvoir parler d’une seule voix [6]. Ces directives émanant de ces différents experts dans le cadre des séminaires organisés par Bertelsmann ont pris forme durant le 1er semestre 2007 lors de la présidence allemande de l’Union européenne. En effet, il a été décidé de créer en avril 2007 le « Conseil économique transatlantique » (le CET, Transatlantic Economic Council, TEC) [7] lors du sommet Union européenne-États-Unis à Washington afin de renforcer l’intégration économique transatlantique. Le CET qui est la transcription du Trade G-2 (« commerce G-2 ») issu des délibérations de la Fondation Bertelsmann a ouvert sa première séance le 9 novembre 2007. Co-piloté par le vice-président de la Commission européenne, Günter Verheugen lié à Bertelsmann, et Allan Hubbard, directeur du Conseil économique national, les discussions du CET ont porté sur « les possibilités de réduire les obstacles au commerce et aux investissements transatlantiques » [8]. Par la suite, la 2è séance du CET tenue à Bruxelles, le 13 mai 2008, à la veille du sommet Union européenne-États-Unis de juin 2008, n’a fait qu’approfondir une politique préparée depuis longtemps [9]. Elle se poursuit dans le cadre monétaire.

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              En effet, avec la création de la monnaie unique européenne, le dollar côtoie une unité monétaire représentant un pôle économique important. C’est pourquoi, les intervenants invitent fortement les dirigeants des deux économies à s’entendre pour permettre la création d’une « arène monétaire » : « Plus fondamentalement, les États-Unis et l’Union européenne sont non seulement les deux super puissances économiques mais aussi les représentants des deux principales monnaies mondiales. L’euro s’est déjà imposé comme une monnaie internationale de premier plan et disputera de plus en plus le leadership monétaire au dollar. Les fluctuations dans les taux de changes euro-dollar ont des conséquences majeures pour tous les pays du monde. Cela requiert donc la formation d’une arène monétaire pour le G-2 aussi vite que possible (ndlr : annonce en filigrane d’une monnaie transatlantique). La Réserve fédérale [10] et la Banque centrale européenne qui sont toutes les deux indépendantes de leurs gouvernements respectifs, devraient réussir à créer leur propre relation au sein du G-2 » [11].

              En fait, les auteurs de ces travaux rappellent que les continents se dotent de monnaies régionales. C’est un fait pour l’UE avec l’euro tandis que l’alter ego américain envisage de se doter d’une monnaie unique, l’amero [12] et d’une banque centrale Nord-américaine [13]. Le phénomène est le même avec la création de l’Union des nations d’Amérique du Sud (l’UNASUR), en mai 2008, qui prévoit la création d’une seule monnaie pour le continent sud-américain encadrée par l’équivalent d’une Banque centrale sud-américaine, le tout sous l’égide d’un parlement unique [14]. En dehors de ces aspects économiques et monétaires, ces auteurs insistent aussi sur la nécessité de maîtriser des problèmes comme l’énergie (stabilisation des prix), l’environnement (sujet sensible qui permet l’instauration d’une organisation mondiale de l’environnement et des contraintes sur la vie des particuliers et des entreprises) et les migrations (en raison des déplacements de populations et des conséquences sur l’économie). Pour ces experts, le règlement de ces sujets en concertation de part et d’autre de l’Atlantique poursuit toujours le même objectif, créer un pôle le plus stable possible afin de faire poids et de tenir la dragée haute face aux autres blocs politico-économiques. En guise de conclusion, ces experts rappellent la nécessité d’une refonte du système : « La stratégie du G-2 pourrait conduire l’alliance transatlantique vers une cohésion et une souplesse qui est si cruciale pour la paix et la prospérité pour près de 800 millions de personnes habitant cette partie du monde » [15].

              En fait, ces recommandations sont une tentative d’assurer au bloc euro [16]-américain la possibilité d’être le primus inter pares face à la constitution de grands pôles politico-économiques Sud-américain ou asiatique. À condition d’arriver à terme, cette association ne serait pas une relation entre égaux. Les élites anglo-Saxonnes à l’esprit apatride resteraient les maîtres d’œuvre de ce partenariat qui ne peut s’instaurer qu’après des bouleversements financiers, économiques et sociaux majeurs [17].

              ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

              [1] « Résolution du Parlement européen sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis », Réseau Voltaire, 26 mars 2009.

              [2] From Alliance to Coalitions – The Future of Transatlantic Relations, Collectif, Bertelsmann Foundation Publishers (2004), p. 14. Ce livre est intégralement téléchargeable sur cette page.

              [3] Ibid., p. 34.

              [4] Ibid., p. 53.

              [5] C’est tout l’enjeu des travaux du Transatlantic Policy Network (TPN, Réseau politique transatlantique) qui réunit des membres du Parlement européen (l’ancien président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Elmar Brok, et ancien dirigeant de Bertelsmann, ainsi que la député socialiste allemande, Erika Mann) et des représentants du Congrès des États-Unis. Soutenu massivement par des entreprises transnationales (Microsoft, IBM, Siemens, Deutsche Bank, Nestlé, Bertelsmann, …) et de nombreux think tanks (Council on Foreign Relations, Brookings Institution, Center for Strategic and International Studies, etc), nous rappelons encore une fois ce fait indispensable à retenir que le TPN prône l’instauration d’un bloc euro-américain intégré sur une période de dix ans (2005-2015) dans les domaines économiques, défense et sécurité, politique et institutionnel, cf. La décomposition des nations européennes, pp. 137 à 143.

              [6] On comprend mieux la volonté farouche des européistes d’établir une constitution pour toute l’Europe. Dans le cadre des séminaires organisés par la Fondation Bertelsmann, l’États-unien Fred Bergsten, directeur de l’Institute for International Economics et l’Allemand Caio Koch-Weser, secrétaire d’État au ministère des Finances du gouvernement Schröder, membre du comité administratif de la Fondation Bertelsmann jusqu’en 2007 et président du Comité économique et financier (CEF) de l’UE jusqu’en 2007, sont à l’origine des travaux pour favoriser l’émergence d’un G-2.
              Ils estiment que sa création est conditionnée en fonction de quatre raisons :
              1) Il s’agit de créer un socle commun entre les États-Unis et l’Union européenne se substituant aux liens étroits résultant de la Guerre froide.
              2) Les États-Unis en tant que super-puissance unique auraient tendance à tomber plus facilement dans l’unilatéralisme. En revanche, l’Union européenne absorbée par son évolution institutionnelle interne glisserait plus facilement vers une forme d’égocentrisme, ne cherchant pas à s’engager largement dans la prise en charge des problèmes mondiaux. Une interdépendance économique entre les deux blocs agirait, selon ces experts, comme un contrepoison au profit des États-Unis et de l’Union européenne. L’excès de l’unilatéralisme états-unien serait freiné par l’allié européen. En contre partie, l’Union européenne se verrait obligée de sortir de la gestion de ses problèmes internes pour rétablir l’équilibre (ndlr : C’est l’application du principe hégelien : thèse – antithèse … synthèse).
              3) En raison de la multitude croissante d’États et de la variété des problèmes dans le monde, ce bloc euro-américain agirait comme un stabilisateur permettant de piloter l’économie mondiale.
              4) Même si des liens économiques importants se sont tissés de part et d’autre de l’Atlantique depuis plusieurs décennies, il s’agit d’une certaine manière d’institutionnaliser cette relation à l’instar de l’OTAN dans le domaine militaire, in From alliance to coalitions – The future of transatlantic relations, op. cit, pp. 238 à 240.

              [7] Le TEC d’avril 2007 n’est que la suite d’une longue liste s’ajoutant à différents documents renforçant l’intégration économique transatlantique : « Déclaration transatlantique » (1990), le « Nouvel agenda transatlantique » (1995), le « Partenariat économique transatlantique » (1998), « Une stratégie pour renforcer le partenariat transatlantique » (2003), cf. La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, p. 78 et s.

              [8] « Le vice-président Verheugen préside la première réunion du Conseil économique transatlantique du 9 novembre 2007 », Communiqué de presse (réf. : IP/07/1662).

              [9] Le 8 mai 2008, le Parlement européen a adopté la résolution P6_TA(2008)0192 entérinant la création du Conseil économique transatlantique (CET).

              [10] Depuis sa création en 1913, la Fed est une banque privée contrôlant l’émission monétaire, indépendamment de l’employé républicain ou démocrate de la Maison-Blanche, pour le plus grand profit des oligarchies. Son premier président fut Paul Warburg (citoyen états-unien d’origine allemande) qui dirigea aussi le Council on Foreign Relations (CFR) à sa création en 1921. Paul Warburg était le frère de Max Warburg (la branche allemande). Celui-ci finançait la Paneurope dirigée par Richard de Coudenhove-Kalergi.

              [11] From alliance to coalitions – The future of transatlantic relations, op. cit, p. 55.

              [12] Le nom de cette monnaie n’est pas encore assuré.

              [13] Cf. La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, p. 87. Cette nouvelle monnaie Nord-américaine, peu importe son nom final, doit s’appliquer dans le cadre d’un bloc Nord-américain politiquement unifié réunissant États-Unis, Canada et Mexique. Le processus d’unification a été lancé en mars 2005 par le président Bush, le Premier ministre canadien Paul Martin et le président mexicain Vincente Fox lors d’une réunion à Waco (Texas) dans le cadre d’un « Partenariat Nord-américain pour la sécurité et la prospérité » (PSP). La crise financière et monétaire qui secoue les bourses mondiales et les économies depuis l’été 2007 aidera à détruire le monde ancien afin de tenter d’instaurer de nouvelles mesures : nouvelles monnaies, nouveaux standards, etc permettant de créer une nouvelle architecture financière, monétaire, politique et spirituelle plus conforme aux canons de la pensée du nouvel ordre mondial. Les implications politiques, économiques et géopolitiques de ces bouleversements aux États-Unis ont été décrites avec beaucoup de précisions par l’Américain Jerome R. Corsi, The Late Great USA : NAFTA, The North American Union, and the Threat of a Coming Merger with Mexico and Canada, WND Books, Los Angeles, 2007, révisée en 2009. Dans les tentatives d’instaurer un cadre transatlantique unifié, une intégration monétaire s’avèrera nécessaire conduisant à la création d’une seule et même monnaie euro-atlantique (une monnaie transatlantique). Cependant, la finalité de toutes ces mesures, c’est de réussir à créer une monnaie mondiale comme le demandait déjà H.G Wells dans son livre La destruction libératrice en 1914. Cette mission d’envergure a été présentée par la revue financière britannique The Economist dans son numéro du 9 janvier 1988. Présentant sur la couverture un phénix naissant à partir des flammes détruisant les anciennes monnaies, l’article intitulé « Soyez prêt pour une monnaie mondiale » affirme : « Dans 30 ans, les Américains, les Japonais, les Européens et les peuples d’autres pays riches ainsi que d’autres plutôt pauvres paieront probablement pour faire leurs courses avec la même monnaie. Les prix ne seront plus désignés en dollars, yen ou deutschemark mais, disons-le, en phénix. Le phénix sera préféré par les entreprises et les acheteurs parce qu’il sera plus pratique que les actuelles monnaies nationales ». L’article précise que cette nouvelle monnaie mondiale doit voir le jour vers … 2018. The Economist a récidivé dix ans plus tard dans la même veine dans un article intitulé « Un monde, une monnaie » (« One World, one money ») paru dans son numéro du 26 septembre 1998. Ces concepts d’unité monétaire mondiale ont été proposés aussi dans la revue du CFR à l’automne 1984, Foreign Affairs, dans l’article « Un système monétaire pour l’avenir » (« A monetary system for the future ») sous la plume de l’économiste Richard Cooper. Déjà lors des négociations menant aux Accords de Bretton Woods en 1944, différents projets d’instauration d’une monnaie mondiale ont été proposés. Ainsi, le représentant britannique, John Maynard Keynes, proposa la création du « bancor » devant être émis par un institut supranational. Son homologue états-unien, Harry Dexter-White, défendait le principe d’un dollar s’appuyant sur une monnaie mondiale appelée « unitas ». Cependant, ces ambitions poussant à la création d’une unité monétaire mondiale étaient trop précoces par rapport à la situation politique de l’époque d’autant plus que cela exigeait aussi l’instauration d’une politique monétaire mondiale sous l’égide d’une banque centrale universelle. Il n’en reste pas moins que l’objectif reste le même. Il n’a été que différé. Parmi tous ces projets, peu importe les noms donnés à cette monnaie mondiale et la date prévue, ces exemples soulignent la volonté des élites oligarchiques d’atteindre cet idéal ancien. En effet, dans un manifeste paru en 1582, l’Italien Gasparo Scaruffi proposait déjà de créer une monnaie universelle appelée « alitinonfo ».

              [14] Cette tendance généralisée à la création d’unités monétaires continentales a été traitée par Peter B. Kenen et Ellen E. Meade, Regional monetary integration, Cambridge University Press, 2008.

              [15] From alliance to coalitions – The future of transatlantic relations, op. cit, p. 57.

              [16] Le président de l’European Council on Foreign Relations (l’ECFR équivalent européen du CFR états-unien), Mark Leonard, estime que l’Union européenne n’est pas un État et que son arme secrète est dans le droit. Selon lui, la force de l’UE réside dans sa capacité à mettre en ligne divers centres de pouvoirs unis agissant sur des projets communs. Ces centres influent profondément dans l’organisation interne des pays membres au point de modifier radicalement leurs structures dans tous les domaines. Toute tentative de revenir en arrière s’avère selon lui impossible. Cette « eurosphère », selon l’expression de Mark Leonard, devient un modèle pour le monde entier. L’influence développée par cette « eurosphère » agit sur tout son pourtour géographique, c’est-à-dire les pays d’Afrique du Nord, du Proche-Orient, de l’Ukraine etc. Ainsi, l’émergence de ce bloc européen crée autour de lui des liens plus ou moins développés en concurrence aussi avec d’autres blocs cherchant à s’assurer leurs zones d’influences. Cette configuration n’est pas sans rappeler 1984 de George Orwell où le monde divisé en trois blocs (Oceania, Eurasia et Estasia) se dispute des zones d’influences situées à leur périphérie (des « Marches » pour reprendre une expression du Moyen-Âge) sans pour autant obtenir gain de cause. La tension permanente entretenue par les rivalités entre ces blocs permet en même temps d’instaurer des mesures liberticides chez chacun d’entre eux, chose qui serait impossible dans une situation de sérénité comme l’expose admirablement George Orwell. Cette description orwellienne n’est pas sans rappeler les contours de nos sociétés allant de plus en plus dans ce sens.

              [17] Les relations transatlantiques s’appuient sur le partenariat privilégié anglo-saxon réunissant le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada. Ce partenariat s’exerce dans le cadre du « Comité britannique-Nord-américain » (the British-North american Committee, le BNAC). Financé par le Atlantic Council of the United States, le C.D. Howe Institute du Canada et le British-North american Association du Royaume-Uni, cet institut fait « bande à part » par rapport aux autres car il constitue le cœur même du partenariat transatlantique
              En conclusion, nous pouvons préciser que l’oligarchie financière accapare le plus possible de métal or et de métal argent afin de constituer une encaisse métallique permettant de gager la future monnaie mondiale.

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              Le complexe militaro-industriel euro-US
              EADS et sa filiale Airbus au service du bloc atlantique

               

              Brisant la sacro-sainte règle selon laquelle les forces armées US s’appuient exclusivement sur leur industrie nationale, le Pentagone a conclu un gigantesque contrat avec Airbus pour renouveler ses avions ravitailleurs. Cependant à y regarder de plus près, observe Pierre Hillard, il ne s’agit pas d’une ouverture du marché états-unien, mais au contraire de la première étape de la constitution du complexe militaro-industriel atlantique. Devant nous émerge un Empire transatlantique, euro-US, appelé à prendre le relais d’États-Unis essoufflés.

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              L’annonce par le Pentagone de choisir EADS, maison-mère d’Airbus, pour le renouvellement de sa flotte d’avions ravitailleurs aux dépens de Boeing a fait l’effet d’une bombe. Le méga-contrat remporté par le consortium européen en liaison avec son allié états-unien Northrop Grumman permet de conclure un marché à hauteur de 35 milliards de dollars. Cette annonce a paru incroyable pour de nombreux dirigeants politiques de part et d’autre de l’Atlantique. Cependant, en étudiant certains acteurs à l’origine de cet accord, on comprend beaucoup mieux l’orientation prise par le Pentagone.

              Les mondes germanique et anglo-saxon ont toujours su développer une spécialité qui échappe aux Français : le réseau. Certes, de nombreux instituts, fondations ou cercles de réflexions occupent en France des positions qui sont loin d’être négligeables ; cependant, ils n’atteignent pas le même degré d’influence que leurs homologues d’outre-Rhin, d’outre-Manche, d’outre-Atlantique ou encore israélien. L’exemple de l’institut allemand « Atlantik-Brücke » est significatif des liens profonds noués entre Berlin et les milieux israélo-anglo-saxons.

              À l’origine, la création d’Atlantik-Brücke (« Pont atlantique ») en 1952 remonte à l’action déterminante de deux personnages : Eric M. Warburg (1900-1990) et Erik Blumenfeld (1915-1997). Le premier fondateur appartient à une très grande famille juive de la banque germano-US. Eric M. Warburg est le fils du banquier allemand d’Hambourg Max Warburg (1867-1946) qui finançait la Paneurope, institut mondialiste promouvant l’unité de l’Europe dans le cadre d’une organisation mondiale unifiée . Son père fut à l’origine de la première rencontre, en 1925, entre le chancelier Gustav Stresemann et le dirigeant paneuropéen, Richard de Coudenhove-Kalergi. L’influence de la famille Warburg dépassait largement le cadre allemand puisque le frère du banquier hambourgeois, Paul Moritz Warburg de nationalité états-unienne rédigea en 1903 une étude intitulée Plan pour une banque centrale qui joua un rôle déterminant dans la création en 1913 de la « Réserve fédérale » (Federal Reserve Bank), la Fed. Par la suite, ses activités se sont poursuivies en liaison avec le conseiller du président Wilson, le Colonel Edward Mandell House, dans la création du Council on Foreign Relations (CFR) [1]. C’est cet état d’esprit familial fidèle aux liens germano-US qui poussa Eric M. Warburg, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, à persévérer dans cette voie en s’associant à Erik Blumenfeld fils d’un commerçant juif de Hambourg. Ce dernier fut un député actif au sein du parti politique, la CDU (Christliche-Demokratische Union). Cependant, son action se manifesta aussi en tant que président de la « Société germano-israélienne » (Deutsch-Israelische Gesellschaft) de 1977 à 1991. Son prosélytisme fut récompensé en 1980 par le titre de docteur honoris causa de l’université Ben-Gourion. Sa carrière politique consista essentiellement à améliorer les relations de l’Allemagne avec Israël et les États-Unis. Enfin, il faut remarquer la forte tradition familiale puisque un Max M. Warburg est membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke.

              En raison des convictions des fondateurs, Atlantik-Brücke poursuit l’objectif de resserrer les liens entre l’Allemagne et les États-Unis dans tous les domaines, politique étendus au Canada depuis 1986. L’objectif consiste à favoriser des travaux entre de « hautes sommités de l’économie, de la politique et des sciences qui puissent régulièrement échanger annuellement des idées lors de conférences germano-américaines au sein de petits groupes de travail ». Les textes officiels précisent aussi qu’une « attention particulière est donnée aux organisations juives aux États-Unis ». Il est vrai qu’Atlantik-Brücke s’est lié en 1993 à l’organisation juive états-unienne, Armonk Institute (dissoute depuis), oeuvrant à l’approfondissement des liens germano-US. En raison de cette collusion, les principaux dirigeants de la haute industrie allemande ou germano-US (DaimlerChrysler, Volkswagen, Deutsche Bank, BMW, General Motors, …) ont reçu le « Prix Vernon A. Walters » . Une telle activité souligne l’imprégnation de cet institut à l’idéal mondialiste comme le prouvent les états de service de son président d’honneur, Walther Leisler Kiep. Outre son rôle de « chargé personnel » du chancelier Helmut Schmidt dans les années 1970 pour « la coordination de l’aide financière de l’occident et du Japon à la Turquie », W. L Kiep est membre de la Commission Trilatérale depuis 1985. Atlantik-Brücke navigue dans les hautes sphères de l’aristocratie mondialiste puisqu’elle octroie son « Prix Eric M. Warburg » à ceux contribuant aux renforcements des liens transatlantiques. On peut relever parmi les noms : Henry Kissinger (1992), Manfred Wörner (1994, ancien secrétaire général de l’OTAN), l’ancien chancelier Helmut Kohl (1996), Otto Graf Lambsdorff (2000, ministre de l’économie), le général Klaus Naumann (2000, ancien président du comité militaire de l’OTAN et membre du comité d’administration d’Atlantik-Brücke jusqu’en 2007) et George H. W. Bush senior (2002, pour le cinquantième anniversaire de la création de l’institut) . Enfin, Atlantik-Brücke compte environ 500 représentants occupant des postes clefs de la société constituant un réseau élitiste au sein de l’économie, de la politique, de la culture et des médias en Allemagne. Ces représentants sont les intermédiaires incontournables permettant des liens privilégiés avec les États-Unis et Israël. Comme le souligne avec raison Beate Lindemann, directrice en charge d’Atlantik-Brücke et ancienne chargée aux affaires du très atlantiste German Marshall Fund [2] : « Atlantik-Brücke peut être considérée comme un think-tank diplomatique » .

              La puissance de cet institut et son influence outre-Atlantique concernent d’une manière déterminante la vie politique et économique française et européenne en raison des activités du dirigeant d’Atlantik-Brücke. En effet, son patron n’est autre que Thomas Enders. Après un passage à la DGAP (Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik, institut chargé des questions internationales au service de Berlin) et à l’IISS (International Institute for Strategic Studies, chargé des questions sécuritaires [3]), Thomas Enders s’est illustré entre autres au sein du bureau de planification de la défense allemand pour ensuite diriger Atlantik-Brücke en 2005. Alors que cet institut poursuit l’objectif de resserrer les liens transatlantiques, Thomas Enders est en même temps le président d’Airbus filiale d’EADS dirigée par Louis Gallois . Airbus dont l’objectif est de rivaliser avec Boeing, présente cette particularité incroyable d’être dirigé par un homme dont les activités à la tête d’Atlantik-Brücke sont absolument opposées – du moins officiellement – à celles du consortium européen. Par conséquent, on peut comprendre que le méga-contrat obtenu auprès du Pentagone a dû combler d’aise Thomas Enders qui, à la tête d’Atlantik-Brücke et d’Airbus, a fait d’une pierre deux coups. En fait, ce contrat entre dans la volonté de renforcer l’interdépendance euro-US en faveur de l’émergence d’un bloc atlantique unifié.

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              [1] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie US », par Réseau Voltaire, 25 juin 2004.

              [2] « Le German Marshall Fund, un reliquat de la Guerre froide ? », Réseau Voltaire, 5 octobre 2004.

              [3] « Les experts qui ont donné raison à la CIA », Réseau Voltaire, 4 février 2004.

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              Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation

               

              L’opposition politique fondamentale réside aujourd’hui entre ceux qui soutiennent une gouvernance unipolaire du monde sous l’autorité des États-Unis et ceux qui prônent un équilibre des puissances régi par le droit international. À ce niveau, la grille de lecture traditionnelle française opposant une gauche à une droite n’a plus de pertinence – car on retrouve des deux côtés des partisans de la Pax Americana. Une organisation non-lucrative, mais richement dotée, la French American Foundation, a depuis trente ans pour fonction de recruter les jeunes leaders appelés à occuper des postes de dirigeants pour les former au soutien de la politique atlantiste. On y trouve des membres de l’UMP, du PS aussi bien que de l’équipe de campagne de José Bové.

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              Lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy prononça un discours, le 12 septembre 2006, à la French American Foundation (FAF, la « Fondation franco-américaine »). Rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique (…) et de favoriser la constitution d’une Europe politique forte et influente sur la scène internationale » [1], le prétendant à l’Élysée a dû ravir par ces propos les dirigeants de cette Fondation largement méconnue. L’étude de celle-ci est pourtant profitable afin de mieux saisir les liens ô combien étroits qui lient les élites franco-américaines.

              La FAF doit son origine aux actions de trois éminents États-Uniens [2] : James G. Lowenstein, membre entre autres du Council on Foreign Relations (le CFR) [3] où s’élabore la politique étrangère des États-Unis et dont l’équivalent britannique est le Royal Institute of International Affairs (RIIA dit Chatham House) ; James Chace, directeur de la rédaction de Foreign Affairs, revue du CFR et de Nicholas Wahl, professeur de science politique et fin connaisseur de la classe dirigeante française lui permettant des contacts en particulier avec le général de Gaulle et Michel Debré [4].

              Dans les années 1970, les trois hommes mirent en commun leurs réseaux [5] français dans le monde politique, économique, ainsi que dans la presse et le milieu universitaire. Parmi leurs relais on trouvait Olivier Chevrillon, (l’un des fondateurs de la revue Le Point), Pierre Jouven (président de Péchiney), Jean-Louis Gergorin (futur membre du comité exécutif d’EADS) et Thierry de Montbrial (futur président de l’Institut français des relations internationales, l’IFRI, qui co-dirigeait à l’époque le Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères). Ensemble, ils obtinrent l’appui officiel du président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier annonça – en accord avec son homologue états-unien Gerald Ford et le secrétaire d’État Henry Kissinger [6]– la création d’une double fondation franco-américaine, lors d’un dîner à l’ambassade de France à Washington, le 18 mai 1976.

              Il fut décidé que la French American Foundation aurait un siège à New-York et l’autre à Paris. Comme le rappellent les textes officiels : « L’objectif de la Fondation franco-américaine est de renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique » [7]. Pour accomplir cet idéal, les bonnes fées de la finance, de la grande presse, de l’université et de la politique se sont depuis lors pressées autour du tout nouvel institut. Les grâces ont été particulièrement abondantes. La branche états-unienne a bénéficié d’appuis inestimables. En raison de la liste impressionnante des participants, il n’est pas possible de nommer l’intégralité des dirigeants et des contributeurs financiers. On peut cependant relever quelques noms parmi les membres (anciens et nouveaux) en 2007.

              Pour commencer, John D. Negroponte [8], plusieurs fois ambassadeurs puis gouverneur d’Irak, superviseur de l’ensemble des services de renseignement des États-Unis et, actuellement, numéro 2 du Département d’État. Toujours présent, John Negroponte fut par le passé président de la FAF de New York.
              Également membre du conseil d’administration, l’ancien président du patronat français et européen (le MEDEF et l’UNICE), Ernest-Antoine Sellière ainsi que l’ancien ambassadeur états-unien en France, Félix G. Rohatyn et son homologue à Washington François Bujon de l’Estang [9]. Un nom de plus au hasard, celui de l’actuel président de la FAF de New York, Nicholas Dungan [10] dont les activités se sont déployées au sein de la très atlantiste Chatham House [11]. Parmi les nombreux appuis financiers, on peut relever des noms prestigieux comme celui de David Rockfeller, fondateur de la Trilatérale et président honoraire du CFR. On trouve également l’ancien sous-directeur de la CIA et ancien secrétaire à la Défense du président Reagan, Franck Carlucci [12]. Par la suite, il a été le directeur du très puissant Groupe Carlyle. La société d’investissement commune aux failles Bush et Ben Laden est très impliquée dans l’industrie de la défense [13].

              Enfin, nous pouvons relever parmi les contributeurs de la FAF de New York, EADS, l’Oréal USA [14] ou encore la Société Générale [15].

              La FAF française n’a, de son côté, pas à rougir de sa jumelle new-yorkaise. Dirigée à ses débuts par le président de Péchiney, Pierre Jouven, la Fondation est présidée depuis 1997 par Michel Garcin [16], directeur général de Hervé Consultants (spécialiste en accompagnement d’entreprises). Le Conseil de surveillance [17] réunit EADS France, BNP Paribas, la Caisse des dépôts ainsi que des représentants comme Yves de Gaulle (secrétaire général de Suez), Jean-Louis Gergorin (vice-président de la coordination stratégique chez EADS, mais dont les activités ont cessé avec l’affaire Clearstream) ou Marwan Lahoud, PDG du leader européen dans le secteur des missiles MBDA dont EADS est actionnaire à 37,5% et dont le frère Imad Lahoud [18] a connu quelques démêlées judiciaires en liaison avec Jean-Louis Gergorin lors de l’affaire Clearstream.

              Enfin, nous pouvons ajouter que la FAF française est soutenue par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l’Éducation nationale ou encore l’Institut d’études politiques de Paris [19].

              La clef du système d’influence de la French-American Foundation est sa capacité à recruter des personnes appelées à occuper de hautes fonctions. Sa grande force est d’accueillir en son sein les représentants politiques issus de courants qui, officiellement, s’opposent – des socialistes à l’UMP en passant par le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan ou le responsable de la communication de la campagne présidentielle de José Bové, Bernard Loche. Pour éviter toute conclusion hâtive, soulignons que les personnes approchées par la Fondation et qui ont accepté de la fréquenter n’ont pas pour autant accepté les offres de services qui leur ont été ultérieurement présentées.

              C’est dans le programme intitulé Young Leaders qu’une véritable sélection s’opère. Comme l’affirment clairement les textes officiels : « Le programme phare des Young Leaders, piloté par les deux entités (ndlr : New-York et Paris), vise à créer et à développer des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays » [20].

              Les textes officiels précisent que la sélection s’opère en 3 phases :
              1-« La première phase consiste à présélectionner des candidats. Cette présélection se fait par l’intermédiaire du réseau de la French-American Foundation, par d’anciens Young Leaders ou d’actuels membres du Conseil de surveillance. Récemment, un effort a été entrepris pour diversifier socialement et professionnellement les candidats, notamment par le repérage dans la presse des profils prometteurs.
              2 – La deuxième phase consiste à recueillir formellement les candidatures. Les dossiers ainsi constitués contiennent la biographie du candidat et une lettre de recommandation. Des entretiens de motivation sont organisés.
              3 – La dernière phase de la procédure est la sélection finale des candidats. Après avoir reçu le dossier de chaque candidat, le Comité de sélection se réunit. Ce Comité comprend environ 10 membres dont la majorité sont des anciens Young Leaders. Les candidats ayant obtenu le plus de voix sont sélectionnés ».

              Comme on le voit, n’entre pas qui veut à la FAF. Les membres sélectionnés forment véritablement une « élite » dont l’objectif officiel est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». Il est d’autant plus intéressant de connaître leurs noms.
              Au sein de la sélection, c’est le professeur de science politique états-unien et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut l’unique responsable de 1981 à 1984, puis de 1994 à 2001, du recrutement des Young Leaders en France [21]. Après une sélection drastique, seuls 125 États-Uniens et 126 Français composent les Young Leaders depuis 1981. Dans le cas de la FAF US, nous pouvons citer les noms suivants avec la date d’admission : Antony Blinken (1998, ancien conseiller en politique étrangère du président Clinton), Ian Brzezinski (2001, chargé aux affaires de défense de l’OTAN, fils du célèbre géopolitologue Zbigniew Brzezinski), le général Wesley K. Clark (1983, ex-commandant en chef des troupes de l’OTAN en Europe), le président Clinton (1984) et Hillary Clinton (1983, sénateur) [22].

              Dans le cas de la branche française de la French-American Foundation, nous pouvons relever en particulier : Philippe Auberger (1989, député UMP), Yves Censi (2003, député UMP), Jérôme Chartier (2003, député UMP), Nicolas Dupont-Aignan (2001, député UMP, Debout la République), Alain Juppé (1981, député UMP), Éric Raoult (1994, député UMP), Valérie Pécresse (2002, député UMP), Jacques Toubon (1983, député UMP), François Hollande (1996, député socialiste), Arnaud Montebourg (2000, député socialiste), Pierre Moscovici (1996, député socialiste), Alain Richard (1981, socialiste, ancien ministre de la Défense), Henri de Castries (1994, Directeur général du groupe AXA assurances), Emmanuel Chain (1999, journaliste), Jérôme Clément (1982, Président d’Arte), Annick Cojean (2000, journaliste au Monde), Jean-Marie Colombani (1983, Directeur de la publication du Monde), Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur), Jean-Louis Gergorin (1994), Bernard Guetta (1981, journaliste à France Inter), Erik Izraelewicz (1994, rédacteur en chef des Échos), Laurent Joffrin (1994, PDG de Libération), Jean-Noël Jeanneney (1983, président de la Bibliothèque nationale de France), Sylvie Kaufmann (1998, journaliste au Monde), Yves de Kerdrel (2005, journaliste aux Échos), Marwan Lahoud (1999), Anne Lauvergeon (1996, présidente d’Areva), François Léotard (1981, ancien ministre de la Défense), Alain Minc (1981), Laurent Cohen-Tanugi (1996, Sanofi-Synthélabo et membre du conseil d’administration du think tank « Notre Europe » créé par l’ancien président de la Commission Jacques Delors [23]), Christine Ockrent (1983), Olivier Nora (1995, président des Éditions Grasset), Denis Olivennes (1996, président de la FNAC)… [24]

              Une telle représentation souligne l’influence capitale qu’exerce la French-American Foundation dans les liens franco-états-uniens [25].

              De multiples rencontres ont lieu entre représentants français et états-uniens afin de discuter de sujets comme la défense, la politique, le journalisme, le syndicalisme… En fait, il s’agit de « lisser » les points de vue afin d’aboutir à un consensus favorable au partenariat transatlantique. Toutes ces rencontres officielles et officieuses permettent de créer une communion de pensée parmi les acteurs de la FAF appartenant à des secteurs variés.
              Cette fondation organise également différents colloques sur la défense, le journalisme, l’éducation ou la santé. On trouve parmi les participants, outre les personnes citées ci-dessus, des noms bien connus comme François Bayrou, Bernard Kouchner, Jean-François Copé (porte-parole du gouvernement Chirac en 2007), Michel Barnier (conseiller politique de Nicolas Sarkozy en 2007), Nicolas Beytout (Directeur de la rédaction du Figaro), le général Henri Bentegeat (chef d’état-major des armées) etc [26].
              Tous ces colloques poursuivent, bien entendu, le but suprême de servir au mieux les intérêts de l’humanité.

              ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

              [1] http://www.u-m-p.org

              [2] http://www.frenchamerican.org/board…

              [3] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie US, Réseau Voltaire, 25 juin 2004.

              [4] http://www.frenchamerican.org/pdf/f…

              [5] http://www.french-american.org/srt/…

              [6] http://www.frenchamerican.org/pdf/f…

              [7] http://www.frenchamerican.org/state…

              [8] « John Negroponte bientôt à Bagdad », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 20 avril 2004.

              [9] http://www.frenchamerican.org/board…

              [10] http://www.frenchamerican.org/about…

              [11] http://www.chathamhouse.org.uk/

              [12] « L’honorable Frank Carlucci », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

              [13] « Le Carlyle Group, une affaire d’initiés », Réseau Voltaire, 9 février 2004.

              [14] « Histoire secrète de L’Oréal », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2004.

              [15] http://www.frenchamerican.org/cgi-b…

              [16] http://www.french-american.org/srt/…

              [17] http://www.french american.org/srt/…

              [18] Marwan et Iman Lahoud n’ont pas de lien de parenté avec le président libanais Émile Lahoud, contrairement aux allégations de la presse française.

              [19] http://www.french-american.org/srt/…

              [20] Rapport d’étude pour le ministère des Affaires étrangères, analyse du processus de sélection des Young Leaders français pour la période 1981-2005, French American Foundation, Paris et New-York, p. 4

              [21] Ibid., p. 6.

              [22] http://www.french-american.org/srt/…

              [23] http://www.notre-europe.eu/fr/qui-s…

              [24] http://www.french-american.org/srt/…

              [25] Cette coopération s’illustre aussi dans le domaine économique. En effet, la FAF a organisé un colloque intitulé « Économies européennes et américaines, l’impossible divorce » sous la direction de Joseph P. Quinlan. Auteur d’un document paru en 2003 sous le titre « Drifting apart or growing together ? The primacy of the transatlantic economy », Joseph P. Quinlan a co-écrit avec Daniel S. Hamilton l’ouvrage de référence en matière de marché transatlantique sans entraves Deep integration dont le président de la Commission européenne, José Barraso, a tant vanté la valeur à la School of Advanced International Studies (SAIS), le 18 octobre 2005.

              [26] Rapport annuel 2003-2004, French-American Foundation. Cette fondation décerne chaque année le Prix Benjamin Franklin « à une personne qui, à travers sa vie, a œuvré à l’amélioration des relations entre la France et les États-Unis » comme le rappelle le rapport de la FAF. Les lauréats de ce Prix sont : l’ambassadeur C. Douglas Dillon, l’ambassadeur Walter J.P. Curley, Médecins sans frontières, Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH), Michel David-Weill (ancien Président de Lazard Frères), la famille Forbes et Maurice Lévy (Président du Directoire de Publicis Groupe), op. cit, p. 30

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              Vers une communauté nord-américaine

               

              La véritable nature de l’actuelle Union européenne est révélée par la construction simultanée d’une communauté nord-américaine, destinée à fusionner avec elle. Pierre Hillard analyse ce projet, tel qu’il est décrit dans les documents internes des cercles dirigeants canadiens, états-uniens et mexicains.

               

              L’entrée en vigueur le 1er janvier 1994 de l’ALENA (Accord de Libre-Echange Nord Américain) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique a permis de constituer une première ébauche d’entité économique unifiée. Les objectifs définis dans son article 102 visent à « éliminer les obstacles au commerce des produits et des services entre les territoires des Parties et à faciliter le mouvement transfrontalier de ces produits et services (…), à créer le cadre d’une coopération trilatérale, régionale et multilatérale plus poussée afin d’accroître et d’élargir les avantages découlant du présent accord ». Ces affirmations ont connu un nouvel élan grâce aux travaux du Council Foreign Relations [1] en liaison avec le Conseil Canadien des Chefs d’Entreprises (le CCCE regroupant les hauts dirigeants de 150 entreprises canadiennes) et le Consejo Mexicano de Asuntos Internacionales (le COMEXI, organisation politique multidisciplinaire soutenue par les entreprises mexicaines). En effet, il a été décidé de créer une « Communauté économique et de sécurité nord-américaine » d’ici 2010. Le coup d’envoi officiel a été lancé le 23 mars 2005 à Waco (Texas) par le président Bush, le Premier ministre du Canada, Paul Martin et le président du Mexique, Vincente Fox. Bénéficiant d’un pré-rapport élaboré et présenté le 14 mars 2005 par le CFR, le CCCE et le COMEXI grâce aux travaux de John P. Manley, ex-vice-Premier ministre et ministre des Finances du Canada, de Pedro Aspe, ex-ministre des Finances du Mexique et de William F. Weld, ex-gouverneur du Massachusetts et adjoint au procureur général des États-Unis, ces trois chefs d’État ont annoncé leur volonté d’accomplir ce programme en vue de l’échéance de 2010. Ces ambitions se sont immédiatement concrétisées à Waco par la création du « Partenariat nord-américain pour la Sécurité et la Prospérité » (le PSP) et par la mise en place de groupes de travail ministériels traitant des sujets économiques et sécuritaires. Cependant, ce n’est qu’en mai de la même année que le programme complet et détaillé a vu le jour. Comme le rappelle le président du CFR, Richard N. Hass, « Le groupe de travail offre une série de propositions détaillées et ambitieuses qui s’ajoutent aux recommandations adoptées par les trois gouvernements lors du sommet au Texas en mars 2005. La recommandation principale du Groupe de travail est d’établir d’ici 2010 une communauté économique et sécuritaire en Amérique du Nord, dont les limites seraient définies par un tarif douanier commun et un périmètre de sécurité externe ». Fort de tous ces buts affichés, il ressort de ce rapport les points suivants.

              Selon leurs auteurs, l’Amérique du Nord doit affronter trois types de défis : « les menaces communes envers notre sécurité, les défis communs contre notre croissance et notre développement économiques et le défi commun que représente le niveau inégal de développement économique ». Afin de répondre à ces défis, le groupe de travail a élaboré deux types de recommandations qui vont des réponses immédiatement applicables sur le terrain et celles qui doivent être prises d’ici 2010 dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la politique. Selon la question abordée, il arrive qu’il n’y ait pas toujours de recommandations particulières à prendre pour l’année 2010.

              Le premier grand point poursuit le but de « Rendre l’Amérique du Nord plus sécuritaire » . Des recommandations ont été présentées dans les domaines militaires et économiques. Il s’agit d’établir une ligne de protection unique ceignant l’ensemble du Nouveau monde. Les mesures à prendre selon leurs promoteurs sont les suivantes :

              I – Sécurité

              Mettant en exergue la menace du terrorisme, les rédacteurs du rapport proposent les mesures à prendre.

              Dès maintenant

              1) Établir un périmètre commun de sécurité d’ici 2010.
              Il s’agit de favoriser la mise en place d’un « périmètre commun de sécurité pour l’Amérique du Nord ».
              2) Créer un permis frontalier nord-américain.
              Ce permis sécurisé contiendrait des indicateurs biométriques. S’appuyant sur le modèle des « Cartes intelligentes » élaboré par les programmes NEXU entre les États-Unis et le Canada et SENTRI entre les États-Unis et le Mexique, ce programme s’appliquerait aux personnes ne posant pas de risques. Toute la question est de savoir quels seront les critères qui permettront de ranger les personnes dans la catégorie dite à risques. Le rapport ne le précise pas. Les risques de dérive sont bien réels.
              3) Élaborer un plan d’action Nord-américain unifié concernant les frontières.
              L’objectif est de clairement établir des « frontières intelligentes » entre les trois États avec une harmonisation des visas, du droit d’asile, des inspections d’entrée et des procédures de surveillance des personnes, des biens, des navires, le partage complet des données sur les sorties et les entrées des ressortissants étrangers ; enfin l’inspection conjointe du trafic des conteneurs entrant dans les ports Nord-américains.
              4) Étendre l’infrastructure frontalière.
              En raison de l’accroissement rapide des échanges entre les trois pays, le rapport souligne l’importance d’ajouter des « installations supplémentaires à la frontière » afin de fluidifier les échanges commerciaux.

              D’ici 2010

              Paver la voie pour une circulation plus libre des personnes à l’intérieur de l’Amérique du Nord.
              Comme le précise le rapport « Un des objectifs à long terme d’un plan d’action Nord-américain sur les frontières devrait être une inspection conjointe des voyageurs d’un tiers pays à leur premier point d’entrée en Amérique du Nord et l’élimination de la plupart des contrôles des mouvements temporaires de ces voyageurs à l’intérieur de l’Amérique du Nord ».

              II – Maintien de l’ordre et de la coopération militaire

              La coopération en matière de sécurité entre les trois pays s’avère indispensable en ce qui concerne le terrorisme et le maintien de l’ordre. Ce travail aboutirait à « l’établissement d’un centre tripartite de renseignement sur les menaces, la création d’un registre tripartite des armes à feu et des explosifs et une formation conjointe des agents de la force publique ». Il en ressort la mise en place immédiate des points suivants.

              a) Dès maintenant

              1) Faire du NORAD (Commandement de la défense aérienne du continent Nord-américain) un commandement de défense multiservice.
              Comme le rapporte avec netteté ce rapport, il s’agit de permettre au NORAD de devenir « un commandement de défense multi-services qui étendrait le principe du commandement unifié États-Unis – Canada aux forces terrestres, navales et aériennes impliquées dans la défense des abords de l’Amérique du Nord ». Dans cette affaire, le Mexique y enverrait des observateurs.
              2) Augmenter le partage des informations et du renseignement aux niveaux local et national dans les domaines du maintien de l’ordre et des organisations militaires.
              Outre la coopération et le partage rapide de renseignements et d’informations, les États-Unis et le Canada invitent « le Mexique à réfléchir à un partage d’information plus développé et à une planification collaborative impliquant les organisations militaires et le maintien de l’ordre pour élaborer une confiance mutuelle et ouvrir la voie à une coopération plus étroite à l’avenir ». Il est même précisé la nécessité de créer un « Centre conjoint d’analyse ». Celui-ci servirait de banque d’information et de mise au point de produits assurant le maintien de l’ordre mais aussi, selon les besoins, les exigences militaires (pas de recommandations pour 2010).

              III – Distribuer les avantages du développement économique

              Les auteurs soulignent que le développement du continent nord-américain affiche des disparités économiques importantes entre le Nord et le Sud du Mexique. Il est rappelé que « le Mexique a aussi besoin de réformes significatives de ses politique fiscale et énergétique pour pouvoir exploiter plus efficacement ses propres ressources afin de faire progresser son développement économique ».

              a) Dès maintenant

              1) Intensifier les efforts du Mexique pour accélérer son développement économique.
              Tout en suscitant d’avantage d’investissement et une meilleure distribution des fruits de la croissance, il est stipulé que le Mexique en raison de son retard de développement doit améliorer sa capacité et sa productivité énergétique, sa transparence administrative, son système éducatif etc. Même s’il est précisé que c’est aux Mexicains d’élaborer eux-mêmes la politique permettant ces améliorations, il est rappelé que les États-Unis et le Canada se doivent d’aider massivement ce pays. Ceci obligera Mexico à établir une politique conforme au soutien très intéressé de ses deux voisins du Nord. Il est précisé dans ce rapport que l’aide apportée doit être « reconnue comme une priorité dans les programmes de développement international des États-Unis et du Canada ». En échange de ce soutien, Washington et Ottawa exigeront des garanties limitant d’office les marges de manœuvre du Mexique.
              2) Créer un fonds d’investissement nord-américain pour les infrastructures et le capital humain.
              Il s’agit d’encourager le flux de capitaux privés vers le Mexique. L’objectif est d’améliorer les infrastructures des territoires mexicains les plus défavorisés afin de mieux les connecter au continent nord-américain.
              3) Augmenter la capacité de la Banque nord-américaine de développement (BNAD).
              Cette banque poursuit l’objectif d’améliorer les projets d’infrastructures sur une zone de 100 kilomètres côté états-unien et de 300 kilomètres côté mexicain. Là aussi, cette politique a pour but de mieux intégrer l’économie mexicaine aux deux géants du Nord. (pas de recommandations pour 2010).

              IV – Élaborer une stratégie nord-américaine en matière de ressources naturelles

              Nous touchons là un secteur clef. Les États-Unis étant de gros consommateurs d’énergie, ils se doivent d’organiser au mieux leur approvisionnement en provenance du Canada et du Mexique grands producteurs de gaz et de pétrole (Le Mexique était le deuxième exportateur de pétrole vers les Etats-Unis en 2004). Il en ressort trois points à régler dès 2005.

              a) Dès maintenant

              1) Élaborer une stratégie énergétique nord-américaine.
              Les trois gouvernements se doivent d’œuvrer « ensemble à la sécurité énergétique ». Ce programme a été lancé en 2001. Il doit être selon ses rédacteurs renforcé.
              2) Développer pleinement ses ressources énergétiques mexicaines.
              Ceci permettrait d’accélérer sa croissance économique. Cela profiterait aussi en priorité aux États-Unis.
              3) Conclure un Accord nord-américain sur les ressources.
              Comme le précisent les rédacteurs : « Pour assurer le plein développement des ressources minières, forestières et agricoles de l’Amérique du Nord, les investisseurs d’un pays doivent avoir l’assurance de ne pas être harcelés par la concurrence dans un autre pays ».

              b) D’ici 2010

              1) Prendre un engagement à l’échelle nord-américaine en faveur d’un environnement plus propre.
              Afin d’échapper aux mesures prises à Kyoto, les rédacteurs précisent qu’un « régime nord-américain concernant l’énergie et les émissions pourrait offrir une alternative régionale au Protocole de Kyoto, laquelle alternative impliquerait les trois pays ».
              2) Étendre la collaboration tripartite en matière de conservation et d’innovation.
              Il s’agit d’encourager les initiatives luttant contre la pollution et favorisant les énergies alternatives.

              Le deuxième grand point de ce rapport concerne la création d’un « espace économique nord-américain ». Pour satisfaire cette ambition, ce groupe de travail a présenté les recommandations suivantes : Étudier un marché nord-américain intégré, adopter une approche nord-américaine des règlements, améliorer la mobilité de la main-d’œuvre et augmenter l’appui aux programmes pédagogiques nord-américains.

              I – Établir un marché Nord-américain intégré pour le commerce

              Avec l’application de l’ALENA (suppression de presque toutes les barrières tarifaires), l’objectif ultime comme le rappelle ses promoteurs « serait de créer un marché intégré pour les fournisseurs et les consommateurs dans toute l’Amérique du Nord ».

              a) Dès maintenant

              1) Adopter des tarifs externes communs. — Il s’agit d’harmoniser les tarifs externes en prenant soin que cela soit compatible avec les obligations multilatérales.
              2) Revoir les secteurs de l’ALENA qui ont été exclus ou les éléments qui n’ont pas été complètement mis en œuvre.
              3) Établir un tribunal permanent nord-américain pour la résolution des différends. — Qui plus est, le rapport souligne la nécessité de « réviser le mécanisme de résolution des différends de l’ALENA pour le rendre plus efficace et transparent ».
              4) Établir une approche conjointe des pratiques commerciales déloyales.

              b) D’ici 2010

              1) Établir une commission tripartite sur la concurrence.
              Les initiateurs de ce document rappellent que les trois gouvernements « devraient également établir une commission tripartite – une agence continentale antitrust – qui se penchera sur les pratiques dangereuses de subventions (…) ».

              II – Adopter une approche nord-américaine de la réglementation

              Les rédacteurs de ce document soulignent l’importance d’une convergence de la réglementation afin de créer un marché plus vaste et plus harmonieux. Il se dégage trois initiatives à mettre en place.

              a) Dès maintenant

              1) Assurer la mise en œuvre rapide d’un plan d’action réglementaire pour l’Amérique du Nord.
              Le rapport prône entre autres l’harmonisation des normes comme la reconnaissance réciproque (dans le domaine des licences), l’interopérabilité ou encore l’adoption des règles de l’autre.
              2) S’entendre sur les secteurs prioritaires pour une intervention précoce.
              Afin de faciliter l’intégration économique, le groupe de travail considère comme prioritaire trois secteurs en vue d’améliorer la compétitivité nord-américaine : Ciel ouvert et circulation libre (avec accès illimité au territoire de chacun aux lignes aériennes et aux entreprises de transport), « Testé une fois » pour la biotechnologie et les produits pharmaceutiques, politique selon laquelle « un produit testé dans un pays pourrait répondre aux normes établies par un autre ou établir un centre d’essai de l’Amérique du Nord avec du personnel de chacun des trois pays », enfin, Intégrer la protection alimentaire, sanitaire et environnementale.
              3) Faire de la norme nord-américaine l’approche par défaut de la nouvelle réglementation.
              L’utilisation du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité servirait d’outil pour « établir un nouveau mécanisme afin de permettre une plus grande collaboration et une plus grande consultation entre les trois pays, à tous les niveaux de gouvernement, au fur et à mesure que de nouvelles règles sont élaborées et adoptées ». (pas de recommandations pour 2010).

              III – Accroître la mobilité de la main-d’œuvre en Amérique du Nord

              Ce point est particulièrement important puisqu’il vise à étendre la mobilité des populations des trois pays. Sur le long terme, nous assisterons à une modification profonde de la composition identitaire nord-américaine avec l’arrivée massive et encouragée des populations hispanophones. Comme le souligne le rapport : « Le Canada et les États-Unis devraient envisager de lever les restrictions sur la mobilité de la main-d’œuvre et de chercher des solutions susceptibles, à long terme, d’étendre au Mexique la mobilité totale de la main-d’œuvre ».

              a) Dès maintenant

              1) Établir les programmes relatifs aux travailleurs migrants temporaires.
              Le besoin de main-d’œuvre croissant incite les États-Unis et le Canada à « élargir les programmes de migration à partir du Mexique pour travail temporaire ».
              2) Appliquer l’entente sur la totalisation de la sécurité sociale négociée entre les États-Unis et le Mexique.
              L’objectif est d’éviter la double imposition.

              b) D’ici 2010

              1) Créer une « préférence nord-américaine ».
              Il s’agit d’établir des facilités de travail aux habitants des trois pays supérieures aux immigrants venant hors de l’Amérique du Nord.
              2) Instaurer une mobilité totale de la main-d’œuvre entre le Canada et les États-Unis.
              L’élimination complète des obstacles entre les Etats-Unis et le Canada doit permettre à ces ressortissants de travailler dans l’autre pays sans aucune difficulté. Au sujet du Mexique, il est précisé : « À long terme, les deux pays devraient étendre cette politique au Mexique, mais ce ne sera guère faisable avant que les différences existant entre les niveaux de salaires au Mexique et chez ses deux voisins Nord-américains aient considérablement diminué ».
              3) Reconnaissance mutuelle des normes et diplômes professionnels.

              IV – Appuyer un programme d’éducation nord-américain

              Cette politique consiste à favoriser un véritable brassage du monde étudiant entre les trois pays afin de favoriser à long terme un maillage économique resserré.

              a) Dès maintenant

              1) Créer un fonds important de bourses d’étude pour étudiants des cycles primaire et secondaire, pour leur permettre de poursuivre des études dans les deux autres pays d’Amérique du Nord et d’apprendre les trois langues de la région.
              Nous noterons que l’Amérique du Nord est classée dans la catégorie « région ». Cette dernière n’est qu’un élément constituant le futur Etat mondial.
              2) Développer un réseau de centres d’études Nord-américaines.
              À l’instar de l’Union européenne qui soutient des « Centres de l’UE » dans 15 universités américaines et dans 12 chaires Jean Monnet, les rédacteurs du rapport préconisent que les trois gouvernements « ouvrent un concours et accordent des subventions aux universités, dans chacun des trois pays, pour promouvoir des cours, de l’éducation et de la recherche sur l’Amérique du Nord et aider les écoles primaires et secondaires à développer un enseignement sur l’Amérique du Nord ».
              3) Promouvoir l’apprentissage par Internet, à l’intérieur de l’Amérique du Nord.
              4) Développer des échanges et des programmes de formation pour les enseignants du primaire et du secondaire. L’objectif est de faire disparaître les obstacles linguistiques et de « donner un sens plus profond d’appartenance à l’Amérique du Nord ».
              5) Développer des programmes de jumelages d’écoles et d’échange d’étudiants.
              6) Encourager des façons imaginatives de développer des connections nord-américaines. Les rapporteurs encouragent les fondations et les instituts de recherche à promouvoir l’appartenance à une communauté nord-américaine. (pas de recommandations pour 2010).

              Le troisième et dernier grand point de ce rapport traite De la vision à l’action : Institutions pour guider les relations tripartites. Cette volonté mondialiste d’instaurer un bloc Nord-américain unifié conduit à un profond changement institutionnel. Les transformations à apporter sont les suivantes.

              Dès maintenant

              1) Instaurer un sommet annuel nord-américain.
              2) Renforcer les structures gouvernementales.
              Le rapport préconise un renforcement des structures internes de chaque pays « en mettant sur pied des groupes de travail menés par un ministre, qui devront rendre compte dans les 90 jours et devront se réunir régulièrement ».
              3) Créer un comité consultatif nord-américain.
              C’est avec la création d’un groupe indépendant de conseillers que les rédacteurs de ce rapport insistent particulièrement sur le fait que « Leur mandat serait de s’engager dans une exploration créatrice d’idées nouvelles dans une perspective nord-américaine. Une approche complémentaire consisterait à mettre sur pied des organismes privés qui se réuniraient régulièrement ou annuellement pour étayer les relations nord-américaines, en s’inspirant des conférences de Bilderberg ou de Wehrkunde, dont le but était de soutenir les relations transatlantiques ».
              4) Créer un groupe interparlementaire Nord-américain.
              Dans cette affaire, les États-Unis jouent un rôle clef en raison de leur primauté économique et militaire. Afin de promouvoir des liens institutionnels forts avec les deux autres pays, le groupe de travail recommande « que les réunions bilatérales aient lieu tous les deux ans et que les trois partenaires nord-américains créent un groupe interparlementaire tripartite qui se réunirait aussi tous les deux ans entre les réunions bilatérales ». (pas de recommandations pour 2010).

              Conclusion

              Le caractère détaillé de ce programme souligne l’immense effort lancé par les mondialistes afin de favoriser l’émergence d’un bloc géo-économique nord-américain unifié. Comme le rappelle les instigateurs de cette politique : « L’établissement d’ici 2010 d’une communauté économique et de sécurité pour l’Amérique du Nord est un objectif ambitieux mais réalisable (…) ». Ce processus nord-américain en cours se doit d’être considéré aussi en liaison avec d’autres blocs continentaux émergents en particulier l’Union européenne. Cette dernière continue son travail de maçonnerie permettant le démantèlement des États-nations malgré les « non » français et hollandais au référendum. Face à la résistance de certains peuples, la philosophie mondialiste s’engagera de plus en plus vers l’utilisation de méthodes restreignant les libertés individuelles et encourageant une éducation, tel Machiavel pédagogue, formatant les esprits à son image. Cette dictature rehaussée par une technologie sans cesse perfectionnée traquera les véritables opposants au système. Malheureusement, peu de personnes s’en aperçoivent.

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              Les Verts, partisans d’une Europe des ethnies

               

              Le parti des Verts européens souhaite promouvoir les identités régionales au sein de l’Union européenne à 25. Leur carte prévoit candidement un remodelage complet de l’Europe, fragmenté en une kyrielle d’entités ethniques. Initialement soutenu par l’Allemagne qui, compte tenu de l’importance des populations germanophones, serait sortie seule renforcée de cette redistribution, ce projet est aujourd’hui porté de l’extérieur par le département d’État et des fondations états-uniennes. En effet, en application de la « Doctrine Wolfowitz », Washington considère comme prioritaire de priver les Européens de leurs États pour mieux les faire entrer dans un libre-marché globalisé. Pierre Hillard analyse cette ethno-Europe.

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              Les partisans de la fragmentation des États européens précisent leur projet. Dans un article précédent [1], nous avons eu l’occasion de présenter une carte réalisée par le Parti Démocratique des Peuples d’Europe – Alliance Libre Européenne (PDPE-ALE) siégeant au Parlement européen. Les partis indépendantistes présentés ne concernaient que les pays de l’Union européenne à quinze. Déjà certains accèdent à une gloire toute nouvelle en décrochant la gestion de la politique régionale. C’est le cas de l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunaya) de Josep Lluis Carod Rovira, parti indépendantiste catalan qui seconde les socialistes du président de région Pasqual Maragall. Cependant, ces partis indépendantistes auraient une action limitée si les structures naissantes de l’Union européenne (UE) ne leur étaient aussi favorables. Or tout concourt dans les textes fondateurs de la construction européenne à donner une ampleur certaine aux revendications ethno-régionalistes. Le droit européen primant sur le droit national, les représentants politiques régionaux se sentent pousser des ailes pour faire entendre leurs revendications à Bruxelles. Le poids de ces partis les conduit à former des alliances politiques qui font basculer les régions en leur faveur. L’exemple espagnol lors des élections de décembre 2003 est particulièrement révélateur.

              Les exigences catalanes

              Le parti socialiste catalan n’a pu arriver au pouvoir qu’en raison de l’appui intéressé et déterminant de l’ERC. Cet appui a contraint le président socialiste Pasqual Maragall de la région Catalogne à des accommodements atteignant le sommet de l’État espagnol. Ainsi, Pasqual Maragall a su rappeler aux barons du socialisme madrilène qu’en mars 2004 sur onze millions de voix pour le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), un million et demi étaient catalanes [2] Par conséquent, le gouvernement Zapatero du PSOE est dans l’obligation, pour se maintenir au pouvoir, de ménager la représentation politique catalane. Finalement, le suffrage universel se colore d’une vision ethnique et linguistique qui mine la démocratie espagnole. Le phénomène n’en est qu’à son début et, tout naturellement, le principe du vote identitaire se développera dans la péninsule ibérique.

              Le président de l’ERC, Josep Lluis Carod Rovira, sait « gentiment » rappeler aux dirigeants socialistes que « Nous avons voté l’investiture de José Luis Zapatero, mais ce n’est pas un chèque en blanc ! Le PSOE a l’opportunité de montrer que le gouvernement espagnol a un projet d’Etat qui n’est pas celui de la droite. On espère qu’il sera multilingue, multiculturel, multinational et fédéral (…), sinon l’option indépendantiste catalane va aller croissant » [3].

              Ce n’est sûrement pas l’effet du hasard si José Luis Zapatero reconnaît comme nécessaire le besoin de redéfinir « l’architecture » de l’État espagnol. Un des premiers effets de ce remodelage devrait être la traduction en langue basque, catalane et galicienne du Traité constitutionnel européen. Pour ces régionalistes, en particulier catalans, cette traduction est justifiée. Si des Estoniens, des Maltais ou des Danois numériquement moindres ont leurs propres versions, pourquoi « discriminer » les Catalans fort de leurs six millions et demi d’habitants.

              Les revendications basques

              Un autre incendie promet de se prolonger bien au-delà de la période estivale ; c’est le Pays basque espagnol. En effet, le président du Pays basque, Juan José Ibarretxe, souhaite que sa région soit librement associée à l’Espagne avec une délégation nouvelle de pouvoirs (administratifs, judiciaires, droit à l’autodétermination, …) ainsi qu’une reconnaissance de la nationalité basque. Le Pays basque devrait même obtenir, selon ses défenseurs, une représentation directe à tous les niveaux des instances européennes [4]. Le débat politique doit commencer dès l’automne 2004 (plan Ibarretxe). Dans cette affaire, le gouvernement basque est composé des partis politiques suivants : PNV (Parti Nationaliste Basque, membre de l’Alliance Libre Européenne), Eusko Alkartasuna (membre de l’Alliance Libre Européenne) et Ezker Batua-Izquierda Unida (Gauche Unie). Les passions identitaires ne sont donc pas prêtes de s’éteindre surtout quand elles sont excitées de l’extérieur. Comme nous avons eu l’occasion de l’écrire, ces élans s’expliquent en raison du caractère favorable à la cause ethno-régionaliste des instances bruxelloises, mais aussi en raison des activités de troupes d’avant-gardes accueillant en leur sein ces partis indépendantistes permettant ainsi l’accélération de la fragmentation européenne. Le rôle grandissant et corrosif de l’Alliance Libre Européenne (ALE) dirigée depuis juillet 2004 par Ian Hughton (membre du Scottish National Party, SNP [5] alliée aux Verts (Verts/Alliance Libre Européenne : co-présidents Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit) [6] est particulièrement significatif.

              L’alliance ALE-Verts

              La plupart des partis politiques européens comme le PSE (Parti Socialiste Européen) et le PPE (Parti Populaire Européen) est acquise au principe du super État ainsi qu’à la délégation croissante de pouvoirs politiques aux régions. Mais pareil au leurre que l’on utilise pour les courses de lévriers, l’ALE joue un rôle d’entraînement car elle est à la pointe du combat. En mars 2004, ce parti politique a pris un nouvel essor en instaurant une association renforcée entre les différents mouvements indépendantistes régionaux. Ne s’appelant plus PDPE-ALE mais uniquement ALE (Alliance Libre Européenne), trente partis politiques régionaux ont signé à Barcelone la déclaration donnant naissance à ce parti politique européen. Un manifeste électoral, Vers une Europe de la diversité, a aussi été adopté [7]. Les dossiers prioritaires pour l’ALE sont : le combat en faveur d’une bicaméralisation, composée du Parlement européen (directement élu par les citoyens européens) et du Conseil ou Sénat (composé des représentants des entités territoriales autonomes), la reconnaissance de toutes les langues européennes, le transfert « aux autorités décentralisées du contrôle et de la gestion des Fonds structurels  », « la liberté de mettre en place une coopération interrégionale et transfrontalière en dehors de toute ingérence des États. Développement des eurorégions (régions européennes transcendant les frontières des Etats membres)  », le refus de toute discrimination fondée sur l’origine ethnique, religieuse, sexuelle (ndlr : conformément aux articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux) et l’instauration d’une politique étrangère commune pour l’Europe.

              Ces « Tables de la Loi » sont amenées à peser lourd dans le paysage politique européen en raison de l’alliance entre ces partis régionalistes indépendants et les Verts. Ces derniers ont été les premiers à fonder en février 2004 « un parti Vert européen » à Rome réunissant sous un toit unique toutes les mouvances vertes des États de l’Union [8]. Les Verts d’outre-Rhin, les plus puissants d’Europe, véhiculent une pensée politique imprégnant désormais ce nouveau parti européen qui a bénéficié lors de son lancement de l’adoubement du ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, Joschka Fischer.

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              Congrès de Rome, février 2004.

              Le journaliste Konrad Schuller du Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung s’est fendu d’un article consacré à la naissance de ce parti vert européen avec un titre sans nuances mais juste : « Sous direction allemande, les Verts du Continent » (Unter deutscher Führung, die Grünen des Kontinents) [9]. Il est vrai que les principes défendus par les Verts/ALE correspondent aux documents germano-européens qui structurent de plus en plus l’Union. L’influence de ce parti est d’autant plus grande que l’on assiste à une multiplication des régions européennes se ralliant à la bannière de l’ALE ainsi qu’au rôle déterminant d’organismes travaillant au service du ministère de l’Intérieur allemand (BMI, Bundesministerium des Innern) comme l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes (UFCE) et l’European Center for Minorities Issues (ECMI)) [10] Ainsi, de proche en proche, les thèmes chers à la spiritualité politique allemande comme la régionalisation et la reconnaissance du phénomène identitaire rentrent de plus en plus dans le débat politique des Etats de l’Union.

              La nouvelle carte de l’Europe

              Avant d’avancer plus loin dans l’entrelacs identitaire, nous devons comparer l’évolution de ce phénomène avec la carte ci-jointe des Verts/Alliance Libre Européenne [11], élaborée au printemps 2004, avec celle de 1997. En partant d’Ouest vers l’Est, on constate que l’Espagne est fragmentée en trois régions supplémentaires par les Verts/ALE (l’Andalousie, l’Aragon et les Iles Baléares). Des régions italiennes comme la Vénétie et l’Émilie-Romagne ont, elles aussi, adhéré à ce parti. Cette nouveauté italienne est d’autant plus importante que ces régions appartiennent déjà à la communauté de travail Alpen-Adria, fille de l’institut germano-européen l’ARFE (Association des Régions Frontalières Européennes) [12] L’Alsace-Lorraine, étonnement intégrée au corps germanique (carte de 1997), se trouve détachée, formant une entité à part comme une sorte de terre d’Empire (Reichsland) d’avant 1914. Le phénomène est inverse pour la Savoie (rattachée à la France en 1997 mais détachée en 2004). Mais c’est l’Europe centrale qui connaît les plus grandes modifications. Avec l’élargissement à 25 depuis le 1er mai 2004, on assiste à une fragmentation des États européens sur la façade orientale de l’Allemagne. Le sud de la Lituanie avec sa minorité polonaise, la Silésie, la Moravie, le territoire sud le long de la Slovaquie, le Banat de Serbie, la Transylvanie roumaine (ces trois dernières régions sont à forte majorité hongroise) [13] et la Macédoine grecque (avec débouché sur la mer avec Salonique, port qui a connu et connaît tant de trafics) ont rallié les Verts/ALE. Même si une frontière d’État continue à exister entre l’Albanie et le Kosovo, la carte de 2004 présente cependant ces deux territoires avec la même couleur bleue. Ceci n’est sûrement pas dû à un manque de couleur. Ainsi, de part et d’autre des frontières occidentales et orientales de l’Allemagne ou, plus exactement, du corps germanophone, les États de l’UE se fissurent, se craquèlent. Une multitude de nains régionaux entoure l’entité du centre de l’Europe qui, elle, ne bouge pas.

              Le ralliement aux Verts/ALE, les caractéristiques et les objectifs de ces régions d’Europe centrale sont particulièrement bien résumés par Bartlomiej Swiderek, membre du bureau exécutif et responsable des affaires internationales du mouvement autonomiste silésien : « La Silésie, ou plus précisément la Haute-Silésie où le Mouvement Autonomiste Silésien est politiquement actif, est considérée comme une « Région-Nation » située entre la Pologne, l’Allemagne et la Bohême. Il ne s’agit pas d’une nation au sens strict du terme, mais d’un mélange de composantes linguistiques, culturelles et identitaires, que ces éléments soient germaniques, polonais, tchèques ou seulement silésiens (…). La principale revendication du Mouvement Autonomiste Silésien est l’autonomie politique, fiscale et culturelle de la Silésie au sein d’une large communauté européenne de régions. Une telle autonomie devrait être calquée sur le modèle catalan ou plus généralement sur le système des Länder allemands ou autrichiens. En tant que mouvement fédéraliste, le Mouvement Autonomiste Silésien veut voir la Pologne se transformer en fédération de régions capables de jouer un rôle significatif au sein d’une Europe décentralisée (…). Nous sommes très actifs dans le domaine de la coopération inter-régionale avec des mouvements et partis politiques analogues à travers l’Europe, en particulier avec ceux qui appartiennent au parti de l’Alliance Libre Européenne des Peuples d’Europe. Nous tissons avec prudence des liens avec d’autres mouvements, ce qui signifie que nous coopérons seulement avec les partis politiques qui sont pleinement démocratiques, qui s’abstiennent de violence et ne représentent pas une position extrémiste. Au titre de nos partenaires, nous comptons ainsi la Ligue savoisienne, le Parti Nationaliste Basque (PNV) et Solidarité Basque (Eusko Alkartasuna), le Plaid Cymru gallois ou le Parti Démocratique Morave. Comme l’Union européenne s’engage avec beaucoup d’enthousiasme dans les affaires régionales, nous considérons que cette structure est l’une de celles qui nous permettront de réaliser notre objectif : une Silésie autonome au sein d’une Europe des régions (…) » [14]

              Les principes défendus par ce Mouvement Autonomiste Silésien prennent une toute autre couleur au sein d’un parti européen comme les Verts/ALE qui amplifient ces revendications. Il est d’ailleurs intéressant de souligner que cette représentation silésienne a une représentation en Pologne (Rybnik) et à Bruxelles (ce qui est normal), mais aussi en Allemagne (à Bensheim) et aux … États-Unis (à Clearwater) [15]. Cependant, derrière les structures des Verts/ALE et en liaison avec elle, prolifère une multitude d’instituts qui permettent les échanges et une politique commune entre tous ces mouvements régionalistes. Il n’est pas possible d’évoquer les multiples rencontres et colloques qui réunissent dans un front commun les partisans d’une Europe tribale. Toutefois, nous citerons quelques exemples décrivant la toile identitaire et le rôle significatif de l’Allemagne dans cette affaire.

              Le rôle de l’Allemagne

              Le 49è Congrès de l’UFCE a eu lieu du 20 au 22 mai 2004 en Pologne au château de Kamien Slaski. Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur allemand, Detlev Rein (successeur de Rolf Gossmann) [16], encadrait cette réunion où se pressait l’intelligentsia identitaire. L’équipe dirigeante de l’UFCE est internationale : suisse, croate, danoise … Mais nous pouvons relever que cette équipe dirigeante de l’UFCE a un représentant britannique ou, plus exactement, cornouallais en la personne de Nigel Hicks (membre du Cornish Stannary Parliament) [17]. La collusion entre les Verts/ALE et l’UFCE se révèle en particulier avec la présence du Rainbow Party (parti macédonien de Grèce) qui est membre adhérent de ces deux entités [18]. Lors du congrès de l’ALE et du Rainbow Party, le 30 mai 2004 à Thessalonique, un des vices-présidents de l’UFCE, Bela Tonkovic, y participait au côté de Georg Nakratzas, conseiller aux affaires balkaniques de l’Alliance Libre Européenne [19]. Les liens transversaux se multiplient avec d’autres instituts qui entretiennent des liens avec le ministère de l’Intérieur allemand via l’UFCE. Ainsi, lors de son congrès en 1998 à Prague, l’UFCE accueillait Bojan Brezigar, président du Bureau for Lesser Used Languages (EBLUL) [20]. Or le vice-président de l’EBLUL, Jean-Luc Fauconnier, a participé à la conférence organisée par Eurig Wyn (député gallois du Plaid Cymru au sein de l’ALE) le 13 octobre 2003 afin de discuter de la création d’une Agence européenne pour la diversité linguistique [21]. À côté de ces dirigeants, se pressaient le dirigeant galicien du Bloque Nacionalista Galego (BNG) adhérent à l’Alliance Libre Européenne, Camilo Nogueira, un haut fonctionnaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), John Packer, dont nous retrouvons la présence lors du congrès de l’UFCE à Bozen en 2003 [22] ou encore François Grin, membre de l’équipe dirigeante de l’ECMI [23]. Cet institut qui travaille en liaison avec le ministère de l’Intérieur allemand (un des fondateurs de l’ECMI est Manfred Carstens, haut fonctionnaire au BMI) [24] entretient lui aussi des liens étroits avec l’UFCE. Les représentants de l’ECMI, son directeur Marc Weller [25], et l’équipe dirigeante de l’UFCE se sont rencontrés le 31 mars 2004 afin de définir et de répartir les tâches entre les deux instituts [26] Tous ces contacts et échanges sur la question identitaire ont pris un tour certain avec la réalisation d’un programme intitulé Déclaration de Bozen le 1er mai 2004 sous l’égide de l’EURAC [27] (European Academie, Académie Européenne de Bozen fondée en 1992 à l’initiative du Sud-Tyrol) [28].

              La promotion identitaire

              Suite à un colloque tenu dans cette ville les 30 et 31 janvier 2004 où plus de 90 ONG, experts et politiques [29] se pressaient, plusieurs objectifs ont été définis. Ainsi, l’accélération de la promotion identitaire dans toute l’Europe doit être améliorée grâce à la coopération entre le Conseil de l’Europe, l’OSCE et l’Union européenne. Par ailleurs, la protection des minorités doit devenir un des critères de l’Union européenne validant le respect des droits de l’homme par les différents États membres. Les signataires de cette Déclaration de Bozen sont entre autres : Bojan Brezigar (président de l’EBLUL), Michl Ebner, député italien germanophone au Parti Populaire Européen (PPE) à l’origine de l’adoption de la résolution en faveur des langues minoritaires et régionales et de la diversité linguistique (Commission de la culture, septembre 2003) [30]. Or c’est le même Michl Ebner que nous retrouvons lors du congrès de l’UFCE à Bozen en 2003 à côté d’ailleurs du secrétaire général de l’EBLUL, Markus Warasin [31]. A cette liste de signataires, nous retrouvons John Packer (OSCE), Marc Weller (directeur de l’ECMI), Joseph Marko proche de l’UFCE, un des éditeurs de la revue Europa Ethnica [32] et membre du comité consultatif de la convention-cadre pour la protection des minorités (pour l’année 1999) [33] et Gabriel von Toggenburg, membre actif de l’EURAC et dont nous retrouvons la participation au congrès de l’UFCE au congrès de Bozen en 2003. En plus de cette Déclaration de Bozen, un ouvrage intitulé Minority protection and the enlarged European Union – The way forward [34] a vu le jour. Parmi les nombreux rédacteurs de ce livre, nous trouvons en plus de certains noms cités ci-dessus la participation de Rainer Hoffmann, président du comité consultatif en charge de vérifier la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités (mais aussi membre de l’équipe dirigeante de l’ECMI) [35] et un des éditeurs de la revue Europa Ethnica proche de l’UFCE. Ce dernier personnage entretient un lien direct avec le gouvernement allemand. Rappelant la mission de Rainer Hoffmann, le ministère des Affaires étrangères allemand a rappelé clairement les origines de sa nomination : « Le président actuel du Comité (ndlr : de la convention-cadre pour la protection des minorités) est un professeur de droit envoyé par le gouvernement fédéral (Professeur Dr. Rainer Hoffmann, Université de Kiel) » [36].

              Tous les travaux que nous relevons, connaissent une approbation et une application au plus haut sommet des instances européennes. En effet, même si l’EURAC remplit une fonction essentielle, une section spéciale de cet institut de Bozen s’occupe du processus d’intégration européenne en liaison avec la protection des minorités. C’est sous l’égide du PECEDE (Platform for an Enriching Culturally and Ethnically Diverse Europe) créé, outre par l’EURAC, par la Commission européenne et l’Open Society Institute (OSI) de George Soros [37] que s’élaborent les mesures identitaires [38] La portée de ces initiatives est complète lorsque l’on sait que l’ECMI, l’UFCE ou encore l’Académie Européenne de Bozen travaillent au sein du Conseil de l’Europe, en particulier dans la section consacrée à la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités [39]. L’influence anglo-saxonne n’est pas à négliger puisque nous devons ajouter à ces instituts susmentionnés la participation du Minority Rights Group International (Londres) et du Project on Ethnics Relations (PER, Princeton, États-Unis). La présence du PER au sein des instances européennes fondée en 1991 et qui a pour mission de prévenir les conflits ethniques en Europe centrale et orientale, dans les Balkans et en Russie révèle aussi l’influence très intéressée des États-Unis. De nombreux organismes américains apportent leurs soutiens au PER. Doit-on s’étonner si on y trouve la Carnegie Corporation [40], le US Department of State, le Rockfeller BrothersFund,la Ford Foundation [41] ou le German Marshall Fund [42] pour ne citer que ces quelques organismes de soutien.

              Conclusion

              Comme on peut le constater, la toile identitaire est vaste. En tout cas, l’abondance des textes et l’importance de leurs concepteurs placés à des secteurs clefs nous permettent d’affirmer que le processus de fragmentation de l’Europe ne peut que s’accélérer. Le SNP (membre des Verts/ALE) a déjà présenté le 16 septembre 2002 un projet de constitution écrite dans le cadre d’une Ecosse indépendante intitulé A Constitution for a Free Scotland [43] Les propos de John Swinney, dirigeant du Scottish National Party (SNP) affirmant en 2003 que l’Ecosse serait indépendante pour 2007 [44] sont révélateurs de l’optimisme qui règne parmi ces mouvements régionalistes. Que cela soit réalité ou simples vœux un peu précipités de la part de ce dirigeant écossais, de tels propos manifestent la vigueur et l’ambition du SNP comme aussi de l’ensemble de ces partis régionalistes indépendantistes en Europe. Les dirigeants Verts/ALE sont donc appelés à être dans l’avenir de plus en plus satisfaits de la tournure des événements sur le vieux continent. Mais ne voient-ils donc pas qu’ils ouvrent en vérité une boîte de Pandore où instabilités, guerres et affaiblissement de l’Europe en général prendront de plus en plus les traits d’un immense chaos du type yougoslave ?

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              [1] « L’Allemagne et l’Europe des ethnies » par Pierre Hillard, Voltaire, 24 octobre 2002.

              [2] Le Monde du 10 juin 2004. Article de Martine Silber

              [3] Ibid.

              [4] L’intégralité du plan Ibarretxe est disponible sur : www.nuevoestatutodeeuskadi.net/docs/estatuvasco_fr.pdf Voir aussi : Déclaration institutionnelle du président Ibarretxe (en particulier la composition du gouvernement de coalition basque. Deux partis sur trois, le PNV et Eusko Alkartasuna, sont membres des Verts/ALE) : www.nuevoestatutodeeuskadi.net/docs/declaracion25-10-2003_fr.pdf
              La France avec le pays basque français est concernée par le plan Ibarretxe. Le préambule de ce plan stipule en particulier : « Le peuple basque ou Euskal Herria est un peuple avec une identité propre au sein de l’ensemble des peuples d’Europe, dépositaire d’un patrimoine historique, social et culturel singulier, qui s’étend géographiquement sur sept Territoires actuellement articulés en trois domaines juridiques et politiques différents et qui se répartissent sur deux Etats (ndlr : souligné par nous) (…). L’exercice du droit du peuple basque à décider de son propre avenir se matérialise depuis le respect au droit des citoyens des différents espaces juridiques et politiques dans lesquels ce droit s’articule actuellement à être consultés pour décider de leur propre avenir. C’est-à-dire en respectant la décision des citoyens de l’actuelle Communauté Autonome basque, la décision des citoyens de la Communauté de Navarre, ainsi que celle des citoyens des territoires basques du Pays basque français – Iparralde – : le Labour, la Basse Navarre et la Soule.

              [5] www.greens-efa.org/fr/press/…

              [6] www.greens-efa.org/fr/press/…

              [7] www.greens-efa.org/pdf/docum…

              [8] « Grüne schaffen in Rom gemeinsame europäische Partei » par Paul Badde, Die Welt, 21 février 2004.

              [9] « Unter deutscher Führung : die Grünen des Kontinents » par Konral Schuller, Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung du 22 février 2004.

              [10] Voir notre ouvrage Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, éditions François-Xavier de Guibert, pp. 149, 155, 183 et 184.

              [11] Membres des Verts/Alliance Libre Européenne en 2004 : Bloque Nacionalista Galego (BNG), Chunta Aragonesista, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), Eusko Alkartasuna (EA), Fryske Nasjonale Partij, Liberta Emiliana-Nazione Emilia, Liga Fronte Veneto, Ligue savoisienne (qui a participé au congrès de l’UFCE à Haderslev en 1999), Lithuanian Polish People’s Party, Mebbyon Kernow, Mouvement Région Savoie, Partei der Deutschsprachigen Belgier, Partido Andalucista, Parti Occitan, Partito Sardo d’Azione, Partitu di a Nazione Corsa, Plaid Cymru (Party of Wales), Rainbow-Vinozhito, Scottish National Party (SNP), Silesian Autonomy Movement, Slovenska Skupnost Spirit, Union démocratique bretonne, Union du Peuple alsacien, Union für Südtirol, Union Valdôtaine, Unitat Catalana.
              Observateurs : Hungarian Federalist Party, Moravian Democratic Party, Partido Nacionalista Vasco, Parti Socialista de Mallorca i Menorca-Entesa Nacionalista, Transilvanian Party.

              [12] Voir notre ouvrage Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, p. 242.

              [13] On peut constater que ces trois ensembles correspondent aux frontières de la grande Hongrie durant la seconde guerre mondiale.

              [14] Diplomatie Magazine, mars-avril 2003 – n°2, p. 61.

              [15] www.raslaska.org/ras/pol/ind…

              [16] www.fuen.org/pages/deutsch/d…, Pressemitteilung 2004 – 29.

              [17] www.fuen.org/pages/deutsch/d…, Präsidium, liste de l’équipe dirigeante de l’UFCE en 2004.

              [18] Ibid., Ordentliche Mitglieder et www.florina.org

              [19] www.fuen.org/pages/deusch/d_…, Pressemitteilung 2004 – 31 : Kongress des European Free Alliance – Rainbow party, Konferenz am 30. Mai 2004 in Thessaloniki/Solun, FUEN (ndlr : UFCE) wird von Bela Tonkovic vertreten.

              [20] www.fuen.org/pdfs/19980524Do…

              [21] www.plaidcymru.org/press0310…

              [22] www.fuen.org/pdfs/20030908DO…

              [23] www.ecmi.de/doc/about_staff.html

              [24] Statutes of the Foundation « European Centre for Minorities Issues », Flensburg, Editions ECMI, 29 janvier 1998, p. 9.

              [25] www.ecmi.de/doc/about_staff.html

              [26] www.fuen.org/pages/deutsch/d…, Pressemitteilung 2004 – 17.

              [27] www.eurac.edu/Org/Minorities…, liste des signataires à la fin de la Déclaration de Bozen.

              [28] www.eurac.edu/About/history_…

              [29] www.eurac.edu/Org/Minorities… On peut y lire le curriculum vitae des participants dont ceux de Rainer Hoffmann et de Marc Weller.

              [30] www.welcomeurope.com/news_in…

              [31] www.fuen.org/pdfs/20030908DO…. On trouve parmi les participants au Congrès de l’UFCE en 2003 : Bruno Hosp (membre actif au sein de l’Assemblée des Régions d’Europe, ARE), Ulrich Bohner (membre dirigeant du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe, CPLRE), mais aussi John Packer (OSCE), Gabriel von Toggenburg (EURAC) ou encore Jochen Welt, haut fonctionnaire au sein du gouvernement allemand chargé de l’intégration en Allemagne des réfugiés germaniques originaires d’Europe centrale et orientale ainsi que de la conservation des minorités allemandes dans tout l’est européen.

              [32] Europa Ethnica, éditions Braumüller, prologue. Dans la liste des éditeurs de cette revue, nous trouvons aussi Rainer Hoffmann dont le rôle au sein des instances européennes est incontournable.

              [33] Voir notre ouvrage Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, p. 188

              [34] www.eurac.edu/Org/Minorities… (avec liste des contributions).

              [35] www.ecmi.de/doc/about_board.html Il faut souligner aussi la présence au sein de l’ECMI du haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur allemand, Detlev Rein, agent de liaison avec l’UFCE. Voir note de bas de page numéro 16.

              [36] www.auswaertiges-amt.de/www/… Le comité consultatif en charge de vérifier la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités a été remanié. Depuis juin 2004, Rainer Hoffmann n’est plus président.

              [37] « George Soros, spéculateur et philantrope », Voltaire, 15 janvier 2004.

              [38] www.eurac.edu/Org/Minorities…

              [39] www.coe.int, rubrique Droits de l’homme, section minorités nationales.

              [40] « La Fondation Carnegie pour la paix internationale », Voltaire, 25 août 2004.

              [41] « LafondationFord,paravent philantropique de la CIA » et « Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation »par Paul Labarique, Voltaire, 5 et 19 avril 2004.

              [42] www.per-usa.org/brochure.htm

              [43] www.greens-efa.org/pdf/docum…, p. 6.

              [44] www.greens-efa.org/pdf/docum…, p. 12.

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              L’alliance Allemagne – USA

               

              La diplomatie allemande est aussi hésitante face aux États-Unis que son homologue française. S’appuyant sur Joschka Fischer pour faire exploser le couple franco-allemand, Henry Kissinger a renoué les liens transatlantiques. Gerhard Schröder et George W. Bush ont signé, le 27 février, une « alliance pour le 21ème siècle ». Washington manœuvre Berlin pour piloter la construction européenne dans son intérêt propre. En quête de pétrole, l’Allemagne pourrait aussi être utilisée pour tisser de nouveaux contacts dans le Golfe arabo-persique et faire concurrence à la politique arabe de la France.

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              L’année 2004 devrait être un fantastique accélérateur du renforcement du partenariat transatlantique. À l’issue de la rencontre du chancelier Schröder et du président Bush à la Maison-Blanche, le 27 février, un pacte a été rendu public : L’Alliance germano-américaine pour le 21è siècle [1]. La presse française n’a pas relaté cet événement majeur qui peut-être interprété comme une trahison du prétendu couple franco-allemand. Au contraire, les médias allemands et anglo-saxons ont abondamment discuté de cette nouvelle alliance et de ses implications. Elle annonce non seulement une refonte complète des relations transatlantiques entre l’Allemagne, élément moteur de la construction européenne, et les États-Unis, mais aussi une répartition des ambitions et des moyens entre ces deux mondes sur une zone géographique allant de l’Atlas jusqu’au Golfe persique. C’est pourquoi, nous verrons dans un premier temps les origines et les implications de ce partenariat transatlantique renouvelé pour, ensuite, aborder le lancement officiel de cette politique lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Union européenne (UE) et des États-Unis à l’occasion de la 40è conférence de Munich sur la politique de sécurité en février 2004. Enfin, nous aborderons les principales directives de l’Alliance germano-américaine et ses conséquences pour l’Afrique du Nord, le Proche et le Moyen-Orient, politique désignée sous le terme de « Grand Moyen-Orient ».

              USA-UE : recommandations stratégiques pour une nouvelle alliance globale

              C’est sous ce titre qu’un think tank germanique travaillant en étroite liaison avec le gouvernement allemand, la Fondation Bertelsmann, a réuni le 18 juillet 2003 de nombreux participants allemands et internationaux en liaison avec le Centre de recherche de politique appliquée (Centrum für Angewandte Politikforschung – CAP) dirigé par Werner Weidenfeld, ancien coordinateur des relations germano-américaines au ministère fédéral des Affaires étrangères. D’éminentes personnalités participaient aux débats : Walter Stützle (secrétaire d’État au ministère de la Défense), John Hamre (président du Center for Strategic and International Studies – CSIS), Caio Koch-Weser (secrétaire d’État allemand au ministère des finances), Fred Bergsten (Institute for International Economics), Wilhelm Schönfelder (ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne auprès de l’Union européenne), Paul Achleitner (président de l’Allianz AG), Jim Steinberg (Brooking Institution), Andrei Illarionov (conseiller pour les affaires d’économie et de politique extérieure du président Poutine) et le tout récent président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. De ces travaux, il a résulté qu’un profond renouvellement du partenariat transatlantique devait voir le jour. Comme l’indique la conclusion : « Le Symposium transatlantique de la Fondation Bertelsmann exclut tout retour au statu quo ante. En raison des défis globaux, il n’y a pas d’autre alternative qu’une alliance transatlantique. Le diagnostic est posé et la thérapie doit commencer. Qui veut positivement changer le monde, doit utiliser le potentiel transatlantique. Le partenariat transatlantique reste la force décisive qui façonne la politique mondiale ».

              Werner Weidenfeld, qui est aussi membre d’honneur de la Fondation Bertelsmann, a tenu à préciser que « Nous ne pouvons pas nous permettre une érosion continue de ce partenariat si nécessaire. Une rupture civilisationnelle avec l’Amérique aurait des conséquences catastrophiques dans les domaines politiques, sécuritaires et économiques ».

              Ces propos au sein des think tanks irriguent en aval les politiques allemande et états-unienne comme c’est le cas du discours de Joschka Fischer à l’université de Princeton, le 19 novembre 2003. Le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne a exposé sa vision des relations euro-états-uniennes résumé par une formule lapidaire : « Nous sommes dans le même bateau ». Pour Joschka Fischer, les États-Unis et l’Europe doivent développer à partir de principes communs une « globalisation positive » conduisant à l’élaboration d’une forme politique internationale permettant de régler les rapports entre les États. Ce « nouvel ordonnancement mondial », selon sa propre expression, concerne aussi bien le commerce mondial, les réponses à apporter face aux changements climatiques, le développement du droit international et des institutions qui l’accompagnent, en particulier une ONU et une OTAN rénovées pour affronter les nouveaux défis du XXIè siècle. Tout en rappelant la nécessité de renforcer le pilier militaire européen (avec la création d’un état-major et d’une agence européenne d’armement), il s’ensuit pour le ministre allemand que « Les États-Unis sont une puissance mondiale. L’Union européenne est en revanche une puissance en devenir (…). Il ne peut y avoir de rapports transatlantiques stables que si les deux piliers du pont reliant l’Atlantique Nord sont approximativement équilibrés (…). Ce que nous voulons, c’est la complémentarité, pas la concurrence ».

              Ces propos de Joschka Fischer concernant le nouveau réglage du partenariat transatlantique ont été résumés par une formule courte de Karsten D. Voigt, actuel coordinateur des relations germano-états-uniennes au ministère des Affaires étrangères allemand : « Le nouvel atlantisme » [2].

              Cependant, l’échec temporaire du projet de constitution de Valéry Giscard d’Estaing en décembre 2003 a conduit les autorités politiques allemandes à organiser à Berlin les 9 et 10 janvier 2004 un grand colloque sous l’égide du chancelier Schröder, de Joschka Fischer et du président irlandais du Conseil de l’Union européenne Bertie Ahern afin de relancer le processus d’unité européenne en liaison avec les États-Unis [3]. La Fondation Bertelsmann et le ministère des Affaires étrangères allemand ont été les grands organisateurs de ces débats où 29 États étaient représentés : la Turquie, la Russie, les États-Unis, la Suisse, l’Ukraine, Israël, la Croatie, la Serbie-Monténégro, la Roumanie et le Kosovo (déjà reconnu comme État !). Parmi les intervenants, on peut citer : le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président monténégrin Milo Kjukanovic, le président roumain Adrian Nastase, la présidente lettone Vaira Vike-Freiberga, le président croate Ivo Sanader, le commissaire européen à l’élargissement Günther Verheugen, le ministre de la défense de la République fédérale d’Allemagne Peter Struck, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, le ministre des Affaires étrangères espagnol Ana Palacia Vallelersundi, le président slovène Janez Drnovsek, le président finlandais Paavo Lipponen, le ministre polonais des Affaires étrangères Danuta Hübner, le président du parti russe Yabloko Grigori Javlinskij, l’ancien ministre des Affaires étrangères états-unien Henri Kissinger ainsi que Wolfgang Schäuble, représentant l’opposition politique allemande (CDU/CSU).

              Au cours de ces entretiens, un document élaboré à la fois par la Fondation Bertelsmann et le CAP a servi à éclaircir les ambitions poursuivies par les différents protagonistes. Intitulé Les alternatives de l’Europe, devoirs et perspectives d’une Grande Union européenne [4], il rappelle tout l’historique de la construction européenne. Mais il présente aussi les dernières mesures à régler afin de permettre la naissance d’un véritable État européen : la personnalité juridique [5] la personnalisation de l’équipe gouvernementale européenne (rôles et actions du président du Conseil européen, du président de la Commission et du ministère des Affaires étrangères), l’instauration d’un bicaméralisme européen, le renforcement du rôle politique des partis au Parlement européen, enfin les ambitions et l’activation d’une véritable politique étrangère et de défense de l’UE.

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              Prof. Dr. Werner Weidenfeld et Henry Kissinger

              Ce dernier point est particulièrement travaillé dans le rapport de la Fondation Bertelsmann et du CAP. En effet, l’instauration d’une véritable politique étrangère européenne détermine ses relations avec les États-Unis, mais aussi avec tous les pays du Sud de la Méditerranée. Il est effectivement rappelé que « L’Union européenne (UE) a l’intention de lier étroitement les États de l’Europe de l’Est et d’Afrique du Nord qui se trouvent à son voisinage direct. Le concept de grande Europe prévoit de larges avancées depuis le secteur économique, jusqu’à la libre circulation des biens, des services, du capital et des personnes. L’Ukraine et la République moldave ont déjà orienté leurs politiques étrangères en s’associant à l’UE (…). L’espace que représente l’Europe intégrée ne sera pas sur le long terme fermé car, à côté de l’Ukraine, la République moldave nourrit de fortes ambitions d’adhésion qui pourraient s’ajouter à celles de la Biélorussie après un changement de régime. Dans un tout autre cadre, un rapprochement d’Israël vers l’Europe n’est pas à exclure. Il existe déjà à l’égard de ces États voisins des relations de partenariat et contractuelles » [6].

              Pour les rédacteurs de ce texte, il s’agit d’établir une vaste zone de coopération et de modernisation entre l’UE en extension et l’ensemble des pays du pourtour sud méditerranéen dont la pauvreté, la démographie vigoureuse et l’instabilité institutionnelle représentent un facteur de déstabilisation général. Il est souligné que « L’Union européenne et les futurs États voisins doivent élaborer une coopération fonctionnelle définie selon un mécanisme centralisé, le tout dans le cadre d’une politique de voisinage. Les secteurs de l’économie, de l’énergie, des transports, du développement des infrastructures, des télécommunications et de l’éducation entrent particulièrement dans ce cadre. Aussi, sans la perspective d’une appartenance immédiate, on peut de cette façon établir un vaste réseau de coopération qui s’étend à une zone de libre-échange concernant l’ensemble de l’Europe » [7].

              La réalisation de ce vaste projet répond à un « nouvel ordonnancement global du monde » car « L’Union européenne est confrontée à de nombreux risques (ndlr : terrorisme international, guerres asymétriques, armes de destruction massive) concernant sa sécurité et sa stabilité dans son voisinage proche et lointain que cela soit dans le Caucase, au Proche et au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (…). C’est pourquoi, les Européens doivent mettre sur pied une solide politique commune extérieure de défense et de sécurité (…). Pour l’Europe, élaborant des structures de défense commune, des conséquences énormes se feront jour dans les structures de sécurité transatlantiques afin de pouvoir poursuivre sur une base de valeurs identiques des buts communs. Ainsi, l’Europe sera dans le cadre des relations transatlantiques considérées comme un partenaire de plein droit et estimée à sa juste valeur (…). Pour l’Europe, le lien vers l’Amérique reste le noyau du nouvel ordonnancement mondial » [8].

              Pour la réalisation de ces projets, les dirigeants du CAP ont élaboré cinq scénari possibles qui, dans les domaines de l’État de droit, de la dynamique, de l’organisation, de l’élargissement et des conséquences extérieures, concernent l’évolution de l’UE [9]. Ils se déclinent de l’échec le plus complet à la réussite la plus totale sont : 1) Titanic, 2) Noyau européen, 3) Méthode Monnet, 4) Sphère d’influence et 5) Super puissance. Au sujet du dernier point, notons que si l’Union européenne arrive à atteindre le cap de « super puissance », ses promoteurs envisagent son extension sur la rive sud de la Méditerranée. Il est précisé qu’« Après avoir ouvert la voie à la Turquie menant celle-ci à l’Union européenne, il n’est refusé à la fin à aucun État européen la possibilité de devenir membre de l’Union européenne. Mêmes les États non-européens comme Israël ou le Maroc font pression afin de devenir membre de l’UE » [10].

              Le tableau joint présente les différents types d’évolution de la construction européenne.

              Mais les évolutions de la construction européenne ne sont pas tout. Elles ne constituent qu’une étape et qu’un secteur des projets mondialistes. L’importance donnée à l’Afrique du Nord et au Proche/Moyen-Orient dans le partenariat transatlantique s’inscrit dans une vaste politique dont les objectifs suprêmes aboutissent à la gouvernance mondiale. Ceci passe obligatoirement par un remodelage profond (politique, économique, …) du monde islamique et le point de passage s’appelle la Turquie. Dans son intervention au colloque de la Fondation Bertelsmann, Joschka Fischer l’a rappelé d’une manière très nette : « Permettez-moi de vous décrire une perspective d’avenir : peut-être la Turquie parviendra-t-elle à évoluer, conformément aux critères de Copenhague, en un État européen à population majoritairement musulmane, dans lequel les Droits de l’homme de la majorité et des minorités seront respectés et où s’appliqueront les principes démocratiques et d’État de droit. Ceci aurait une influence non négligeable sur la stabilité de toute la région et sur les perspectives de réformes du monde islamique, en particulier chez nos voisins du Proche-Orient. Cette Turquie démocratique donnerait clairement le signal qu’une orientation islamique et une société moderne et éclairée ne sont pas nécessairement incompatibles dans un État. ».

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              Joschka Fischer, Prof. Dr. Werner Weidenfeld et Bertie Ahern
              Forum Bertelsmann 2004.

              Ces propos révélateurs soulignent les efforts que l’Allemagne déploie, en liaison avec les États-Unis, pour favoriser l’intégration de la Sublime Porte dans l’UE. En dehors du discours de Bertie Ahern, dont la teneur essentielle n’a été que d’appeler de ses vœux la réussite du projet de constitution de Valéry Giscard d’Estaing ainsi que le renforcement du lien transatlantique, il n’a pas été possible d’obtenir les textes et propos tenus par les nombreux intervenants. En effet, les différentes interventions étaient placées sous le signe de la Chatham House Rule ; c’est-à-dire que tout ce qui y a été dit est resté dans le cadre de la confidentialité.

              Le plan Fischer annonciateur de l’Alliance germano-américaine

              Une brusque accélération s’est faite sentir le 7 février 2004 avec la réunion de la 40è Conférence de Munich sur la politique de sécurité sous l’égide de l’OTAN. Le discours de Joschka Fischer est un véritable programme politique qui, de concert avec les États-Unis, se retrouve dans l’Alliance germano-américaine pour le 21è siècle du 27 février 2004, texte que nous aborderons un peu plus loin. Il est nécessaire d’étudier les directives énoncées par le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne. Elles sont la clef qui permettent de mieux saisir le lancement d’un immense projet en ce début de XXIè siècle. Comme le souligne J. Fischer : « La menace commune que représente le terrorisme du djihad et la déstabilisation possible d’une région qui revêt une importance stratégique pour notre sécurité, nos intérêts communs et le fait de multiplier nos possibilités en collaborant étroitement, voilà autant d’arguments qui doivent amener les États-Unis et l’Europe à tirer aujourd’hui les justes conséquences de leurs divergences à propos de la guerre en Iraq et à élaborer, de concert avec nos partenaires dans la région, une perspective et une stratégie pour le Proche-Orient élargi, je dis bien une « stratégie commune », et non une approche « boîte à outils » »

              Tout en affirmant que l’Allemagne ne s’opposerait pas à l’envoi de l’OTAN en Irak mais en rappelant son « profond scepticisme » sur l’utilité d’une telle action, le ministre des Affaires étrangères allemand a présenté son plan comme suit : « Une initiative en deux temps s’offre à nous, puisque tant l’OTAN que l’Union européenne disposent déjà de coopérations dans la région méditerranéenne. Une première étape consisterait donc à lancer un processus méditerranéen commun de l’OTAN et de l’Union européenne. Une deuxième étape pourrait être ensuite une « déclaration pour un avenir commun », qui porte sur toute la région du Proche et du Moyen-Orient ».

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              Joschka Fischer

              Avant de se lancer sur les différents points présentés par Fischer, nous devons rappeler l’existence et le rôle du Processus de Barcelone [11] Suite à une Conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères tenue à Barcelone les 27 et 28 novembre 1995, il a été décidé de lancer un partenariat entre les quinze États de l’UE et douze partenaires de la rive sud de la Méditerranée, c’est-à-dire : l’Algérie, l’Autorité palestienne, Chypre, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. Tout cela autour de trois grands objectifs :
              1) la définition d’un espace commun de paix et de stabilité (volet politique et de sécurité) ;
              2) la construction d’une zone de prospérité partagée avec l’instauration progressive d’une zone de libre-échange (volet économique et financier) ;
              3) le rapprochement entre les peuples (volet social, culturel et humain).
              C’est ce projet qui entre dans la composition du plan Fischer, mais d’une manière encore plus élargie. Comme le précise d’ailleurs le ministre allemand : « Que la Méditerranée soit au XXIe siècle une zone de coopération ou d’affrontement revêtira pour notre sécurité commune une importance stratégique. Le dialogue que mène l’OTAN avec les pays méditerranéens, ainsi que le processus de Barcelone de l’Union européenne pourraient se renforcer et se compléter mutuellement grâce à une étroite concertation des travaux en vue de leur regroupement dans le cadre d’un nouveau processus méditerranéen UE-OTAN. Il ne s’agit pas de faire fusionner le processus de Barcelone de l’Union européenne et le dialogue méditerranéen de l’OTAN, mais de faire en sorte qu’ils se complètent sur la base de leurs atouts spécifiques. Le nouveau processus méditerranéen UE-OTAN devrait associer tous les participants du dialogue méditerranéen de l’OTAN, c’est-à-dire, outre les membres de l’OTAN et de l’UE, les pays du Maghreb, soit l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie, ainsi que l’Égypte, la Jordanie et Israël. Viendraient s’y ajouter tous les participants du processus de Barcelone, c’est-à-dire les pays que je viens de mentionner plus les territoires palestiniens, la Syrie et le Liban ».

              À partir des directives générales énoncées ci-dessus, la coopération doit se concentrer sur quatre aspects prioritaires. Premièrement, il s’agit de développer une coopération politique et un partenariat sécuritaire étroits et accompagnés « de réformes engagées par les pays de la région, et ce dans tous les domaines de la politique, des institutions, de la démocratie et du droit ». Deuxièmement, un nouveau partenariat économique autour de la Méditerranée doit voir le jour. Comme le rappelle J. Fischer : « Pourquoi, dans ces conditions, ne pas poursuivre résolument l’ambitieux objectif qui consisterait à créer ensemble d’ici à 2010 une zone de libre-échange couvrant l’ensemble du bassin méditerranéen ? ». Troisièmement, le développement en matière judiciaire et culturelle doit englober la mise en place d’institutions démocratiques ainsi que des médias libres. Enfin, la quatrième mesure vise à « renforcer et à associer les sociétés civiles ainsi que tout le secteur des ONG ».

              Ces mesures ne peuvent être complètes que par l’intermédiaire d’une deuxième phase intitulée Déclaration pour un avenir commun car comme le précise J. Fischer : « Elle ne devrait pas s’adresser uniquement aux participants du processus méditerranéen UE-OTAN mais, outre ces pays, aux autres États membres de la Ligue arabe. Il serait bon d’envisager aussi la participation de l’Iran ».

              Cette déclaration s’engagerait à respecter trois points. D’abord, les États signataires, tout en proclamant leur attachement à la paix, à la démocratie, à la coopération économique et à un système de sécurité basé sur la coopération, s’engageraient à lutter contre le terrorisme et le totalitarisme (ndlr : ces deux concepts ne sont pas clairement définis, mais terrorisme et totalitarisme sont les expressions consacrées pour désigner l’islamisme et le communisme) . Ensuite, ces États reconnaîtraient qu’ils n’existent pas d’autres alternatives que les mesures concernant les réformes politiques, économiques et sociales pour répondre aux défis du XXIè siècle afin de favoriser « l’intégration de leurs économies » (ndlr : c’est-à-dire la globalisation). Enfin, les dirigeants de ces États s’engageraient à « donner libre accès au savoir et à l’éducation à tous, hommes et femmes ».

              Ce programme que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire conduit Joschka Fischer à dire en guise de conclusion que : « Ces réflexions sur une nouvelle initiative transatlantique reposent sur la conviction que la modernisation du Proche-Orient élargi sera décisive pour notre sécurité commune au XXIè siècle. Faire participer les populations du Proche et du Moyen-Orient aux conquêtes de la mondialisation est donc dans notre plus grand intérêt. Le 1er mai 2004, l’Union européenne accueillera dix nouveaux membres, mettant ainsi définitivement un terme à la partition de l’Europe. L’Europe est en voie d’unification. Certes, cela ne se fait pas sans conflit ni querelle, mais l’Europe se construit, je n’en ai pas le moindre doute. Les expériences que nous avons faites depuis cette journée effroyable du 11 septembre 2001 devraient bien nous avoir fait prendre conscience des deux côtés de l’Atlantique que, compte tenu des défis phénoménaux qui nous attendent, le partenariat transatlantique est indispensable au XXIè siècle. Si, face à la menace commune, les pays d’Europe et d’Amérique du Nord réunis au sein de l’Union européenne et de l’OTAN collaborent au plan stratégique en tant que partenaires, et si, aux côtés des pays du Proche et du Moyen-Orient, ils apportent leurs talents et atouts spécifiques dans une nouvelle coopération, nous pouvons, nous, fournir cette contribution essentielle à notre sécurité à tous. Mais si nous nousy refusons ou y renonçons par manque de sagesse, par étroitesse d’esprit ou tout simplement par pusillanimité, alors il nous faudra tous payer le prix fort ».

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              Werner Weidenfeld et Abdulaziz Sager
              Werner Weidenfeld et Abdulaziz Sager

              L’évocation par le ministre des Affaires étrangères allemand d’une coopération avec les pays du Proche et du Moyen-Orient s’appuie en particulier sur les travaux élaborés au sein des « Discussions de Kronberg » sous l’égide de la Fondation Bertelsmann et du CAP. Il s’agit, [12] de créer un système de coopération et de sécurité pour la région du Golfe (Gulf Conference for Security and Co-operation, GCSC) au sein duquel l’Irak, l’Iran, le Yémen et les États du GCC (Gulf Cooperation Council créé en 1981, c’est-à-dire : l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Quatar et Oman) s’associeraient à l’Union européenne, aux États-Unis, à la Russie et à l’ONU [13]. Par ailleurs, il faut aussi préciser que les États du GCC ont mis en place une zone de libre-échange qu’ils souhaiteraient voir se transformer en union monétaire pour 2010 selon le modèle européen. Cette perspective d’avenir est en particulier piloté sous l’égide du GRC (Gulf Research Center créé en juillet 2000 et dont le siège est à Dubaï aux Émirats Arabes Unis) sous la direction d’Abdulaziz O. Sager, homme d’affaires saoudien. Le CAP et le GRC, tout en renforçant leur coopération, ont décidé l’élaboration d’un projet permettant de former des diplomates [14]. Enfin, le but affiché est de lancer une zone commune de libre-échange entre l’Europe et le GCC favorisant les développements économiques et financiers. Les projets de coopération du GRC (politique, économique, énergétique, éducatif, …) sont particulièrement ciblés puisqu’ils se répartissent entre les États-Unis, l’Union européenne et l’Allemagne [15]. Dans le cas allemand, une véritable politique est lancée puisque à partir des « discussions de Kronberg », Werner Weidenfeld, président du très influent CAP [16] a présenté au siège du GRC un programme très complet de renforcement tous azimuts car, selon lui, « Les États du GCC sont d’une énorme importance stratégique pour l’Union européenne. Leur importance est même amenée à se développer au cours du 21è siècle » [17]

              L’Alliance germano-américainedu27février2004

              Lerappeldes différentes évolutions de la construction européenne et des réunions entre l’UE, lesÉtats-Unisetlespays du sudméditerranéen ainsi que les propos deleurs acteurs expliquent l’arrière-fondd’unepolitiquede très grande ampleur qui a abouti à cette« Alliance germano-américaine pour le 21è siècle » lors de la rencontre du chancelier Schröder et du président Bush.

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              MM. Bush et Schröder
              Maison-Blanche, 27 février 2004.

              Relatant cette visite, l’International Herald Tribune [18] a souligné que « Le moteur de ce changement est l’intérêt mutuel. Le chancelier veut stopper la brouille dans les relations avec les États-Unis, brouille qui au-delà de l’Amérique compromet le rôle de l’Allemagne au sein de l’Union européenne et diminue profondément son influence en Europe de l’Est. De son côté, le président des États-Unis cherche une aide en Irak et en Afghanistan et plus généralement pour l’élaboration d’un plan à long terme apportant plus de stabilité à ce que les deux hommes appellent désormais le Grand Moyen-Orient ». En résumé, chacun se tient par la barbichette.

              Après un discours prononcé au Council on Foreign Relations de Chicago [19] où Gerhard Schröder s’est fait le chantre de la globalisation -« Nous devons convaincre les hommes qu’une économie globale et un commerce mondial libre offrent les meilleures chances de développement pour nous tous »- , le chancelier a finalisé les derniers points permettant la mise en forme de cette Alliance. Elle a pris forme en particulier grâce aux soins de la conseillère du président américain, Condoleezza Rice, et du conseiller du chancelier, Bernd Mützelburg [20]. En dehors des sujets abordés comme la baisse du dollar face à l’euro, le droit à l’existence de deux États israélien et palestinien ou la remise des dettes irakiennes par l’Allemagne, la réunion des deux hommes s’est conclue sur cette Alliance qui rappelle que « Dans cet esprit, nous nous engageons à ce que nos peuples poursuivent cet objectif ambitieux qui est enraciné par nos valeurs communes et nos expériences réciproques : la promotion de la paix, de la démocratie, de la dignité de l’homme, de l’État de droit, des perspectives économiques et de la sécurité au Proche et Moyen-Orient (…). Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient afin de travailler ensemble avec les pays et les peuples de cette région (…). Ensemble avec nos amis et alliés en Europe et au Proche et Moyen-Orient, nous accorderons étroitement nos efforts (…). Nous sommes décidés à renforcer nos relations économiques par l’amélioration du commerce et des investissements entre l’Union européenne et les États-Unis (…). Nous renforçons notre attachement à l’égard de l’OTAN comme point d’ancrage de notre défense commune et comme forum incontournable des consultations transatlantiques. Nous soutenons le processus en cours d’intégration européenne et soulignons qu’il est important que l’Europe et l’Amérique travaillent ensemble comme partenaires au sein d’une communauté de valeurs. Nous saluons l’élargissement historique aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne en ce printemps, élargissement qui nous rapproche encore plus du but qui est de mettre fin définitivement à des dizaines d’années de séparation. Avec un agenda pour une action commune, l’Alliance germano-américaine se révélera tout aussi importante au XXIè siècle pour la promotion de la paix, de la sécurité et du bien-être comme cela avait été déjà le cas dans la deuxième moitié du XXè siècle » [21]

              Derrière cette déclaration, c’est un véritable marchandage qui s’est déroulé afin de déterminer qui fait quoi et combien cela rapporte au sein d’un monde que l’on veut unifier. Renforcement du partenariat transatlantique en liaison avec l’unification européenne, ancrage du Proche et Moyen-Orient à ce partenariat (Grand Moyen-Orient), contrôle et distribution des énergies, des moyens de communications (routes, voies ferrées, aériennes…), formatage des esprits aux normes occidentales pour les populations musulmanes -mais il serait étonnant que le matérialisme outrancier et vidé de toute spiritualité plaise à ces populations- libre-échange couvrant l’ensemble du bassin méditerranéen etc, ce XXIè siècle s’ouvre sous les auspices d’un condominium germano-américain. Il rappelle étrangement les tentatives avortées à la veille de la Première Guerre mondiale. La thalassocratie anglo-saxonne maîtresse des mers et le IIè Reich de Guillaume II étendant son influence sur l’Empire ottoman jusqu’aux zones pétrolifères autour de Bagdad (la fameuse voie ferrée Bagdad-Bahn) n’avaient pas réussi à s’entendre sur l’Arbeitsteilung (division, répartition du travail), mot essentiel caractérisant les relations de ces deux tribus germaniques et qui devrait entrer dans le langue française au même titre déjà que celui de Realpolitik. En tout cas, l’émergence de cet axe germano-américain reste conditionné aux difficultés du terrain qui sont multiples : profonde opposition des masses musulmanes aux principes politiques et philosophiques occidentaux, inimitié violente israelo-arabe, excédents des décès sur les naissances en Europe conduisant immanquablement à des répercussions désastreuses sur les capacités économiques, militaires et politiques de l’Union européenne et donc sur l’axe Berlin/Washington, européanisation progressive des élites politiques, en particulier celles d’Europe centrale, pouvant conduire ces dernières à se détourner du lien privilégié avec les États-Unis au profit d’une vision plus continentale (voire un bloc eurasiatique échappant à l’emprise américaine) dont l’Allemagne et la Russie seraient les grands bénéficiaires mais aussi les rivaux ; enfin, une Russie aux problèmes multiples et au profil politique si particulier aux portes de l’UE qui constitue une réelle menace pour l’Europe.

              À l’instar d’une explosion en chaîne, les conséquences immédiates de cette Alliance germano-américaine sont apparues dès le 28 février dans un entretien accordé au Berliner Zeitung par Joschka Fischer. Ce dernier, sachant que le projet politique européen était en quelque sorte balisé en accord avec Washington, a rejeté le projet d’une « petite Europe », principe défendu par la diplomatie française. Comme l’affirme avec netteté le ministre des Affaires étrangères allemand : « Nous avons une nouvelle mission qui va marquer ce siècle : nous devons doter la mondialisation d’une conception politique (ndlr : souligné par nous). Maîtriser, voire résoudre les conflits asymétriques n’est possible que lorsqu’on peut agir dans les dimensions continentales. La Russie, la Chine, l’Inde et bien entendu les États-Unis possèdent la taille nécessaire. Pour nous Européens se pose la question de savoir si nous pouvons nous rapprocher suffisamment pour faire valoir notre poids. C’est sous cet aspect que l’on doit considérer également la discussion sur la Turquie. Les visions d’une petite Europe sont tout simplement dépassées. Elles ne permettent pas à notre continent de satisfaire à la dimension stratégique. Or, celle-ci est incontournable (…). A l’heure actuelle, je modifierais certaines parties du discours Humboldt (ndlr : Discours de Fischer le 12 mai 2000 prônant l’idée d’une petite Europe, sorte de noyau dur). Je suis certes plus que jamais convaincu que l’Europe a besoin de plus d’intégration ainsi que d’institutions plus fortes. Mais je ne partage plus les visions d’une petite Europe. Le concept d’une avant-garde européenne peut être utile par moments et sous certaines circonstances. Mais uniquement dans le cadre solidement ancré de la constitution européenne ». Désormais, le seul idéal qui vaille pour lui, c’est une grande Europe unifiée sous l’égide d’une constitution obéissant à la règle de la double majorité.

              Conclusion

              Comme on peut le constater, cette « Alliance germano-américaine pour le 21è siècle » est d’une portée considérable (politique, économique, énergétique, …) pour les Américains, les nations européennes et pour tous les habitants de l’Atlas jusqu’au Golfe persique. Force est de reconnaître que les principes politiques et philosophiques euro-atlantistes ont pour objectif suprême de « démusulmaniser » les esprits du sud méditerranéen (à l’exception bien entendu d’Israël). Les actes terroristes imputés à Al Qaida, en dehors de leurs aspects tragiques avec leurs lots de victimes innocentes, favorisent grandement ce processus d’unité européenne, ce renforcement du partenariat transatlantique et cette volonté d’étendre une certaine way of life à l’ensemble du monde. C’est la version soft du « clash des civilisations ».

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              [1] Voir sur le site de la Maison-Blanche The German-American Alliance for the 21st Century Joint Statement by President George W. Bush and Chancellor Gerhard Schroeder et sur celui de la Chancellerie fédérale Das deutsch-amerikanische Bündnis für das 21. Jahrhundert.

              [2] « Suche nach neuem Atlantismus, Interview mit Karsten D. Voigt », Handelsblatt, 18 novembre 2003

              [3] « Bundeskanzler Schröder und EU-Ratspräsident Ahern eröffnen am Freitag International Bertelsmann Forum in Berlin mit Vertretern aus 29 Staaten », Bertelsmann Stiftung, 5 janvier 2004

              [4] Europas Alternativen, Aufgaben und Perspektiven der großen Europäischen Union, Vorlage zum International Bertelsmann Stiftung, Weltsaal des Auswärtigen Amtes, Berlin, 9-10 janvier 2004 (travail conjoint avec le CAP) Téléchargement.

              [5] Ce principe de la personnalité juridique est présent dans le projet de constitution de Valéry Giscard d’Estaing : « L’Union est dotée de la personnalité juridique » (art. I-6). C’est un député allemand au Parlement européen qui a lancé le projet. Voir le Rapport d’Armin Laschet sur les relations entre l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies. Ce document a été adopté par le Parlement européen lors de la séance plénière du 29 janvier 2004 par 367 voix pour, 62 voix contre et 14 abstentions permettant ainsi l’émergence d’un État européen (si la constitution est adoptée) disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU au détriment de la France et de la Grande-Bretagne.

              [6] Europas Alternativen, Aufgaben und Perspektiven der großen Europäischen Union Téléchargement.

              [7] Ibid., p. 10

              [8] Ibid., p. 11 et suivantes

              [9] Europas Zukunft, fünf EU-szenarien, Centrum für angewandte Politikforschung (CAP), 2003.

              [10] Ibid., p. 12

              [11] Cf. Processus de Barcelone.

              [12] The Future of European Policies in the Middle East after the Iraq war Discussions Paper presented by the Bertelsmann Group for Policy Research, Center for Applied Policy Research, Munich, VIII. Kronberg Talks, 10-12 juillet 2003. Téléchargement

              [13] Ibid., p. 15-16

              [14] Lire Europa als Partner und Modell CAP, 9 mars 2004.

              [15] Voir sur le site du GRC les rubriques « GCC relations with the USA », « GCC relations with the European Union », et « GCC relations vith Germany ».

              [16] La diffusion des principes germano-américains en faveur du « Grand Moyen-Orient » se fait aussi, par exemple, par la présence de Werner Weidenfeld au sein du Conseil d’administration de l’Université marocaine Al Akhawayn d’Ifrane. Nous y trouvons aussi l’autonomiste Jordi Pujol, ancien président du gouvernement de Catalogne, fervent défenseur de l’Europe des régions. Ce principe d’Europe des régions est une histoire ancienne que les États-Unis approuvent. Déjà l’International Herald Tribune du 16 septembre 1974 présentait une carte où l’Europe occidentale éclatait en régions politiquement autonomes. Ce projet s’accélère aujourd’hui. Voir notre article L’éclatement du continent européen au service des États-Unis, Réseau Voltaire, 11 juillet 2003.

              [17] The future of the enlarged European Union and its neighbourhood par Werner Weidenfeld, Gulf Research Center, 1er mars 2004, Téléchargement.

              [18] « US-German reasons to reconcile » par John Vinocur, International Herald Tribune, 1er mars 2004.

              [19] The Transatlantic Economic Relationship : A View from Germany Version anglaise, version allemande.

              [20] Lire « Schmeicheleien im Oval Office », Der Spiegel, 27 février 2004.

              [21] Das deutsch-amerikanisches Bündnis für das 21. Jahrhundert, op. cit.,

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              L’éclatement du continent européen au service des États-Unis

               

              La régionalisation de l’Europe pourrait être détournée de son sens initial à la faveur d’un déséquilibre des institutions. Elle serait alors un moyen de démembrer politiquement l’Europe, laissant ainsi le champ libre à la domination de l’Empire états-unien. Pierre Hillard analyse cette variante de la doctrine Wolfowitz : comment transformer le rêve d’unité européenne en un cauchemar de la yougoslavisation généralisée.

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              Les modalités de la construction européenne dépendent de l’idée que l’on se fait de l’unité de l’Europe et de son rôle dans le monde. Après avoir piloté la création de l’Union pour stabiliser l’Europe occidentale et la soustraire à l’influence soviétique, les États-Unis encouragent aujourd’hui à la fois son élargissement géographique et sa dilution politique. L’Union pourrait alors absorber la Russie et broyer les États-membres en une myriade de régions pour se transformer en une vaste zone de libre-échange protégée par la puissance militaire états-unienne.

              Contrairement à une idée répandue, il se trouve au sein même de l’Union de nombreuses forces pour promouvoir ce projet comme l’atteste la carte officielle que nous reproduisons.

              Elle a été élaborée au sein de l’ARE (l’Assemblée des Régions d’Europe) en 2002. Créé en 1985 par les Français, les Espagnols et les Portugais, cet institut fut repris en 1987 par les Allemands qui lui insufflèrent des principes fédéralistes, régionalistes et ethnicistes, le tout en liaison avec les organismes européens comme le Comité des Régions (le CdR), le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe (le CPLRE) ou le Conseil des Communes et des Régions d’Europe (le CCRE). L’intérêt majeur de ce document est de révéler le sens caché de la forme actuelle de la régionalisation européenne. Celle-ci ne concerne pas que l’Union présente, mais est conçue pour s’étendre à toute l’Eurasie. Tous les États d’Europe centrale, les États baltes, l’Ukraine, la Russie -avec une frontière à l’Est qui s’étend vers la Sibérie- les États du Caucase et la Turquie sont déjà intégrés dans ce projet européen ou plutôt euro-atlantique. L’adhésion à l’Union ne serait plus le moyen de réaliser l’unité européenne, mais au contraire de démembrer le continent, assurant ainsi le triomphe pacifique de l’hyper puissance états-unienne selon le principe classique « diviser pour régner ». La régionalisation, présentée comme un moyen de rapprocher les citoyens des lieux de décisions, ne serait plus qu’un artifice pour prévenir l’émergence d’une Europe-puissance en application de la « doctrine Wolfowitz » [1]

              Peu de temps avant de quitter la Maison-Blanche, le président Clinton a présenté la vision états-unienne de l’Europe dans un discours magnifiant le bloc transatlantique. Il soulignait aussi et d’une manière très nette que « (…) l’unité de l’Europe est en train d’engendrer quelque chose de véritablement neuf sous le soleil : des institutions communes plus vastes que l’État-nation parallèlement à la délégation de l’autorité démocratique aux échelons inférieurs. L’Écosse et le Pays de Galles ont leurs propres parlements. L’Irlande du Nord, dont ma famille tire son origine, a retrouvé son nouveau gouvernement. L’Europe est pleine de vie et résonne à nouveau des noms d’anciennes régions dont on reparle – la Catalogne, le Piémont, la Lombardie, la Silésie, la Transylvanie etc. – non pas au nom d’un quelconque séparatisme, mais dans un élan de saine fierté et de respect de la tradition. La souveraineté nationale est enrichie de voix régionales pleines de vie qui font de l’Europe un lieu garantissant mieux l’existence de la diversité (…) » [2]

              La « sympathie » américaine à l’égard de cette forme de régionalisation s’explique par le transfert du pouvoir politique des États vers les régions. Désormais, la « région-État » se pare d’une autonomie politique de plus en plus grande dans les domaines qui touchent l’administration, la justice, les systèmes bancaire et postaux ou encore l’éducation, cette dernière devenant de plus en plus – quoiqu’en disent les autorités officielles – une éducation régionale. Or, ces instances politiques régionales sont conduites à traiter directement avec les instances supranationales de Bruxelles en court-circuitant l’autorité nationale. Ceci ne peut que combler d’aise les dirigeants politiques et économiques états-uniens qui, par l’intermédiaire de leurs puissants lobbies présents massivement à Bruxelles, pourront engager des contacts directement avec la Lombardie, l’Alsace, la Catalogne, etc. Entre d’un côté, la puissance politique, militaire et économique considérable des États-Unis et de l’autre, une quelconque région d’Europe, on devine sans peine quel parti Washington tirera de cette affaire.

              Pour renforcer l’emprise complète américaine sur le vieux continent, Les États-Unis ont présenté au seul gouvernement allemand une véritable feuille de route pour l’extension à l’Est de l’Union européenne (l’UE) et de l’OTAN. Selon le Financial Times Deutschland du 24 octobre 2002 l’objectif d’une « Europe libre et unie » doit s’articuler selon les modalités suivantes. Après l’intégration de dix États en 2004 à l’UE (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Chypre et Malte), les pourparlers d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN devraient commencer en 2004, suivies de ceux de la Serbie en 2005, de la Croatie et de l’Albanie en 2007. En outre, selon cette feuille de route, les États-Unis souhaiteraient l’adhésion de la Turquie à l’UE pour 2007. Enfin, le Financial Times Deutschland ajoute que l’intégration complète des Balkans et de l’Ukraine dans les institutions euro-atlantiques doit être achevée pour 2010.

              Au moins, nous connaissons la date butoir des objectifs états-uniens. Dans cette parcellisation européenne donnant la primauté politique aux régions, aux dépens des nations, en liaison directe avec tous les lobbies financiers de Bruxelles, l’Allemagne joue un rôle décisif. En effet, à l’origine de la régionalisation en Europe (recommandation 34 (1997) du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe), elle soumet le continent aux concepts institutionnels que les Britanniques et États-Uniens lui ont imposés à la Conférence de Postdam (11 juillet au 2 août 1945) et lors de la création de la bizone d’occupation (2 décembre 1946). À l’époque, le rôle dévolu aux Länders visait à la fois à rétablir les libertés supprimées par le centralisme du IIIe Reich et à priver l’Allemagne du statut de grande puissance. Ce dispositif avait été approuvé par la France qui, selon le mot de Mauriac à propos des zones d’occupation, aimait tant l’Allemagne qu’il préférait qu’il y en ait plusieurs. En outre, les Anglo-Saxons figèrent ces institutions en sacralisant la Constitution allemande et en créant une Cour constitutionnelle indépendante à Karlsruhe.

              Cependant la vassalité de l’Europe vis-à-vis des États-Unis n’a plus de raison d’être depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie. La classe dirigeante allemande, quant à elle, se trouve partagée entre d’une part ceux qui rêvent d’une puissance indépendante et qui se sont exprimés en refusant de s’associer à l’attaque de l’Irak, et d’autre part, ceux qui préfèrent minimiser les risques et jouer le rôle de gouverneur délégué de l’Empire pour l’Europe. Ceux-là se sont empressés de jouer les supplétifs dans le démembrement de la Yougoslavie et dans la guerre du Kosovo. Dès lors, ces contradictions pourraient trouver une solution en se débarrassant de la tutelle états-unienne afin d’être seuls maîtres à bord, selon le bon vieux « principe d’Iznogoud » (être calife à la place du calife). Tout le problème réside dans la capacité des Anglo-Saxons à convaincre les élites allemandes de jouer le rôle qu’ils leur ont assigné dans le nouvel ordre mondial

              En tout cas, l’éclatement de l’Europe comme le présente cette carte de l’ARE est encore transitoire. En effet, l’émergence première des régions est le préalable avant de passer à un autre niveau : le remaniement des frontières régionales en fonction de critères économiques et ethniques. Dans le cadre de l’interrégionalité, de nombreux regroupements sont possibles comme par exemple entre les entités basques française et espagnole ou encore entre l’Alsace et le Pays de Bade. C’est tout l’enjeu de la carte élaborée par la commission européenne en 2002 [3]. En effet, l’objectif étant de créer un vaste marché économique de libre-échange transatlantique, les technocrates bruxellois ont procédé à des remaniements territoriaux afin de créer des groupes économiques comme le stipulent les textes officiels : Interreg IIIB regroupe désormais toutes les actions de coopération transnationale impliquant les autorités nationales, régionales et locales et les autres acteurs socio-économiques. L’objectif est de promouvoir l’intégration territoriale au sein de grands groupes de régions européennes y compris au-delà de l’Union des Quinze, de même qu’entre les États membres et les pays candidats ou autres pays voisins, et à favoriser ainsi un développement durable, équilibré et harmonieux de l’Union. Une attention particulière est accordée notamment aux régions ultrapériphériques et insulaires [4].

              Cette révolution politique, géopolitique et sociale en Europe est sur le point de franchir un pas décisif avec la reconnaissance d’une personnalité juridique pour l’Union européenne. Ce qui peut apparaître comme l’aboutissement d’un rêve d’unité contient en lui-même des éléments qui, dans ce contexte particulier et en l’absence de garde-fous, peuvent dériver vers le cauchemar de la Yougoslavisation généralisée.

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              [1] Cf. Defense Policy Guidance for the Fiscal Years 1994-1999, US Department of Defense, 18 février 1992. Des extraits du document ont été publiés dans The New York Times du 8 mars 1992.

              [2] Extrait du discours du président Clinton à l’occasion de la remise du prix Charlemagne, Aix-la-Chapelle, 2 juin 2000.

              [3] Voir la carte des 13 programmes INTERREG IIIB 2000-2006, Les politiques structurelles et les territoires de l’Europe, Coopération sans frontières, Commission européenne, 2002.

              [4] Ibid., p. 8.

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              L’Allemagne et l’Europe des ethnies

               

              Quelle Europe construit-on actuellement ? On s’oriente insensiblement vers un État fédéral de régions définies ethniquement, au détriment des États-nations à l’exception de l’Allemagne. En effet, alors que ce système conduit au démantèlement de tous ses partenaires, l’Allemagne sort, quant à elle, agrandie et fortifiée par ce redécoupage. Ce processus était préconisé par les « pangermanistes » depuis la fin du XIXe siècle.

              L’avenir de l’Europe est une « passion » qui anime de nombreux dirigeants politiques. Il est vrai que les pays européens présentent des points communs, des références culturelles, permettant dde se reconnaître de nombreuses affinités avec un Polonais, un Suédois ou un Roumain. Malgré ce « caractère familial », l’Europe s’est déchirée en guerres fratricides. Ces dernières ont causé des ravages énormes au point que, depuis longtemps, de nombreux penseurs ont estimé qu’il fallait se hausser au-delà des différences afin d’unir la famille européenne et mettre ainsi un terme définitif aux dissensions. Les projets d’unité sont nombreux et certains même remontent à Philippe le Bel. Au XIXè siècle, Victor Hugo faisait sourire ses contemporains lorsqu’il évoquait les « États-Unis d’Europe ». Malgré le scepticisme de l’époque, l’idée de rassembler le continent en un bloc n’a jamais disparu. D’une certaine manière, ce sont deux guerres mondiales qui vont donner du lustre à la pensée européenne. En effet, cette « guerre de Trente ans » (1914-1918) a souligné la folie suicidaire des Européens au point que l’on a même parlé de « guerre civile » européenne. La Shoah a été en quelque sorte la quintessence de cette folie. Fort de ce passé douloureux, les différents hommes politiques européens comme Robert Schumann, Alcide de Gasperi ou encore Konrad Adenauer, ont décidé d’unir véritablement leurs forces afin de créer une entité politique européenne. La fondation du Conseil de l’Europe en 1949, le lancement du Traité de Rome en 1957 et la création de nombreux instituts européens comme le CPLRE (le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe), l’ARE (l’Assemblée des Régions d’Europe) ou l’ARFE (l’Assemblée des Régions Frontalières Européennes) ont doté notre continent d’une solide armature politique. En ce début de XXIè siècle, il est désormais possible de dresser un bilan véritable de cette Europe politique qui doit normalement être dotée d’une constitution en 2004.

              Cependant, l’enthousiasme que soulève l’idée d’une Europe unie doit être largement tempéré. En effet, on constate de multiples déficiences en particulier dans le domaine démocratique. De nombreuses mesures sont mises en place sans consultation populaire. L’expérience de l’histoire montre aussi que peu de choses sont rarement gratuites. Le révolutionnaire Saint-Just disait avec raison que « l’on ne règne pas innocemment ». C’est pourquoi, il est bon de connaître l’arrière-cour de la construction européenne et donc de pouvoir reconstituer, à partir de documents officiels, l’ensemble du puzzle.

              L’Europe qui se prépare est un État fédéral des régions à base ethnique et l’on ne peut que souligner le rôle très influent joué par l’Allemagne dans cette évolution. Il existe en effet cinq documents-clefs qui orientent la construction européenne au profit du bloc germanique : la Charte des langues régionales ou minoritaires, la Convention-cadre pour la protection des minorités, les Chartes de l’autonomie locale et régionale et la Convention-cadre sur la coopération transfrontalière (ou Charte de Madrid). Ces cinq textes marqués du sceau européen sont en réalité d’inspiration allemande et risquent d’aboutir à une parcellisation ethnique de l’Europe conduisant à l’éclatement des États-nations.

              La Charte des langues régionales ou minoritaires et la Convention-cadre pour la protection des minorités ont été préparées par l’intermédiaire d’un institut, l’UFCE (l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes ou FUEV, Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen) dont le siège est à Flensburg. Directement soutenu par le Ministère de l’Intérieur allemand [1] par l’intermédiaire d’un haut fonctionnaire, Rolf Gossmann, l’UFCE a été en mesure de propulser la Convention-cadre pour la protection des minorités au sein du Conseil de l’Europe [2] en liaison en particulier avec des parlementaires espagnols de la région de Catalogne comme M. de Puig grâce à sa recommandation 1201. Favorisant la promotion de toutes les caractéristiques propres aux minorités (article 5), ce document prend encore plus d’ampleur grâce à la Charte des langues régionales ou minoritaires lancée par la résolution 192 (1988) [3] du Conseil de l’Europe avec le rapporteur allemand Herbert Kohn, membre du comité juridique de l’UFCE. Cette Charte favorise l’emploi des langues régionales dans tous les domaines (éducation, médias, justice, administration, …), mais aussi fait fi de l’existence des frontières (articles 7 et 14).

              Cette reconnaissance ethnique ne pourra véritablement prendre effet qu’à partir du moment où l’on appliquera l’autonomie politique à l’échelle régionale. C’est justement l’enjeu de la Charte de l’autonomie locale lancée par la résolution 126 (1981) [4]. Ce texte s’appuie à l’origine sur un rapport de 89 pages intitulé « Les institutions régionales en Europe » de l’allemand A. Galette [5] qui reconnait l’autonomie politique à tous les degrés (financier, administratif…). Ce début de parcellisation prendra une ampleur encore plus vive avec la Charte de l’autonomie régionale lancée par la recommandation 34 (1997) du Conseil de l’Europe [6] et dont le rapporteur est Peter Rabe, député socialiste au Land de Basse-Saxe. Il faut savoir aussi que c’est à l’initiative du gouvernement de ce Land – à l’époque, son ministre-président est le futur chancelier Gerhard Schröder – qu’un premier projet de Charte a été présenté à Hanovre le 22 mars 1996. L’éclatement définitif des Etats de l’Union européenne s’épanouira avec la Convention-cadre sur la coopération transfrontalière lancée par un institut européen de façade mais allemand dans sa création, l’ARFE (l’Association des Régions Frontalières Européennes qui siège à Gronau) [7]. L’objectif suprême de cet institut, comme le stipule sa Charte, est de transformer les frontières des Etats en frontières administratives [8]. Par conséquent, la modification du tracé frontalier en fonction du caractère ethnique se fera encore plus aisément. Ceci est d’autant plus vrai que l’Allemagne – via l’UFCE – soutient une centaine de mouvements autonomistes en Europe dont les mouvements bretons, alsaciens, mosellans, flamands et la Ligue savoisienne [9].

              Si ces agissements ont peu d’effets concrets en Allemagne qui bénéficie d’une unité culturelle et constitue un bloc germanophone de 90 millions de personnes (en comptant les Autrichiens et les Suisses alémaniques), la France (mais aussi l’Espagne, le Royaume-Uni, sans parler des pays balkaniques), creuset de plusieurs communautés linguistiques et ethniques, risque l’implosion. A terme, c’est une Europe éclatée en régions ethno-linguistiques politiquement autonomes qui se dessine et dont l’Allemagne sera le chef d’orchestre. Il faut conserver à l’esprit le principe de l’équilibre des forces. En effet, le moteur politique et économique de cette Europe des régions se situera dans sa zone la plus dynamique. Cette dernière ne se manifestera pas du côté de l’Ecosse ou de l’Auvergne ou encore en Andalousie, mais au centre de l’Europe, c’est-à-dire en Bavière, au Bade Wurtemberg, en Hesse ou en Westphalie. Le monde germanophone sera alors le grand gagnant au sein de cette Europe éclatée.

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              Carte de la Waffen SS, 1945.
              (Voir l’agrandissment)

              Cet objectif poursuivi par tous les régimes politiques précédents, soit par la voie militaire (voir en particulier la carte de l’Europe des régions de la Waffen SS [10]), soit par la voie politico-juridique, permettra aux dirigeants politiques allemands de reprendre à leur compte les propos de Julius Fröbel, chef du Reformverein fondé en 1862 : « Tout Reich est une sorte de fédération et toute fédération mérite le nom de Reich ». Ce principe se renforce d’autant plus que l’ONU a reconnu le droit à la Heimat en 1997 permettant ainsi aux associations de réfugiés allemands (Sudètes, Silésiens, Poméraniens…) la possibilité de retourner dans leurs territoires d’origine après les expulsions de 1945 [11].

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              Carte établie par l’Alliance libre européenne (ALE) en 1997.
              (Voir l’agrandissment)

              Ce remaniement complet de l’Europe est déjà bien amorcé. En effet, un parti politique européen travaillant en liaison avec les Verts : le Parti Démocratique des Peuples d’Europe – Alliance Libre Européenne (PDPE – ALE) a élaboré en 1997 une carte de l’Union européenne sur des critères ethniques. Réunissant divers mouvements autonomistes et travaillant en liaison directe avec des instituts soutenus par l’Allemagne comme l’UFCE ou encore l’ECMI (European Center for Minorities Issues, siège à Flensburg), ce groupe siégeant au Parlement européen diffuse des concepts qui favorisent l’éclatement des Etats-nations et l’émergence d’une Europe tribale source de conflits infinis. La carte ci-jointe en est une parfaite illustration. D’une certaine manière, nous avons maintenant les éléments généraux qui permettent de nous faire une idée de ce qui nous attend.

              Force est de constater que notre voisin d’outre-Rhin a apporté à la civilisation, grâce à ses musiciens ou à ses scientifiques, des bienfaits que personne ne peut récuser. Mais, s’informer des agissements de l’Allemagne et exiger qu’elle ne soutienne plus une vision ethnique et communautariste, en un mot impériale, de l’Europe, serait une attitude non pas germanophobe mais légitime, et qui plus est responsable, pour tout ceux concernés par notre avenir.

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              [1] Information, Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes, 31 juillet 1997 ; Information, Timisoara 1996, Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes, Flensburg, Editions UFCE, 1996, p. 126 et Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes, Actuel, n° 60, juillet 1997.

              [2] Comité ad. hoc pour la protection des minorités nationales (CAHMIN), Strasbourg, Editions Conseil de l’Europe, 1er février 1994, p. 11 / 4 mars 1994, p. 7 / 23 mars 1994, p. 10 / 15 avril 1994, p. 14 / 13 juin 1994, p. 12 / 8 juillet 1994, p. 12 / 19 septembre 1994, p. 12 / 14 octobre 1994, p. 7.

              [3] Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, Résolution 192 (1988), Discussion par la conférence permanente et adoption le 16 mars 1988, 2è séance (voir Doc. CPL (23) 8, partie I, projet de résolution présenté par la Commission des affaires culturelles et sociales, rapporteur : Herbert Kohn.

              [4] Résolution 126 (1981) sur les principes de l’autonomie locale. Discussion par la conférence le 29 octobre 1981 et adoption de la 3è séance (voir Doc. CPL (16) 6, partie I, projet de résolution présenté par la commission des structures et des finances locales, rapporteur : Lucien Harmegnies).

              [5] Rapporteur : A. Galette, Rapport sur « Les Institutions régionales en Europe », Strasbourg, Ed. Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux de l’Europe, Quinzième Session, Strasbourg, 10-12 juin 1980 (CPL (15) 5 final), projet de résolution présenté par la Commission des Structures et des Finances Locales.

              [6] Recommandation 34 (1997) sur le projet de Charte européenne de l’autonomie régionale. Discussion par le Congrès et adoption le 5 juin 1997, 3è séance (voir Doc. CPR (4) 4 révisé, recommandation présentée par M. Peter Rabe, rapporteur). Voir aussi : Rapporteur Peter Rabe (Allemagne), projet de rapport explicatif du « Projet de charte européenne de l’autonomie régionale », Quatrième session (Strasbourg, 3-5 juin 1997), Strasbourg, Editions CPLRE.

              [7] ARFE, Association des Régions Frontalières Européennes, 25 ans de travail en commun, Gronau, Editions ARFE, novembre 1996.

              [8] Charte européenne des régions frontalières et transfrontalières, Gronau, Editions ARFE, 20 novembre 1981, modifiée le 1er décembre 1995, pp. 3 à 6.

              [9] Information Haderslev, 1999, Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes, Flensburg, Editions UFCE, 1999. Ce document présente la liste complète de ces mouvements autonomistes en Europe avec leurs noms et leurs adresses ainsi que les coordonnées des représentants du ministère de l’Intérieur allemand qui chapeautent l’ensemble.

              [10] Saint-Loup, Les SS de la Toison d’or, Paris, Presses de la Cité, 1975, prologue. Remarques : Saint-Loup, de son vrai nom Marc Augier (1908-1990), a connu de nombreuses activités : grand reporter, animateur du centre laïque des auberges de jeunesse, journaliste, écrivain, engagé dans la légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), officier dans la Waffen SS (Untersturmführer), directeur du mensuel collaborationniste Devenir, « Journal de combat de la communauté européenne ». C’est au centre d’Hildesheim, ville du Hanovre, que la direction germanique de la Waffen SS oeuvrait en vue d’une Europe racialement fondée et dénationalisée. Saint-Loup a séjourné dans ce lieu et a noué des contacts avec ses représentants.

              [11] Documents de l’ONU : E/CN. 4/Sub. 2/1997/23 pp. 27 à 28. Voir aussi : Alfred-Maurice de Zayas, The right to one’s homeland, ethnic cleansing and the international Criminal Tribune for the Former Yougoslavia, Criminal Law Forum, vol. 6, n° 2, 1995, p. 291.

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              Livres :

               

                La fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale.

              De l'union euro-atlantique à l'état mondial  De l’union euro-atlantique à l’état mondial.

              Cet ouvrage est un recueil d ’articles rédigés pour différentes revues et divers sites internet spécialisés dans les relations internationales. Ces articles présentent une vue inédite et une description référencée des différents éléments qui conduisent progressivement à une refonte européenne, à un élargissement de l’UE et de l’Otan et à un renforcement du partenariat transatlantique. L ’auteur révèle les lev iers largement méconnus de cette politique : régionalisation, aménagement du territoire, promotion des revendica tions identitaires, alliance germano-américaine pour le X X e siècle … En réalité, cette révolution politique et géopolitique poursuit l’ambition d ’établir un bloc uni de Vancouver à Vladivostock. L ’auteur explique les différentes étapes de part et d ’autre de l’Atla ntique afin d ’y aboutir et les projets de leurs acteurs. Mais surtout, Pierre Hillard explique co mment et pourquoi les élites américaines et des différents pays de l’Union européenne, en priorité l’Allemagne, souhaitent rattacher les pays d ’Afrique du Nord , du Proche et Moyen-Orient, désignés sous le label du « grand Moyen-Orient », à un cadre euro-a tlantique resserré . Si l’objectif de renforcer la solidarité entre les Occidentaux face à l’é mergence de la Chine peut paraître justifié , Pierre Hillard montre que le chemin engagé par les élites euro-atla ntistes ouvre plutôt la voie à une instabilité des nations européennes et du monde musulman.

              Minorités et régionalismes en Europe et dans l'Europe fédérale des régions  Minorités et régionalismes en Europe et dans l’Europe fédérale des régions , Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l’Europe.

              Au moment d e l’élargissement de l’Union européenne et du lancement des pourparlers en 2004 pour une adhésion d e la Turquie à l’Europe, l’intérêt d e c et ouvrage est d e prés enter d es documents inédits concernant les objectifs futurs des dirigeants de Bruxelles. En effet, ce livre présente en particulier une carte de l’Europe politique entièrement régionalisée incluant la Russie jusqu’en Sibérie ainsi que la Turquie et les Etats du Cauca se. Ce document est véritablement une révélation. Conçue par les différents instituts européens , cette carte officielle présente l’intérêt de révéler à la fois la volonté d’élaborer une Europe dont les régions seront politiquement autonomes et en mêmes temps de mettre sur pied une vaste entité politique désignée sous le label  » grande Europe « . Cependant, cette  » Grande Europe  » ne peut véritablement s ‘enraciner qu’après avoir mis à bas le Etats-nations , politique qui se poursuit en accord et en liaison avec les Etats-Unis. Or, Pierre Hillard révèle les propos inédits et officiels tenu s par le président Clinton en faveur d ‘une régionalisation complète du continent au sein d ‘un partenariat transatlantique resserré , objectif qui s’accélère aujourd’hui. Le but final comme le souligne l’auteur est d ‘aboutir à une union euro-atlantique constitué de deux piliers : les Etats-Unis et l’Etat européen.

              La marche irrésistible du nouvel ordre mondial : L'Echec de la tour de Babel n'est pas fatal  La marche irrésistible du nouvel ordre mondial : L’Echec de la tour de Babel n’est pas fatal (Broché).

              Toutes les époques ont leur idéologie. Ence début du XXIe siècle, le seul débris qui surnage après un siècle chaotique et tragique, c’est le mondialisme. Dans l’esprit de ses promoteurs, bien au-delà d’une coopération mondiale nécessaire et légitime, il s’agit d’abattre toutes les cloisons, et d’abord nationales, afin d’aboutir d’emblée à ce fameux village global décrit par le sociologue canadien Herbert Marshall Mcluhan. Comme le dit Guy Sorman : Le monde est ma tribu. Le but est de créer de grands blocs géoéconomiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques, etc., au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l’armature d’une gouvernante mondiale. Comme le rappelle Jacques Attali dans son ouvrage Dictionnaire du XXe siècle : Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial. Ainsi, ces blocs corsetés par la même idéologie et dont les populations auront été au préalable alignées dans leur structure mentale sur les critères édictés au sommet, accoucheront d’une humanité unie, interchangeable et nomade. Cependant, l’aboutissement de ces ambitions longtemps prophétisées devra passer par des étapes bouleversant les structures politico-économiques des sociétés, qui ne seront pas sans conséquences militaires. Dans ces événements, la vie humaine comptera peu. D’ores et déjà, avec la mort probable de la Belgique, les réveils régionalistes en Espagne et en Italie, l’Europe de Bruxelles qui a programmé depuis longtemps la mise sous tutelle, sinon la destruction des nations, risque d’être exaucée dans ses entreprises au-delà de ses espérances. De leur côté, à travers le sanglant bourbier irakien, les Etats-Unis préparent activement la recomposition du Moyen-Orient… La tour de Babel tiendra-t-elle ?

               
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              Publié par le 14 février 2010 dans BILLET D'HUMEUR

               

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