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Archives du 4 avril 2013

Comment les plans d’austérité dégradent la santé des Européens

 

Hausse généralisée des suicides et des troubles psychologiques, retour de maladies bannies comme la malaria, menace sur la santé des enfants des familles populaires… Tel est l’alarmant constat sur la santé des Européens que dresse une étude choc publiée par la revue médicale britannique The Lancet. En cause : l’orthodoxie économique et les plans d’austérité prônés dans toute l’Europe. L’étude dénonce également le silence des ministres de la Santé.

 

 

En avril 2012, un retraité grec de 77 ans se suicidait en plein jour sur la place Syntagma d’Athènes, devant le Parlement. Le pharmacien à la retraite avait laissé une note : sa pension était devenue misérable et il ne voulait pas être réduit à fouiller les poubelles pour se nourrir. Son acte est devenu le symbole de l’explosion des suicides dans le pays. Leur nombre a augmenté de 40% en un an ! Plans d’austérité, baisse de revenus et chômage mèneraient-ils au suicide ?

« Une hausse du chômage de plus de 3% dans un temps relativement court est associée à une augmentation d’environ 5% du taux des suicide et des blessures auto-infligées », estime, froidement, le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié début mars et consacré à l’Europe [1] En Grèce, le chômage a augmenté de 10% en seulement deux ans, pour atteindre 26,4% fin 2012…

Il n’y a pas que les suicides. Dans son rapport « Crise financière, austérité et santé en Europe », publié le 27 mars, la revue médicale britannique The Lancet [2], dresse un constat alarmant : la santé des européens se dégrade, en particulier dans les pays frappés de plein fouet par les politiques d’austérité. Et confirme la hausse générale des suicides dans l’ensemble de l’Union européenne, dont la courbe s’envole depuis 2007, après une période de sept années de baisse constante.

En Grèce : suicides, sida, malaria et dengue

Selon les analyses du Lancet, les nouvelles infections au VIH chez les usagers de drogues par injection ont aussi explosé en Grèce ces deux dernières années. Avant l’austérité, sur la période 2007-2010, le pays comptait 10 à 15 nouvelles infections annuelles dans cette catégorie de population. Le chiffre est passé à 256 nouvelles infections en 2011 et à 314 pour les huit premiers mois de 2012 [3] ! Soit vingt fois plus !

En cause : le recul de la prévention, avec, par exemple, l’arrêt des programmes d’échange de seringues depuis 2008. Le directeur de l’étude menée par The Lancet, Martin Mac Kee [4], signale même « la réapparition de la malaria et l’émergence de la dengue en Grèce ».

En Espagne : la santé des enfants menacée

Car les plans d’austérité mis en œuvre sous l’impulsion de la Commission européenne en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Irlande ont touché de plein fouet les systèmes de santé. Le forfait à la charge des patients grecs a par exemple augmenté de 3 à 5 euros par consultation. Et le pays a supprimé 2 000 lits dans les hôpitaux publics. « En Grèce, la troïka (Commission européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, ndlr) a demandé à ce que les dépenses de santé ne représentent pas plus de 6% du PIB, notent les auteurs de l’étude, créant ainsi un précédent dans l’UE de prise du contrôle sur le système de santé national d’un État membre. »

En Espagne, le gouvernement a adopté en 2012 un plan de réduction des dépenses de santé de 7 milliards d’euros sur deux ans. Le pays a ainsi exclu les sans papiers du système de soins, sauf pour les urgences. Et il a fermé ou privatisé des dizaines d’hôpitaux et de centres de santé. Les enfants ne sont pas épargnés : la proportion d’enfants vivant dans des familles sans emploi a été multipliée par trois en Catalogne [5], avec des conséquences certaines sur leur santé.

Portugal et Irlande : baisse de la couverture santé

Au Portugal, l’accord conclu en 2011 entre Lisbonne et la troïka prévoit une coupe de 670 millions d’euros dans la santé. Le reste à charge des patients a doublé – de 2,25 à 5 euros – pour une consultation en ville et jusqu’à 20 euros pour une visite aux urgences. Seuls les patients à bas revenus, les malades chroniques – si la visite est en lien avec leur maladie – et les personnes handicapées en sont exemptés. En Irlande, la couverture santé a été réduite pour les plus de 70 ans et même les bas revenus doivent maintenant payer un ticket modérateur.

D’autres pays ont réduit leurs dépenses de santé à l’occasion de la crise. En plus de la Grèce et du Portugal, la Lettonie, la Slovénie et le Danemark ont accéléré la restructuration de leur secteur hospitalier. Et les professionnels de santé ont vu leurs salaires réduits en Grèce, au Portugal, en Irlande, mais aussi à Chypre, en Lituanie et en Roumanie.

L’Islande en meilleure forme

« De telles répercussions de la crise sur la santé ne sont toutefois pas inévitables », note la revue britannique, qui prend l’Islande en contre-exemple. Le premier pays touché par la crise financière « a rejeté l’orthodoxie économique qui se faisait l’avocate de l’austérité, a refusé d’être comptable de l’irresponsabilité de quelques banquiers et a investi dans son peuple », et a pu maintenir à niveau ses politiques de santé.

Ailleurs, là où les services publics sont sacrifiés sur l’autel des économies budgétaires, la véritable ampleur des conséquences sur la santé des citoyens ne seront visibles que dans plusieurs années. Alors que les données financières sont mises à jour à la semaine près, il faut environ deux ans pour obtenir les données sanitaires des populations, notamment le suivi du taux de mortalité. Du coup, « l’analyse des effets immédiats de la crise sur la santé » est « impossible », soulignent les auteurs de l’étude.

« Des ministres de la Santé bien silencieux »

A leurs yeux, « les voix des responsables de la santé publique sont restées inaudibles dans le débat sur la réponse à apporter à la crise. Nombre de ministres de la Santé sont demeurés silencieux. Le directeur général chargé de la santé et de la protection du consommateur à la Commission européenne a l’obligation légale d’examiner les conséquences des politiques européennes sur la santé. Il ne l’a pas fait pour la politique d’austérité de la troïka. Au lieu de cela, il s’est limité à conseiller les différents ministères de la Santé des pays membres sur comment ils pouvaient couper dans leurs budgets ». Pendant ce temps, les gouvernements ont les yeux rivés sur le moindre point de croissance.

« Une petite lueur d’espoir vient des organisations de la société civile européenne, dont les professionnels de santé, qui se sont prononcées sur les effets néfastes des coupes budgétaires en matière de santé et de dépenses sociales. La question est : quelqu’un les écoute-t-il ? », conclut l’étude. Le président du groupe des socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen, l’Autrichien Hannes Swoboda, a vite réagi à l’étude britannique. « Tous les rapports de la Commission devraient porter le label “L’austérité tue” », a-t-il déclaré le 27 mars. Sera-t-il entendu ?

Rachel Knaebel

Photo : Pedro Armestre

Notes

[1] Chez les moins de 65 ans. Source : “The European health report 2012 : charting the way to well-being”, p 78.

[2] “Financial crisis, austerity, and health in Europe”, disponible ici.

[3] Voir l’étude “European Centre for Disease Prevention and Control. Risk assessment on HIV in Greece”.

[4] A écouter ici.

[5] De 3,7% à 11,2% entre 2005 et 2010.

http://www.bastamag.net/article3014.html

 

 

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Publié par le 4 avril 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 

Les noms de 130 Français ayant placé leur argent dans les paradis fiscaux dévoilés

 

 

Les petits malins qui seraient tentés de cacher une partie de leur fortune n’ont qu’à bien se tenir. Un consortium international de journalistes d’investigation, l’ICIJ, vient de dévoiler sur internet des documents secrets, qui comprennent des milliers de noms de patrons d’entreprises, grandes fortunes et autres personnalités ayant placé leur argent dans des paradis fiscaux.

Sont notamment concernées 130 Français, dont Jean-Jacques Augier, le trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande. Comme l’a révélé Le Monde, ce dernier a en effet ouvert au cours des années 2000 deux sociétés aux Iles Caïman, dans le cadre de ses affaires en Chine.

De nombreuses autres personnes proches du pouvoir sont épinglées, partout sur la planète. Parmi elles, le vice-président du Parlement mongolien, la fille de l’ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos, la famille du président d’Azerbaïdjan, la femme du vice-Premier ministre russe…

Sont aussi recensés de simples anonymes. On retrouve ainsi des dentistes américains, voire même des grecs issus de la classe moyenne, précise l’ICIJ.

Comment cette liste a-t-elle été mise au jour ? Grâce à un disque dur, que l’ICIJ a reçu un matin dans sa boîte aux lettres. A l’intérieur, 260 gigaoctets de données (feuilles de calculs, PDF, liens internet, images…), incluant notamment les noms de 122.000 sociétés « offshores » basées dans une dizaine de paradis fiscaux (Iles vierges britanniques, Singapour, Iles Cook…).

Pour analyser ces documents, l’ICIJ a collaboré avec 38 médias internationaux, dont Le Monde en France, la BBC et le Guardian au Royaume-Uni, ou encore le Washington Post aux Etats-Unis. Au total, 86 journalistes, en provenance de 46 pays, ont épluché pendant 15 mois ces dossiers.

Ce scandale, que l’on a d’ores et déjà baptisé « Offshore Leaks », n’a probablement pas fini de faire parler de lui. L’ICIJ a en effet promis qu’il dévoilerait de nouveaux noms au cours des prochaines semaines.

http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/les-noms-de-130-francais-ayant-place-leur-argent-dans-les-paradis-fiscaux-devoiles-824993

 

 

 
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Publié par le 4 avril 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 

Près de 15 000 emplois menacés dans l’industrie automobile….

 

Les ventes de voitures ont chuté de 16,4 % en mars sur un an en France. Le CNPA avait prévenu à l'automne qu'il s'attendait à une forte réduction des effectifs dans les métiers à l'aval de la production, notamment chez les concessionnaires et dans les ateliers de réparation.

 

Les réseaux de distribution automobile pourraient supprimer 15 000 emplois cette année en France si les ventes de voitures ne s’améliorent pas, estime le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), mercredi 3 avril dans Le Figaro. « On peut être assez inquiet pour cette année quand, l’an dernier, la rentabilité opérationnelle du réseau commercial français avoisinait 0 % », déclare Olivier Lamirault, président de la branche concessionnaires du CNPA.

Après avoir détruit 5 400 emplois en 2012, « les professionnels du commerce et de réparation pourraient supprimer 15 000 postes cette année si la situation ne change pas. Certains groupes ont déjà engagé des procédures de plans sociaux », ajoute-t-il.

Le CNPA avait prévenu à l’automne qu’il s’attendait à une forte réduction des effectifs dans les métiers à l’aval de la production en France, notamment chez les concessionnaires et dans les ateliers de réparation, en raison de la baisse des ventes de voitures. Celles-ci ont encore chuté de 16,4 % en mars sur un an.

La filière aval, qui emploie quelque 450 000 personnes en France, représente également les sociétés de recyclage, les carrossiers, les stations-service, les centres de contrôle technique et les loueurs de courte durée.

Outre la baisse des ventes de voitures, les concessionnaires souffrent aussi du ralentissement des activités d’entretien et de réparation de véhicules, précise Olivier Lamirault dans Le Figaro, l’après-vente couvrant seulement aujourd’hui 50 % de leurs frais fixes, contre 70 % deux ans plus tôt.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/03/pres-de-15-000-emplois-menaces-dans-l-industrie-automobile_3152539_3234.html#xtor=RSS-3208

 

 

 
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Publié par le 4 avril 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 

La Corée du Nord déplace un missile vers la côte Est

 

Pyongyang a prévenu Washington que ses troupes ont... (Photo AP)

 

La Corée du Nord a déplacé vers sa côte Est un missile doté d’une portée considérable, a indiqué jeudi la Corée du Sud, avant de prévenir que rien n’indique que le Nord se prépare à lancer une attaque.

Quelques heures plus tôt, Pyongyang avait prévenu Washington que ses troupes ont obtenu le feu vert pour lancer des attaques en ayant recours à des armes «plus petites, plus légères et nucléaires».

Le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Kwan-jin, a réfuté les informations diffusées dans la presse japonaise selon lesquelles le missile serait un KN-08, un missile à longue portée qui serait capable d’atteindre les États-Unis. Il s’agirait plutôt d’un missile de type Musudan, dont la portée de 3000 kilomètres lui permettrait de frapper le Japon ou la Corée du Sud.

Le ministre Kim a ajouté que le missile a possiblement été déplacé dans le cadre de manoeuvres.

 

Des experts rappellent que la Corée du Nord n’a jamais démontré qu’elle possède des missiles capables de frapper à longue distance ou avec précision. Des missiles présentés lors d’un défilé militaire l’an dernier étaient probablement des modèles en vraie grandeur.

Les États-Unis avaient précédemment annoncé le déploiement d’un système de défense antimissile à Guam afin de contrer les menaces nord-coréennes dans la région de l’Asie-Pacifique.

Le déploiement du système de défense antimissile à haute altitude (Terminal High Altitude Area Defence System, ou THAADS), est le geste le plus récent que pose Washington afin de faire montre de sa puissance militaire. Le Pentagone a déjà envoyé des bombardiers B-52, des avions de chasse et des navires dans la région.

Cette annonce survient après que le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel eut affirmé, mercredi, que la rhétorique nord-coréenne représentait un réel danger et une menace pour les alliés des États-Unis dans la région, et que Washington faisait tout en son pouvoir pour tenter de calmer le jeu.

Il a expliqué, lors d’une allocution à l’Université de la Défense nationale, qu’il y existait un chemin vers la paix dans la péninsule coréenne, mais que les menaces nucléaires et les actions provocatrices ne mèneraient à rien.

Pyongyang a menacé, il y a quelques semaines, de frapper les bases américaines au Japon et à Guam, un territoire américain situé en Micronésie, dans le Pacifique.

Des pirates informatiques semblent enfin s’en être pris au compte Twitter officiel du régime nord-coréen.

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201304/04/01-4637402-la-coree-du-nord-deplace-un-missile-vers-la-cote-est.php

 

 

 
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Publié par le 4 avril 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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