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Les remous d’un documentaire sur la gestion de l’eau devant le tribunal

14 Fév

 

Un salarié de Veolia poursuivi en diffamation par son employeur pour des propos tenus dans un documentaire intitulé Water makes money, qui dénonce la gestion privée de l’eau par les multinationales, a renouvelé jeudi ses accusations à l’encontre de l’entreprise.

Dans le documentaire, Jean-Luc Touly, affirmait que Veolia lui avait proposé un million d’euros pour qu’il renonce à la publication d’un livre dans lequel il mettait en cause son employeur en 2003.

Se définissant comme un lanceur d’alertes, il a réitéré ses accusations devant le tribunal correctionnel de Paris, mensonge éhonté selon l’avocat de Veolia, Me Christophe Bigot.

Veolia demande à M. Touly et l’association qui diffuse le film un euro de dommages et intérêts et le retrait des passages litigieux, ainsi qu’une publication judiciaire.

L’entreprise conteste également un passage dans lequel M. Touly crie corruption, corruption, lors du vote du Sedif (Syndicat des eaux d’Ile-de-France) choisissant la délégation de service public au privé plutôt que la régie publique en 2008.

Il a expliqué qu’il protestait en fait car l’écran de télévision retransmettant la séance avait été coupé lors du vote.

Pendant plus de trois heures, M. Touly, conseiller régional EELV d’Ile-de-France, a répété qu’il dénonçait un système généralisé, lançant à l’avocat de Veolia: Chaque fois que vous me ferez un procès, on l’utilisera comme une tribune politique.

Il dénonçait également dans le film corruption, système mafieux, conflit d’intérêts, propos qui visaient les dirigeants syndicaux des entreprises de distribution de l’eau, qu’il accuse d’avoir touché de l’argent, en acceptant par exemple des heures supplémentaires fictives.

L’eldorado dans le domaine de l’eau, c’est terminé, a-t-il poursuivi, jusqu’à ma mort, je continuerai le
combat.

Diffusé en 2010 au cinéma, le film a été rediffusé mardi dernier par Arte. Il a été vu au total par près de deux millions de spectateurs et téléspectateurs, selon M. Touly.

Plus la chappe de plomb est lourde, plus la liberté d’expression doit être forte pour compenser, a déclaré son avocate, Me Léa Forestier, plaidant la relaxe.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 28 mars.

Afp

 

 

Water Makes Money

Comment les multinationales transforment l’eau en argent. Documentaire de Leslie Franke et Herdolor Lorenz (Allemagne / France, 2010). Les groupes français Veolia et Suez sont les leaders incontestés du marché mondial de l’eau privatisée. Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux se disputent le marché. Ils sont présents sur tous les continents et constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, ils approvisionnent près de 80 % de la population en eau. Water Makes Money retrace le processus qui a conduit à l’abandon des régies publiques, encouragé par « le droit d’entrée » : une pratique consistant, pour les opérateurs privés, à mettre à disposition des communes une confortable somme d’argent afin de s’assurer la conversion au modèle du partenariat public-privé (PPP). Ces mariages d’intérêt ne sont pas restés sans conséquences pour les usagers : factures en constante augmentation, canalisations non entretenues… La longue liste de doléances a incité certaines municipalités, à l’instar de Paris et Grenoble, à choisir la « recommunalisation » pour protéger la ressource en amont et offrir aux habitants un service de qualité. En France, mais aussi en Allemagne, au Kenya ou au Guatemala, par la voix d’experts tels que Maude Barlow, lauréate du prix Nobel alternatif, d’élus locaux dont Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris chargée de l’eau, et de représentants d’associations de consommateurs, Water Makes Money alerte sur les dangers liés à l’hégémonie de Veolia et Suez, qui se traduit par une présence grandissante des multinationales dans les médias, les partis politiques, les ONG et les universités… En éclaircissant les pratiques obscures des grands groupes privés et en montrant l’importance des décisions publiques, le documentaire Water Makes Money cherche à alimenter le nécessaire débat sur la gestion de l’eau, ressource vitale universelle et objet des prochains troubles mondiaux…

 

 

 

 

 

 

 

 

 
2 Commentaires

Publié par le 14 février 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 

2 réponses à “Les remous d’un documentaire sur la gestion de l’eau devant le tribunal

  1. yjacquot

    15 février 2013 at 10 h 42 min

    l’eau est une matiére précieuse est devenant rare,les grands groupes l’ont compris et veulent mettre la main sur ce marché juteux au mépris comme d’habitude du bien général!

     
  2. Claude De Besnou

    16 février 2013 at 16 h 12 min

    oui Jacquot tu as raison, il n’y a rien de nouveau, j’ai même lu que dans certains endroits dur la terre ils allaient faire payer l’air que les gens respirent!!!
    Dans des pays à très forte pollution, les familles riches veulent que l’on leur réserve des endroits d’air pur, elles sont prêtes à y mettre le prix.
    Quelques temps après Cromagnon, il a fallu payer pour manger,
    le plus vieux métier du monde fait payer pour se soulager!
    Souvenez-vous quand il a fallu payer dans les villes pour uriner!!!
    l’eau n’y échappe pas
    l’air est le prochain sur la liste.

     

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