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La Chine veut-elle vraiment faire la guerre au Japon?

11 Fév

La crise sino-japonaise prend une tournure inquiétante. Explications.  

 

 

Un téléphone rouge entre Pékin et Tokyo?

Voilà ce que les autorités japonaises ont proposé samedi au gouvernement chinois pour que les militaires de chaque pays puissent se parler afin de prévenir tout dérapage dans la crise qui oppose les deux puissances. À l’origine de cette suggestion, qui n’est pas nouvelle, un « incident » qui illustre la montée des tensions entre la Chine et le Japon. Le 30 janvier, une frégate chinoise aurait « verrouillé » le radar d’un bateau japonais au large des îles Senkaku (administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine). En dehors de tout exercice ou manoeuvre, « verrouiller » une cible signifie une intention hostile.

« La Chine n’a pas envie d’une guerre avec le Japon, explique Valérie Niquet, directrice du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Mais il s’agit pour Pékin d’assumer une montée en puissance des tensions avec le Japon. » Cela a commencé par des patrouilles navales civiles chinoises aux abords ou dans les eaux de l’archipel contesté. Puis par des bâtiments militaires et jusqu’à des survols des îles par des avions de chasse chinois. Le climat ne s’est pas arrangé lorsque le nouveau Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a émis le souhait de réformer la Constitution de son pays afin d’autoriser les forces japonaises à participer à des actions militaires de défense collective au sein de coalitions alliées.

 

Le rêve d’une renaissance chinoise

« La Chine poursuit tranquillement, dans l’indifférence quasi générale, sa mainmise sur la mer de Chine du Sud », écrit Jean-Vincent Brisset, expert de l’Asie à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Il s’agit ni plus ni moins de 2 millions de kilomètres carrés par où transitent 40% du transport mondial maritime de marchandises. Au-delà de l’objectif stratégique, cela indique surtout l’état d’esprit des nouveaux dirigeants chinois emmenés par Xi Jinping. L’homme qui va diriger la Chine ces dix prochaines années a fait partie des membres influents des organes militaires décisionnaires.

Et cette volonté d’être fort sur le front extérieur, en attisant le sentiment nationaliste des foules, n’impliquerait pas forcément en échange un assouplissement des institutions communistes. « Xi Jinping assume le concept de “renaissance chinoise”, qui ne passe pas par une libéralisation du régime ou quelques ouvertures politiques mais par la seule accélération des réformes économiques visant à retrouver une croissance forte », souligne Valérie Niquet. « Cette crise avec le Japon et les autres riverains de la mer de Chine va donc durer », ajoute-t?elle. Ce qui exigera des États-Unis – dont l’ambition est de faire stationner 60% de sa flotte en zone Asie-Pacifique – et de tous les autres protagonistes agissant dans cette zone vitale des nerfs d’acier.

François Clemenceau – Le Journal du Dimanche

 

 

 
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Publié par le 11 février 2013 dans BILLET D'HUMEUR

 

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