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Les agroforestiers veulent réconcilier l’agriculture et l’environnement

04 Août

Planter des arbres au milieu des cultures et tirer parti de cette complémentarité pour réconcilier production et protection de l’environnement, créer des couverts végétaux contre l’érosion: quelques agroforestiers audacieux creusent les sillons de l’agroécologie de demain.

L’idée de décloisonner la forêt, de mettre les arbres au milieu des champs, de les faire travailler en osmose n’est pas nouvelle, mais elle est remise au goût du jour.

L’agroforesterie se pratique déjà traditionnellement en Normandie avec les prés-vergers, dans le sud de la France où oliviers et vigne cohabitent dans les parcelles agricoles, ou encore en Dordogne avec les noiseraies.

« Si l’agroforesterie est encore confidentielle, elle n’est pas élitiste », explique Christian Dupraz, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). « Elle se pratique en cultures conventionnelles et a pour avantage de diminuer considérablement les intrants et l’irrigation », précise-t-il.

Les revenus qu’en tirent les agriculteurs sont doubles: celui des récoltes céréalières à court terme et des arbres à moyen terme.

Les arbres cultivés sur les parcelles agroforestières sont des essences locales: érables, alisiers, noyers, merisiers ou tulipiers poussent d’autant mieux qu’ils ont les pieds dans les cultures, tout en redonnant aux paysages leur identité rurale.

Leur rôle est aussi de venir au secours d’un environnement maltraité par l’intensification des cultures.

Brise-vent, sentinelles contre le soleil et la pluie, ils protègent les cultures intercalaires, recréent un milieu fertile et hébergent sa biodiversité: la microfaune des sols, les auxiliaires des cultures, le gibier, les pollinisateurs et les abeilles.

Produire tout en protégeant: l’agroforesterie pose « les fondements de l’agriculture du futur », explique Alain Canet, de l’association Agroforesterie.

La recherche encore peu investie

« Il faut partir sur de nouvelles bases, plutôt que de normer des contraintes nouvelles pour l’agriculture », déclare le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, interrogé par l’AFP à l’occasion d’une visite de parcelle agroforestière dans le Gers.

Ces nouvelles bases, certains agriculteurs sont en train de les expérimenter dans le prolongement de l’agroforesterie en pratiquant les couverts végétaux, une technique de culture sans labour.

François Coutant, dans le Gers, a renoncé aux labours qui mettent ses terres à nu et favorisent leur érosion. Il les a remplacés par des couvertures de féveroles dans lesquelles il plante son blé et son maïs. Et ça marche. « Nos rendements en blé en coteaux sont de 75 quintaux à l’hectare (q/ha) contre 60 q/ha auparavant et en maïs ils progressent de 25% à 100q/ha ».

Le ministre de l’Agriculture a, à l’occasion de sa visite dans le Gers, réaffirmé son soutien à des systèmes agricoles qui allient production et protection de l’environnement, tout en rappelant que l’agronomie doit redevenir une priorité dans les programmes de recherche et de développement.

« J’ai envie d’assurer une transition vers une agriculture performante économiquement et écologiquement, déclarait-il récemment à l’Assemblée nationale, interrogé sur la question des dérogations relatives à l’utilisation des pesticides.

Il reste encore beaucoup à faire pour faire passer ces nouvelles pratiques agricoles du stade expérimental à celui de pilotage d’un système où agriculture et environnement seraient dans une démarche gagnant-gagnant, explique Christian Dupraz.

La recherche s’est encore peu investie dans le sujet, déplore-t-il. Le temps presse puisque, selon lui, les parcelles agroforestières pourraient couvrir dans 30 ans 1 million d’hectares, contre 10.000 actuellement.

Afp

Christian Dupraz, chercheur en agroforesterie, Inra, France

 

http://umr-system.cirad.fr/programmes_finalises/systemes_sylvo_arables

 

 

 

 
6 Commentaires

Publié par le 4 août 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

6 réponses à “Les agroforestiers veulent réconcilier l’agriculture et l’environnement

  1. laurent

    5 août 2012 at 7 h 43 min

    On va enfin retrouver les paysages que j’ai connu enfant, tout en restant rentable que demander de plus ?

     
    • Patrick

      10 août 2012 at 11 h 23 min

      Non, pas vraiment : pour les pâtures, cela pourra ressembler au pré-verger d’antan, pour les cultures par contre cela changera fortement: ce n’était pas si habituel d’avoir des arbres plantés en rangé bien aligné dans les champs de blé.

      Le paysage ne reviendra pas à ce que vous pensez, mais il peut changer fortement par l’apparition d’arbre au milieu des cultures.

       
  2. arnaldur

    6 août 2012 at 8 h 55 min

    C’est une façon détournée de continuer a engraisser l’industrie chimique. Surtout ne pas arrêter les pesticides et autres causes des cancers. Comment les agriculteurs peuvent-ils être suffisamment âpres au gain pour continuer a utiliser ce qui les assassine chaque jour un peu plus? Ils préfèrent mourir que de changer. Qu’ ils meurent alors! Hélas nous avec..

     
    • Patrick

      10 août 2012 at 11 h 29 min

      Comment pouvez vous avoir autant d’œillères et être aussi monomaniaque? Sur un sujet comme l’agroforesterie, vous partez sur les phytosanitaires.
      Les deux n’ont aucun rapport direct : l’agroforesterie est une manière différente d’utiliser nos parcelles agricoles en combinant culture et arbre. Elle peut se faire sur des parcelles conventionnelles et bio.

      Pour le reste de vos assertions (cancer, mourir, âpre au gain etc.), je vous laisse dans votre dogmatisme. Le monde agricole est plus intelligent que cela.

       
  3. qq29

    7 août 2012 at 12 h 19 min

    Comment fait-on pour travailler pur l’industrie de l’armement, des ministères de « la guerre », dans des institutions défaillantes, dans la désinformation médiatique criminelle, dans des banques mal faisantes, … Pas que les paysans !

    Faut interdire les labours à plus de 3 cm de profondeur messieurs les députés ! ils abiment le sol !!!

     
    • Patrick

      10 août 2012 at 11 h 31 min

      C’est un commentaire de non agricole que je lis là : le labour a son utilité pour désherber les champs. A titre d’exemple, le non-labour entraîne l’apparition de brome et celui-ci disparaît après un labour. Quand en plus, vous parlez de faire moins de 3 cm, il va falloir me dire avec quoi vous faites cela car même un simple déchaumage peut être au dessus de 3 cm…

       

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