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Archives du 6 juin 2012

A. Gundersen, Fukushima Daiichi la vérité et l’avenir 12.05.2012

 

Publiée le 6 juin 2012 par kna60

Dans le cadre d’une présentation dans le Kansai au Japon le 12 mai 2012, Maggie et Arnie Gundersen de Fairewinds Energy Education ont répondu aux questions spécifiques posées par les organisateurs du colloque sur l’état de la piscine de combustible usé de l’unité 4 de Fukushima Daiichi.
Fairewinds analyse l’explosion à l’unité 3 de Fukushima Daiichi.
En outre, Arnie discute de quel peut être l’avenir du Japon s’il choisit une voie sans énergie nucléaire.

Vidéo et transcripts originaux en Anglais :http://fairewinds.com/content/fukushima-daiichi-truth-and-future
Traduction & sous-titrage Fr par Kna60 , avec l’autorisation de Fairewinds Energy Education.

 
 
Lire aussi:
 
 
Source:  Scoop.it 
 
 
 
 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

En Grèce, HSBC teste des distributeurs de drachme

Pour certains, l’éventualité d’une sortie de la Grèce de l’euro se fait de plus en plus crédible. La banque HSBC teste des distributeurs de drachmedans le pays, rapporte le site This is Money.

 

 

 

 

HSBC - High Street Ell Brown via Flickr CC License by

 

HSBC cherche à savoir s’ils fonctionneraient toujours avec une réintroduction de la drachme dans le cas d’un retrait du pays de la zone euro.

Le site économique analyse la décision de la banque britannique:

«C’est jusqu’à présent le signe le plus clair que le secteur financier international pense que la Grèce est sur le point de quitter la monnaie unique et de retourner à son ancienne monnaie.»

En réponse, HSBC s’est justifié de cette action par le biais d’un porte-parole:

«Comme toutes les banques, nous avons travaillé avec les régulateurs pour entreprendre un travail préparatoire à des niveaux multiples dans l’éventualité d’un défaut souverain, d’une sortie de l’euro ou d’une autre possibilité.»

La Grèce votera le 17 juin pour des élections législatives. Un scrutin jugé comme déterminant pour l’avenir du pays, et de son futur, ou non, dans la zone euro.

Slate

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

L’effondrement économique pour les nuls :)

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Les dessous de l’affaire Kerviel

Le procès en appel de J. Kerviel n’est pas celui d’un homme, mais d’un système qui a tellement fait sien le principe se de son utilité et de son infaillibilité qu’il en a oublié toutes limites. Qu’on en juge en effet : les autorités de surveillance des marchés en Allemagne et en France ont alerté pas moins de soixante-dix fois la Socgen des dépassements de limite de leur « trader fou », sans que l’employeur ne réagisse pour autant et surtout que les mécanismes disciplinaires ne soient activés, ce qui constitue en soi un aveu non pas de l’impuissance du régulateur à contrôler les activités de marché mais de complicité tacite et active des superviseurs comme des régulateurs qui acceptent de fermer les yeux sur des pratiques en violation complète de la loi. L’important du côté des régulateurs est  que la poule aux œufs d’or continue à pondre à plein régime. Car nombreux sont ceux qui ont intérêt à la, perpétuation du système de financement de la dette publique par les marchés.

Quel rapport ici avec la dette publique  et l’affaire Kerviel? Et bien c’est tout l’enjeu du débat derrière la régulation ou la pseudo régulation des marchés. En effet les liquidités dont disposent les banques pour le financement de leurs actifs, c’est-à-dire de leur crédits « originés » au banking book comme des expositions de marché au banking book proviennent de plus en plus de l’échange de titres obligataires contre de la monnaie banque centrale transformée en monnaie bancaire par les banques qui ont accès à ce système de financement, soit directement auprès de la BCE soit via leurs comptes de réserve auprès de leur banque centrale nationale. Pour en revenir à l’affaire kerviel la liquidité nécessaire aux prises de position de short selling provient des brokers qui gèrent les comptes de trading avec effet de levier de leurs clients bancaires. A l’époque des faits, la liquidité fournie aux banques AAA était quasi illimitée pour financer leurs opérations de short selling, tout comme celles qui étaient accessibles aux hedge funds dans leurs opérations d’émissions de titres collatéralisés par les créances hypothécaires vendus par les banques pour refinancer leurs prêts immobiliers sur les marchés en profitant de la globalisation de la demande de la part des investisseurs.

Les pratiques qui sont reprochées à Kerviel sont donc monnaie courante dans une industrie qui jouit du privilège insigne de créer de la monnaie électronique M3 ou fiduciaire M2 sur la base de son endettement au bilan permis par les liquidités offertes par d’autres banques ou les banques centrales. En d’autres termes, les plus-values réalisées grâce aux facilités de financement offertes par la banque centrale permettent aux banques de générer des plus-values impressionnantes, sous la forme de revenus sur taux d’intérêt mesurés en points de base.  A qui profite ce système de rémunération des expositions de crédit ou de marché ? En premier lieu à l’Etat qui en récupère une partie importante sous la forme de taxes sur les plus-values financières et de l’impôt sur les sociétés. Le plus gros bonus versé par les banques ne va pas aux traders mais à la caisse du Trésor public qui jouit de sont côté du privilège de transformer la monnaie électronique créée par les banques via l’émission de produits dérivés ayant comme sous-jacents les actifs de l’économie réelle, en monnaie M1M2 via la dépense des budgets publics  financés par les taxes que versent les banques sur leurs opérations de marché. Ainsi la banque d’investissement a été une excellente affaire pour la puissance publique qui n’avait plus qu’à se baisser pour ramasser les gains de la spéculation financière au lieu d’attendre les rentrées d’impôts de la part des agents économiques soumis aux lois du marché avec tous ses aléas en matière de fluctuation des revenus en fonction de la conjoncture. Pensez donc à l’avantage représenté par la collecte des plus-values générées par les bulles financières à côté d’une base fiscale ronchonne et volatile, depuis que la globalisation a institutionnalisé la mobilité du capital productif. Le capital financier lui ne demande qu’à repartir dans les caisses de l’Etat dont il est provient, puisque les bulles spéculatives sont largement issues des liquidités offertes par les banques centrales  sur la base de l’échange des titres obligataires détenus par les banques contre du cash réinvestissable dans des prises de position « risquées » sur les marchés.

La période 2007-2008 avait ceci de formidable, que tout le monde savait ce qui allait se passer depuis que la BNP avec la vente de son fonds d’investissement spécialisé dans l’immobilier fin juillet 2007 et le retrait de Goldman Sachs des opérations de titrisation des créances immobilières avaient donné le coup d’envoi de la dégringolade des marchés actions. Il est somme toute compréhensible qu’un jeune trader comme Kerviel se soit laissé prendre au jeu de la vente à crédit pour racheter, compte tenu des privilèges exorbitant dont bénéficiaient les banques pour le financement de leurs expositions de marché à découvert. Sur un marché cartellisé, les market makers de la partie vendeuse  s’entendent entre eux pour faire chuter les marchés en fixant les prix d’achat,  en dessous de la moyenne mobile par exemple, de façon à déclencher les ordres automatiques qui vont  provoquer la dégringolade folle jusqu’au prochain niveau de rachat. Imaginez le pactole sur des milliers de lots avec des effets de levier de 1 :100 ou même 1 :400.

Seulement Kerviel n’a pas eu de chance, car il s’est pointé à un moment où les banques françaises essayaient aussi de se désengager du marché américain des produits structurés où elles s’étaient imprudemment lancées et comme toujours avec retard, ce qui les avait placé en mauvaise posture, compte tenu de la dégringolade rapide des marchés CDO et des obligations de récupérer des actifs immobiliers qui collectionnaient les défauts des souscripteurs de crédit américains. Dans ce contexte la banque a sans doute pris peur de voir se retourner contre elle des prises de position trop rémunératrices pour être durables, tant il est vrai qu’en vertu du principe d’imitation, le marché vendeur devait forcément se retourner en marché acheteur à l’orée 2008. L’ironie du sort est que Kerviel  avait bien vu le scénario de la remontée du Dax, mais que ses supérieurs ont pris peur pour finalement le lâcher en l’obligeant à dénouer des positions pourtant gagnantes ? mais faisant peser un risque systémique sur la banque.

Voilà comment les banquiers se sont laissées prendre à leur propre piège de l’endettement source de profit par la spéculation qui rémunère l’endettement public jamais à court d’émissions d’obligations qui constituent la réelle monnaie d’échange entre les banques d’investissement et les banques centrales, compte tenu des facilités d’échange offertes par la législation européenne en matière d’effet de levier au bilan pour les grands groupes bancaires. Ceux-ci projettent de  s’unifier au niveau européen sous l’égide de la Commission désireuse de faciliter l’accès au financement du marché pour les établissements bancaires défaillants pour concrétiser son idée des euro-bonds. C’est dire si les crises nées de l’abus de l’offre de crédit par les banques n’auront servi à rien, si ce n’est à alimenter la machine à fantasmes des technocrates qui continuent à voir dans l’émission de dettes la panacée pour sortir de la crise alors qu’elle en serait plutôt la cause.

L’affaire Kerviel n’est donc pas le procès d’un homme ou d’une banque, mais celui du financement de la technocratie à travers l’inflation monétaire dégénérant en récessions ou en scandales boursiers, sans que jamais les juges ne songent à remonter aux vrais coupables que sont les idéologues socialistes qui ont compris tout l’avantage de socialiser le capital privé en le transformant en dettes publiques transformables en revenus boursiers et autres revenus sur taux d’intérêt censés alimenter indéfiniment les caisses de l’Etat, à défaut de faire vivre les entreprises en leur offrant des moyens de financement adéquats. 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Deloire et Dubois : « Pour les élites mondiales, moins il y a de démocratie, mieux c’est »

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

La préfecture de Paris perd 75 000 circulaires du Parti Pirate?

75 000 électeurs de la deuxième circonscription de Paris ont reçu dans leur boîte aux lettres une enveloppe dans laquelle figuraient les circulaires des candidats, sauf celle du Parti Pirate. La préfecture, en dépit de preuves contraires, assure ne jamais les avoir reçues.

 

 

 

C’est un incident majeur pour le Parti Pirate, qui pourrait avoir d’importantes répercussions nationales si l’accès au financement public se joue à quelques circonscriptions près. La candidate Véronique Bover Sayous, qui se présente dans la 2ème circonscription de Paris (celle de François Fillon), a en effet appris que les services de la préfecture avaient égaré 75 000 circulaires qui devaient être distribuées par courrier aux électeurs, parmi toutes les autres circulaires des candidats à l’élection législative. C’est par ce document que nombre d’électeurs sont informés de l’existence et du programme des différents candidats.

« Samedi 2 juin, par un coup de téléphone d’un habitant de la circonscription, nous apprenons que notre circulaire ne fait pas partie du courrier envoyé aux électeurs« , raconte l’équipe de campagne de Mme Bover Sayous, une metteur en scène de 44 ans. « Après moult coups de fil, il nous est confirmé que nos circulaires n’ont pas été diffusées pour une raison bien simple : les services de la préfecture prétendent ne jamais les avoir reçues« .

Pour sa part, le Parti Pirate assure « après enquête » que les circulaires sont bien parties à temps de chez l’imprimeur, qu’elles ont été acheminées par le transporteur, et ont bien été livrées au prestataire de la préfecture. « Le prestataire de la préfecture ignore quant à lui l’endroit où peuvent bien se trouver ces 75 000 circulaires, soit 60 colis pour 420kg« , se lamente la formation politique. Au total, comme l’atteste un récépissé signé par le prestataire, 160 colis avaient été livrés ; mais seuls 50 ont été retrouvés, soient 65 000 circulaires sur l’ensemble des 205 000 qui avaient été livrés.

Le fait est d’autant plus étrange que « précédemment, les services de la préfecture avaient aussi égaré 40 000 de nos 50 000 bulletins de vote, avant de les retrouver, ainsi que les 65 000 circulaires d’un autre candidat pirate« .

Ce genre d’incidents n’est pas rare dans les campagnes électorales, mais il peut avoir des conséquences fâcheuses pour les petits partis pour lesquels chaque voix compte. En effet, le Parti Pirate a pour objectif d’obtenir 1 % des voix dans au moins 50 des 101 circonscriptions où il se présente, pour accéder au financement public. Le cas échéant, chaque voix sera ensuite convertie en euros, avec environ 1,60 euro par suffrage exprimé en sa faveur.

Or avec 18 candidats dans la circonscription où s’affrontent Axel Khan (PS) et François Fillon (UMP), la dilution promet d’être très importante et l’accès au 1 % de voix pourrait se jouer sur quelques voix seulement.

Face au refus de la préfecture d’entendre le problème et d’y apporter une réponse, Véronique Bover Soyous a décidé de suspendre sa campagne. Elle tiendra ce mercredi soir une conférence de presse. D’ores et déjà, le Parti Pirate a prévenu de son intention de défendre ses droits, au besoin en justice.

Numerama

http://partipirate.org/blog/

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Retour de Grèce….

Quoi de mieux qu’un témoignage pour décrire la situation actuelle en Grèce? C’est tragique, plutôt effrayant quand on sait que cela peut arriver à d’autres pays dont la France, à moins que l’on passe du niveau « normal » au niveau « chaos » sans même passer par l’étape « Tragédie grecque »….

 

 

 

 

Finalement au bout de quelques jours après mon retour de Grèce je me risque à écrire ces quelques lignes car ne peux garder le silence. Je n’ai pas l’intention de faire un article de presse j’en suis d’ailleurs incapable, en plus je n’ai pas le coeur à l’écriture mais plutôt l’envie de crier ma colère. Je suis comme beaucoup de grecs au sang chaud beaucoup plus à l’aise dans l’expression orale qu’à l’écriture.

Ce que j’ai vu en Grèce pendant ces quelques jours me révolte. Certes la Grèce est restée un beau pays mais comme me l’ont dit beaucoup de grecs rencontrés là-bas « la Grèce était un paradis, ils en ont fait un enfer ! ». Déjà qui se cache derrière ce « ils » ? Tout d’abord le pouvoir politique local. Ces hommes politiques corrompus « les vouleftes » c’est-à-dire les membres du parlement et du gouvernement de coalition qui adoptent jours après jours toutes ces mesures qui étouffent l’économie et qui saigne le peuple. Ces hommes politiques aujourd’hui détestés par tous les grecs n’osent même plus sortir dans la rue, se mettre en terrasse prendre un café ou aller dans une taverne. Pendant des décennies ces derniers ont bénéficié des largesses de nombreuses multinationales françaises, américaines, anglaises et allemandes trempant dans d’innombrables scandales comme celui du contrat de sous-marins à plusieurs milliards d’euros de la firme allemande Siemens. De même, des entreprises comme Carrefour, British Petroleum, Shell, Unilever, Coca Cola, Nestlé et bien d’autres ont été impliqué dans des affaires scandaleuses parfois condamnées par la justice pour ententes illicites, pratiques illégales, positions dominantes voire même corruption. Enfin les institutions internationales (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fond Monétaire International) qui se regroupent derrière le mot de Troika ne sont en fait que le bras armé du capitalisme financier qui détient le vrai pouvoir en Grèce tout comme dans le reste de l’Europe. Et ne nous trompons pas car aucune de ces institutions malgré leurs milliards d’euros versés n’ont aidé véritablement la Grèce. Pas un seul euro n’est arrivé dans la poche des grecs. Il s’agit en réalité d’un immense marché de dupes car les euros versés sont retournés directement dans la poche des créanciers dont les banques. Ce système est une machine à appauvrir les peuples aux services de la puissance de l’argent.

Je ne tiens pas à vous parler aujourd’hui de ces chiffres que l’on vous abreuve, pas plus que de ces analyses macroéconomiques relayées par des pseudos spécialistes qui plus est n’ont jamais mis les pieds en Grèce et ne connaissent rien de la vie de tous les jours sur place. Ils vous assènent à longueur de journée dans leurs médias des analyses qui se révèlent être de mois en mois toujours plus fausses ! Ce que je tiens aujourd’hui c’est à témoigner de ce que j’ai vu et attendu là-bas durant mes deux semaines de séjour.

Quelque que soit le lieu, ils m’ont tous demandé de passer le message suivant aux français : « Nous ne sommes pas des fainéants, nous travaillons beaucoup », « Nous n’avons jamais profité de ces milliards d’euros qui font aujourd’hui la dette de notre pays », « Nous avons été sali par les propos tenus ou écrits en France et surtout en Allemagne par certains ». Comme a pu me dire Manolis qui tient une ouzeri sur l’ile de Chios, « ma femme et moi, nous levons à 5h00 du matin et nous couchons entre 01h00 et 02h00 du matin. Nous ne prenons jamais de vacances, avons du mal à gagner notre vie avec nos deux enfants à élever ». Malgré des années d’études supérieures, Nikos et Alexandra quant à eux ont dû, par manque de travail, quitter Athènes pour créer une petite activité agricole. « Au moins avec cela ici nous pourrons peut-être manger et vivr ». Alexandra ajoute « Quand j’appelle mes amis et mes parents à Athènes, ils me disent qu’il n’y a pas d’espoir, tout va de mal en pis ». Beaucoup de leur amis ont quitté la capitale pour retourner à la campagne et les plus chanceux ont réussi à quitter la Grèce pour les Etats-Unis ou l’Australie. C’est une bien triste perspective pour la Grèce mais aussi pour l’Europe de voir sa jeunesse au demeurant super diplômée quitter le continent pour une vie meilleure ailleurs ! Voilà où nous conduit la politique libérale. A Pirghi dans le café où je discute avec Nikos et Alexandra, le patron un très vieux monsieur qui dans un autre pays serait sûrement assis dans son fauteuil devant sa télévision exprime toute sa rancoeur. « J’ai 82 ans, j’ai une retraite de misère et je travaille encore » et de rajouter « J’ai honte de voir des enfants en Grèce réclamer aujourd’hui à manger. Même pendant la guerre nous n’avons pas connu cela ». Enfin, pour lui comme pour beaucoup de grecs, la Grèce n’est plus une démocratie. « On nous impose un gouvernement que nous n’avons pas choisi ». Même si vu de France les grecs semblent réactifs et beaucoup bouger, les grecs quant à eux se qualifient même d’endormis : « Nous les grecs nous sommes aujourd’hui endormis mais je sais qu’on va se réveiller et cela va exploser » et de rajouter « Quand tu seras en France dis leur que je n’ai peur de personne, trop c’est trop ! Tous ces politiciens pourris à Athènes, il faut les virer ».

A Athènes justement, pour qui connait la ville comme moi, on ne reconnaît plus rien. Beaucoup de gens ont quitté la ville comme Stélios qui a décidé de retourner dans le village de son père dans le Péloponnèse. Impossible pour lui de payer un loyer de 350 euros maintenant que le smic est de 470 euros net. L’ambiance est oppressante. On dirait qu’une chape de plomb est tombée sur la ville. Des milliers de magasins sont fermés, des immeubles ont brulés et l’on sent même encore l’odeur lorsque l’on passe devant ces bâtiments comme ce néoclassique avenue Stadiou. Les bars et les tavernes sont vides. Le prix de l’essence flirtant avec les deux euros, la circulation automobile a nettement diminué. Même le soir les rues sont devenues désertes. Je ne parle pas de ces pauvres gens qui n’ont plus de toit et qui se contentent de cartons. La soupe populaire pour beaucoup le soir est le seul moyen de manger. Je vous rappelle qu’en Grèce il n’y a ni RMI ni RSA ! Alors marche ou crève ! Et tous ces gens qui poussent des chariots de supermarchés reconvertis ; de « nouveaux métiers » sont apparus : récupérateur de carton, de fer, de plastique… Aussi cette mamie qui pourrait être ma mère qui est assise dignement au coin de la rue avec ces quelques sacs en plastique remplis de toute sa vie et qui attends je ne sais quoi. J’ai la haine !

Vers la place Omonia des milliers de gens arpentent les rues désoeuvrés le regard vide, je n’ai jamais vu cela. Les grecs étaient si expressifs ! Bref la vision d’un autre monde d’un autre continent. Au marché à la viande et au poisson les gens crient leurs haines des hommes politiques et de l’Europe. Cette vieille dame qui me dit que sa fille médecin est maintenant au chômage et que son mari va lui aussi perdre son boulot ; ils ont deux enfants et c’est donc maintenant la grand-mère qui va devoir faire vivre toute la famille ! C’est une autre dame rencontrée par hasard sur le marché, une française, qui vit depuis plus de vingt ans en Grèce et qui me dit « Maintenant on débauche les gens au salaire de 1500 euros pour réembaucher dès le lendemain, soit les mêmes ou quelqu’un d’autre à 500 euros ». Voilà à quoi mène la politique de flexibilité du travail de l’Europe de Madame Merkel, de Monsieur Sarkozy et consort. Mon amie Maria, qui vit à Patras, professeur fonctionnaire de son état a perdu prés de 50% de son salaire. Même elle, à l’aise hier, ne peux que tout juste chauffer un peu son appartement non pas pour elle mais pour Irini sa petite fille de 3 ans. Tout cela en Europe en 2012. A Athènes les journées sont jalonnées par des occupations, des arrêts de travail, des manifestations quasi quotidiennes comme ces parents et adolescents de 14/15 ans qui manifestent devant le ministère de l’intérieur face à un cordon de MAT ultra armés (CRS grecs) réclamant le maintien des transports scolaires pour les villages éloignés de la capitale et l’arrêt des fermetures de classes et d’écoles. Dans le cortège, une manifestante, mère d’élève, m’informe « Il n’y a pratiquement plus de chauffage dans les écoles et la cantine c’est du passé ! Il faut savoir que la Troika exige que l’argent serve en priorité au remboursement de la dette et aux contrats militaires ; la santé, l’éducation et le reste on verra plus tard ». Ce sont aussi ces longs cortèges du PAM (syndicats proche du Parti Communiste grec KKE) qui sillonnent la ville en scandant des slogans hostiles à l’Europe et la TROIKA. Les syndicats manifestent devant le parlement ; et tous ces policiers armés jusqu’aux dents qui protègent les bâtiments publics, les banques et les demeures des puissants.

Dans tout ce chaos j’ai même pu entendre et je ne dois pas le cacher même si cela m’inquiète beaucoup des propos certes peu nombreux mais de soutien à Chrisi Avgi (Aube Dorée – parti néo fascistes) tout comme des gens qui me disent « Pendant la dictature certes on ne pouvait pas parler mais au moins on mangeait ». Un message à messieurs les politiciens sans culture historique : vos prédécesseurs avaient justement en 1981 fait entrer la Grèce qui sortait d’une dictature (1967 à 1974) dans l’Europe pour la protéger de tous retour en arrière. La Grèce, le chaos, un sentiment de fin de règne. J’ai l’impression que tous va exploser, la marmite boue, boue, boue ! Et nous peuple d’Europe que faisons-nous ? Se résigner, certainement pas ! Même si aujourd’hui le peuple grec semble épuisé par des mois de lutte, le jour viendra où il va se réveiller comme a pu le préciser Anna Vagenas une députée indépendante il y a quelque jours à ses collègues au parlement : « Méfiez-vous ! Je ne serais peut-être bientôt plus ici, c’est peut-être la dernière fois et même très probablement la dernière fois que je monte à cette tribune. Mais si vous avez encore un peu de sensibilité alors faites attention ! Parce que quand va arriver l’explosion… bien sûr, certains vont se cacher derrière les hauts murs des villas qu’ils ont construit dans la banlieue en pensant y être en sécurité mais ils ne le seront pas ! ». Même le président de la république Grec s’exprimant très rarement a précisé hier au président du parlement européen « Aujourd’hui les grecs n’en peuvent plus, ils ne supporteront plus de mesures supplémentaires ». C’est tout à fait mon sentiment.

En conclusion, un extrait de l’appel de Mikis Théodorakis adressé aux peuples d’Europe en 2011 et qui toujours d’actualité : « Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent. Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme ». Nous aurons été prévenus …

Source: la-gauche-cactus.fr via Les moutons enragés

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Olivier Delamarche le 05 Juin 2012 sur BFM

 

 

 
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Publié par le 6 juin 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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