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Archives du 30 mai 2012

Vers un hold-up des multinationales sur les semences paysannes ?

Des milliers de variétés de semences pourraient être privatisées. Cela se passe en Inde où les multinationales Monsanto, Syngenta, ou la française Limagrain, tentent de s’accaparer ce bien commun. De quoi mettre en péril la souveraineté alimentaire de l’Inde dont les variétés végétales ancestrales seraient brevetées et privatisées par les multinationales de biotechnologies. L’écologiste indienne Vandana Shiva sonne la contre-attaque.

 

 

 

40 000 variétés de semences en Inde pourraient tomber entre les mains des multinationales. C’est ce que révèle un article de l’édition indienne du Wall Street Journal du 18 mai. Dans un entretien, Swapan K. Datta, chercheur en génie génétique et directeur général adjoint du Conseil indien de recherche agricole (ICAR) propose d’« offrir » aux multinationales l’immense banque de gènes nationale. La contrepartie ? « Bénéficier de l’expertise des multinationales en vue de développer des semences à rendements plus élevés pour les agriculteurs indiens ». Ces semences « améliorées » sont celles présentées par les firmes de biotechnologies comme résistantes à la sécheresse et aux aléas climatiques [1].

M. Datta évoque aussi « le partage des profits » et « la conquête d’un marché des semences », évalué à 200 milliards de dollars. « Vendre notre banque de gènes, c’est mettre en péril notre souveraineté alimentaire », s’insurge la militante écologiste indienne Vandana Shiva. « Il est complètement ridicule de considérer les institutions publiques indiennes comme étant en mesure de conquérir le marché mondial des semences, alors même que le marché des semences indien est confisqué par d’autres ». Dix firmes contrôlent les deux tiers du marché mondial de la semence, et 65 % des brevets et produits issus des biotechnologies agricoles dans le monde, selon le rapport 2009 du think-tank canadien ETC Group.

Monsanto, Syngenta, Limagrain… à l’assaut de la biodiversité

Parmi ces firmes, les américaines Monsanto et Dupont, la suisse Syngenta et la française Limagrain. Toutes s’intéressent aux banques de semences de variétés végétales, collectées dans les champs et stockées en chambres froides depuis les années 50. Cette conservation des variétés ex situ, c’est à dire « hors site », s’inscrit dans le cadre de politiques publiques visant initialement à garantir la sécurité alimentaire. Face aux changements climatiques, conserver les vieilles variétés donne la possibilité de puiser à tout moment dans l’ancien matériel génétique et ainsi de renouveler les variétés plantées. On compte aujourd’hui 1 500 banques de gènes dans le monde. Mais un demi-siècle après leur création, les gouvernements se retirent massivement de leur fonctionnement, pour laisser la place aux multinationales. Cette privatisation progressive des conservatoires de semences en font un réservoir de gènes pour les semenciers privés.

« Ce que propose le Dr Datta, c’est la légalisation de la biopiraterie, autrement dit la piraterie de la biodiversité à travers des brevets », résume Vandana Shiva. Une société américaine, W.R. Grace, s’est déjà illustrée dans une affaire de biopiraterie avec le Neem, également appelé le margousier des Indes. La compagnie avait déposé auprès de l’Office européen des brevets (OEB), une demande de brevet portant sur une propriété fongicide du margousier en vue de la fabrication d’un pesticide. Des propriétés connues depuis des millénaires par les communautés autochtones. C’est au terme d’une longue bataille juridique que l’OEB a rejeté en 2005 cette demande de brevet.

Privatisation des ses savoirs traditionnels

Une autre bataille se livre actuellement entre l’Autorité nationale de la biodiversité indienne et le géant agroalimentaire Monsanto. Ce dernier a utilisé – sans autorisation – une dizaine de variétés locales d’aubergines pour développer l’aubergine Bt, génétiquement modifiée, afin de produire un insecticide. Cette aubergine, protégée par un brevet, pourrait privatiser le travail millénaire et les savoirs ancestraux des populations qui ont permis la sélection de variétés adaptées aux besoins locaux. « Les communautés ne vont pas rester assises à regarder le matériel génétique qu’eux et leurs ancêtres ont fait évoluer, remplir les poches d’entreprises ou d’entités privées », promet Vandana Shiva.

 

 

Chaque semence ayant rejoint la banque de gènes est un produit naturel, qui a pu évoluer du fait d’interventions humaines. « Ce ne sont pas les multinationales qui ont créé des variétés résistantes au changement climatique, assure Vandana Shiva. Elles les ont volées aux communautés paysannes qui ont fait évoluer ces semences au cours des millénaires ». Les organismes publics comme l’ICAR sont donc dépositaires d’un matériel génétique inestimable qui n’a pas vocation à être mis aux enchères.

Maintenir des variétés, un travail pour l’humanité

Fondatrice de Navdanya, association pour la conservation de la biodiversité et la protection des droits des paysans, Vandana Shiva contribue avec plus de 10 000 paysans d’Inde, du Pakistan, du Tibet, du Népal et du Bangladesh à une banque de semences traditionnelles. Ces semences sont données aux paysans qui veulent revenir à une agriculture biologique. Comme l’explique le réseau Semences paysannes, « c’est seulement en gardant la liberté de sélectionner leurs semences que les paysans peuvent choisir les modes de production et de transformation qu’ils souhaitent et aussi se prémunir contre la contamination par des organismes génétiquement modifiés ».

« Ces 40 000 variétés de plantes ne sont ni la propriété du Dr Datta, ni même du gouvernement, souligne l’écologiste indienne. Elles sont une propriété collective ». En fondant Navdanya en Inde, Vandana Shiva propose une alternative non lucrative à la mainmise privée sur le vivant. En France aussi, les maisons de la semence se développent [2]. Elles visent à protéger et à gérer les semences collectivement et localement, et à garantir que ce patrimoine commun reste disponible. « Et si les milliards d’euros aujourd’hui consacrés aux recherches en biotechnologies végétales étaient reconvertis pour financer massivement la conservation dynamique des variétés paysannes ? », propose le Réseau semences paysannes. Une mesure qui ne réjouira certainement pas Monsanto et consorts.

Sophie Chapelle

 

 

 
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Publié par le 30 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Vénus passera devant le Soleil le 6 juin prochain

Le 6 juin prochain, la planète Vénus passera devant le Soleil. C’est un phénomène unique qui permettra aux astronomes d’en apprendre beaucoup sur l’atmosphère de « l’Étoile du berger ».

 

 

 

La planète Vénus (Crédits : NASA)

 

A travers le monde entier des astronomes se préparent à observer un phénomène extrêmement rare : le passage de Vénus devant le Soleil. Prévu pour le 6 juin 2012 de 0h10 à 6h50 (heure française), ce passage a eu lieu pour la dernière fois en juin 2004. Mais après celui-ci, il faudra attendre plus d’un siècle, les épisodes antérieures remontant respectivement à 1761 et 1769, 1874 et 1882. En métropole, le spectacle ne sera observable que dans sa dernière heure tandis que les DOM-TOM situés dans l’océan Pacifique seront aux premières loges. Toutefois, il faudra faire extrêmement attention en se protégeant les yeux, comme à chaque fois qu’on se tourne vers l’astre solaire.

Pour cette observation exceptionnelle, les Français prévoient de participer aux campagnes internationales et aux expéditions maritimes mises en œuvre. En tout, neuf télescopes mobiles, cinq grands observatoires solaires et six satellites sont impliqués. L’objectif est de préfigurer la quête des autres mondes, lointains et habitables en collectant des données inédites, jusque-là considérées comme inaccessibles. En effet, en passant devant le Soleil, l’Etoile du berger se comporte un peu comme une planète extrasolaire de taille terrestre, en transit devant son étoile.

L’ »auréole qui entourera Vénus au début et à la fin du passage, pourra ainsi être étudiée pour la première fois dans différentes longueurs d’onde. L’Observatoire de Paris et l’Observatoire de la Côte d’Azur étudieront la partie de l’atmosphère vénusienne qui s’étend au-dessus des nuages, à 70 kilomètres du sol, la couleur de ses nuages et la chaleur de 465°C qui règne à sa surface. De même, des scientifiques ont conçu, spécialement pour l’occasion, un instrument original : le cythérographe. Ces lunettes astronomiques d’un diamètre de 9 centimètres sont produites en neuf exemplaires, au prix de 1.400 euros chacune tout de même.

Conçues pour masquer la lumière éblouissante du Soleil, elles sont adaptées à la dimension de Vénus et à l’auréole qui se formera. L’effet des brumes de l’atmosphère vénusienne sera pris en compte et chaque instrument fonctionnera dans un intervalle spectral différent. Les cythérographes, fabriqués et assemblés à l’Observatoire de la Côte d’Azur, seront disposés dans des régions du globe choisies avec soin : Svalbard en Europe, Extrême-Orient, Asie centrale, côte ouest des États-Unis et Australie. Chaque station fonctionnera alors de manière autonome.

Maxiscience

 

 

 
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Publié par le 30 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

La Grèce bientôt privée d’électricité ?

 

 

 

La Grèce serait menacée de coupture d’électricité en juin a-t-on appris auprès du site d’information grec Kathimerini.

Les producteurs d’électricité ne peuvent plus payer leurs factures de gaz a averti le président et chef de l’exécutif de la Corporation publique de gaz (DEPA), Haris Sachinis aux ministres compétents dans une lettre.

Faute de solution trouvée quant au paiement, la DEPA sera contrainte de couper l’approvisionnement en gaz aux producteurs d’électricité.

Enfin, M. Sachinis a ajouté que le déficit de l’Opérateur du marché électrique (LAGIE) avait atteint les 400 millions d’euros et croissait de jour en jour.

Le figaro

 

 

 
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Publié par le 30 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Lettre ouverte à Madame Lagarde

Madame Lagarde

 

Vous avez pris à partie récemment le peuple grec en lui reprochant de ne pas payer ses impôts. Pourtant il se trouve que vous-même, comme les fonctionnaires internationaux qui président aux destinées des nations européennes, vous ne payez quasiment aucun impôt direct sur vos revenus. Votre rémunération est pourtant démesurée par rapport à vos fonctions de représentation sans participation directe à la direction des affaires que vous prétendez influencer, ce qui vous exonère de toute obligation de résultats.

L’indignation des Grecs devant de tels propos est compréhensible et ce d’autant plus que vous n’en êtes pas à votre premier coup d’essai en matière de phrases assassines qui ne trahissent que trop votre statut privilégié par rapport à des populations qui sont obligées de subir au quotidien le diktat des usuriers qui leur imposent une cure d’austérité au prétexte qu’il faut bien rembourser les dettes contractées en leur nom.

Et Dieu sait si les dettes vous les avez laissées pousser du temps où vous-mêmes, comme vos comparses banquiers ou avocats d’affaires, faisiez vos choux gras de la méconnaissance des peuples en matière de gestion financière. Jamais vous n’avez remis en question ce système de financement inique des Etats par la dette bancaire et pour cause, puisque vous savez trop bien qu’une dette jamais remboursée est le meilleur gage de l’esclavage durable des peuples enchaînés au remboursement de la dette, sans laquelle les serviteurs de l’Etat ne peuvent être payés. En bonne technocrate que vous êtes, vous dirigez tous vos efforts dans le sens de la perpétuation du système économique fondée sur l’offre monétaire parce qu’il consacre le rôle central de l’Etat dans l’administration des affaires économiques et financières que vous vous efforcez de verrouiller en produisant toujours plus de lois et de règlement. C’est une véritable machine infernale que vous avez contribuée à mettre en place, en faisant croire que le libéralisme était synonyme de la libre circulation des biens et des services à travers des frontières ouvertes, le fameux Marché unique complété par l’espace Schengen, grâce à la fluidité du capital qui ainsi devait profiter à tous.

Seulement voilà, autant la dette est agréable lorsqu’elle contribue à créer des millions d’emplois publics en faisant croire que la croissance augmente au même rythme que celle des dépenses de l’Etat, autant elle devient fâcheuse lorsque la nécessité du désendettement des banques se traduit par une restriction des moyens financiers mis à la disposition de l’économie dite « réelle ». Cette contraction du crédit s’accompagne bizarrement d’une inflation des liquidités offertes aux acteurs financiers par la FED ou la BCE agissant de concert pour sauver les fauteurs de crise économique. Ainsi autant vous paraissez hyper sensible lorsqu’il s’agit de sauver la peau de banquiers réputés « indispensables », autant vous vous montrez indifférente, lorsqu’il s’agit d’empêcher les masses populaires de sombrer dans la misère, faute de travail et de moyens financiers pour faire vivre les entreprises.

Ce régime de double mesure vous permet  de passer sous silence les multiples fraudes comptables dont se sont rendues coupables les banques à travers la surévaluation de leurs actifs que des passe-droits en matière de financement via le secteur non réglementé permettant  de les financer sans tenir compte de leur valeur intrinsèque. Pourtant les montages financiers qui ont provoqué la crise actuelle sont des exemples remarquables de fraude fiscale tolérée par le régulateur, dans la mesure où elle s’appuie sur la création d’entités juridiques ad hoc dans des paradis fiscaux où peuvent s’installer les hedge funds appartenant aux groupes bancaires, afin de faire jouer à plein l’effet de levier dans le « funding » du portefeuille des banques. Le public est à dix milles lieux d’imaginer que les autorités de surveillance tolèrent de telles pratiques pourtant reconnues comme des moyens licites de réduction des risques (sic !) dans les réglementations internationales édictées par la BRI ou la Commission européenne relatives aux « bonnes pratiques » en matière de gestion des risques. Les manœuvres comptables intervenant dans les transactions entre le secteur bancaire normalisé et le « shadow banking » passent par des centrales de clearing, Euroclear ou Clearstream, qui servent de support technique à des pratiques discutables en matière de fourniture de liquidités aux banques désireuses d’échanger leur collatéral contre des prêts cash, alors même que vous feignez de lutter contre la création de fausse monnaie, au moyen d’un arsenal impressionnant de lois contre le blanchiment que les banques pratiquent tous les jours à des hauteurs stratosphériques.

On se demande bien pourquoi il faudrait laisser perdurer un système de financement qui ne profite qu’à une infime minorité d’actionnaires, alors que le grand public voit s’assécher tous les jours un peu plus ses sources de financement ; malgré les trillions offerts aux banques (et non aux peuples) pour sauvegarder leur solvabilité, c’est-à-dire la possibilité de continuer à gruger les masses ignorantes du fonctionnement de la haute finance qu’elle a du mal à appréhender parce que ces méthodes de « création de valeur » sont tellement contre nature qu’elles ont du mal à pénétrer dan des esprits simples et donc vulnérables. Pourtant il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre fin à un pillage éhontée de la richesse privée par la dette publique à laquelle les banques se prêtent complaisamment parce qu’elle constitue une source de profit inépuisable. Les peuples sont loin de se douter comment les banques transforment les titres de dette publique en « funding » pour leurs actifs, que se soit des crédits aux entreprises ou aux particuliers ou des expositions de marché via l’émission de produits dérivés garantis par la dette publique réputée « as good as gold », alors que les banques savent bien qu’elles financent des Etats impécunieux.

Lorsque vous conseillez aux Grecs de payer leurs impôts, il ne s’agit donc pas tant de sauver leur pays de  la ruine que de consolider le système de la fraude comptable qui permet aux banques de vivre aux dépens des peuples qu’elles ont emprisonnés en leur faisant croire à la vie facile à l’abri de la fonction publique sui serait perpétuellement financée par la dette. OR comme nous l’avons vu, il ne s’agissait que de faire « le casse du siècle » en pillant l’économie réelle par la substitution de la dette publique au capital privé par l’entremise des émetteurs de dette sur les marchés. C’est maintenant chose faite : les peuples ont pris au piège de leur propre sottise que les banquiers savent trop bien exploiter, dès lors qu’il s’agit de flatter le médiocre aux dépens de l’entrepreneur privé de capital car confisqué par l’Etat pour payer la dette publique, ce que vous appelez « payer ses impôts », et de débouchés  dans un pays ruiné par le remboursement de la dette. En fin de compte vous n’êtes que le facilitateur maléfique du totalitarisme étatique qui tire prétexte des nécessités de la crise pour imposer la dictature de l’usure vendue par le FMI et la Commission européenne comme indispensable au bien être des peuples.

 
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Publié par le 30 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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