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Archives du 25 mai 2012

Euro-obligations : les quatre impasses qu’ignore Hollande….

Alors que la crise de la zone euro est plus que jamais d’actualité, François Hollande tente de convaincre son homologue allemande, Angela Merkel, sur la nécéssité d’introduire des euro-obligations. Un point de vue que Laurent Pinsolle, notre blogueur associé, ne partage pas du tout. Il explique, en quatre points, pourquoi elles présentent un danger.

 

 

(François Hollande et Angela Merkel à Chicago, le 21 mai - Carolyn Kaster/AP/SIPA)

 

OCDE vient d’apporter son soutien aux euro-obligations, le mot magique dont la seule évocation devrait mettre fin à la crise de la zone euro. Pourtant, une étude rapide de ce dispositif en démontre très rapidement les limites, insurmontables, mais aussi le dessein caché.

 

L’irresponsabilité institutionnalisée

Il est en partie paradoxal que les euros béats s’accrochent autant à cette proposition. En effet, ils sont les premiers à dénoncer les comportements irresponsables qu’a permis le passage à la monnaie unique, avec la baisse des taux d’intérêt (oubliant au passage la responsabilité des créanciers ), permettant à des pays comme la Grèce de trop s’endetter. Or le mécanisme des euro-obligations va beaucoup plus loin dans l’irresponsabilité.
 
En effet, les euro-obligations consistent à emprunter en commun, ce qui revient à demander aux créanciers les plus sérieux de donner une caution à ceux qui sont le plus en difficulté. Mais du coup, cela donnerait une prime aux comportements les moins vertueux. En fait, c’est pour cela que les euros béats y sont favorables car cela pousserait à adopter en parallèle des dispositifs de contrôle extrêmement stricts pour en limiter les effets pervers.
 

Solidarité avec les créanciers

Alors, bien sûr, pour vendre les euro-obligations, on évoque la solidarité entre les pays européens, en sous-entendant que Berlin serait égoïste, contrairement à Paris. Mais il faut dire que nos dirigeants n’ont pas montré une grande responsabilité dans la gestion des deniers publics et que cela ne leur pose pas beaucoup de problèmes d’être solidaire avec l’argent des Allemands… Et puis, quelle est cette solidarité dont on nous rabâche les oreilles ?

 
Comme pour les plans européens, on nous vend une solidarité avec les peuples. Avec un taux de chômage de plus de 20% en Espagne ou en Grèce, cela semble juste. Sauf que tous ces dispositifs européens sont, en réalité, des mécanismes de solidarité avec les créanciers de ces pays, pas leurs citoyens. En effet, les euro-obligations permettent de garantir le paiement des créances des pays en difficulté. Les peuples n’en voient pas la couleur.
 
Pire, ces mécanismes introduisent un immense aléa moral pour les milieux financiers puisqu’ils arrivent à obtenir à la fois des taux d’intérêts très élevés sur les dettes espagnoles et italiennes mais souhaiteraient en garantir le remboursement, pour avoir le beurre et l’argent du beurre. Pourtant, si les taux sont élevés, c’est justement parce qu’il y a un risque de défaut partiel, qu’il faudrait leur laisser assumer pour être véritablement juste.
 

Un dispositif dysfonctionnel

Mais les euro-obligations ne posent pas qu’un problème d’aléa moral. L’étude des mécanismes proposés permet de sérieusement contester tout simplement le fait qu’elles résoudraient les problèmes. J’avais étudié le fonctionnement du système proposé par l’institut Bruegel il y a deux ans (collectivisation de la dette à hauteur de 60% du PIB de chaque Etat en « bons bleus » et maintien des dettes nationales au-delà, en « bons rouges »).

 
Il n’y a pas besoin d’être un financier hors pair pour comprendre qu’il serait sans doute beaucoup plus difficile de placer les « bons rouges » des pays actuellement en difficulté. Qui voudrait prêter à l’Italie sa deuxième tranche de 60% de dette publique, sachant que la première serait prioritaire et qu’elle serait la seule à la garantir ? Il est bien évident que la spéculation serait encore plus forte que sur les bons du Trésor italiens actuellement indifférenciés…
 

Un mécanisme invendable

Devant les limites d’un tel système, certains avaient imaginé faire le contraire, conserver des dettes nationales jusqu’à 60% du PIB et ne collectiviser que la partie supérieure aux 60%. Mais ce dispositif semble politiquement totalement invendable. Comment demander à l’Allemagne de donner sa caution solidaire sur un tas de créances pourries, sachant qu’elle refuse déjà mordicus le dispositif proposé par l’institut Bruegel, comme elle vient de le rappeler.
 
Et il faut un peu se mettre à la place de l’Allemagne pour comprendre l’énormité de ce qui lui est demandé. En effet, mettre en place des bons du Trésor communs à hauteur de 60% du PIB, cela revient à créer environ 5600 milliards d’euros de dettes communes (dont environ 1600 milliards de dettes allemandes). En clair, cela revient à demander à l’Allemagne une caution solidaire de 4000 milliards d’euros sur les dettes des autres pays.
 
Passons sur le fait que les socialistes Français ne voient aucun problème à donner une telle caution, un nouveau signe de leur irresponsabilité. Mais il semble aujourd’hui totalement illusoire d’espérer que Berlin l’accepte étant donné l’état du débat public en Allemagne. Les euro-obligations, c’est, potentiellement, vingt fois le Mécanisme européen de solidarité ! Il n’y a aucune chance que nos voisins l’acceptent et voilà pourquoi cela bloque depuis deux ans.
 
Bref, non seulement les euro-obligations sont, à raison, invendables, mais en plus, elles ne résoudraient pas la crise. En fait, ce nouveau machin sorti du cerveau malade des eurocrates, est seulement le moyen de pousser l’agenda d’une Europe fédérale.
 
 
 
 
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Publié par le 25 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Grande fortune : le guide de BNP Paribas pour l’emporter aux paradis….

Le logo de BNP Paribas.

 

Riches clients de BNP Paribas qui cherchez à ne pas payer d’impôt, vous êtes entre de bonnes mains. Ses conseillers clientèles sont formés aux meilleures techniques pour vous indiquer comment faire de «l’optimisation fiscale». Libération a retrouvé deux documents internes de la banque (à télécharger au format PDF ici et ici), l’un datant de 2009, l’autre de 2010, destinés à former les «relationship managers» (conseillers clientèles) de sa division Wealth Management (gestion de fortune) à l’art compliqué des trusts, fondations et autres holdings. Des structures vendues aux clients et destinées à rendre opaques leurs revenus en séparant artificiellement le véritable détenteur d’un bien de la société écran qui apparaît officiellement.

Jersey. Pour BNP Paribas, qui veut se donner une bonne image en termes de paradis fiscaux, cela fait tache. Interrogée, la banque se défend en indiquant que ces documents n’avaient «aucune vocation de conseil», que la structure qui s’en occupait (BNP Paribas Trust) a été cédée (en 2010) et que la clientèle visée était «anglo-saxonne et asiatique», pas française. A la lecture de la prose de BNP Paribas, il apparaît peu probable que cette politique ait été arrêtée du jour au lendemain. Dans un des documents sont mentionnés des chargés de clientèle qui font toujours partie de la banque. Quant à la France, elle semble bien visée : certains conseillers ont comme champ d’action «le marché français»…

Que conseille la banque, alors ? Par exemple, de monter des sociétés de trust privées à Jersey, une structure très sécurisante pour la clientèle. Dans un simple trust, on confie ses biens à un trustee qui est chargé de les administrer à sa place, et selon des recommandations secrètes. Comme l’explique la banque, dans la société de trust privée, on peut soi-même officier comme trustee, à la seule condition que l’administration soit confiée à un «prestataire de service autorisé» par l’île anglo-normande. Ce qui est justement le cas de BNP Paribas Jersey, qui peut ainsi offrir des «services de secrétariat et d’administration d’entreprise» à ses clients. Une prestation payante, naturellement.

Les fondations ressemblent beaucoup aux trusts. Destiné à l’origine à des actions de charité, ce système a été détourné pour éviter les droits de succession. Pour créer une fondation, il faut bien choisir son paradis fiscal. BNP Paribas recommande ainsi «le Liechtenstein, Panama, les Antilles néerlandaises, et, depuis peu, les Bahamas et Jersey». Dans l’île anglo-normande, la banque dit s’occuper de presque tout : «Enregistrement de la société, rédaction des statuts et recrutement des membres du conseil de la fondation.» Seule tâche laissée au client : le choix d’un «gardien» censé contrôler le travail du conseil.

Mais, là où l’expertise de BNP Paribas s’exprime à plein, c’est avec les holdings, ces sociétés conçues à l’origine pour détenir des participations dans d’autres entreprises et qui bénéficient dans certains pays d’une fiscalité nulle ou allégée. La banque imagine des montages d’une complexité extrême, prévoyant la création d’une cascade de sociétés. Exemple présenté, celui d’un «M. X», de nationalité ukrainienne, qui veut détenir une société dans son pays, mais sans apparaître officiellement.

 Il lui est conseillé de créer une société off shore dans les îles Vierges britanniques, qui investirait dans une compagnie sise à Malte, qui, elle-même, détiendrait 30% d’un holding de droit néerlandais, qui investirait dans un holding chypriote… qui détiendrait 100% du capital de la société ukrainienne ! Avec ce montage, promet BNP Paribas, «M. X» s’est compliqué la vie, mais cela lui rapportera : il percevra les revenus de sa société sous forme de dividendes ou de plus-values à Malte ou aux Pays-Bas, où l’imposition est nulle.

Même schéma pour un autre client modèle : un «homme originaire des Emirats arabes unis voulant investir dans l’immobilier de bureaux à Paris». Propriétaire d’un bien et touchant des loyers en France, il devrait y être imposé. Sauf s’il suit les conseils avisés de son banquier. Qui lui propose de créer des sociétés luxembourgeoises, dont l’unique objet sera d’acquérir l’entreprise de droit français propriétaire des immeubles. Dans le même temps, la société française contractera un prêt auprès de BNP Paribas pour acheter l’immeuble.

Résultat ? La société française ne paie pas d’impôt sur les bénéfices : les intérêts du prêt à rembourser doivent être déduits des loyers. L’investisseur n’est pas redevable de l’impôt sur la fortune, puisque le calcul de son patrimoine est effectué sur «la valeur nette des actions de la société française», c’est-à-dire en prenant en compte le prêt. Quant à ses bénéfices, il les touche sous forme de dividende au Luxembourg, avec une imposition nulle.

«Légal». Au fait, tout cela n’est-il pas de l’incitation à la fraude fiscale ? «Tout est légal», assure la banque. «C’est question d’interprétation et de volonté politique, précise un spécialiste. Aux Etats-Unis, on a condamné UBS à partir de documents similaires. Mais il faut prouver qu’il y a démarchage actif de la banque envers sa clientèle.» Pour l’instant, à ce jeu-là, BNP Paribas ne s’est jamais fait prendre.

Libé

 

 

 
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Publié par le 25 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

BASTON – Scène de bagarre au Parlement ukrainien

Séance mouvementée au Parlement ukrainien, cette nuit. Plusieurs dizaines de députés en faveur du pouvoir et de l’opposition se sont littéralement battus autour d’un projet de loi sur le statut de la langue russe dans ce pays. Bilan : au moins un député a dû être transporté à l’hôpital.

 

 

 

 

Des dizaines d’opposants ont d’abord bloqué dans l’après-midi la tribune parlementaire pour tenter d’empêcher l’adoption de ce projet de loi préparé par des parlementaires pro-pouvoir. Le texte élargit les droits d’utilisation officielle de la langue russe dans le pays, ce qui revient, selon l’opposition, à lui donner le statut de deuxième langue de l’Etat, à côté de l’ukrainien, même si formellement il ne l’autorise pas.

Le président de l’Assemblée, qui devait lancer le vote de la loi, a fini par renoncer à cette idée, mais cela n’a pas calmé les députés de l’opposition. Plusieurs d’entre eux se sont jetés sur leurs adversaires, qui ont répondu par des coups de poing. Un parlementaire de l’opposition s’est retrouvé à un moment les jambes en l’air. Un de ses collègues s’est jeté sur un des auteurs du projet de loi controversé et l’a roué de coups.Les députés de la majorité, en faveur du pouvoir, ont cependant annoncé que l’examen de ce projet de loi pourrait être poursuivi dès vendredi.

 

 

Source

 

 

 
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Publié par le 25 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Moody’s abaisse la note de banques suédoises,norvégiennes et belges

L’agence d’évaluation Moody’s Investors Service a abaissé vendredi d’un à deux crans la note de quatre grandes institutions financières scandinaves, citant le plus souvent leur faible rentabilité et leur dépendance envers les marchés en matière de refinancement, ainsi que l’ancienne filiale du groupe franco-belge Dexia en cours de démantèlement.

 

 

 

Moody’s a dégradé d’un cran les notes de Nordea Bank et de Svenska Handelbanken (à Aa3) et de deux crans celle de la banque agricole Landshypotek (à Baa2), selon un communiqué de l’agence.

Moody’s explique que ces banques souffrent de leur dépendance envers les marchés en matière de refinancement, même si leur accès au marché des capitaux a pu s’effectuer ces dernières années sans trop de problème.

Elle relève aussi leur rentabilité modeste, en raison d’une concurrence féroce sur le marché de la banque de détail et les risques pesant en matière de qualité d’actifs, en raison de la crise en Europe.

Moody’s a en revanche confirmé la note des banques SEB (à A1) et Swedbank (à A2).

L’agence a simultanément dégradé d’un cran la note de la banque norvégienne DNB Bank (à A1), là encore en raison de l’importance de ses refinancements sur le marché, qui couvrent jusqu’à 40% de ses besoins.

 

Dexia

L’agence de notation Moody’s Investors Service a abaissé d’un cran, de A3 à Baa1, la note long terme d’ex-Dexia Bank Belgium (rebaptisée Belfius), ancienne filiale du groupe franco-belge Dexia en cours de démantèlement, a-t-elle annoncé jeudi dans un communiqué.

La note Baa1 est assortie d’une perspective stable, ajoute Moody’s.

La réévaluation de la note long terme de DBB fait directement suite à l’abaissement par Moody’s de la note de solidité financière de DBB à D- avec perspective positive contre D auparavant, a indiqué Moody’s.

L’agence explique que cette décision reflète, dans le contexte macro-économique et de financement actuel défavorable, une position de liquidité toujours fragile de la banque, un risque d’emprunteur relativement élevé et un manque de visibilité sur sa faculté à générer un profit suffisant dans un futur proche pour augmenter sa capacité d’absorber des pertes.

Afp

 

 

 
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Publié par le 25 mai 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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