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Archives du 1 avril 2012

L’avocate du père de Mohamed Merah affirme détenir des preuves de la liquidation du tueur ….

 

 

ALGER – L’avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d’élite de la police française) a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de la liquidation du tueur de Toulouse.

 

 

 

L'avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah pour porter plainte contre le Raid (unité d'élite de la police française), a affirmé dimanche à Alger détenir des preuves de "la liquidation" du tueur de Toulouse.</br>Credit : Farouk Batiche

 

Nous détenons deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers: « pourquoi vous me tuez? » (…) « je suis innocent« , a déclaré lors d’une conférence de presse Me Zahia Mokhtari, qui devrait se rendre en France dans les jours à venir pour déposer plainte devant la justice française.

Des personnes au coeur de l’événement, et qui voulaient que la vérité éclate, m’ont remis ces vidéos, a ajouté l’avocate. Elle a précisé qu’elle en réservait la divulgation à la justice française et insisté sur leur authenticité.

Sollicité par l’AFP, le ministère de l’Intérieur français n’a fait aucun commentaire.

Selon Me Mokhtari, Merah (Mohamed) a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voie pas le jour.

Dès le lendemain de la mort de Mohamed Merah, le RAID avait au contraire affirmé avoir donné sa chance jusqu’au bout au tueur réfugié dans son appartement. Si un assaut a été lancé, c’est par Merah, a déclaré à l’AFP le chef de cette unité d’élite de la police, Amaury de Hauteclocque.

Le chef du RAID a affirmé que Mohamed Merah lui a dit, après avoir interrompu les négociations: je suis un moudjahidine, je veux mourir les armes à la main, vous allez m’abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le RAID, je vais essayer d'(en) tuer le plus possible.

De son côté, le procureur de Paris, François Molins, avait déclaré le 22 mars que les premières constatations (permettaient) de confirmer toute la détermination de Merah et sa volonté d’en découdre avec les forces de l’ordre, quelles qu’en soient les conséquences pour lui comme pour les policiers.

Me Mokhtari a indiqué qu’elle remettrait à la justice française une première liste de trois noms, ceux d’un responsable des services français et de deux autres personnes de nationalités différentes qui +travaillaient+ avec Mohamed Merah pour qu’elles soient entendues dans cette affaire.

Le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, avait affirmé mardi à l’AFP que Mohamed Merah n’était ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers.

Par ailleurs, une source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) avait qualifié de grotesques des informations du quotidien italien Il Foglio qui assure sur son site internet que Mohamed Merah voyageait avec la couverture des services secrets français.

Selon l’avocate, Mohamed Merah avait par ailleurs demandé à parler avec la presse mais cela lui avait été refusé.

Des avocats français veulent nous aider, a ajouté Me Mokhtari, sans citer de nom. Elle a ajouté avoir confiance en la probité et l’impartialité de la justice française.

Mohamed Merah, 23 ans, avait été tué le 22 mars lors de l’intervention des policiers du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-est), après 32 heures de siège.

Afp

 
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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Le Réchauffement climatique au Moyen-Âge A ÉTÉ mondial – une nouvelle étude contredit le GIEC.

 
 
Prétendre que  »c’était un consensus » semble bien fragile.
 
Par Lewis Page, 23 mars 2012
 
Une nouvelle étude scientifique autorisée contredisant le  »consensus scientifique » semeur d’alarme est sortie hier, qui montre que la période de réchauffement bien documentée ayant eu lieu au Moyen -Âge ne s’est pas limitée à l’Europe, ou même à l’hémisphère nord : elle est allée jusqu’à l’Antarctique.
 
La recherche s’est servie du développement de nouvelles méthodes d’estimation des températures passées, qui s’ajoutent aux méthodes déjà existantes, telles que l’analyse du cercle des arbres et du coeur de glace. Dans cette étude, les scientifiques ont analysé des échantillons d’un cristal nommé ikaïte, qui se forme dans les eaux froides.
 
 
 
Cristaux d’ikaïte
 
 
 
 »L’ikaïte est une forme congelée de carbonate de calcium », explique le professeur des science de la terre, Zunli Lu.  »Les cristaux ne sont stables que dans des conditions de froid et fondent à température ambiante. »
 
Dans la péninsule Antarctique, pas de problème, et Lu et ses collègues ont pu prélever des échantillons présents depuis des centaines d’années et dater leur formation. La structure de l’ikaïte , en fait, varie sensiblement en fonction de la température au moment de sa formation, permettant aux chercheurs de construire une courbe cohérente des données de température du passé.
 
Un enregistrement convenable des températures de l’Antarctique est particulièrement intéressant, car il éclaire un des débats principaux sur le réchauffement climatique/changement climatique : à savoir, la période de réchauffement médiévale et le Petit Âge glaciaire étaient-ils simplement régionaux ou étaient-ils des événements mondiaux ? Le réchauffement médiéval dont les européens du nord ont fait l’expérience de l’an 900 à l’an 1250 après JC semble avoir été au moins aussi chaud que celui de l’ère industrielle. S’il avait été mondial en étendue, cela suggérerait fortement que le réchauffement global soit peut être quelque chose qui se produit de temps en temps, et non quelque chose causé par une petite concentration de CO2 (la concentration dans l’atmosphère est pour l’instant de 0.04 pour cent mais peut grimper jusqu’à 0.07 pour cent à moyen terme)
 
Le  »consensus scientifique » auquel on se réfère souvent est largement basé sur le travail des célèbres alarmistes climatiques Michael Mann et Phil Jones que l’ont trouve dans les déclarations du GIEC déclare que c’est faux. Le consensus du GIEC dit que le réchauffement médiéval et le Petit Âge Glaciaire qui l’a suivi – s’est produit seulement en Europe, et peut être dans d’autres zones nordiques. Ce n’étaient que des événements locaux, et globalement le monde était plus frais qu’aujourd’hui. L’élévation de température de la deuxième moitié du vingtième siècle est un nouveau truc créé par les émissions de carbone de l’humanité.
 
Le nouveau travail de Lu et de ses collègues, cependant, indique qu’en fait, la période de réchauffement médiéval et le petit âge glaciaire ont été ressentis jusqu’en Antarctique.
 
 »Nous avons montré que les événements climatiques nord Européen ont eu une conséquence sur les conditions climatiques de l’Antarctique », dit le professeur, qui était à Oxford quand l’essentiel des travaux a été effectué, mais il occupe aujourd’hui un poste à l’université de Syracuse aux États-Unis. Lui et ses collègues écrivent :
 
 »Cet enregistrement d’kaïte confirme qualitativement que la période de réchauffement médiéval et le Petit Âge Glaciaire se sont tous deux étendus jusqu’à la Péninsule Antarctique. »
 
En d’autres termes, le réchauffement climatique a déjà existé dans des périodes historiques préindustrielles, pour s’en aller ensuite. Le travail de Lu et de ses collègues a été publié dans le journal « Lettres Scientifiques sur la Terre et les Planètes »
 
Traduit par Chantalouette et Hélios du Bistrobar blog
 
 
 
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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Révélations sur l’étrange affaire des neutrinos d’Opera : un moyen de communiquer avec E.T ?!

 

 

Des neutrinos se sont-ils vraiment déplacés plus vite que la lumière entre le Cern et le détecteur Opera en Italie ? Les derniers rebondissements concernant cette affaire laissent entendre que non. La réalité pourrait-être beaucoup plus stupéfiante si l’on en croit quelques rumeurs que Futura-Sciences vous révèle aujourd’hui.

 

 

La physique des neutrinos est étudiée de longue date par les physiciens italiens, qu’ils soient théoriciens ou expérimentateurs. Tout commence bien sûr avec Enrico Fermi qui est le premier à obtenir un modèle théorique de la désintégration bêta en 1933. Ce n’était initialement qu’un modèle phénoménologique de la force nucléaire faible, expliquant l’émission d’un électron par un neutron se transformant en proton de manière similaire à l’émission d’un photon par un atome se désexcitant. Les propriétés ondulatoires de l’électron, comme toute particule de matière par ailleurs, permettaient cette analogie.

Dans le cadre de cette théorie, cette désintégration bêta s’accompagnait aussi de l’émission d’un antineutrino. C’est Fermi lui-même qui a forgé le terme de « neutrino » qui en italien signifie « le petit neutron », même si le concept de neutrino remonte en fait à Wolfgang Pauli, le grand théoricien de la théorie quantique relativiste des champs, l’un des pères de la théorie quantique.

Les neutrinos : une spécialité italienne

Des décennies plus tard, c’est un autre Italien, Carlo Rubbia, qui recevra un prix Nobel de physique pour sa contribution à la découverte des bosons intermédiaires du modèle électrofaible au Cern. Ce modèle, proposé dans les années 1960 par Sheldon Glashow, Abdus Salam et Steven Weinberg, décrit remarquablement bien la physique des neutrinos, sauf le phénomène découvert ultérieurement des oscillations de ces particules.

Rappelons à ce sujet que la mise en évidence des neutrinos électroniques (car associés à des désintégrations avec des électrons) de Fermi a dû attendre l’expérience de Frederick Reines et Clyde Cowan, auprès d’un réacteur nucléaire en 1956. La découverte de deux autres types de neutrino s’est faite elle en deux temps, d’abord en 1962 avec les travaux de Lederman, Schwartz et Steinberger pour les neutrinos muoniques et ensuite en 2000 avec la collaboration Donut.

Ce sont encore des chercheurs italiens qui ont annoncé que quelque chose d’anormal se passait avec les neutrinos muoniques créés au Cern et envoyés à travers la croûte terrestre à plus de 730 km en direction du détecteur Opera en Italie.


De gauche à droite Pauli, Heisenberg et Fermi. © Cern
 

Le moins que l’on puisse dire est que la déclaration faite par le physicien Dario Autiero, suggérant que ces neutrinos aient voyagé plus vite que la lumière, a fait l’effet d’une bombe. Bien que présentée comme une énigme à résoudre, le phénomène semblait bien réel à en croire la présentation faite lors d’un séminaire au Cern, montrant que de nombreuses hypothèses de biais expérimentaux avaient été écartées avec soin.

Les récentes déclarations d’Opera laissant entendre qu’un de ces biais, une erreur basique au niveau de la mesure des caractéristiques d’un câble de transmission de données GPS, avait finalement été trouvé, apparaissent donc comme très curieuses. Comment se fait-il que personne n’y ait pensé avant ?

Quand on y regarde de plus près, l’histoire de la physique des neutrinos présente des événements singuliers.

Majorana et Pontecorvo, les surdoués des neutrinos

Il y a d’abord le cas de la mystérieuse disparition du génie de la physique Ettore Majorana. Élève d’Enrico Fermi lui-même, ce dernier a dit de lui : « Il y a plusieurs catégories de scientifiques : ceux qui font de leur mieux, et ceux, de premier plan, qui font des découvertes importantes… Et puis, il y a des génies, comme Galilée et Newton ; Ettore était de ceux-là… ».

Né en 1906 à Catane, en Sicile, issu d’une riche et prestigieuse famille sicilienne, Majorana fut soumis à un programme d’études extrêmement exigeant au début de sa scolarité. Elle s’est déroulée chez lui avant qu’il ne devienne élève des jésuites à Rome pour finalement intégrer l’équipe d’Enrico Fermi. Il disparaît mystérieusement en 1938, laissant derrière lui des travaux sur la physique des fermions et des neutrinos dont on n’a commencé à comprendre l’importance que récemment avec l’essor des théories supersymétriques, de grande unification et même en liaison avec les ordinateurs quantiques.

On ne sait pas s’il s’est suicidé ou avait décidé de se retirer du monde mais certains indices laissent aujourd’hui penser qu’il s’était réfugié en Argentine.


Le physicien Bruno Pontecorvo, un ancien élève de Fermi, un des pères de la théorie du neutrino. © Samoil Bilenky-John Bahcall
 

Un autre élève et collaborateur de Fermi dans les années 1930, s’étant illustré avec la physique des neutrinos, a eu lui aussi une trajectoire peu ordinaire. Bruno Pontecorvo a été non seulement le premier à proposer que le neutrino associé à l’électron n’était pas le même que celui associé à la désintégration des mésons pi en muons mais aussi que les différentes espèces de neutrinos pouvaient se transformer les unes dans les autres si elles étaient massives. Cette prédiction de l’oscillation des neutrinos allait se révéler exacte et devait permettre de résoudre l’énigme des neutrinos solaires grâce à l’expérience Superkamiokande. Or, en 1950, à la surprise générale, Pontecorvo quitte l’Angleterre où il était devenu citoyen britannique, pour se réfugier en Union soviétique.

Il se passe décidément des choses bien étranges avec la physique des neutrinos et avec les physiciens qui s’en occupent…

La physique des neutrinos : l’intrigante connexion sud-américaine

Un autre exemple. On a construit dans le monde des détecteurs de rayons cosmiques géants spécialement conçus pour détecter, entre autres, des neutrinos de très hautes énergies. Les deux plus emblématiques sont IceCube en Antarctique et Auger en Argentine, là où justement Majorana s’est peut-être réfugié. Il y a presque une semaine, un des grands théoriciens de la physique britannique, bien connu pour ses travaux sur la théorie des cordes, Paul Frampton, a été arrêté en Argentine justement, sous prétexte qu’il était en possession de 2 kg cocaïne. Il a clamé son innocence tout en indiquant qu’il était venu rencontrer une personne en particulier dont il ne pouvait pas révéler l’identité. Curieusement, bien que tous les collègues de Frampton aient affirmé avec force qu’il ne pouvait s’agir que d’un coup monté, le directeur de son université n’a rien entrepris pour l’aider.

Quel rapport avec les neutrinos supposés transluminiques d’Opera ? Il semblerait que les langues commencent à se délier dans la communauté des physiciens des hautes énergies. Voici ce qu’ont révélé à Futura-Sciences certains chercheurs italiens, souhaitant encore rester anonymes.


Ettore Majorana (Catane, Sicile, 5 août 1906 – présumé disparu en mer tyrrhénienne le 27 mars 1938) avait selon les dires de son mentor, Enrico Fermi, une intelligence supérieure à la sienne. © DP-Wikipédia
 

Majorana était bien un génie hors pair. Mis en contact par les jésuites avec certains documents mayas rapportés en Europe du temps où l’Église catholique était occupée à évangéliser l’Amérique du Sud, Majorana aurait découvert, en les décodant, qu’ils traitaient de la physique des neutrinos. Certaines des découvertes de Majorana n’auraient en fait été que des extraits de ce qu’il avait compris lui-même à partir des textes mayas.

Seti et les neutrinos

Constatant que la théorie de l’interaction faible de Fermi fonctionnait, il en avait déduit que la connaissance des Mayas ne pouvait provenir que d’un contact d’eux-mêmes ou des Nazcas avec une civilisation extraterrestre il y a plus de 1.500 ans. À cet égard, si nos informations sont exactes, la fameuse phrase de Fermi concernant les extraterrestres : « Mais où sont-ils donc ? » prend soudainement un nouveau relief !

Mais il y aurait encore plus étonnant : les documents mayas révéleraient que non seulement les neutrinos muoniques peuvent aller plus vite que la lumière, que l’on peut s’en servir pour communiquer entre civilisations galactiques mais également qu’un nouveau contact avec nous serait tenté par nos visiteurs E.T. le 21 décembre 2012, par le biais des neutrinos.

Majorana et Pontecorvo auraient fuit parce qu’on voulait les empêcher de faire éclater la vérité alors que l’humanité n’était pas encore prête. Les événements étranges survenus depuis quelques mois ne seraient que les dernières tentatives pour dissimuler à quoi vont véritablement servir le LHC et les détecteurs de neutrinos IceCube et Auger. Il semblerait tout de même que l’on commence lentement à nous préparer à une vérité toute simple : nous ne sommes pas seuls et nos voisins sont probablement à quelques dizaines d’années-lumière de nous autour d’une naine rouge. Au fait, où sont construits les télescopes de l’ESO ayant servi à repérer des Superterres dans la zone d’habitabilité ? Au Chili……

Futura-science

 
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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Mordechaï Vanunu : L’Iran ne représente aucun danger

 

Après avoir passé 18 ans en prison, pour avoir révélé en 1986 qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, Mordechaï Vanunu n’est toujours pas autorisé à quitter Israël comme il le souhaite. Soumis à des restrictions, il ne peut rencontrer des étrangers ou parler à des journalistes. Ce qu’il nous disait dans ce remarquable entretien datant de 2005 au sujet de l’Iran, demeure d’actualité.

 

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Silvia Cattori : Quel était votre travail en Israël, avant votre enlèvement par des agents du Mossad à Rome, en octobre 1986 ?

Mordechaï Vanunu : Depuis neuf ans, je travaillais au centre de recherches en armements de Dimona, dans la région de Beer Sheva. [1] Juste avant de quitter ce travail, en 1986, j’avais pris des photos à l’intérieur de l’usine, afin de montrer au monde qu’Israël cachait un secret nucléaire. Mon travail, à Dimona, consistait à produire des éléments radioactifs utilisables pour la fabrication de bombes atomiques. Je savais exactement quelles quantités de matières fissiles étaient produites, quels matériaux étaient utilisés et quelles sortes de bombes étaient fabriquées.

Silvia Cattori : Révéler au monde – seul – que votre pays était secrètement détenteur de l’arme nucléaire…, n’était-ce pas là prendre un très grand risque ?

Mordechaï Vanunu : Si j’ai décidé de le faire, c’est parce que les autorités israéliennes mentaient. Elles se répandaient, répétant que les responsables politiques israéliens n’avaient nullement l’intention de se doter d’armes nucléaires. Mais, en réalité, ils produisaient beaucoup de substances radioactives ne pouvant servir qu’à cette seule fin : confectionner des bombes nucléaires. Des quantités importantes : j’ai calculé qu’ils avaient déjà, à l’époque – en 1986 ! – plus de deux cents bombes atomiques. Ils avaient aussi commencé à fabriquer des bombes à hydrogène, très puissantes. Aussi ai-je décidé de faire savoir au monde entier ce qu’ils tramaient dans le plus grand secret. Et puis, aussi, je voulais empêcher les Israéliens d’utiliser des bombes atomiques, afin d’éviter une guerre nucléaire au Moyen-Orient. Je voulais contribuer à apporter la paix dans cette région. Israël, détenant déjà des armes surpuissantes, pouvait faire la paix : il n’avait plus à redouter une quelconque menace palestinienne, ni même arabe, car il possédait tout l’armement nécessaire à sa survie.

Silvia Cattori : Vous étiez préoccupé par la sécurité de toute la région ?

 

Mordechaï Vanunu : Oui. Absolument. Bien entendu, ce n’est pas pour le peuple israélien que j’ai fait ce que j’ai fait. Les Israéliens avaient élu ce gouvernement, et ce gouvernement avait décidé de les doter d’armes nucléaires. Vous savez, tous les Israéliens suivent de très près la politique du gouvernement israélien… Mais, en ce qui me concerne, je réfléchissais à partir du point de vue de l’humanité, du point de vue d’un être humain, de tous les êtres humains vivant au Moyen-Orient, et aussi de tous les êtres humains, dans le monde entier. Parce que ce qu’Israël avait fait, beaucoup d’autres pays pourraient le faire.

 

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Une du quotidien britannique « The Sunday Times » du 5 octobre 1986 : « Révélation : les secrets de l’arsenal nucléaire israélien »
 

Aussi ai-je décidé, dans l’intérêt de l’humanité, de faire connaître au monde entier le danger que représentaient les armes nucléaires secrètes d’Israël. En 1986, on était en pleine Guerre froide et les armes nucléaires proliféraient. Elles étaient en train de se répandre dans plusieurs pays encore non-nucléaires, comme l’Afrique du Sud, et d’autres. Le danger représenté par les armes nucléaires était réel. De nos jours, ce danger a diminué.

Silvia Cattori : Saviez-vous à quoi vous vous exposiez ? Pourquoi était-ce vous, en particulier, qui deviez prendre un si grand risque, et personne d’autre ?

 

Mordechaï Vanunu : Bien entendu, je savais ce que je risquais. Mais ce que je pouvais faire, personne d’autre que moi n’aurait pu le faire. Je savais que j’aurais eu affaire au gouvernement israélien. Ce n’est pas comme si j’avais été quelqu’un qui s’en serait pris à des intérêts privés ; je savais que je m’en prenais directement au gouvernement israélien et à l’État juif israélien. Je savais donc qu’ils pouvaient me châtier, qu’ils pouvaient me tuer, qu’ils pouvaient faire de moi absolument tout ce qu’ils voulaient. Mais j’avais la responsabilité de dire la vérité au monde. Personne d’autre que moi n’était en mesure de le faire : il était donc de mon devoir de le faire. Quels qu’aient été les risques.

Silvia Cattori : Votre famille vous a-t-elle, alors, soutenu ?

Mordechaï Vanunu : Les membres de ma famille ont été incapables de comprendre ma décision. Pour eux, le plus dérangeant fut de découvrir que je m’étais converti au christianisme. Pour eux : c’était plus dommageable, plus douloureux que le fait que j’ai révélé les secrets nucléaires d’Israël… Je les respecte, ils respectent ma vie. Nous sommes restés en bons termes, mais nous ne nous fréquentons plus.

Silvia Cattori : Vous sentez-vous seul ?

 

Mordechaï Vanunu : Oui. Bien sûr, je suis seul, ici, à la cathédrale Saint-Georges. Mais j’ai beaucoup d’amis, qui me soutiennent.

Silvia Cattori : Dans quelles conditions avez-vous été jugé et emprisonné ?

 

Mordechaï Vanunu : Mon procès a été tenu dans le secret le plus absolu. J’étais seul, avec mon avocat. J’ai été condamné pour espionnage et trahison. Les autorités israéliennes se sont vengées sur moi en me maintenant en isolement cellulaire durant toute la durée du procès. Elles n’autorisaient personne à me voir ni à me parler, et m’interdisaient de m’adresser aux médias. Elles ont publié beaucoup de désinformation à mon sujet. Le gouvernement israélien a utilisé tout son pouvoir médiatique pour faire un lavage de cerveau de l’opinion publique. Pour laver le cerveau des juges, aussi, au point de les convaincre de la nécessité de me mettre en prison. Ainsi, mon procès a été tenu secret et les médias n’ont pas pu accéder à la vérité ; ils n’ont pas pu m’entendre.

Les gens étaient convaincus que j’étais un traître, un espion, un criminel. Il n’y eut pas un atome de justice, dans ce jugement. Mais il n’y avait pas que le procès : le plus cruel fut de m’isoler, en prison. Ils m’ont puni non seulement par l’emprisonnement, mais aussi en m’isolant totalement, en m’épiant en permanence, au moyen de mauvais traitements particulièrement vicieux et cruels : ils ont essayé de me faire mettre en colère, ils ont essayé de me faire regretter ce que j’avais fait. J’ai été maintenu au secret, dix-huit années durant, dont onze années et demie en isolement total. La première année, ils ont mis des caméras dans ma cellule. Ils ont laissé la lumière allumée trois années d’affilée ! Leurs espions me battaient sans cesse, ils m’empêchaient de dormir. J’ai été soumis à un traitement barbare ; ils ont tenté de me briser. Mon objectif était de tenir, de survivre. Et j’ai réussi !…

Silvia Cattori : Par chance, on ne vous a pas pendu haut et court, comme le voulait pourtant le ministre de la Justice d’alors, Tommy Lapid. Vous avez tenu bon, et vous avez été relâché le 21 avril 2004. Vous aviez tout juste 50 ans !

 

Mordechaï Vanunu : S’ils m’ont relâché, c’est parce que j’avais purgé les dix-huit ans de prison auxquels ils m’avaient condamné. Ils voulaient me tuer. Mais, en fin de compte, le gouvernement israélien a décidé de n’en rien faire.

Silvia Cattori : En avril 2004, les télévisions ont montré votre sortie de prison. Le monde a alors découvert ce qui vous était arrivé. Vous êtes apparu heureux, déterminé, combatif : tout le contraire d’un homme brisé…

 

Mordechaï Vanunu : Sortir de prison, aller parler au monde entier, fêter ça… après dix-huit ans de captivité, d’interdiction de tout :… ce fut un grand moment…

Silvia Cattori : Vos geôliers n’ont donc pas réussi à vous briser mentalement ?

 

Mordechaï Vanunu : Non ; absolument pas. Mon objectif était de sortir, et de parler au monde entier, de faire comprendre aux autorités israéliennes qu’elles avaient échoué. Mon but était de survivre, et cela a été ma plus grande victoire sur toutes ces organisations d’espionnage. Ils ont réussi à me kidnapper, à me traîner devant leur tribunal, à me maintenir en prison, au secret, pendant dix-huit ans… et j’ai survécu à tout ça. J’ai souffert, certes ; mais j’ai survécu. Malgré tous leurs crimes, je suis toujours vivant, et je suis même en excellente santé ! Je suis de forte constitution ; c’est sans doute grâce à çà, que j’ai surmonté l’épreuve.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir ?

 

Mordechaï Vanunu : Ma fermeté. Le fait de continuer à être convaincu que j’avais eu raison de faire ce que j’avais fait. La volonté de leur faire comprendre que, quoi qu’ils fassent pour me châtier, je continuerais à rester en vie.

Silvia Cattori : Quel est le plus grand obstacle auquel vous ayez à faire face, actuellement ?

 

Mordechaï Vanunu : On m’interdit de quitter Israël. J’ai été libéré de prison, mais ici, en Israël, je suis dans une grande prison. Je voudrais quitter ce pays, aller jouir de la liberté dans le vaste monde. J’en ai marre du pouvoir israélien. L’armée peut venir m’arrêter à tout instant, me punir. Je sens que je suis à leur merci. J’aimerais tellement vivre loin, très loin d’ici…

Silvia Cattori : Quand Israël vous laissera-t-il quitter le pays ?

 

Mordechaï Vanunu : Je n’en sais rien. Ils m’ont interdit de quitter Israël pendant une année. Un an ayant passé, ils ont renouvelé l’interdiction pour une nouvelle année, qui prendra fin en avril prochain. Mais ils peuvent encore prolonger l’interdiction, aussi longtemps qu’il leur plaira…

Silvia Cattori : Quel regard portez-vous sur le Traité de non-prolifération nucléaire quand, dans le cas d’Israël, on tolère « l’ambiguïté nucléaire », alors qu’on met constamment sous pression l’Iran – un pays qui, lui, se soumet aux inspections ?

 

Mordechaï Vanunu : Tous les pays devraient être ouverts aux inspections internationales et dire la vérité sur ce qu’ils sont en train de faire, secrètement, dans toutes les installations nucléaires dont ils disposent. Israël n’a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire. Ce sont près de cent quatre-vingt pays qui l’ont fait, dont tous les pays arabes. L’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie… : tous les pays voisins d’Israël ont ouvert leurs frontières aux inspections de l’AIEA. Israël est le pire exemple. C’est le seul pays qui ait refusé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Les États-Unis et l’Europe devraient commencer par régler le cas d’Israël ; Israël doit être considéré à l’instar de n’importe quel autre pays. Nous devons en finir avec l’hypocrisie, et obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Il faut imposer à Israël le libre accès des inspecteurs de l’AIEA au centre de Dimona.

Silvia Cattori : L’Iran, qui remplit ses obligations et accepte les inspections de l’ONU, est pourtant menacé de sanctions. Israël, qui est doté de l’arme nucléaire et refuse toute inspection de l’AIEA, ne fait l’objet d’aucune poursuite. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » de la part des États-Unis, mais aussi de l’Europe ?

 

Mordechaï Vanunu : Oui ; c’est même encore pire que ce que vous dites : non seulement on ne s’en prend pas à Israël, mais on aide même ce pays en secret. Il y a une coopération secrète entre Israël et la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Ces pays ont décidé de contribuer à la puissance nucléaire d’Israël afin de faire de ce pays un État colonial, dans le monde arabe. Ils aident Israël, parce qu’ils veulent que ce pays soit à leur service, en tant que pays colonialiste contrôlant le Moyen-Orient, ce qui leur permet de s’emparer des revenus pétroliers et de maintenir les Arabes dans le sous-développement et les conflits fratricides. Telle est la principale raison de cette coopération.

Silvia Cattori : L’Iran n’est-il pas, comme l’affirment Israël et les États-Unis, une menace ?

 

Mordechaï Vanunu : Étant sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA, l’Iran ne représente aucun danger. Les experts occidentaux savent parfaitement quelle est la nature du programme nucléaire iranien. Contrairement à Israël, qui ne laisse personne accéder à ses installations nucléaires. C’est la raison pour laquelle l’Iran a décidé d’aller de l’avant et de dire au monde entier : « Vous ne pouvez pas exiger de nous plus de transparence, alors que vous continuez à fermer les yeux sur ce qui se passe en Israël ! » Tous les Arabes voient, depuis quarante ans, qu’Israël a des bombes atomiques et que personne ne fait rien contre ça. Tant que le monde continuera à ignorer les armes atomiques d’Israël, il ne pourra pas se permettre de dire quoi que ce soit à l’Iran. Si le monde est vraiment préoccupé, et s’il veut sincèrement mettre un terme à la prolifération nucléaire, qu’il commence donc par le commencement, c’est-à-dire : Israël !…

Silvia Cattori : Vous devez être agacé, quand vous entendez Israël, qui n’est pas en règle, dire qu’il est prêt à bombarder l’Iran, qui, à ce stade, n’a enfreint absolument aucune règle !

 

Mordechaï Vanunu : Oui ; cela me met hors de moi. Nous n’avons rien à reprocher à l’Iran : avant de faire quoi que ce soit contre un quelconque autre pays, il faut s’occuper du cas israélien. Si quelqu’un veut s’en prendre à l’Iran, il doit, préalablement, s’en prendre à Israël. Le monde ne peut ignorer ce qu’Israël fait, en la matière, depuis plus de quarante ans… Les États-Unis devraient obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Et il est grand temps, aussi, pour l’Europe, de reconnaître officiellement qu’Israël possède des bombes atomiques. L’ensemble du monde arabe devrait être extrêmement inquiet en entendant tous ces discours qui incriminent l’Iran, qui ne possède aucune arme atomique, et qui continuent à ignorer Israël.

 

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Lors d’un transfert, suite à son son emprisonnement en 1986, Mordechaï Vanunu transmet les détails de son enlèvement par le Mossad, à Rome, aux journalistes à travers la vitre du fourgon de la police israélienne
 

Silvia Cattori : Quels sont les États qui ont coopéré avec Israël ?

 

Mordechaï Vanunu : Israël a aidé la France et la Grande-Bretagne dans leur campagne contre l’Égypte, en 1956. Après l’opération de Suez, la France et la Grande-Bretagne ont commencé à coopérer au programme nucléaire israélien, afin de remercier Israël pour le soutien qu’il leur a apporté, durant cette guerre.

Silvia Cattori : L’Afrique du Sud n’a-t-elle pas aidé Israël, jusqu’en 1991 ?

 

Mordechaï Vanunu : C’est effectivement en Afrique du Sud, dans le désert, qu’Israël a procédé à ses essais nucléaires…

Silvia Cattori : Dans les années soixante, le président Kennedy aurait, semble-t-il, demandé qu’il y ait des inspections à Dimona, en Israël. Voyez-vous un lien entre cette demande et son assassinat ?

 

Mordechaï Vanunu : Je pense qu’à l’époque de Kennedy, les États-Unis étaient opposés au programme nucléaire israélien. Kennedy a tenté d’arrêter Israël, en la matière, mais son assassinat ne lui en a pas laissé le temps… Pour moi, le mobile de l’assassinat de Kennedy est lié à la diffusion d’armes nucléaires en Israël et dans d’autres pays. Ceux qui l’ont assassiné étaient des gens qui étaient favorables à la dissémination nucléaire. Grâce à l’élimination du gêneur Kennedy, la prolifération a pu continuer. De fait, les présidents Johnson et Nixon [qui ont succédé à Kennedy, ndt] n’y voyaient aucun inconvénient : ils ont laissé faire Israël. Constatons simplement que c’est bien un changement allant en ce sens qui s’est manifesté, après l’assassinat de Kennedy…

Silvia Cattori : Votre dénonciation n’a pas empêché Israël de maintenir taboue cette question : il a réussi à ne pas se mettre les grandes puissances à dos. Sa stratégie de l’opacité se serait-elle donc avérée efficace ?

 

Mordechaï Vanunu : Force est bien de reconnaître que oui. Israël est un cas d’école. Comment un petit pays peut-il défier le monde entier et poursuivre une politique agressive, sans le moins du monde se préoccuper des autres ? Les Israéliens ont réussi à le faire, à l’époque, oui… Mais aujourd’hui, le monde a changé. La Guerre froide est terminée, le communisme est défait, le monde s’oriente vers la paix : on le voit, des armes nucléaires n’aideront Israël en rien. Maintenant qu’Israël doit montrer qu’il désire la paix, et de quelle manière il entend y contribuer, pour ce pays, de quelle utilité pourraient bien être des armes nucléaires ? La politique nucléaire israélienne était possible, dans le contexte de la Guerre froide. Mais aujourd’hui, nous devons obtenir d’Israël qu’il adopte une nouvelle politique, qu’il démontre au monde entier qu’il veut la paix et qu’il reconnaisse qu’il n’a nul besoin d’armes atomiques.

Silvia Cattori : Dans les années cinquante, Israël disposait déjà d’un armement considérable. Quelle raison avait-il alors de se doter de l’arme nucléaire ?

 

Mordechaï Vanunu : Un pays aussi petit qu’Israël n’a aucune raison valable de détenir un nombre aussi énorme d’armes atomiques. C’est un peu comme si le programme d’armement nucléaire d’Israël lui était monté à la tête. On ne peut en aucun cas utiliser d’arme atomique dans la région : toute bombe atomique qui serait utilisée contre la Syrie, l’Égypte ou la Jordanie aurait des effets radioactifs et rendrait la vie impossible en Israël également. Toute bombe endommagerait Israël même. Jusqu’ici, les Israéliens n’ont pas même le droit de discuter de cette question entre eux. Néanmoins, ce problème occupe tous les esprits. Nous attendons la réponse d’Israël sur cette question.

Silvia Cattori : Pour Israël, ne s’agit-il pas d’une arme qui lui permet de maintenir le statu quo ? D’un instrument de chantage politique ? Pour pouvoir discuter d’égal à égal avec les grands – États-Unis en tête – et ne rien concéder aux Arabes, qu’Israël a spoliés et qui sont faibles militairement ?

 

Mordechaï Vanunu : Oui. C’est tout à fait cela. Israël utilise la puissance des armes nucléaires afin d’asséner ses politiques. Israël a beaucoup de pouvoir, il écrase l’ensemble de ses voisins de son arrogance. Les États-Unis – même eux ! – ne sont pas en mesure de dire aux Israéliens ce qu’ils doivent faire. Aujourd’hui, l’Europe voit à quel point Israël est puissant. Même sans utiliser la bombe atomique, même sans brandir la menace qu’ils le feraient, les Israéliens peuvent imposer leur pouvoir, ils peuvent faire absolument tout ce qu’ils veulent : ils peuvent ériger leur muraille, ils peuvent édifier des colonies en Palestine…, personne n’est en mesure de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de le faire, parce qu’ils sont extrêmement puissants.

 

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Photo prise secrètement par Mordechaï Vanunu à l’intérieur de la centrale de Dimona
 

C’est là le résultat de leur utilisation des armes atomiques à des fins de chantage politique. Ils peuvent utiliser des bombes atomiques contre tout pays qui voudrait stopper leur politique agressive à l’encontre des Palestiniens. Telle est la situation, aujourd’hui. Le monde entier le sait, tout le monde le sait. Et il y une autre raison, pour laquelle ni les États-Unis ni l’Europe ne font strictement rien : c’est qu’ils savent à quel point Israël est puissant. Par conséquent, la meilleure manière de contrer Israël consiste à faire savoir la vérité au monde et à étudier ce qui s’y passe, dans le domaine de l’armement atomique, jusqu’à ce qu’il y renonce.

Silvia Cattori : Israël a-t-il envisagé de recourir à l’arme nucléaire contre ses voisins arabes, en 1973 ?

 

Mordechaï Vanunu : Oui. En 1973, Israël était prêt à utiliser des armes atomiques contre la Syrie. Et contre l’Égypte.

Silvia Cattori : Pour avoir révélé un secret d’État, vous avez énormément souffert. Finalement ; pour quel résultat ?

Mordechaï Vanunu : Tout d’abord, le monde a maintenant la preuve qu’Israël possède des armes atomiques. Personne, désormais, ne peut plus ignorer la vérité en ce qui concerne le projet nucléaire d’Israël. Après ça, Israël s’est trouvé dans l’impossibilité totale d’avoir recours à ces armes. Un autre résultat de mon action, c’est le fait que le monde a pris conscience de ce que ce petit État juif a fait, dans le plus grand secret. Et le monde a découvert, aussi, sur quels mensonges et sur quelle désinformation cet État a été édifié. Le fait de savoir qu’un si petit pays ait été capable de fabriquer secrètement deux cents bombes atomiques a contribué à alerter l’opinion publique mondiale sur son comportement. La peur qu’un autre petit pays puisse faire la même chose et fabriquer des armes atomiques a incité le monde à se mettre à réfléchir à la manière de stopper la prolifération nucléaire et d’empêcher Israël d’aider d’autres pays à utiliser ces armes, à l’avenir. Quand le monde a découvert ce qu’Israël a fait dans le plus grand secret, la peur de la prolifération nucléaire s’est manifestée. Le monde a pris conscience du pouvoir d’Israël et il a commencé à exercer des pressions sur ce pays afin de le contraindre à faire la paix avec les Palestiniens et avec le monde arabe. Israël n’avait plus aucune raison d’affirmer qu’il redoutait ses voisins arabes, dès lors qu’il disposait, depuis la fin des années cinquante, de suffisamment d’armes pour assurer sa sécurité.

Silvia Cattori : Pour quelles raisons Israël continue-t-il de vous persécuter ?

 

Mordechaï Vanunu : Ce que j’ai fait contrarie tellement toutes les attitudes politiques israéliennes ! Les Israéliens ont dû changer leurs plans. La politique nucléaire secrète d’Israël est l’œuvre de Shimon Pérès. Et voilà que cette politique consistant à fabriquer des armes atomiques clandestinement s’est effondrée ! À cause de cette révélation, Israël a dû emprunter une nouvelle direction, définir de nouveaux plans et ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la conséquence de mes révélations. Ils ont dû inventer de nouvelles sortes d’armes. Aujourd’hui, ils construisent leur muraille, leurs check-points, leurs colonies et ils se sont arrangés pour rendre la société juive plus religieuse, plus nationaliste, plus raciste. Au lieu d’aller dans une autre direction, au lieu de comprendre qu’il n’y a pas d’autre solution que la paix, au lieu de reconnaître aux Palestiniens des droits égaux et de mettre un terme au conflit. Israël ne veut pas mettre fin au conflit. Ce qu’Israël veut, c’est continuer à construire sa muraille et ses colonies !…

Silvia Cattori : Vous avez accompli un véritable exploit !

 

Mordechaï Vanunu : En tant qu’être humain, j’ai fait quelque chose pour la sécurité et le respect de l’humanité. Tout pays a le devoir de nous respecter, tous, en tant qu’êtres humains, quelle que soit notre religion, que l’on soit juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes… Israël a un gros problème : ce pays ne respecte pas les êtres humains. Ce que ce pays a pu faire, parce qu’il ne considère pas les autres humains comme des égaux, est absolument terrible. Le résultat est dévastateur, pour l’image d’Israël ; l’État d’Israël n’est en aucun cas une démocratie. L’État juif est raciste. Le monde devrait savoir qu’Israël met en pratique une politique d’apartheid : si vous êtes juif, vous avez le droit d’aller où vous voulez et de faire ce que bon vous semble ; si vous n’êtes pas juif, vous n’avez aucun droit. Ce racisme est le véritable problème auquel Israël est confronté. Israël est bien incapable de prouver qu’il est une démocratie. Personne ne peut accepter cet État raciste ; ni les États-Unis, ni les pays européens. Les armes nucléaires israéliennes, ils pourraient, à la rigueur, les accepter… Mais comment pourraient-ils justifier cet État d’apartheid fasciste ?

Silvia Cattori : Vous semblez refuser de reconnaître la légitimité de cet État ?

 

Mordechaï Vanunu : Bien sûr. C’est ce que j’ai dit, à ma sortie de prison : nous ne devons pas accepter cet État juif. L’État juif d’Israël est le contraire de la démocratie ; nous avons besoin d’un État pour tous ses citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. La solution, c’est un État unique, pour tous ses habitants, de toutes les religions, comme c’est le cas dans des démocraties comme la France ou la Suisse, et non pas seulement un État pour les juifs. Un État juif n’a absolument aucune raison d’être. Les juifs n’ont pas besoin d’un régime fondamentaliste comme celui qui règne en Iran. Les gens ont besoin d’une véritable démocratie, qui respecte les êtres humains. Aujourd’hui, dans la région du Moyen-Orient, nous avons deux États fondamentalistes : l’Iran, et Israël. Mais Israël est très en avance, en matière de fondamentalisme, même sur l’Iran !…

Silvia Cattori : À vos yeux, Israël est-il donc une plus grande menace que l’Iran ?…

Mordechaï Vanunu : Bien entendu : nous savons ce que les Israéliens font subir au peuple palestinien, depuis plus de cinquante ans ! Il est grand temps, pour le monde, de s’en souvenir et de se préoccuper de l’holocauste palestinien. Les Palestiniens ont tellement souffert, et depuis tellement longtemps, à cause de toute cette oppression ! Les juifs ne les respectent absolument pas, ils ne les considèrent pas comme des êtres humains ; ils ne leur accordent aucun droit, et ils continuent à les persécuter, à mettre en danger la vie présente des Palestiniens, et par conséquent leur propre avenir, aussi.

Silvia Cattori : Que dites vous à mon pays, la Suisse, qui est dépositaire des Conventions de Genève ?

Mordechaï Vanunu : La Suisse devrait condamner très clairement et à haute voix la politique raciste d’Israël, c’est-à-dire toutes les violations des droits des Palestiniens, tant musulmans que chrétiens. Tous les pays doivent exiger du gouvernement israélien qu’il respecte les non-juifs, en tant qu’êtres humains. De fait, je n’ai pas le droit de vous parler, je ne suis pas autorisé à parler à des étrangers ; si je m’exprime quand même, c’est à mes risque et périls. Israël a utilisé des dédommagements de l’Holocauste pour fabriquer des armes, pour détruire des maisons et des biens palestiniens. Je serai très satisfait si votre pays me donne un passeport et m’aide à quitter ce pays, Israël. La vie est très dure, ici. Si vous êtes juif, vous n’avez aucun problème ; si vous ne l’êtes pas [ou plus], on vous traite sans le moindre respect.

Silvia Cattori

(*) Entretien réalisé en anglais par Silvia Cattori, en octobre 2005.
Traduction : Marcel Charbonnier

Blog Mordechai Vanunu :
http://www.vanunu.com/

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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Pierre Jovanovic : Revue de presse du 28 mars 2012

 

 

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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

La mère et la sœur de Mohamed Merah attaquées à Toulouse

La mère et la sœur de Mohamed Merah attaquées à Toulouse

 

 

Les appartements de la mère et de la sœur de Mohamed Merah, tué par les services de sécurité pour le meurtre de sept personnes, ont été attaqués par des inconnus à Toulouse.

« Mme A.Zoulikha, la mère de Mohamed Merah, a été attaquée par des inconnus qui ont tenté de s’introduire de force dans l’appartement où elle se trouvait », a indiqué à Echorouk le représentant du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri. « Il y a quelques heures Mme A. Zoulikha était dans une maison au quartier « Issers » à Toulouse en train de se reposer après la mort de son fils Mohamed quand elle a entendu un bruit à la porte. Lorsqu’elle a demandé l’identité des individus qui tambourinait sa porte, ces derniers ont reconnu sa voix, notamment son accent, et ils ont commencé à défoncer la porte d’entrée », a-t-il ajouté. Dans ce moment de panique, la femme a commencé à crier de toutes ses forces et a appelé au secours. Devant les cris et les supplications de la femme, les assaillants ont pris la fuite de peur de l’intervention des voisins qui se sont effectivement précipités au secours de la dame.

D’autre part, la maison de Souad, la plus jeune fille de Mme Zoulikha, a été également attaquée par des inconnus. En effet, la porte de la maison a été défoncée. Les auteurs se sont introduits de force chez la sœur de Mohamed Merah qui heureusement n’était pas à la maison au moment des faits. Le mari de la femme qui était quant à lui dans l’appartement a été agressé par ces inconnus. Selon Abdallah Zekri, l’intervention des services de sécurité et des voisins qui ont accourus au secours de Mme Zoulikha et de sa fille a fait éviter le pire.

Sur un autre plan, le représentant du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a indiqué que les services d sécurité français ont recruté des espions pour observer les agissements de la communauté musulmane, notamment algérienne au niveau des mosquées en France.

 

http://www.echoroukonline.com/ara/articles/125841.html

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Publié par le 1 avril 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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