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La Grèce poursuit à marche forcée les ajustements réclamés par ses créanciers

28 Fév

 

 

Le parlement grec doit adopter mardi un projet de loi impopulaire prévoyant de nouvelles coupes dans les retraites de la fonction publique, dans les salaires des dirigeants locaux et des fusions d’organismes publics, demandées par les créanciers du pays en échange du nouveau plan d’aide.
Ce texte fait partie « des actionsprioritaires » fixées par la loi cadre du 12 février validant le principe d’un programme d’économies de 3,2 milliards d’euros en 2012.

 Les partenaires de la Grèce en avaient fait une condition sine qua non pour verser au pays des prêts indispensables pour lui éviter la faillite.
 
Un sommet Européen doit faire le point jeudi soir sur les initiatives qui auront été prises par Athènes pour mériter ce prêt de 130 milliards d’euros sur trois ans assorti de l’effacement de 107 milliards de sa dette.
Le plan de sauvetage record vise dans un premier temps à assurer que le pays ne fasse pas faillite le 20 mars, lors de l’échéance d’une obligation de 14,5 milliards. A plus long terme, il doit assurer la soutenabilité de la dette grecque en la ramenant à 120,5% du PIB d’ici 2020 contre plus de 160% actuellement (350 milliards d’euros).
Le débat en procédure d’urgence du projet de loi sur la rigueur a commencé à 13H00 GMT au parlement et le vote est prévu tard dans la soirée.
« C’est dramatique de réduire les retraites mais le gouvernement est contraint de le faire car le budget est déficitaire et il faut renverser cette situation » sinon le pays risque de sortir de la zone euro, ce qui serait « catastrophique », a averti le ministre des Finances Evangélos Vénizelos devant les députés.
Son adoption est quasi assurée vu la large majorité de 193 députés, sur un total de 300, que peuvent rassembler les deux partis de la coalition gouvernementale du Premier ministre Lucas Papademos, la droite de la Nouvelle-Démocratie et les socialistes du Pasok.
Le texte prévoit la réduction de 12% des retraites principales du public supérieure à 1.300 euros ainsi que la baisse de 10% à 20% des retraites complémentaires de plus de 200 euros.

La perspective de ces nouvelles coupes avait provoqué un vif débat dans le pays au début du mois et avait été l’objet d’intenses négociations entre le gouvernement et la délégation de la Troïka (UE-BCE-FMI), qui supervise et passe à la loupe les comptes du pays.
Ces mesures viennent s’ajouter à la baisse de 10% des retraites du public intervenues lors de l’adoption d’un premier train de mesures de rigueur en 2010, année du début de la crise de la Grèce, en échange d’un prêt de l’UE et du FMI de 110 milliards d’euros dont une partie a été versée.
Le nouveau projet de loi comprend également une baisse de 10% des salaires des dirigeants locaux (maires, maires adjoints, préfets) ainsi qu’une fusion des organismes de recherche, dont le nombre va passer de 56 à 31.

En raison d’une série de réductions budgétaires dans plusieurs ministères, dont la plus importante concerne le ministère du Travail et les comptes de la Sécurité sociale, le projet de loi prévoit une révision du budget pour 2012, dont le déficit passe à 6,7% contre 5,4% du PIB prévu initialement.
Mercredi, un projet de loi réduisant les dépenses médicales et hospitalières doit être également voté au parlement en procédure d’urgence.

Ce nouveau tour de vis s’ajoute au vote, dans la loi cadre du 12 févier, d’une baisse du salaire minimum de 22% (qui passe à 586 euros), et de celui des jeunes de moins de 25 ans de 32%.
Ces coupes salariales avaient provoqué l’ire des syndicats et de l’opposition de gauche, des grèves et des manifestations émaillées de violents incidents il y a quinze jours à Athènes.
Sous pression de ses créanciers, la Grèce s’efforce, depuis le feu vert des ministres des Finances de la zone euro la semaine dernière à la nouvelle aide au pays, d’adopter en un temps record les mesures réclamées.
Vendredi, la loi fixant les modalités de la procédure d’effacement de dette a été votée par le parlement, ce qui a permis le lancement de cette offre d’échange d’une ampleur inégalée dans l’histoire financière.
Comme attendu, l’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé lundi la note souveraine de la Grèce au niveau « défaut de paiement sélectif ». Elle envisage de relever la note du pays lorsque cette opération sera réalisée, à la mi-mars.
M. Papademos doit se rendre mercredi à Bruxelles pour s’entretenir avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à la veille de la réunion des ministres des Finances de la zone euro.
 
 
 
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Publié par le 28 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

2 réponses à “La Grèce poursuit à marche forcée les ajustements réclamés par ses créanciers

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