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Pesticides: des victimes demandent le classement en maladie professionnelle

27 Fév

 

 

Une vingtaine de personnes atteintes de maladies dues selon elles aux pesticides ont manifesté lundi au Salon de l’Agriculture pour demander le classement de ces affections en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux, a constaté une journaliste de l’AFP.

L’objectif est de montrer qu’il y a plus de victimes que ce que l’on pense, a expliqué Paul François, président de l’association Phyto-Victimes, et protagoniste d’une première judiciaire en France face au leader mondial de l’agrochimie Monsanto.

Le 13 février, la justice a reconnu que la firme était responsable d’une intoxication à l’herbicide subie par le céréalier, qui l’a obligé à interrompre son activité pendant près d’un an.

Une quinzaine d’agriculteurs malades, selon eux, des pesticides, ainsi que les veuves de quatre d’entre eux, mais aussi des dockers et des employés d’entreprises agroalimentaires (qui manipulent les pesticides), se sont retrouvés devant le stand de l’UIPP, qui représente les industriels des pesticides.

Pour l’instant, la Mutuelle sociale agricole (MSA) n’a reconnu qu’une petite cinquantaine de cas de maladies professionnelles en lien avec les pesticides, selon Phyto-victimes.

Il y a une omerta chez les médecins et les agriculteurs. Nous ne voulons pas mettre les paysans les uns contre les autres: ceux qui font du productivisme sont victimes, eux aussi des pesticides, souligne Jacky Ferrand, viticulteur qui a perdu son fils de 41 ans, également viticulteur, d’un cancer de la vessie, à cause des pesticides selon lui.

On a joué aux apprentis sorciers pendant des années. On nous a dit que les produits n’étaient pas dangereux, dénonce M. Ferrand, pour qui les conseils de protection des fabricants sont impossibles à mettre en oeuvre: vous me voyez faire mon job au milieu des vignes avec un scaphandre?

Les agriculteurs sont prêts à changer leurs méthodes, il faut leur en donner les moyens et que les firmes s’y mettent aussi, fait valoir Paul François.

Par nature tout produit peut être dangereux, (…) Il faut réagir au cas par cas, a répondu Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes.)

75% des produits qui étaient disponibles dans les années 90 ne sont plus aujourd’hui sur le marché, a-t-il précisé.

Une réunion avec François Fillon sera organisée dans la semaine a indiqué le cabinet du Premier ministre, présent lundi sur le salon.

Afp

 
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Publié par le 27 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

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