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Archives du 16 février 2012

Grèce : « Nous n’aurons bientôt plus aucune raison de ne pas être violents »

Marie-Laure, française exilée en Grèce depuis 20 ans, raconte la manifestation qui a secoué les rues d’Athènes le 12 février, et l’angoissant climat qui s’installe dans le pays. « Prenez soin de vous, et de votre humanité. Si on oublie, si de rage, de peur ou de désespoir on en vient à se perdre, rappelez-nous à la nôtre », nous prévient-elle.

La manif de dimanche n’était en fait pas vraiment une manif. C’était plutôt comme si beaucoup, beaucoup de Grecs avaient décidé de se déplacer de leur boulot, de leur cuisine, d’où ils se trouvaient, pour aller se camper autour du Parlement… Il y avait des vieux, des mémés (pas beaucoup mais quand même), beaucoup de couples, cools.

On s’est retrouvés avec Yorgos Mitralias (fondateur de l’ELE, le comité pour l’audit de la dette grecque), dans une galerie historique, en contrebas de Syntagma. A cinq heures pile, on était à l’angle gauche du parlement, au coin de l’hôtel Grande Bretagne. Les forces de l’ordre, style Ninja « carapacés » jusqu’aux oreilles, avaient bloqué l’accès à plusieurs rues, et formé un cordon impressionnant devant le Parlement. Là, ils ont balancé les premiers lacrymogènes, et ça n’a pas cessé, ensuite, pendant des heures.

On a battu en retraite, fait le tour de la place en courant et trébuchant pour filer aussi vite que la foule le permettait. La foule, dense, partout. Les Ninjas nous repoussaient. La foule faisait des vagues, flux et reflux, mais on revenait toujours. Manifestement, les flics avaient peur qu’on n’atteigne le Parlement – on était prêts à rentrer, c’est vrai. A l’intérieur, on a vu plus tard ce qui s’y passait. Pour l’instant, il fallait reprendre son souffle et continuer, trois pas devant, quatre derrière…

Une foule immense et pacifique

Je ne raconte pas les « incidents » : ils sont sur tous les écrans. On nous parle de la catastrophe provoquée par les casseurs : très probablement d’une part, des flics provocateurs, comme d’habitude, pour justifier les lacrymo ; cette fois-ci, on tenait l’info d’un jeune cousin – flic – avec qui on a déjeuné juste avant la manif, lui était en arrêt maladie, le veinard… ; d’autre part, les supporters membres des club sportifs Panathinaïkos, Panionios et Olympiakos, ennemis jurés d’habitude, qui avaient décidé une trêve et lancé un appel aux supporters de se retrouver à Syntagma, alors même qu’un match se tenait, à la même heure. Eux, ou plutôt certains d’entre eux, sont bien entraînés, et ils savent casser, et castagner…

Catastrophe, donc, à Athènes. Ok, beaucoup de magasins incendiés (dont beaucoup de banques). Version Paris Match, c’est effectivement très impressionnant. Rien, mais rien du tout sur la foule immense, pacifique, qui s’en est pris plein les poumons, y compris Mikis Théodorakis, compositeur et véritable symbole pour les Grecs, et Manolis Glezos, symbole encore plus énorme, c’est lui qui a descendu le drapeau allemand de l’Acropole, pendant l’occupation. Ils ont aujourd’hui respectivement 88 et 90 ans, eh bien il s’est trouvé des flics pour les menacer de leurs matraques, et leur balancer leurs lacrymo. Et oui.

Un salaire minimum de 480 euros par mois

Ils avaient la trouille, oui, jusque dans leurs chaussettes, qu’on montre les images de cette mer de monde bruissante de colère et de désespoir.  Les chaînes de télé montrent toutes les mêmes images, là, on se rend compte de la mainmise du pouvoir. Les journalistes « analysent » les dégâts, maintenant qu’ils sont rassurés sur l’avenir.  Désormais rose bonbon, ouf, le mémorandum est passé, on aura désormais un salaire minimum de 480 euros par mois net. Donc la croissance va reprendre d’une minute à l’autre.

Bon, il faut se serrer un peu la ceinture, ok, mais on n’est pas irresponsables, nous les députés, on assume et on signe… On se désole que 100 personnes risquent de perdre leur emploi à cause des dégâts causés par les casseurs. Rien sur les 15 000 fonctionnaires qui vont perdre leur poste, ni sur les orphelinats qui ferment, tout simplement… Ils ont signé, les salauds, il n’y en a eu que 45 pour se rebeller contre la ligne donnée par leur parti (dont deux de l’extrême droite, qui ont signé pour, malgré la position de leur chef). Un député, héros du jour ou dangereux subversif, a balancé le mémorandum en direction de Venizelos (Evangélos Vénizélos, ministre des finances, ndlr). Nous voilà à la nouvelle ère, celle du mémorandum 2, là où on a faim, froid, et peur.

On aura faim, et froid

Mais pas assez, ou alors on est tellement en colère qu’on en oublie la peur, pour ne pas aller casser les bureaux des députés traîtres à notre cause. Il y en a déjà deux qui n’ont plus de locaux (dont un socialiste, si l’on peut dire), et qui cherchent leurs meubles… sur le trottoir. Le tour des autres viendra, on n’aura bientôt plus aucune raison de ne pas être violents. Faites passer, ça ne passera pas. Pas comme ça. Il y a les sous, oui. Mais aussi la dignité, les moments d’insouciance, les heures à ne rien faire et à ne penser qu’au bonheur de vivre.

Ça ne s’abandonne pas si facilement, son humanité. On aura faim, peut-être, surtout dans les villes (nous, on va mettre des poules dans le jardin, on a la mer, pas riche mais bon) ; on aura froid (ça on connaît déjà) ; on aura peur (c’est nouveau, on a goûté, on y goûte un peu plus tous les jours). Mais on avancera. Faites gaffe, ils se rapprochent. Ils auront fait de nous des cobayes, personne n’y croyait, et on y est. Demain, on mord… Prenez soin de vous, et de votre humanité. Si on oublie, si de rage, de peur ou de désespoir on en vient à se perdre, rappelez-nous à la nôtre.

Marie-Laure Veilhan

Photo : source

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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

VIRUS SCHMALLENBERG: Recommandations de prudence aux agriculteurs et aux femmes enceintes!

Alors que le nouveau virus de Schmallenberg poursuit sa propagation en Europe, avec à ce jour plus de 1.200 exploitations touchées dont 94 en France au 10 février, alors que tous les instituts de recherche sont mobilisés, l’incertitude demeure, même si le risque reste jugé comme faible, sur les conséquences sanitaires possibles pour l’Homme. Concrètement, le département de l’Agriculture britannique vient de recommander aux agriculteurs et aux vétérinaires de respecter des mesures strictes de sécurité et d’hygiène lors des contacts avec le bétail et les femmes enceintes sont dissuadées d’approcher les animaux.

Ce virus de la famille des orthobunyavirus, qui n’affecte que les ruminants, a été identifié pour la première fois au Pays-Bas et en Allemagne en novembre dernier. D’autres foyers ont depuis été recensés en Belgique et plus récemment au Royaume-Uni. La maladie se manifeste par de la fièvre, une chute de production de lait et des malformations à la naissance, en particulier chez les ovins. Le virus est transmis par des insectes vecteurs. Pour en savoir plus.

Actuellement, plus de 1.200 exploitations touchées en Europe:

En France, le dernier rapport du Ministère de l’Agriculture, du 10 février dernier indique la présence du virus sur des agneaux dans 44 nouvelles exploitations. Au total ce sont 94 élevages qui sont donc touchés dans 18 départements essentiellement du Nord de la France (02, 08,10, 14, 50, 52, 54, 55, 57, 59, 60, 62, 67, 76, 80, 86, 87, 88).

Au Royaume-Uni, le virus est au 14 février, identifié dans des prélèvements en provenance de 40 fermes dans le sud et l’est de l’Angleterre. Tous ces comtés où l’infection a été identifiée sont des zones reconnues comme potentiellement à risque lié à la présence de moucherons infectés. À l’exception d’un échantillon positif sur un bovin, tous les autres cas d’infection ont été diagnostiqués chez des ovins à ce jour.

En Allemagne, ce sont 506 exploitations qui ont été testées positives pour le virus de Schmallenberg dont 15 élevages bovins, 470 élevages de moutons et 21 élevages caprins. La quasi-totalité du territoire allemand est touché.

Aux Pays-Bas, des rapports de cas ont été transmis de 283 exploitations (au 31 décembre). En Belgique, sur 424 exploitations testées, 111 sont confirmées.

Le risque pour l’Homme reste incertain : alors que l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), l’European Centre for disease Control and Prevention (ECDC) ont jugé le risque très faible mais ne peuvent l’exclure à ce stade des données, le département britannique de l’Ariculture (DEFRA) et les services britanniques vétérinaires (Veterinary Laboratories Agency) confirme l’incertitude du risque pour les humains, recommandent aux agriculteurs et aux vétérinaires de prendre des précautions d’hygiène lorsqu’ils sont en contact avec le bétail. Le Veterinary Laboratories Agency rappelle également que plusieurs souches de la famille des orthobunyavirus peuvent affecter les humains, mais l’incapacité du virus de Schmallenberg d’infecter l’Homme pourrait être liée à l’absence d’une séquence génétique spécifique. En attendant les institutions britanniques recommandent aux femmes enceintes de ne pas avoir de contact avec les moutons et les chèvres.

Le monde se ferme aux exportations européennes : La Fédération de Russie a suspendu l’importation de moutons, de chèvres et de produits dérivés de ces animaux. Le Mexique a suspendu l’importation de sperme et d’embryons de moutons, de chèvres et de bovins. L’Argentine et la Chine ont demandé de plus amples renseignements sur le virus. Des experts de Russie, d’Allemagne, des Pays-Bas et de la Commission européenne ont prévu une prochaine réunion.

Les recherches sont en cours au niveau national et européen. L’Anses en France et l’Efsa pour l’Europe ont été saisies pour évaluer les impacts et les risques de diffusion de la maladie. Et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié, au 8 février une analyse préliminaire sur les scénarii possibles de propagation du virus.

Sources: ECDC « Epidemiological update: Schmallenberg virus isolated from infected cattle and small livestock in the European Union, potential implications for human healthMinistère de l’agriculture, DEFRA (Département britannique de l’Agriculture) (Visuels), FLI (Friedrich Loeffler Institute)

Source

VIRUS SCHMALLENBERG: Le Canada ferme aussi ses frontières

http://www.santelog.com/news/prevention-sante-publique/virus-schmallenberg-le-canada-ferme-aussi-ses-frontieres_7617.htm

 
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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Portugal : grève générale contre la réforme du marché du travail le 22 mars

 

 

Lisbonne – La CGTP, la première confédération syndicale portugaise, a lancé jeudi un appel à la grève générale le 22 mars pour protester contre la réforme du marché du travail entreprise par le gouvernement dans le cadre du plan d’aide financière accordé au Portugal par l’UE et le FMI.
La décision a été annoncée par le secrétaire général de la CGTP, Arménio Carlos, à l’issue d’une réunion de la direction nationale de la centrale, a rapporté l’agence de presse Lusa.
Les deux précédentes grèves générales au Portugal, qui ont eu lieu en novembre 2010, puis en novembre 2011, avaient été organisées ensemble par la CGTP, proche du Parti communiste, et l’UGT, deuxième confédération syndicale du pays et historiquement plus modérée.
Les deux centrales se sont depuis divisées au sujet de la réforme du code du travail voulue par le gouvernement de centre-droit, qui a fait l’objet d’un accord avec le patronat et l’UGT, mais que la CGTP a refusé de cautionner.
L’accord issu de la concertation sociale prévoit notamment un assouplissement du marché du travail en matière d’horaires et de licenciements, ainsi que la suppression de quatre jours fériés et de trois jours de congés par an.
Outre les grèves générales, le Portugal a connu ces derniers mois de nombreuses grèves sectorielles et plusieurs manifestations contre les mesures d’austérité imposées par le plan de sauvetage financier en mai dernier avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international.
Si la grogne sociale avait semblé s’essouffler au moment de la dernière grève des transports publics, début février, la CGTP a fait preuve de sa capacité de mobilisation en rassemblant samedi dernier à Lisbonne quelque 100.000 personnes selon les médias, 300.000 d’après ses propres estimations.
En échange d’un prêt de 78 milliards d’euros de l’UE et du FMI, le Portugal s’est engagé à assainir ses finances publiques et à adopter une série de réformes structurelles pour rendre son économie plus compétitive.
Tandis que le taux de chômage a atteint le niveau record de 14% au quatrième trimestre 2011, cette politique de rigueur devrait provoquer une baisse d’environ 3% du PIB cette année, après une contraction de 1,5% l’an dernier.  Afp

 

Portugal – Le chômage atteint un niveau record

LISBONNE, 16 février (Reuters) – Une récession bien ancrée a porté le taux de chômage à un record à la fin 2011 et les analystes remarquent que les nouvelles dispositions permettant d’embaucher et de licencier plus facilement ne créeront sans doute pas d’emplois dans un tel contexte.

Le taux de chômage était de 14% au quatrième trimestre, a annoncé l’Institut national de la statistique, au-dessus des 13,7% projetés dans le cadre du programme d’aide internationale de 78 milliards d’euros.

Au troisième trimestre 2011, ce taux était de 12,4%.

La réforme du droit du travail réduit les indemnités de licenciement pour les nouveaux embauchés à 20 jours par année travaillée, contre 30 auparavant, et plafonne les indemnités de licenciement à 115.000 euros.

http://fr.reuters.com/news/business

Merci Gizmo

 
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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Les chômeurs sont-ils des assistés?

Nicolas Sarkozy laisse entendre que les chômeurs le sont parce qu’ils ne veulent pas travailler. Un thème porteur électoralement, notamment du côté de l’extrême droite, mais qui ne reflète pas la réalité.

Une agence de Pôle emploi à Nice

Nicolas Sarkozy, désormais candidat à sa réélection, veut changer la logique des droits et devoirs des demandeurs d’emploi. En les obligeant à se former à un métier en tension et à accepter ensuite la première offre correspondant à cette nouvelle qualification. « L’assistanat n’a pas sa place » en France, a déclaré le chef de l’Etat sur TF1 mercredi soir. « La solidarité pour ceux qui ne peuvent pas travailler. La formation ou l’emploi pour ceux qui ont la force de travailler. Le travail, c’est une valeur centrale », a-t-il poursuivi.

En s’en prenant aux chômeurs, après les bénéficiaires du RSA qu’il veut obliger à travailler 20 heures par semaine, Nicolas Sarkozy est monté d’un cran dans sa guerre contre « l’assistanat ». Néanmoins, il ne pose pas les vraies données du problème. Le chômage est-il dû à une économie qui n’arrive pas à créer de l’emploi, ou est-ce que les demandeurs d’emploi le sont parce qu’ils ne veulent pas travailler? Généralement, la France crée des emplois quand la croissance du PIB est supérieure à 1,6%. En 2011, la croissance a atteint 1,7%.

Sauf que la France a aujourd’hui seulement renoué avec ses niveaux d’activité d’avant la crise. Elle souffre donc d’un déficit de croissance de l’ordre de 5% du PIB. Pour renouer avec une croissance dynamique créatrice d’emplois, il faudrait que le PIB progresse d’au moins 2,5% au cours des deux prochaines années. On en est loin. Cette année, la croissance peinerait à atteindre 0,5%. C’est pourquoi l’économie française continue de détruire des emplois – 32 000 emplois au quatrième trimestre 2011 – et que le chômage continue de grimper+152 000 inscrits à Pôle emploi en 2011.

L’indemnisation chômage est un système assurantiel

La proposition de Nicolas Sarkozy d’offrir une formation professionnelle à tous les chômeurs va dans le bon sens. Plus de 60% des bénéficiaires de formations financées par Pôle emploi sont en effet en emploi six mois après et les trois quarts ont accédé à un emploi au cours des 6 mois qui ont suivi. Le problème est que Pôle emploi n’a pas assez de moyens pour former les chômeurs: l’organisme ne dispose que de 15% des offres de formation et que de 13% des fonds de la formation continue – soit 4 milliards d’euros sur un total de 31 milliards.

En 2009, 576 000 demandeurs d’emploi avaient entamé une formation d’une durée supérieure à un mois – soit 8% des demandeurs d’emploi -, un chiffre en baisse de 5% sur un an, alors que le chômage était en forte hausse (plus de 400 000 nouveaux inscrits à pôle emploi). 40% des demandeurs d’emploi pour lesquels une formation a été prescrite ne sont toujours pas en formation six mois après. « Les chômeurs ne demandent pas mieux que d’être formés, mais il n’y a pas assez de formations et surtout pas assez d’emplois », souligne Matthieu Angotti, directeur général de la Fnars (Fédération nationale des associations de réinsertion sociale).

Par ailleurs, l’indemnisation du chômage ne repose pas, contrairement à ce que laisse entendre le chef de l’Etat, sur une logique d’assistanat ou de solidarité du contribuable, mais sur un système assurantiel: salariés et employeurs cotisent, ce qui permet au salarié de percevoir une allocation s’il perd son emploi, à certaines conditions que tous les demandeurs d’emploi ne rassemblent pas – un chômeur sur deux n’est pas indemnisé. Le principe est « un jour cotisé, un jour indemnisé », à partir de quatre mois de cotisation. Le montant de l’allocation est en moyenne de 60% de l’ancien salaire brut (75% pour les salaires inférieurs à 1000 euros). Le versement de l’allocation chômage ne peut en outre excéder deux ans. Au-delà, les personnes basculent vers les minima sociaux (RSA).

La solidarité nationale est faible

Quant aux devoirs des chômeurs, Nicolas Sarkozy les a déjà considérablement renforcés pendant son quinquennat. Il a fait voter en août 2008 une loi prévoyant, en plus de l’obligation de rechercher un emploi, celle d’accepter les offres correspondant à leur projet, sous peine de radiation temporaire après deux refus « sans motif légitime » d’offres dites « raisonnables ». Les bénéficiaires du RSA sont eux aussi obligés d’accepter les offres d’emplois ou les contrats aidés qui leur sont proposés, sous peine de voir leur prestation réduite voire supprimée.

Enfin, laisser croire que la France est un pays d’assistés est peut être porteur électoralement, notamment du côté de l’extrême droite, mais ce n’est pas la réalité. « Surfer sur cette thématique de la lutte contre l’assistanat offre une réassurance morale à l’électorat traditionnellement conservateur et permet à la droite d’envoyer des signes aux strates fragilisées de l’électorat salarié, dont le vote est plus fluctuant entre les extrêmes », explique Nicolas Duvoux, maître de conférence en sociologie à l’université Paris Descartes. La France a un système de protection sociale très généreux, mais c’est un système basé sur l’assurance – le salarié cotise donc a le droit de bénéficier d’une assurance maladie, chômage et vieillesse de qualité. « En revanche, la solidarité nationale, c’est-à-dire la protection sociale pour ceux qui ne sont pas assurés, qui ne cotisent pas – les bénéficiaires de minima sociaux – est extrêmement faible », souligne Olivier Ferrand, président du think tank socialiste Terra Nova.

Le RSA socle, ex-RMI, c’est 470 euros par mois. Depuis 1988, sa revalorisation est uniquement indexée sur l’inflation. Ce qui signifie que depuis vingt ans, ce minimum vital diminue année après année en comparaison du revenu médian de la population. En 1990, le RMI équivalait à 60% du revenu médian, c’est-à-dire l’équivalent du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, le RSA ne représente plus que 40% du revenu médian. Sur les 600 milliards d’euros dépensés chaque année par la protection sociale, 590 milliards reviennent aux assurés, seule une dizaine de milliards finance la solidarité nationale.

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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Des PME dans la rue à Mulhouse contre l’inertie des banques

Qui a dit que les banques étaient en bonne santé et qu’elles prêtaient encore aux entreprises…. On nous aurait menti?!

Mulhouse (Haut-Rhin) – Des représentants d’un collectif de PME, le premier du genre en France selon sa présidente, ont dénoncé jeudi devant l’antenne de la Banque de France à Mulhouse (Haut-Rhin) l’inertie des banques face à leurs demandes d’aide.
Sous des bannières SOS le premier employeur de France agonise, ou Entreprises rackettées par les charges sociales, étranglées par les banques, le Collectif Défense PME a fustigé les refus de prêts et les frais jugés excessifs de découverts dont ses membres se disent victimes, au point de menacer la survie de certains, a expliqué sa présidente Patricia Koch.
Le Collectif rassemble 85 dirigeants d’entreprises totalisant un peu plus de 1.800 salariés (chacun emploie entre 1 et 80) et situés majoritairement en Alsace. D’autres adhérents viennent de Franche-Comté voisine ou de région parisienne.
Mme Koch a pris l’exemple de son entreprise de mécanique (six salariés), qu’elle estime représentative: Le carnet de commandes est rempli et nous allons nous remettre de la crise en réalisant lors de l’exercice 2011-2012 un bénéfice qui va pratiquement effacer les pertes cumulées des deux exercices précédents. Mais il nous manque un mois et demi à deux mois de trésorerie que nous n’arrivons pas à obtenir des banquiers. Notre situation de fonds propres négatifs bloque tout.
L’entreprise de Mme Koch a échoué à obtenir un prêt d’environ 100.000 euros pour régler des arriérés de dettes fiscales et sociales. Deux (banquiers) m’ont reçu trois minutes avant d’en rester là à la lecture rapide du bilan. Trois autres m’ont conseillé de déposer le bilan et un sixième m’a suggéré d’emprunter auprès de mes salariés, a-t-elle expliqué.
Le Collectif souhaite initier un mouvement national regroupant au moins 500 PME, a souligné sa présidente. Selon son document de présentation, il demande la constitution d’un pôle public de financement pour les investissements et les besoins en fonds propres des petites entreprises, dont les décisions d’engagement financier seraient prises par des chefs d’entreprise en activité. Il réclame également des allègements de charges.

afp

 
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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

RATING CRÉDIT/Moody’s envisage abaisser notes de 114 banques dont CS et UBS

 

Zurich (awp) – L’agence de notation Moody’s a annoncé jeudi qu’elle envisageait de revoir les ratings de crédits de 17 banques globales. Parmi celles-ci figurent Credit Suisse et UBS. Cette décision a été prise après l’annonce de revalorisation des banques européennes qui concerne 114 instituts, écrit Moody’s dans un communiqué mercredi soir.

Parmi les banques réexaminées, trois instituts pourraient rétrograder de trois rangs. Il s’agit du CS, d’UBS et de la banque US Morgan Stanley. Pour dix banques, Moody’s prévoit une rétrogradation de deux rangs et pour les quatre autres d’un rang. Cette estimation est toutefois provisoire et peut changer au cours de la révision, a souligné Moody’s.

Pour justifier sa décision, Moody’s a cité notamment des conditions de financement plus difficiles, les contraintes liées aux exigences régulatoires et un contexte des affaires plus difficile. Les banques sont confrontées actuellement à des risques tels que la baisse de confiance et une appréciation difficile du risque.

Ces facteurs ont réduit les perspectives à long terme de profitabilité et de croissance des instituts, selon Moody’s. De plus, l’agence de notation cite « un environnement opérationnel très difficile en Europe », « l’affaiblissement de la solvabilité des dettes souveraines » et « les difficultés sur les marchés financiers ».

Afp

Trés en forme Moody’s aujourd’hui….on est pourtant pas Vendredi pour les mauvaises nouvelles…?!

Merci Gismo  🙂

 
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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Bertrand se démène pour que les entreprises décalent leurs plans sociaux après les élections!

EXCLUSIF Les patrons de la Fnac et d’Areva ont reçu des instructions pour ne pas durcir leurs projets de licenciements. PSA et Renault ont promis de ne rien annoncer avant le mois de mai.

 

 

Le cabinet du ministre du Travail, Xavier Bertrand fait le forcing auprès des patrons pour éviter les plans sociaux. En cette période électorale, l’ex-secrétaire général de l’UMP qui n’a pas envie que les chiffres du chômage, déjà très élevés, ne se dégradent encore veut calmer le jeu d’ici aux élections.

Ainsi, Alexandre Bompard (Fnac) ou encore Luc Oursel (Areva) ont reçu des instructions pour repousser de quelques mois leurs projets de licenciement. La Fnac, qui a fait part de son intention de supprimer 500 postes (dont 300 en France) en janvier dernier, a été priée de ne pas aller au-delà pour le moment. Idem pour le groupe Areva qui projetait de se délester de 3.000 emplois dans l’Hexagone.

Dans le secteur automobile, le couperet tombera après le mois de mai

Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste. PSA avait à l’automne annoncé une réduction de la voilure. Sur les conseils de la rue de Grenelle, le groupe ne fera aucune communication qui puisse inquiéter les salariés d’ici à mai 2012.

Chez Renault, les relations avec l’Etat –actionnaire à hauteur de 15%- sont plus complexes, mais les mesures d’économie évoquées fin décembre par Carlos Tavares, le DG du groupe, sont repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine.

Les dirigeants ont bien compris que le timing ne leur était pas favorable. L’exemple de Lejaby en a échaudé plus d’un. Ils savent qu’au moindre plan social, les politiques s’en mêleront. Beaucoup n’ont pas envie de voir défiler dans leur usine, les différents candidats prendre fait et cause pour leurs employés.

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Publié par le 16 février 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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