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400.000 policiers-citoyens pour sécuriser les Néerlandais!

20 Jan

 

Par Marco Bertolini (Amsterdam)

Faute de moyens et afin de réduire le taux d’affaires non-résolues, les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Ceux-ci participent à des réseaux de surveillance ou s’enrôlent dans la « police volontaire ». Une politique assortie de risques non-négligeables.

Ce matin-là, coincée entre des factures, une enveloppe bleue du fisc néerlandais et les habituels journaux publicitaires, je pique une enveloppe blanche, de format A5, destinée « aux habitants de cet immeuble ». Je m’attends à une campagne de récolte de dons ou une invitation à une démonstration de lingerie coquine…

Mais non: c’est une lettre, accompagnée d’un formulaire d’inscription. Elle porte le logo de la municipalité où je réside et celui d’un « réseau citoyen »: BurgerNet. Sous ce dernier, une mention étrange: Veiligheidsregio ZuidLimburg (Région de Sécurité, Sud-Limbourg)…

Un réseau de volontaires pour ouvrir l’oeil

Intrigué, je lis le contenu: il s’agit d’une invitation, oui, mais à participer à un réseau de volontaires. Des citoyens qui aident la police à repérer tout individu suspect, personne disparue, auteur d’attaque ou d’incendie dans le quartier…

Si la collaboration avec la police résonne toujours mal aux oreilles francophones, évoquant des périodes sombres de l’histoire, il en va tout autrement dans le monde anglo-saxon et germanique, où la participation des citoyens au travail policier est perçu comme une contribution à la vie de la communauté.

Après avoir parcouru rapidement le courrier, signé par le maire et un de ses adjoints, je me connecte au site Internet pour en savoir plus.

400.000 paires d’yeux vous surveillent

BurgerNet est né de l’idée d’un ex-policier de Rotterdam en 2008. En 2009, il a été expérimenté dans neufs communes des Pays-Bas. L’évaluation du projet-pilote était positive et les autorités ont donc décidé de l’implanter partout dans le pays. Aujourd’hui, il est actif dans 150 municipalités et compterait 400.000 membres.

En réalité, il est difficile de savoir combien sont actifs ou sont inscrits dans deux localités au moins (la résidence et le lieu de travail, par exemple).

Le mode de fonctionnement de BurgerNet est très simple: vous vous enregistrez au système via le site Internet. Si quelque chose se passe dans votre quartier, vous recevez un SMS ou un appel vocal sur votre téléphone mobile. Il peut s’agir d’un cambriolage, d’une personne disparue, d’un délit de fuite, etc.

Votre rôle est d’ouvrir l’œil afin de repérer la personne ou le véhicule signalé. Si c’est le cas, vous appelez gratuitement le numéro 0800-0011 où vous serez mis en contact avec un policier du centre de communications.

De cette manière, vous aidez la recherche et vous contribuez à une environnement plus sûr,

m’explique mon bourgmestre (maire) dans sa missive.

La sécurité coûte que coûte

Pour Ivo Optelten, ministre de la sécurité et de la justice, « BurgerNet a dépassé les espérances ». Son taux de résolution d’affaires est de 9 % pour l’ensemble du pays, mais dans la province septentrionale de Groningue, ce taux atteint 22 %. Il faut préciser que là-bas 24.500 citoyens participent à l’action !

Mais ce type de système, comme tout dispositif d’origine humaine, peut connaître des failles. BurgerNet n’est pas à l’abri d’une erreur comme en témoigne l’accident survenu en mars 2011: des citoyens d’Utrecht ont eu la surprise de recevoir un email leur demandant de participer à une enquête. Courriel dans lequel figurait des centaines d’adresses de participants au réseau, alors que celui-ci garantit l’anonymat de ses sources !

Ce dispositif a aussi un coût: pour la commune d’Utrecht, ville de 360.000 habitants, le coût d’introduction serait de 200.000 euros pour les six premiers mois et de 125.000 euros par an, pour les années suivantes…

Tout ceci explique-t-il pourquoi BurgerNet ne rencontre pas un succès fulgurant dans toutes les communes qui font appel à son réseau ? A Zuidoost (Sud-Est, une division administrative d’Amsterdam), seuls 825 habitants sur 65.000 se sont inscrits au programme. Le porte-parole de la ville, Éric Weber, met cette faible participation sur le compte de la « diversité du quartier », principalement habité par des Anglophones, notamment une forte communauté ghanéenne.

Deux iPads à gagner pour les jeunes vigies

BurgerNet tente à présent de recruter des jeunes, se concentrant surtout sur les 16-24 ans:

La raison en est simple, les jeunes sont souvent dans la rue et par conséquent d’excellents yeux et oreilles pour la police lorsque le besoin s’en fait sentir,

explique le site Omroep Gelderland. BurgerNet organisera bientôt des activités dans des écoles et des associations de jeunes. Il y aura deux iPads à gagner…

On peut tout de même s’interroger sur l’enrôlement de jeunes de cet âge dans un réseau dont l’objectif est la coopération policière. Et surtout, qui garantit qu’ils ne prendront pas de risques inutiles lorsqu’ils apercevront un voleur ou un véhicule suspect ?

Les participants au réseau ne reçoivent aucune formation, ni technique, ni éthique. Si les avantages du réseau sont réels – les enfants perdus ou des personnes dépressives rapidement retrouvées, par exemple – les risques sont sans doute tout aussi réels. Surtout avec des jeunes peu, voire pas préparés….

 

La suite ici

 
2 Commentaires

Publié par le 20 janvier 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

2 réponses à “400.000 policiers-citoyens pour sécuriser les Néerlandais!

  1. EVEIL

    20 janvier 2012 at 21 h 37 min

    Bonsoir ou bonjours à tous ,

    Celà me fais pensé à faire poussé ce peuple aux délations comme dans les années sombres nazis , ou je me trompe….! ?

    J'aime

     

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