RSS

Petroplus/Petit-Couronne, les salariés ne veulent pas mourir « en silence »

02 Jan

Rouen (awp/afp) – Les salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, près de Rouen, se montraient lundi déterminés à ne pas « mourir en silence », alors que les manoeuvres d’arrêt temporaire du site, faute d’alimentation en brut, venaient de commencer.

« Pour l’instant, on est gentils. On frappe avant d’entrer. Mais si les discussions ne débouchent sur rien, il n’est pas question pour nous de mourir en silence ». La voix un peu fatiguée, le délégué CGT Yvon Scornet dit sa détermination ce lundi avant de prendre la parole aux portes de la raffinerie comme il le fait chaque jour depuis une semaine.

Pour les salariés qui l’écoutent, l’horizon s’est brusquement assombri mardi dernier lorsque le groupe a annoncé le gel par les banques de la ligne de crédit d’un milliard de dollars qui permettait au pétrolier suisse d’acheter du brut. Sonnés, alors que leur usine était déjà sous le coup d’un projet de plan social menaçant 120 emplois sur 550, ils n’ont pas été rassurés par l’arrêt dit « temporaire » de leur raffinerie décidé vendredi par le groupe.

EXPÉDITIONS BLOQUÉES PAR PRÉCAUTION

Par précaution, ils bloquent depuis près d’une semaine les expéditions d’essence, de gazole, de fuel, de bitume et d’huile qui sont sortis ces derniers jours des unités encore en marche. « Ces produits finis pourront nous servir de monnaie d’échange si les choses tournent mal », dit Yvon Scornet.

Ils pourraient en particulier être un argument de négociations dans l’hypothèse où les salaires de janvier ne seraient pas payés ou que la raffinerie fermerait ses portes. « Qui prendra en effet le relais si Petroplus fait faillite ? », s’interroge Laurent Patinier, délégué CFDT.

PLUS FACILE DE FERMER POUR PETROPLUS QUE POUR SHELL OU TOTAL

Parmi les 250 salariés présents, beaucoup se disent amers en rapprochant les difficultés actuelles de la vente du site par Shell au petit raffineur indépendant Petroplus, il y a tout juste trois ans.

Laurent Patinier estime que « les coïncidences sont troublantes » tandis qu’Yvon Scornet juge qu’il est « plus facile de fermer une raffinerie quand on s’appelle Petroplus que lorsqu’on s’appelle Shell ou Total ».

L’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC a demandé à la Commission européenne d’enquêter sur cette vente comme elle lui a demandé d’instaurer une taxe sur les produits finis importés qui représentent, selon ses calculs, près de la moitié de la consommation française. « Il suffirait de pas grand chose pour nous redonner de l’oxygène et compenser la concurrence déloyale venant de pays où les contraintes environnementales ne sont pas les mêmes que les nôtres », soutient Valter Guerreiro, un opérateur qui a 34 ans de maison.

Cette raffinerie a été mise en service en 1929, sur une zone industrielle du port de Rouen, juste après la loi de 1928 organisant la protection de cette industrie en France. Elle a été constamment modernisée depuis, sauf au cours de la dernière période, selon les syndicats.

INVESTIR 100 À 120 MIO EUR

Yvon Scornet juge qu’il faudrait 100 à 120 millions d’euros d’investissement pour la remettre à niveau. Il somme l’Etat de la réquisitionner « au nom de l’intérêt national » pour la remettre à un pétrolier, français ou étranger, à condition qu’il agisse en France. « Après, si une société pétrolière azérie ou qatarie est intéressée, nous sommes preneurs », dit-il.

En attendant, les syndicalistes font le siège des ministères, tissent des liens avec leurs homologues des autres raffineries Petroplus en Europe et appellent à la rescousse les élus locaux. Pour ces derniers, l’enjeu est aussi de taille: un emploi dans une raffinerie en génère trois autres, indirects ou induits.

Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, doit de son côté rencontrer en début de semaine Jean-Paul Vettier, PDG du groupe suisse Petroplus.

 
1 commentaire

Publié par le 2 janvier 2012 dans BILLET D'HUMEUR

 

Une réponse à “Petroplus/Petit-Couronne, les salariés ne veulent pas mourir « en silence »

  1. JeKaS BjorK

    2 janvier 2012 at 23 h 08 min

    J’ai habiter pendant 14 ans a Grand-Couronne, avec une magnifique vu sur cet shell. !

    J'aime

     

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :