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Après l’Irlande, le Portugal de nouveau en première ligne

23 Nov

Après la Grèce et l’Irlande, le Portugal, désormais en première ligne des marchés, pourrait être contraint lui aussi de solliciter une aide extérieure, estiment les analystes, même si les autorités veulent encore convaincre que les situations sont « très différentes ».

« Sur les marchés, l’idée est qu’une fois résolu le cas de l’Irlande, le Portugal se trouve en première ligne », déclarait dès vendredi Joao Cravinho, directeur à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), chargé du Portugal.

Pour autant, les autorités portugaises gardent encore espoir, insistant sur les différences entre les deux pays, comme elles l’avaient fait lors de la crise grecque au printemps.

Le Portugal « n’a besoin d’aucune aide » pour surmonter ses difficultés financières, a déclaré lundi avec force le Premier ministre José Socrates, affirmant qu' »il n’y a aucun rapport entre le Portugal et l’Irlande ».

« Le Portugal n’a aucun problème avec son système financier. Le Portugal n’a jamais eu de bulle immobilière et nous avons une situation budgétaire sans comparaison » avec l’Irlande, a ajouté M. Socrates, qui a dit espérer que le plan d’aide à l’Irlande « va permettre de normaliser la situation sur les marchés, car le Portugal subissait un effet de contagion très net ».

Dimanche soir, le ministre portugais des Finances Fernando Teixeira dos Santos s’était empressé de saluer le plan d’aide « significatif » à l’Irlande qui, avait-il assuré, « apaise les craintes, réduit l’incertitude et renforce la confiance des marchés ».

Une nouvelle fois, il avait tenté de décoller le Portugal des problèmes irlandais, soulignant que le pays dispose d’un système bancaire « résistant » et d’une « stratégie claire » pour réduire ses déficits conformément à ses engagements.

Toutefois, pour la majorité des analystes, ces arguments pourraient s’avérer insuffisants pour rassurer les marchés. Lundi à 14H45 GMT, les taux de rendement des obligations portugaises à dix ans restaient en hausse à 6,560%, contre 6,508% vendredi soir.

« Si cette pression ne se relâche pas, le Portugal sera contraint de demander une aide d’urgence », prévoit l’économiste Tullia Bucco d’Unicrédit.

« Le Portugal peut considérer qu’il est insensé de payer des taux de 6 à 7%, ou plus, alors qu’il peut demander une aide extérieure » à des taux plus faibles, estime également Filipe Silva, stratégiste obligataire de la banque Carregosa.

Plombé par une croissance atone depuis de nombreuses années, le Portugal accuse une dette publique de 161 milliards d’euros, soit plus de 82% du PIB, qu’il s’est montré jusqu’ici incapable de réduire.

« L’endettement portugais a davantage progressé sur les neuf premiers mois de l’année que sur la même période de l’année dernière », faisait remarquer l’économiste Ralph Solveen de la Commerzbank, au Financial Times.

« Les besoins de financement du Portugal sont supérieurs à ceux de l’Irlande », soulignait pour sa part Nick Firoozye de la banque Nomura, cité lundi par Diario Economico.

Si le Portugal a garanti ses besoins de financement pour 2010, la situation risque en effet de se compliquer très fortement en 2011, avec l’arrivée à échéance de 25,6 milliards d’euros de dettes, dont 19,7 milliards au premier semestre.

Dans ce contexte, le Parlement portugais s’apprête à voter définitivement vendredi un budget d’une austérité sans précédent, cumulant baisses des salaires et hausses d’impôts pour ramener le déficit de 7,3% du PIB à 4,6%.

En réaction, les deux principales centrales syndicales portugaises, la CGTP et l’UGT, réunies pour la première fois depuis 1988, ont convoqué pour mercredi une grève générale, qui s’annonce comme le mouvement social le plus important depuis l’avènement de la démocratie en 1974.

 
2 Commentaires

Publié par le 23 novembre 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

2 réponses à “Après l’Irlande, le Portugal de nouveau en première ligne

  1. pyrogene

    23 novembre 2010 at 15 h 47 min

    Eh, oui…Les dominos commencent à « tomber’ un à un. C’est un génocide social qui est en marche, et je pèse mes mots.
    Il ne fallait pas transformer la dette privée en dette publique. Ces banques méritaient de disparaitre après leurs coups tordus.

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    • realinfos

      23 novembre 2010 at 16 h 49 min

      La contagion existe et quand le 3° laron tombera on peut s’attendre au pire,même les vampires de la bourse n’y croient plus,encore – 2,26 de baisse pour le CAC aujourd’hui!
      Il suffirait que cela dégénére en Corée pour accélérer les choses!Qui à dit que cet hiver serait froid…!? 🙂

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