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Archives du 12 septembre 2010

11 septembre 2001: Lettre d’un instit à Georges Bush et Jacques Lang

 

Après le 11 septembre 2001, Jack Lang, le ministre de l’Education Nationale, nous a demandés de faire trois minutes de silence dans les classes. J’ai, à l’époque, adressé une lettre à Georges Bush et Jack Lang pour leur signifier les raisons pour lesquelles je ne ferai pas silence dans ma classe…Voir fichier-joint.
Aujourd’hui, nous sommes en 2010 et chaque jour, en moyenne, 150 000 être humains meurent de faim, l’équivalent d’une  ville comme Angers rayée de la carte. On sait où ils agonisent et malgré tout, on détruit massivement la nourriture non vendue qui les sauverait de la mort. Leur distribuer cette nourriture gratuitement serait un très mauvais exemple pour le monde entier.
Cela signifierait la reconnaissance de l’héritage de savoirs et savoir-faire accumulé par les générations passées. Cet  héritage, patrimoine de l’humanité confisqué par une infime poignée de gens,  permettrait à tous les pays, notamment ceux du Sud, d’atteindre un niveau technologique offrant à tous des services publics de qualité.
Libéré de la production des biens matériels, une majorité grandissante de la population pourrait ainsi s’investir dans les secteurs de la santé, de l’éducation entre autres…Dans nombre de pays du Nord, instruments, appareils, machines, nourriture, logement, vêtements, tout ce qui appartient au monde de la matière, ne relèvent que du travail de 20 % de la population active.
Les brevets déverrouillés, libres d’accès, au Nord comme au Sud, éradiqueraient le profit qui cancérise le corps social et apporterait à tous la prospérité. Chaque invention doit bénéficier à tous car aucune découverte ne serait concevable sans toutes celles qui l’ont précédé depuis des millions d’années.
La comptabilité de ces sacrifiés sur l’autel du profit, d’un profit voulu par 1 % de la population mondiale qui décide du sort de la planète, cette comptabilité est terrifiante :
150 000 morts, c’est 50 « 11 septembre » par jour, 18 000 par an, 162 000 attentats terroristes depuis 9 ans.
150 000 morts, c’est 54 millions de morts programmés par an, presque l’équivalent des morts de la deuxième guerre mondiale
150 000 morts, c’est 486 millions de morts depuis 9 ans, plus d’une fois et demie la population des USA.
Sans fleurs ni couronnes, chacune de ces vies perdues, chacune de ces vies du Sud, non reconnues dans leur martyr, n’obtient pas même la considération du 162 millième de la  vie d’un seul  américain assassiné le 11 septembre.
Alain Vidal, le 11 septembre 2010
Libérons La Monnaie

 

à Georges Bush, à Jack Lang JE ME SENTIRAI AMERICAIN ET FERAI SILENCE DANS MA CLASSE …

6 août 1945, les Etats-Unis bombardent Hiroshima. En quelques secondes, 80 000 morts, 150 000 blessés. Pas une seconde de silence.
9 août 1945, les Etats-Unis bombardent Nagasaki. En quelques secondes, 20 000 morts, 50 000 blessés. Pas une seconde de silence.
De 1964 à 1975, les Etats-Unis bombardent le Vietnam. Des millions de morts. Armes chimiques, bombes au napalm et bombes à billes terrorisent les habitants. Des « Oradour-sur-Glane » par milliers, villes et villages rayés de la carte. Dans les camps de concentration, on affame, on viole, on torture, on assassine. Pas une seconde de silence.
11 septembre l973, Santiago du Chili, coup d’état militaire fomenté par la CIA. Pinochet soutenu par les Etats-Unis fait régner la terreur. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants torturés, assassinés avec l’aide de conseillers américains Pas une seconde de silence.
Depuis 1991, les américains et leurs alliés, en violation de la Convention de Genève, infligent un blocus à l’Irak. Un blocus qui affame les populations civiles et qui tue six mille bébés par mois (soixante douze mille bébés par an).Un blocus qui, avec l’appui de bombardements réguliers, a déjà fait plus d’un million de victimes civiles depuis dix ans. Pas une seconde de silence.
Tous ces actes de destructions extrêmes ayant pour seul objectif de terroriser une multitude d’innocents afin de renverser un gouvernement ennemi, toutes ces folies meurtrières profitent à des multinationales qui rejettent solidarité et partage des richesses, pourtant seuls facteurs de développement durable. Tous ces attentats sont des crimes contre l’humanité au même titre que ceux qui, le mardi 11 septembre 2001, ont fait 3000 morts à New-York, et pour lesquels, Jack Lang, le ministre de l’Education Nationale, nous a demandés de faire trois minutes de silence dans les classes.
Je me sentirai américain et ferai silence dans ma classe lorsque la communauté internationale condamnera tous ces crimes contre l’humanité.
Je me sentirai américain et ferai silence dans ma classe lorsque les USA cesseront de faire du FMI et de la Banque Mondiale une arme pour piller les pays pauvres et faire grimper les valeurs boursières. Installation d’infrastructures destinées à favoriser prioritairement les exportations de matières premières, d’énergie et autres produits vers les pays riches. Tout cela au détriment de ces « sans-terre » que l’on concentre dans les bidonvilles du Sud et qui souffrent « dramatiquement du manque d’eau potable, de soins et d’instruction. Moins d’un milliard de nantis, plus de cinq milliards d’exclus: l’intégrisme économique des dictateurs des marchés financiers ne fait qu’engraisser le terreau de la faim et de l’ignorance où se développent intégrismes politique et religieux. Imagine-t-on un cessez-le feu généralisé sans un « cessez-la faim » planétaire ?
Je me sentirai américain et ferai silence dans ma classe, lorsque les dirigeants du G8 n’accepteront plus d’être les gérants des multinationales, d’être les vassaux des Etats-Unis, un pays où quarante sept millions d’américains, en grande partie illettrés, survivent en deçà du seuil de pauvreté. Un pays qui traite magistralement le chômage par une pénalisation de la pauvreté et un accroissement vertigineux du nombre de prisonniers. L’idéal démocratique américain, ce n’est pas un « homme-une voix », mais, cyniquement, « un dollar-une voix ».
Je me sentirai américain et ferai silence dans ma classe, lorsque l’émotion sera la même à l’égard de toutes les victimes de tous les terrorismes. Je me sentirai américain et ferai silence dans ma classe, lorsque la communauté internationale condamnera sans complaisance sélective tous les crimes contre l’humanité, ceux commis par les pays riches comme ceux commis au nom des pauvres.
En attendant ce jour, je ne ferai pas silence dans ma classe, je continuerai à parler aux enfants afin de leur « donner le sens de la responsabilité personnelle et collective face aux problèmes liés aux droits de l’homme et aux atteintes qu’ils subissent », conformément à la page 71 des programmes de l’Ecole primaire.
                                                                                   
   Alain Vidal, instituteur à Nantes,  le 17 septembre 2001

5, avenue Louis Vasseur  44 000 Nantes       02 40 89 32 03  

 vidal.mothes@wanadoo.fr

http://www.alterinfo.net/11-septembre-2001-Lettre-d-un-instit-a-Georges-Bush-et-Jacques-Lang_a49784.html

 
9 Commentaires

Publié par le 12 septembre 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 
 
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