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L’aide à la Grèce, un « euphémisme » pour une aide aux banques

07 Sep

BRATISLAVA – Le ministre slovaque des Affaires étrangères Mikulas Dzurinda a estimé mardi que l’aide européenne accordée à la Grèce endettée, à laquelle son pays avait refusé de contribuer, n’était qu’un « euphémisme » pour une aide aux grandes banques.

« L’aide à la Grèce est un euphémisme. Il s’agit de sauver les profits des plus importantes banques commerciales européennes », a déclaré M. Dzurinda, interrogé par l’AFP.

« Cet argent afflue-t-il vers des couches sociales les plus faibles de la Grèce? Il afflue vers les banques commerciales privées européennes », a-t-il affirmé.

Il s’agit en fait, selon lui, d’une « solidarité des gens qui travaillent honnêtement et qui paient les impôts, envers les plus grandes banques européennes, pour que ces dernières puissent continuer à se comporter de manière irresponsable ».

« Cela ne me plaît pas », a souligné M. Dzurinda, Premier ministre slovaque entre 1998 et 2006, auteur à cette époque d’une série de réformes ultra-libérales.

Souvent douloureuses pour la population, ces réformes ont valu à ce pays post-communiste de 5,4 millions d’habitants le surnom de « tigre centre-européen ».

« Dois-je demander maintenant aux chefs de l’UE de venir chez nous pour dire aux gens que je les avais fait souffrir inutilement? Que c’était une erreur de se serrer la ceinture pour réduire la dette publique et qu’il aurait mieux valu endetter encore plus le pays en attendant que quelqu’un d’autre vienne payer la facture? », a lancé M. Dzurinda.

Le parlement de la Slovaquie, membre le plus récent et le plus pauvre de la zone euro, a refusé en août son feu vert à la participation slovaque au prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans accordé à la Grèce.

Bratislava s’est immédiatement retrouvé sous le feu des critiques des autorités européennes qui lui reprochaient un « manque de solidarité ».

La part slovaque de cette aide à la Grèce devait s’élever à près de 800 millions d’euros. Bratislava a en revanche approuvé, sous réserves, un fonds d’urgence destiné aux pays endettés de la zone euro.

« Nous ne sommes pas encore sortis du pire. Une forte solidarité et un fort engagement de tous les membres de la zone euro sont nécessaires », a souligné mardi à Bruxelles le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, à l’issue d’un entretien avec le ministre slovaque des Finances, Ivan Miklos.

« J’ai une question à poser à ces fonctionnaires européens qui nous critiquent aujourd’hui: où étaient-ils au moment où des données étaient falsifiées et la Grèce se précipitait vers un abîme », a commenté M. Dzurinda.

(©AFP / 07 septembre 2010 20h05)

Il a tout compris ce monsieur…!

 
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Publié par le 7 septembre 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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