RSS

Archives du 20 juillet 2010

La note française dégradée par une agence chinoise!

L’agence de notation Dagong Global Credit Rating est la première à abaisser la note de la France de trois rangs à AA-. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont aussi concernés par les dégradations.

Utiliser des méthodes «qui ne seront pas affectées par les idéologies» et rétablir «une vision juste, objective et raisonnable», selon les mots du premier ministre Hu Jintao. Ce sont les motivations premières ayant poussé l’agence chinoise Dagong Global Credit Rating à passer des notations d’entreprises à celles des dettes souveraines des Etats. Dans son rapport, le résultat est sans appel pour la France. L’Hexagone, qui sent déjà son triple A menacé, se voit officiellement dégradé par Dagong de trois rangs à AA- avec des perspectives négatives. Une première. Jusqu’ici, aucune des trois majors des agences – Fitch, Moody’s et Standard and Poor’s – n’avait osé franchir ce pas.

La France n’est pas la seule à être dégradée. L’agence de notation chinoise abaisse également la note du Royaume-Uni et du Japon à AA-, c’est à dire de trois rangs comme pour la France. «La situation fiscale de ces pays s’est détériorée de façon significative avec la crise», explique le rapport de Dagong.

De leurs côtés, Les Etats-Unis perdent leur triple A et tombe à AA avec des perspectives négatives.

Les pays concernés par des problèmes de dettes souveraines sont aussi abaissés. La Grèce est placée à BB avec des perspectives stables. L’Espagne tombe à A tandis que le Portugal, l’Italie et, plus surprenant, la Belgique, tombent à A- avec pour tous les trois des perspectives négatives.

La Chine comme l’Allemagne

 

Pour la Chine, l’agence nationale délivre un AA+, plaçant le pays au même rang que l’Allemagne, le Canada et la Hollande, avec des perspectives stables.

Pour le reste, Dagong suit l’avis de «ses collègues» américaines en octroyant un triple A à la Norvège, au Danemark, à l’Australie, au Luxembourg, à la Suisse, à Singapour et à la Nouvelle Zélande. Ces pays ont, d’après Dagong, «une économie forte et un puissant avantage compétitif. Dans un contexte de reprise, ils disposent de perspectives de croissances solides», note le rapport.

«Impartial»

 

Dagong profite de cette publication pour épingler le monopole du système de notation détenu par les trois américaines. «La cause de la crise financière mondiale et de la crise de la dette en Europe provient de ce que le système actuel de notation international ne prend pas suffisamment en compte la capacité de remboursement des Etats», aurait ainsi déclaré le président de Dagong, Guan Jianzhong, en présentant le rapport.

Dagong explique que son but est de «corriger les défauts» du système actuel et offrir un «contrepoids » aux agences occidentales. Sûre de ses conclusions, l’agence rappelle qu’elle est «responsable, prête à révéler les risques de crédit et à donner un conseil impartial et professionnel aux investisseurs».

 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/07/15/04016-20100715ARTFIG00357-la-note-de-la-france-degradee-par-une-agence-chinoise.php

Pour faire court:

La note attribuée à un etat est une évaluation de sa capacité à rembourser sa dette. En conséquence, moins la note est bonne, plus l’etat doit payer des intérêts lorsqu’il emprunte.

 

 

Étiquettes : , , ,

Attention aux références aux années 1930 !

 

Vincent Duclert, historien

Les accusations portées par le site indépendant d’information Mediapart contre le président de la République, qui aurait, avant son élection, bénéficié directement ou indirectement d’un financement illégal de sa campagne alors même que celle-ci était strictement encadrée par les lois sur le financement de la vie politique, sont très graves.

Elles doivent être parfaitement motivées. L’activité de la presse découle, elle aussi, de la loi, celle du 29 juillet 1881, emblématique de la démocratisation de la France au début de la IIIe République, et toujours en vigueur. Modifiée et complétée à plusieurs reprises (par exemple, en 1990, par la loi Gayssot qui introduisit l’article 24 bis), elle affirme conjointement la liberté et les responsabilités des périodiques. En soumettant les délits de presse au droit pénal, elle définit le pouvoir de la presse autant que ses contre-pouvoirs.

Un journal (et un journaliste) peut être condamné pour diffamation, les preuves d’une manipulation peuvent être établies par la justice, les contre-enquêtes indépendantes sont possibles. Pour cette raison, il nous paraît très dangereux d’instruire le procès de la presse en dehors du cadre judiciaire, et particulièrement de la manière dont cela a été fait par les proches du président de la République. A savoir qualifier les enquêtes de Mediapart de « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand, Nadine Morano), de « méthodes collaborationnistes » (Eric Raoult), et dénoncer « une certaine presse des années 1930 » (Christian Estrosi), « certains médias aux relents d’extrême droite et de trotskisme mêlés » (Eric Raoult).

Il est possible que l’indignation de voir Nicolas Sarkozy subir de pareilles accusations, de surcroît reprises par des médias nationaux et même internationaux, ait expliqué la nature de ces ripostes qui convoquaient les heures sombres de la France contemporaine pour mieux innocenter le président de la République et son ministre du travail. Mais elles ne se justifient pas pour autant. Outre que la thèse du complot et de la calomnie n’est pas la plus efficace en termes de production de la vérité et de conviction collective, puisqu’en l’invoquant elle nourrit à son tour le soupçon de la dissimulation et le refus de l’explication, la violence qu’elle induit pose problème à la démocratie républicaine tout entière.

En effet, les porte-parole de la majorité gouvernementale qui mobilisent les enseignements de l’histoire pour juger de cette presse d’opposition témoignent d’une triple méconnaissance. La méconnaissance est celle, d’abord, du sens des références historiques utilisées. Les « méthodes fascistes » sont bien autre chose que les articles de Mediapart ; elles se placent davantage dans l’ordre de l’élimination physique des personnes comme lorsque la Cagoule, sur ordre de Mussolini, assassina, en 1937, en forêt de Bagnoles-de-l’Orne, les intellectuels antifascistes italiens Carlo et Nello Rosselli.

La presse d’extrême droite ou d’extrême gauche de cette époque menait parfois des enquêtes à charge. Mais l’essentiel de son activité consistait dans l’injure, antisémite pour l’une, de classe pour l’autre. Parce que, précisément, ces extrémités eurent lieu en France et déclenchèrent des phénomènes de tyrannie, la société n’y adhère plus aujourd’hui. En brandir sans réserve la menace, c’est courir le risque de se tromper aux yeux de l’opinion publique.

Il y a une autre méconnaissance en ce qui concerne la tradition républicaine en matière de liberté, et de liberté de la presse. La loi qui la régit datant de 1881, il serait bon de revenir vers les débats qui l’ont précédée et qui, d’une certaine manière, demeurent d’actualité puisque la législation, même modifiée, reste valable.

Que disait Georges Clemenceau aux républicains inquiets de la puissance maintenue de la réaction monarchiste et soucieux de protéger le jeune régime en instituant un délit d’« outrage à la République » ? : « La République vit de liberté ; elle pourrait mourir de répression (…) comme tous les gouvernements qui l’ont précédée et qui ont compté sur le système répressif pour les protéger (1er février 1881).« 


Enfin la méconnaissance touche le cadre universel auquel appartient la République et qui fait que la France ne peut pas se penser indéfiniment comme une exception. Dans les grandes démocraties du monde, les conflits majeurs entre des pouvoirs nécessaires aux libertés publiques comme à la stabilité institutionnelle se résolvent par la voie judiciaire dotée d’une pleine indépendance.

Aux Etats-Unis, la défense de la liberté de la presse est une prérogative de la Cour suprême, en vertu de la Constitution et de son premier amendement. Les juges ont rendu des arrêts déterminants en la matière, en 1964, 1971, 2001. La loi de 1881 relève de cet esprit de justice. Il s’agit de le retrouver et de la retrouver. Mais l’affaiblissement du pouvoir judiciaire depuis trois ans entrave cette possibilité salutaire pour la démocratie.

Voici donc ce qu’un historien peut écrire sur les événements récents. La dégradation de la vie publique qu’atteste l’offensive contre la presse est très préoccupante. Elle témoigne de la fragilité globale des médias d’information, de la défiance pour la justice, du désarroi de nombreux Français assistant au recul des valeurs démocratiques – dont on trouve une trace au plus profond de l’histoire de la République, au profit de la domination des lois de l’argent et du pouvoir.

Les dérives de la presse existent, parce que l’éthique de l’information est en concurrence permanente avec les intérêts politiques, idéologiques, financiers. Mais réduire sa liberté, c’est courir le risque de s’interdire de les montrer. Et de limiter en définitive la République vécue, partagée. C’est-à-dire le lien civique dans la société.


Derniers ouvrages parus : « La République imaginée. France 1870-1914 » (Belin) et de « L’Avenir de l’histoire » (Armand Colin).

Vincent Duclert, historien

 

http://changementclimatique.over-blog.com/article-la-france-au-bord-de-l-implosion-6-54140895.html

 

La presse et les médias ne sont plus que des outils de propagande et de désinformation de l’état,point barre!

 

 
2 Commentaires

Publié par le 20 juillet 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

Étiquettes : , , , , , ,

Moody’s dégrade l’Irlande de 2 crans!

 

Moody’s a encore frappé. Cette fois, l’agence de notation a dégradé la note de crédit attribuée à la dette publique de l’Irlande de deux crans, de Aa1 à Aa2. L’agence affiche désormais des perspectives stables, alors qu’elles étaient négatives auparavant.

Les analystes de Moody’s expliquent cette dégradation par trois facteurs. Ils invoquent «la perte graduelle et significative de la force financière du gouvernement irlandais illustrée par la hausse des déficits publics et l’affaiblissement de la capacité de remboursement du pays». Des perspectives de croissance affaiblies justifient également le geste de l’agence. L’agence estime que le poids de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) devrait se stabiliser autour de 95% à 100% d’ici deux à trois ans. Enfin, les doutes sur la solidité du système bancaire, suite aux nombreuses recapitalisations d’établissements, ont également influencé Moody’s. L’agence a ainsi a évoqué l’important passif lié à la mise en place de la NAMA (Agence nationale de gestion d’actifs), une banque de défaisance (ou «banque pourrie») publique, qui doit racheter aux banques irlandaises des dizaines de milliards d’euros de prêts risqués qu’elles avaient accumulés avant la crise du crédit.

Un déficit budgétaire supérieur à celui de la Grèce

En 2009, le déficit budgétaire de l’Irlande, à 14,3% du PIB, était le plus élevé de la zone euro, supérieur même à celui de la Grèce, frappée par une grave crise de la dette. La dette publique irlandaise s’est envolée, passant de 25% du PIB fin 2007 à 65% fin 2009.

Suite:

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/07/19/04016-20100719ARTFIG00255-moody-s-degrade-la-note-de-l-irlande.php

J’ai dans l’idée de créer ma propre agence de notation pour dégrader les agences de notation,bon plan non et si vous avez des idées pour le nom de l’agence,n’hésitez pas !   🙂

 
 
%d blogueurs aiment cette page :