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La Grande-Bretagne avait planifié des attaques bactériologiques

17 Mai

On les croyait nées des angoisses de l’après-11-Septembre. Les attaques biologiques n’ont pourtant pas attendu les menaces terroristes de ce XXIe siècle pour voir le jour. C’est ce que révèle un rapport confidentiel sur les expérimentations menées par les scientifiques de Porton Down, en Angleterre, pendant la Seconde Guerre mondiale, rendu public par les Archives nationales et révélé lundi par le site du Guardian.


Alors que les îles britanniques résistaient à l’invasion allemande sous le feu des bombes, les scientifiques testaient, eux, dans le plus grand secret, un moyen imparable de renverser le cours de la guerre. Dans leurs laboratoires de Porton Down et de Pirbright, situés dans la tranquille campagne du sud-ouest de Londres, ils avaient pour mission de parer à l’invasion nazie en étudiant le moyen de propager des épidémies chez l’ennemi. Et la liste des essais biologiques prévus par le cabinet de guerre du Royaume-Uni entre 1939 et 1945 est longue, comme le révèle le document classé top secret jusqu’à aujourd’hui : fièvre aphteuse, choléra, typhus, dysenterie. Le contenu du document estampillé des mentions « secret », « à conserver sous clé » ou « Toxin X » est donc contraire au protocole de Genève (1925), interdisant le recours aux « armes bactériologiques » dans les conflits mondiaux.

Grippe porcine et fièvre aphteuse comme armes de destruction

Les résultats furent concluants et ont permis de déboucher, en 1941,sur un résumé exhaustif des maladies exploitables. Dans la catégorie des attaques les plus efficaces sont listées les épidémies (typhus, para-typhus, dysenterie, choléra). Dans celle en direction des animaux – destinés à nourrir les armées, mais aussi vecteurs de contamination pour l’homme – apparaissent la fièvre aphteuse, la peste bovine, la grippe porcine, l’anthrax et la maladie des glandes (chevaux, ânes, mulets).

Les Britanniques étaient-ils sur le point de changer le cours de l’histoire à l’aide de leurs expérimentations ? Dans cette mise sous scellés, les autorités préconisent que cette guerre biologique ne soit pas « utilisée pour obtenir un effet décisif, mais plutôt pour causer l’embarras de l’ennemi à un stade critique du conflit ». L’arme secrète est donc envisageable en cas d' »attaques ennemies », ou comme « moyen de représailles ». À l’époque, aucun agent secret de la reine mandaté pour introduire le virus en territoire ennemi, mais un organisme de « saboteurs » avait été imaginé. Leur champ d’action avait également été étudié, dans les cantines principalement, afin d’en contrôler les dégâts, précise le rapport. Pour les animaux, la méthode aérienne avait été retenue, grâce à la dispersion des produits par avion.

Le détail des simulations ne s’arrête pas là. Débutées en 1940 à Porton Down, toutes les « mesures de représailles » biologiques ont été passées au crible, « dans l’hypothèse qu’elles soient autorisées » par le gouvernement de Winston Churchill. De par sa précision, le document rendu public est inédit. La menace n’aura, elle, pas attendu de lever le cadenas de l’histoire pour réapparaître en Europe.

LePoint

 
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Publié par le 17 mai 2010 dans BILLET D'HUMEUR

 

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