RSS

Archives du 9 mars 2010

Le volcanisme en France.

 

Les territoires concernés par le risque volcanique en France sont la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Polynésie française et le Massif Central, ce dernier étant un cas nettement différent des quatre autres.

La Guadeloupe

 
La Guadeloupe, tout comme la Martinique, fait partie de l’arc insulaire des Petites Antilles. Comme beaucoup de volcans dans cette région du monde, celui de la Guadeloupe porte le nom de Soufrière et ses éruptions sont de type explosif.
Ce volcan est en activité depuis 200 000 ans environ. La plus grande éruption identifiée, de type phréatomagmatique, date d’environ de 3 100 ans : le flanc sud s’est effondré et les dépôts ont recouvert plus de 28 km2 dans la région de Saint-Claude, avec localement une épaisseur de cent mètres. Quatre ou cinq événements de ce type sont recensés dans l’histoire de ce volcan. En effet, la fracturation et l’altération hydrothermale dans la partie sommitale favorisent des écroulements en cas d’éruption, même sans apport en surface de magma juvénile. Les dernières éruptions, de type phréatique, datent de 1956 et 1976.
De 50 000 à 70 000 personnes sont menacées par la Soufrière de Guadeloupe. Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d’éruption volcanique (au titre du décret du 30 juillet 1992, consultable sur http://www.prim.net) sont Baillif, Basse-Terre, Bouillante, Capesterre-Belle-Eau, Gourbeyre, Goyave, Petit-Bourg, Saint-Claude, Trois-Rivières, Vieux-Fort et Vieux-Habitants.

La Martinique

 
Le volcan actif de la Martinique est la montagne Pelée, située dans la partie nord de l’île. Ce volcan s’est édifié progressivement depuis 300 000 ans environ. Depuis 13 500 ans, les éruptions sont de type explosif, accompagnées notamment de nuées ardentes.
Depuis 6 000 ans, vingt-cinq éruptions ont été recensées. La plus tristement célèbre est celle de 1902. Deux nuées ardentes détruisirent complètement les villes de Saint-Pierre et de Morne-Rouge, faisant 29 000 victimes. Il n’y eut que deux survivants sur les 28 000 habitants de Saint-Pierre. L’éruption s’est prolongée jusqu’en 1905.
Deux éruptions phréatiques ont été observées en 1792 et 1851. Enfin, une nouvelle éruption magmatique a eu lieu de 1929 à 1932.
Ce volcan est étroitement surveillé afin de tenter de prévoir la prochaine éruption. En effet, selon le scénario de l’éruption envisagé, de 22 000 à
65 000 personnes sont potentiellement menacées par la montagne Pelée. Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d’éruption volcanique (au titre du décret du 30 juillet 1992, consultable sur http://www.prim.net) sont L’Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Belle-Fontaine, Le Carbet, Case-Pilote, Fonds-Saint-Denis, Fort-de-France, Grand-Rivière, Gros-Morne, Le Lorrain, Macouba, Le Marigot, Le Morne-Rouge, Le Morne-Vert, Le Prêcheur, Saint­Joseph, Saint-Pierre, Sainte-Marie, Schœlcher et La Trinité.

La Réunion

L’île de la Réunion est formée de deux cônes issus d’un volcanisme de type point chaud. Le plus ancien édifice, le piton des Neiges, occupe la partie nord-ouest de l’île. Son activité a débuté il y a plus de deux millions d’années, et la dernière éruption date de 22 000 ans, ce qui laisse à penser que ce volcan est aujourd’hui éteint. Les éruptions qui s’y sont succédées étaient essentiellement effusives, mais parfois aussi explosives.
Le second cône volcanique est le fameux piton de la Fournaise, qui est situé dans la partie sud-est de l’île. Son activité est plus récente puisqu’elle a débuté il y a environ 500 000 ans. Elle est de type effusif.
L’activité récente se concentre au sommet dans une grand dépression de
9 km de diamètre, ouverte en « fer à cheval » vers le sud-ouest, appelée l’enclos Fouqué. Certaines éruptions peuvent cependant avoir lieu le long de grandes failles en dehors de cet enclos et provoquer des dégâts matériels.
L’enclos Fouqué s’est formé il y a 3 000 ans lors d’un grand glissement de 20 à 30 km3. Le glissement brutal d’une telle masse a dû engendrer un tsunami qui a pu se propager à travers tout l’océan ­Indien. Ce type de phénomène peut se reproduire aujourd’hui.
Depuis plus de soixante-dix ans, l’activité du piton de la Fournaise est continue, avec en moyenne une éruption par an. C’est l’un des volcans les plus actifs au monde.
Tout comme sur la montagne Pelée, un observatoire a été installé en 1979 sur le piton de la Fournaise afin de surveiller le volcan. Les communes considérées comme particulièrement exposées à un risque d’éruption volcanique (au titre du décret du 30 juillet 1992, consultable sur http://www.prim.net) sont Entre-Deux, Petite-Île, La Plaine-des-Palmistes, Saint-Benoît, Sainte-Rose, Saint-Joseph, Saint-Louis, Saint-Philippe et Le Tampon.

La Polynésie française

 
Les nombreuses îles qui forment les archipels de la Polynésie française sont réparties selon quatre alignements résultant de l’activité d’autant de points chauds : les Marquises, les Tuamotu-Gambier, la Société et les Australes. On dénombre également un grand nombre de volcans sous-marins, dont le Macdonald, qui n’est plus qu’à quelques dizaines de mètres de profondeur et qui formera une nouvelle île dans un futur proche.
Le volcanisme semble être éteint sur ces quatre archipels. Cependant, la réactivation d’une ancienne chambre magmatique liée à un point chaud a été observée après une période d’inactivité de plus d’un million d’années. Ces îles ne sont donc pas à l’abri de nouveaux épisodes volcaniques.

La métropole


La seule région de France métropolitaine concernée par le risque volcanique est le Massif Central (en considérant qu’il s’étend jusqu’au cap d’Agde). Plusieurs massifs volcaniques coexistent, différents en superficie, en âge et en dynamisme éruptif. Tous ont cependant été construits par un point chaud associé à un phénomène d’extension de la croûte continentale.
Le plus ancien est le Cantal qui est, avec l’Etna, le plus grand volcan d’Europe. Son activité a débuté il y a treize millions d’années, et a duré une dizaine de millions d’années. Il est par conséquent considéré aujourd’hui comme éteint. Il a connu au cours de son histoire des successions de phases éruptives et effusives.
Plus au nord, on trouve trois alignements volcaniques : le Cézallier, dont l’activité a débuté il y a huit millions d’années et qui est aujourd’hui éteint, le mont Dore, actif entre 5,5 millions et 230 000 années, et la chaîne des Puys, composée d’une centaine de volcans (cônes, dômes et maars), dont l’activité a débuté il y a 95 000 ans et s’est terminée il y a 6 000 ans. Ce complexe volcanique n’est donc probablement qu’en sommeil, ce qui justifie sa surveillance au moyen de stations sismiques. La plupart de ces volcans sont monogéniques, c’est-à-dire qu’ils se sont édifiés au cours d’une unique éruption. Le réveil de la chaîne des Puys, s’il a lieu, donnera vraisemblablement naissance à un nouveau volcan, et ne se produira donc à priori pas dans un volcan préexistant.
Au sud se succèdent l’Aubrac, le volcanisme dispersé des Causses, l’Escandorgue et le cap d’Agde (daté de 800 000 ans).
Enfin, au sud-est s’étendent le Devès, le Velay, le Vivarais (dernière activité datée de 30 000 ans) et les Coirons.
Les enjeux concernés par un réveil d’un de ces complexes sont importants, ces régions étant partiellement urbanisées, avec quelques grandes villes comme Clermont-Ferrand (250 000 habitants).
L’activité sismo-volcanique de l’Auvergne fait l’objet d’une surveillance permanente. Ce dispositif est en mesure d’annoncer l’éminence d’une éruption volcanique avec un préavis de plusieurs mois. Ce délai est suffisant pour organiser l’évacuation des zones à risque et ainsi assurer la sécurité de la population.
Après la catastrophe du lac Nyos (Cameroun, 1986), on a pu craindre qu’un tel événement ait lieu sur les maars d’Auvergne. Une étude a montré que ces craintes n’étaient pas fondées à court et moyen terme. [source : Les volcans, voir Bibliographie.

http://www.prim.net/citoyen/definition_risque_majeur/dossier_risq_volcanique/lerisquevolcanique.htm

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 mars 2010 dans Les volcans en France

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Les tornades en France.

Les tornades (1) sont des courants ascendants tourbillonnaires, très localisés, de quelques centaines de mètres de diamètre, associés à certains orages. Elles engendrent les vents les plus forts rencontrés à la surface du globe. Phénomènes rares en France, elles peuvent néanmoins être meurtrières et provoquer localement d’importants dégâts.

Les tornades consistent en un tourbillon de vent ascendant intense dont la présence se manifeste par une colonne nuageuse ou un cône nuageux renversé en forme d 1 entonnoir, sortant de la base d’un cumulo-nimbus. Ce cône est constitué de vapeur et de gouttelettes d’eau descendant du nuage. Quand le tourbillon parvient à mi distance entre le nuage et la surface du sol ou de la mer, un effet de succion intense mais très localisé se produit. Il génère un « buisson » par soulèvement de matériaux provenant de la surface du sol. Quand le tourbillon et le buisson se rejoignent, ils forment un mince tube, très photogénique mais terriblement destructeur.

L’essentiel des dommages causés par ces météores est dû au vent, mais la chute brutale de pression qui accompagne leur passage peut provoquer des phénomènes d’explosion par mise en surpression des bâtiments situés sur leur trajectoire. Les tornades les plus violentes en France peuvent engendrer des vents de 300 à 400 km/h. Mais les vitesses des tornades ne sont jamais qu’estimées car aucun appareil de mesure ne leur résiste. Quoique localisés, elles peuvent provoquer des dégâts dramatiques. Entre 1960 et 1980, 19 personnes ont été tuées et 276 blessées par des tornades en France.

T. T. Fujita a proposé une classification des tornades en fonction des vitesses, maximales du vent et des dommages qu’il produit.

 1. La littérature scientifique et technique distingue parfois les trombes, qui se forment au-dessus des mers, des tornades, qui se développent au-dessus des terres. Les météorologistes emploient indifféremment le terme de trombe pour l’ensemble de ces phénomènes.

ÉCHELLE DE FUJITA

Échelle Dommages Vitesse du Vent
(km/h)
Spécifications
F0 légers 60-100 Antennes de TV tordues;petites branches d’arbres cassées; caravanes déplacées
F1 modérés 120-170 Caravanes renversées;arbres arrachés; dépendances soufflées
F2 importants 180-250 Toitures soulevées; objets légers transformés en projectiles; structures légères brisées
F3 sévères 260-330 Murs de maisons renversés; arbres cassés dans les forêts; projectiles de grande dimension
F4 dévastateurs 340-410 Maisons bien construites rasées; gros projectiles; quelques arbres emportés par le vent
F5 incroyables  420-510 Fortes structures envolées; arbres emportés par le vent; projectiles à grande vitesse

 

Il est fréquent de lire dans la presse qu’une « mini tornade » a frappé telle ou telle commune. Or un coup de vent intense et localisé ne doit pas être forcément attribué à une tornade. Des rafales d’orage ou des vents de pente peuvent atteindre des vitesses proches des tornades de la classe F2 1. La reconnaissance d’une tornade doit se faire’ d’après l’existence de vitesse de rotation et/ou de dépression axiale (J. Dessens, 1984 2). Sur le terrain, plusieurs critères permettent de déterminer que le phénomène est une tornade. Le météore a une forme caractéristique de nuage en forme d’entonnoir ou de colonne alors que la base du nuage est proche du sol. Il est accompagné d’un bruit rappelant celui d’un ou plusieurs avions à réaction. La durée du phénomène est très court, quelques dizaines de secondes à quelques minutes. Il laisse des traces de torsion, de succion, d’arrachage, de soulèvement, signes de mouvements à la fois convergents, ascendants et tourbillonnants (F. Roux, 1991). Les arbres abattus ne sont pas alignés dans l’axe de la trajectoire de la tornade mais se disposent sur sa gauche selon un angle variable, ce qui prouve la rotation cyclonique. Les toitures des maisons se soulèvent d’un bloc sous l’effet de la surpression relative à l’intérieur des bâtiments, puis sont pulvérisées par le vent. Si la tornade passe au-dessus d’un plan d’eau ou d’une rivière, l’eau est aspirée à plusieurs mètres de hauteur et projetée à distance. Les dommages sont limités à une zone de quelques hectares, ou à un couloir étroit (quelques dizaines de mètres à 2 kilomètres), longue de quelques kilomètres, parfois quelques dizaines de kilomètres.

J. Dessens a réalisé une chronologie des tornades surve­nues en France à partir d’une enquête rigoureuse et très fouillée. Il a ainsi répertorié 107 tornades de classe égale ou supérieure à F2 entre 1680 et 1988 ( voir tableau ).

Tableau :  Inventaire des tornades en France entre 1680 et 1988, d’après J. Dessens

Période Échelle
F2 F3 F4 F5 Totale
1680-1959 23 17 8 1 49
1960-1988 27 27 3 1 58
Total 50 44 11 2 107

 

1. L’orage du 11 juillet 1984 dans le nord-est de la France provoqua des dégâts (plusieurs millions de francs dans le département des Vosges) qui relèveraient de la force 4 (1. Roussel, 1986). L’absence de traces de mouvements tourbillonnaires au sol laisse penser qu’il s’agit là d’un phénomène classique en été, à savoir le déclenchement de manifestations orageuses le long de la progression d’un front froid. 

2. Cet auteur est pratiquement le seul a avoir étudié et recensé de manière systématique le phénomène de tornade en France. L’essentiel de ce chapitre est tiré de ses travaux.

Les tornades ne se répartissent pas uniformément sur le territoire. Les régions du Centre – Ouest et du Nord, ainsi que celle du Languedoc, sont davantage affectées que le reste de la France. La saison la plus propice à l’apparition de ces phénomènes s’étale de mai à septembre (70 % des cas répertoriés), avec deux mois particulièrement concer­nés: juin et août, mais le risque n’est pas nul le reste de l’année. Elles ne se produisent pas non plus à n’importe quel moment de la journée, mais de préférence entre 16 et 17 heures, c’est-à-dire au moment du maximum de réchauffement solaire. La rugosité du sol, liée à la végéta­tion ou aux constructions, a tendance à diminuer l’inten­sité des tornades. C’est pourquoi les centres des grandes villes sont à l’abri de tels phénomènes.

Seules deux tornades de classe F5 ont été répertoriées à ce jour. La première, la plus meurtrière connue, se pro­duisit le 19 août 1845 en Seine-Maritime. Elle fit 70 morts et 300 blessés en pulvérisant littéralement les bâtiments de trois filatures. La seconde, survenue en 1967 dans le Pas­de-Calais, parcourut 23 kilomètres, rasa une centaine de maisons dans huit communes, fit 6 morts et 30 blessés. Même les automobiles étaient balayées. Elle fut accompa­gnée, comme c’est assez fréquemment le cas, de chute de très gros grêlons (100 mm de diamètre).

Le risque de tornades dévastatrices F4 ou F5 paraît limité à quelques régions (Nord-Ouest, Jura, Languedoc). Celui des tornades FO à F3 est plus dispersé. Les tornades FO à F2, qui provoquent peu de dégâts et passent donc souvent inaperçues, sont probablement très sous-estimées en nombre. C’est pourquoi l’auteur estime la fréquence probable des tornades, toutes classes confondues, à 180 par an.

L’étude climatologique des tornades répertoriées par J. Dessens montre qu’elles sont surtout observées, dans l’intérieur du pays, pendant la saison froide de novembre à mars. Elles ont alors pour origine des orages violents, en général associés à des fronts froids. Dans les zones côtières, atlantique ou méditerranéenne, elles se pro­duisent surtout pendant la saison chaude d’avril à octobre. Dans ce cas, elles sont associées à des vents violents, et des configurations particulières du relief favorisent probable­ment leur formation. Des situations géographiques et topographiques particulières sont ainsi propices à l’apparition des tornades. La région située entre Béziers et Sète est parmi les plus sensibles de France: la basse vallée de l’Hérault est une zone de soulèvement orographique favo­rable à la formation d’orages par vent de sud-est fort (J. Dessens, 1990). Dans le passé, elle fut touchée par trois tornades, dont une parmi les plus importantes survenues en France (F4 à Sète en 1844). En octobre 1990, plusieurs tornades, dont une de classe F2 à F3, ont ravagé deux campings et provoqué d’importants dégâts aux constructions.
Le caractère très local et bref des tornades empêche de prévoir l’endroit où l’une d’elles va se produire. La prévision du risque équivaut approximativement à la prévision du risque d’orages très violents ou de tempêtes (J. Dessens, 1984).

http://www.alertes-meteo.com/divers_pheno/catasrophe_fran/tornades_france/tornades_france.htm

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 mars 2010 dans Tornades en France

 

Étiquettes : , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :